New World

Ecrit par
floletoulousain

MAI 2025



Le professeur Jimenez venait juste de s’asseoir à son bureau, un café à la main, toujours en train de réfléchir à sa dernière innovation sur laquelle il travaille depuis plus de 4 ans. C’est alors que son interphone vient le déranger dans ses pensées :

« Oui ? »

C’était sa secrétaire, qui, d’une voix toute excitée, lui demanda :

« Professeur, j’ai Mr Peter Stalinberg qui souhaite vous parler, vous acceptez la communication ? »

Le professeur eut un temps d’arrêt :

« Attendez, vous me parlez bien du Peter Stalinberg… » Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que sa secrétaire lui répondit :

« Ouiiiiiii, c’est bien lui, c’est incroyable, vous le connaissez personnellement ? »

Le professeur ne répondit pas directement à sa question, et étonné, lui demanda de lui passer l’appel.

« Professeur Jimenez j’écoute »

« Monsieur Jimenez, c’est un plaisir de pouvoir vous parler personnellement, je me permet de vous contacter car je souhaiterais que nous puissions nous rencontrer afin de converser tous les deux »

« Je suis un peu étonné de votre appel Mr Stalinberg, je ne crois pas que nous nous connaissions ? »

« Oh vous savez, soyons honnêtes, je pense que vous me connaissez bien à travers tout ce que peux raconter la presse à mon sujet, et de mon côté, je sais beaucoup de choses sur vous ! »

Le professeur, un peu interloqué :

« Vraiment, mais pourtant j’essaye de rester le plus discret possible. Vous souhaitez que l’on se rencontre à quel sujet ? »

« Je préfèrerais en parler de vive voix avec vous, si cela ne vous dérange pas. Que diriez-vous de venir ce Vendredi soir, je vous invite à dîner chez moi. »

Le professeur prit le temps de la réflexion, il voulait absolument avancer sur son projet, mais quelque part au fond de lui, il se demandait pourquoi un des homme les plus influents de la planète pouvait avoir besoin de lui.

« Ecoutez, je suis sur un projet un peu confidentiel en ce moment, et je dois effectuer de nombreux test, je ne sais pas si… »

Peter Stalinberg lui coupa la parole :
« Justement Monsieur Jimenez…Puis-je vous envoyer ma navette pour venir vous chercher directement ? »

Alors, complètement subjugué de cette répartie, le professeur accepta son invitation, cela avait éveillé sa curiosité…

Peter Stalinberg est devenu célèbre 20 ans auparavant, où au moment de la bulle internet, à l’aube de son vingtième anniversaire, il lança son site de réseau social qui regroupe aujourd’hui plus de 90% des habitants sur la planète, soit plus de 7 milliards d’utilisateurs au quotidien.
Cela lui permis de devenir riche, très riche, cumulant plusieurs dizaines de milliards de dollars, il était devenu très influent dans tous les domaines, au point d’être reçus par les chefs d’états des pays dans lesquels il se déplace.
Paradoxalement, cet homme aux ambitions toujours démesurées avait voulu garder sa simplicité de vie. Il avait toujours l’air d’être très timide, un peu en retrait, mais ceux qui l’ont côtoyés vous diront que c’est un homme qui travail tout le temps, qui est très autoritaire et sans état d’âme pour ses employés.
Au fur et à mesure du temps, plus la popularité de son entreprise se développait, plus il devenait secret, et aujourd’hui il n’accorde aucune interview, et il est très difficile à approcher.

Le professeur Juan Jimenez était lui devenu une des grandes personnalités du monde médicale. Après avoir été un des plus renommé chirurgien du cœur et s’être ensuite spécialisé dans la neurologie, il s’était reconverti en chercheur.
Le jour de ses 60 ans, il avait décidé de prendre un peu de recul et il avait profité d’une offre d’un conglomérat d’investisseurs privé lui demandant de développer au sein de la société Amiris des innovations en termes de technologies robotisées permettant d’améliorer l’aide aux interventions chirurgicales de toutes sortes.
Etant passionné par son métier de médecin, et par les nouvelles technologies, cela lui permis de pouvoir développer ses propres idées, lui permettant de révolutionner les équipements dans les hôpitaux, d’améliorer considérablement les résultats sur de nombreuses maladies, dont certains cancers et virus qui avaient fait des millions de morts pendant de longues années, et ainsi permettre aux malades souvent condamnés d’avoir une espérance de vie plus grande, voir de les guérir complètement.
Après avoir trouvé un vaccin au Sida, sa plus grande réussite était d’avoir trouvé une solution neurologique à la maladie d’Alzheimer et ainsi de pouvoir éradiquer cette longue maladie destructrice en une simple intervention chirurgicale devenue banale dès la maladie détectée chez les patients.
Mais sa plus grande réussite restait à venir, et il en avait pleinement conscience.

Il se retrouvait donc ce vendredi soir perché sur le toit de l’immeuble Amiris, siège de son entreprise, située en plein cœur de Los Angeles, pour que la navette de Peter Stalinberg vienne le chercher.
Ce moyen de transport était une révolution, et seuls quelques rares et riches privilégiés avaient l’occasion de posséder une telle machine. Totalement silencieuse, elle avait surtout la capacité de voler à grande vitesse sur de longues distances, et le professeur n’avait jamais eu l’occasion de tester cet engin.
Cette révolution dans les moyens de transport était une avancée majeure en termes de technologies, permettant de laisser penser que dans le futur, la voiture serait remplacée par les navettes.
Mais le professeur avait surtout l’air préoccupé. Il était en pleine réflexion. Beaucoup de choses se mélangeaient dans sa tête.
D’abord, sa dernière innovation, qui devait subir de longs et nombreux tests et qui allait révolutionner le monde médicale.
Quatre années de travail intensif, des millions de dollars dépensés en investissements et enfin des résultats convaincants.
Ensuite, pourquoi ce Peter Stalingberg souhaitait il le rencontrer ? Cet homme d’à peine 40 ans, dans la force de l’âge, en pleine forme, cela l’intriguait depuis son appel, mais il allait enfin avoir une réponse à ses nombreuses interrogations.

Sachant que les projets du professeur devaient rester le plus secret possible, il s’était entretenu avec le PDG de sa société Amiris au sujet de ce rendez-vous peu banal, en lui demandant si cette rencontre ne lui posait pas de problèmes particuliers. Et, bizarrement, il lui avait répondu qu’il avait le feu vert pour parler de ce qu’il souhaitait avec cet homme.
Connaissant bien son PDG, qui lui rappelait souvent d’être discret sur ses innovations, et qui faisait le maximum pour protéger toutes ses inventions avant un lancement officiel sur le marché, cela lui semblait bizarre.

Après un vol de 25 mn, la navette se posa en silence au milieu d’un parc gigantesque. Ce domaine immense, situé en plein cœur de l’Arizona, présentait la particularité d’accueillir de nombreux animaux en liberté.
Le professeur était impressionné par la beauté du lieu, où la verdure, la végétation et les grands arbres s’étendaient à perte de vue, et où la tranquillité contrastait avec le fast de Los Angeles.

Une voiturette électrique arriva rapidement au pied de la navette, et son chauffeur, vêtu d’un très beau costume noir, invita son hôte afin de le conduire à la résidence de Mr Stalinberg.

Après une petite balade de 10 mn au milieu des étendues vertes, étangs et de nombreux arbres centenaires, le véhicule arriva devant une magnifique demeure, merveilleusement bien éclairée.
La majeure partie du batiment était enterrée, et les toits étaient recouverts en majorité par de l’herbe, donnant un cachet simple et luxuriant à cette demeure.

Le chauffeur invita le professeur à descendre, et au même moment, une grande porte s’ouvrit et un majordome accueillit son invité en lui demandant de le suivre.

En entrant, il comprit immédiatement que cette maison était immense. Il fut conduit dans un salon, où un très grand canapé blanc en demi cercle était placé au centre de la pièce, avec d’un coté un bar très cosy, et de l’autre une grande table de luxe. Et en face de ce canapé se présentait une très grande baie vitrée où l’on pouvait apercevoir une piscine design, éclairée et très bien mise en valeur.

Au même moment se présenta Peter Stalinberg.

« Monsieur Jimenez, c’est une joie de vous recevoir au sein de mon humble demeure, je vous remercie d’avoir accepté mon invitation ! »
Le mot humble était de trop, tant le fast du lieu sautait aux yeux.
« Mais tout le plaisir est pour moi, même si je ne sait pas vraiment le pourquoi de cette invitation ? »
Le visage de Stalinberg s’éclaira :
« Vous êtes direct ! J’aime ça, car je n’aime pas perdre de temps en civilités ! Mais ne vous inquiétez pas, cela fait longtemps que je désirais vous voir afin d’échanger avec vous ! Vous avez faim ? Si vous êtes d’accord, j’aimerais discuter avec vous autour d’un bon repas ! »
Le professeur acquiesça et les deux hommes se dirigèrent sur une terrasse, située non loin de là.

Devant un grand lac où l’on pouvait apercevoir au loin des flamands roses prenants leur envol, la vue était tout simplement magnifique. Une grande table était installée au cœur de la terrasse, entourée de petites tables où se présentaient de nombreux plats tout aussi appétissants les uns que les autres, le choix était vaste. Viandes, salades, poissons, fruits de mer ou diverses verrines offrait un banquet de luxe aux deux protagonistes.
Un majordome s’avança pour demander ce que le professeur voulait boire, et il opta pour un vin blanc d’une grande cuvée, car les fruits de mer lui avaient sautés aux yeux.

Après s’être servis et installés confortablement, le professeur ne put s’empêcher de relancer la conversation.

« Alors, Mr Stalinberg, expliquez-moi ce qui me vaut le plaisir de partager ce repas avec vous ce soir ? »

Finissant son verre de champagne, Peter Stalinberg se lança :

« Je suis vos innovations depuis vos débuts au sein de l’entreprise, Mr Jimenez, et je dois dire que vos résultats dépassent toutes les espérances ! »

Le professeur, un peu étonné :

« Vous suivez mes résultats ? Cela est étonnant car nous travaillons dans un grand secret, et nos innovations sont souvent bien protégées avant leurs lancements sur le marché. Mais il est vrai que mon PDG me fait souvent part de la satisfaction de nos divers investisseurs, et on ne me refuse rarement les budgets que je demande ! »

« Connaissez-vous vos investisseurs Professeur ? »

« Pas vraiment, cela est du ressort de mon PDG et de son équipe, tant que je peux éviter la paperasse, cela m’arrange et me permet de me concentrer uniquement sur mon travail ».

« Je vais être honnête avec vous, il n’y a pas plusieurs investisseurs, il n’y en a qu’un seul, et vous l’avez devant vous ! »

Le professeur Jimenez ne s’attendait pas du tout à cela. Il connaissait les activités de Peter Stalinberg, mais ne se doutait pas une seconde que c’est lui qui avait fondé cette entreprise.

« Incroyable ! Je suis un peu choqué…mais dans le bon sens…cela veut dire que vous êtes mon patron ! »

« On peut dire cela comme ça, même si je ne le vois pas vraiment dans ce sens là. Disons que j’ai investi dans un secteur qui me tenait à cœur, mais que je souhaitais rester discret »

« Faire le bien, aider les malades, et en tirer de substantiels bénéfices, je ne peux pas vous blâmer pour cela ! »
« Vous savez, les bénéfices d’accord, mais mon projet est tout autre »

« Ha bon ? Et quel est votre projet avec cette entreprise ? »

« Je vais être honnête avec vous Professeur, votre dernière innovation, si vous arrivez à la faire fonctionner comme je le pense, va me permettre de réaliser un très grand projet »

« En effet, puisqu’apparemment vous connaissez le but de cette machine, je pense que nous allons pouvoir révolutionner la médecine et tout ce que nous avons pu connaître jusqu’à aujourd’hui »

« Et bien plus que cela ! Et cette machine est un élément clé du projet dont je souhaite vous parler. Vous savez, après avoir rencontré de nombreuses personnalités dans ce monde, et de grands spécialistes, quelques uns ont attirés mon attention sur l’urgence pour les être humains de protéger leur environnement car la terre est aujourd’hui en danger suite aux nombreuses dégradations qu’elle a connu en deux siècles ».

« Je ne vois pas le rapport avec la machine que je suis en train de fabriquer ? » s’étonna le Professeur Jimenez.

« Laissez-moi aller au bout de mon raisonnement. » relança Peter Stalinberg

« Au début, j’ai pris cela à la légère, mais au fur et à mesure de mes rencontres avec des spécialistes de l’environnement, qui m’ont fait de nombreuses révélations sur l’état de la planète, je me suis alors tourné plus sérieusement sur le problème. Au plus profond de moi-même, j’ai toujours voulu réaliser de grandes choses. Changer le monde en faisait partie, c’était un grand rêve. Et j’ai cru y arriver avec mon entreprise, elle m’a rendu riche, très riche, elle m’a amené le succès, le pouvoir, mais au final, je n’ai rien révolutionné, j’ai juste permis à toutes les personnes vivant sur la terre de pouvoir communiquer entre elles, rien d’autre. Cela m’a amené de la fierté et je pense que n’importe qui aimerait être à ma place. Mais j’ai toujours au fond de moi une petite voix qui me dit d’aller plus loin, de chercher, encore et toujours.»

Le professeur se noyait dans ses paroles, car il avait lui aussi souvent ressenti ce sentiment.

« Et vous cherchez quoi exactement ? A sauver le monde ? »

« Mieux que ça, Mr Jimenez, j’ai le projet de créer un nouveau monde… »
AVRIL 2028

Bienvenue à l’édition de notre journal de 23h, voilà les titres du jour :

- Le président Iranien a encore envoyé un ultimatum au président américain en lui demandant expressément de mettre un terme à l’embargo engagé contre son pays depuis plus de 9 mois. Selon ses déclarations, il serait capable de mettre en application la solution nucléaire pour libérer son pays de la menace extérieure…

- Philippines : L’Ouragan Nathan s’est finalement abattu sur le pays avec des vents de plus de 280 Km/h, faisant plus de 800 morts et 3000 blessés. Des dizaines de milliers de personnes se retrouvent sans abris et l’aide humanitaire met du temps à se déployer au sein de l’archipel pour venir en aide aux habitants.

- Espagne : Une explosion a eu lieu au sein de l’église de Barcelone, 45 morts et plus d’une centaine de blessés. Cet attentat n’a pas encore été revendiqué mais le premier ministre a d’ores et déjà mis en cause l’état islamique. Il a déclaré que le gouvernement allait prendre des solutions radicales contre ces menaces terroristes.

- USA : La finale NBA a livré son dénouement lors du match 7, les LAKERS de L.A ont bien cru pouvoir l’emporté mais Michaël Taton a mis fin à leurs espoirs en inscrivant plus de 40 points dont 18 dans le dernier quart temps. Il offre ainsi le trophée à son équipe des Phoenix Suns et par là-même son cinquième titre de champion…

Clic. John venait d’éteindre la TV.

« Tu as vu chéri, il n’y a que des mauvaises nouvelles dans ce monde de fou»

Hélène, plongée dans son livre, ne prit même pas la peine de lui répondre.

« Aller, il se fait tard, demain, nous avons une grosse journée qui nous attend, je vais me coucher, bonne nuit chérie »

Hélène leva la tête :

« Attend moi, je finis cette page et j’arrive ».

Hélène et John Conrad est un couple modèle. Parents de 3 enfants, ces deux trentenaires vivaient une vie paisible en plein cœur de la Floride.
Hélène avait arrêté son travail de comptable il y a plus de 4 ans quand elle donna naissance à son 3eme enfant, une jolie petite fille après avoir mis au monde des jumeaux 3 ans auparavant.
John, lui, après de belles études d’astronomies au sein de la grande université d’Harvard, avait trouvé un emploi de chercheur au sein de la NASA au Kennedy Research center de Cap Canaveral en Floride, et son salaire permettait maintenant de subvenir largement aux besoins de la famille.
Profitant de sa semaine de congé annuelle, la petite famille avait décidé d’aller passer des vacances à côté de Bâton rouge, à proximité de la Nouvelle Orléans, où vivait la mère d’Hélène depuis qu’elle avait perdu son mari, mort en 2022, suite à un cancer de la gorge.

Le lendemain matin, le couple se retrouvait au petit-déjeuner :

« Tu sais que je fais ça pour toi chérie, car il faut vraiment que je t’aime pour aller passer ma seule semaine de vacances avec ta mère »

« Ecoute, tu ne vas pas remettre cela sur le tapis, et puis ma mère t’aime bien, il suffit de la prendre du bon côté. J’ai également envie de lui faire plaisir, elle ne vient jamais ici, et cela fait plus de 18 mois qu’elle n’a pas vu ses petits-enfants. De plus, il y a pleins d’activités là-bas, tu pourras aller en randonnées, aller à la pêche, amener les enfants voir des spectacles, s’il te plait, ne gâches pas leurs vacances… »

John soupira :

« Ok, je ferais de mon mieux, mais bon, la dernière fois, elle m’a quand même accusée de l’avoir séparé de sa fille ! »

Hélène le rassura :

« Arrêtes de tout prendre à la lettre…. » Puis elle cria d’un coup :

« Les enfants, vous êtes prêts ? »

Après avoir vérifié s’ils n’avaient rien oubliés, et bien tout fermé, la petite famille monta dans le grand van, remplie de valises, et surmontée d’un grand coffre où se mélangeait palmes, bouées, masques, tuba, planche de surf et diverses éléments qui permettra aux enfants d’aller profiter du grand lac situé à proximité de la maison de Samantha, leur grand-mère.

Ce Samedi était ensoleillé, et la chaleur étouffante, avec une humidité élevée. Mais le voyage se passait bien, sans encombre, l’air conditionné permettant à tous les occupants de se sentir à l’aise. Le van roulait depuis plus de deux heures sur l’autoroute, quand Aaron, l’un des deux jumeaux commença à exprimer son envie de manger.

Hélène lui répondit :

« Chérie, nous n’avons plus que 3 heures de routes, tu ne veux pas grignoter des gâteaux afin que l’on ne perde pas de temps ? »

Mais John, qui lui n’était pas pressé d’arriver et de subir les méchancetés de sa belle-mère propose :

« Et pourquoi pas ? Nous sommes en vacances, profitons-en, qu’est-ce que vous voulez manger les enfants ? »

Le temps que la famille se mette d’accord sur le fast food où ils allaient s’arrêter, John désactiva le pilotage automatique du van et s’engagea sur la bretelle de sortie en direction de Tallahassee.
Toute la famille s’était installée à une table sur la terrasse d’un burger king, un des rares fast food avec les Mac Donald qui avait résisté à la volonté des diverses organisations qui avaient lancé depuis une dizaine d’année une immense campagne anti-malbouffe, et ces chaînes avait dû s’adapter en proposant des menus adaptés afin de réduire l’obésité qui mettait en danger une partie de la population.

A la fin du repas, les enfants se précipitèrent vers les jeux proposés par l’établissement. John en profita pour se rapprocher de sa femme, et lui susurra à l’oreille :

« On a fait de beaux enfants chérie, et ils ont vraiment l’air d’être heureux… »

Hélène le regarda dans les yeux, l’embrassa fougueusement, et lui répondit :

« Et moi, je t’aime à la folie ! »

Le couple se leva, demandant aux enfants d’arrêter de jouer et de remonter dans la voiture pour reprendre la route.

« Aller les enfants, d’après le GPS, il ne nous reste plus que 2h40 de route à faire. »

Le van repris la route, et John s’arrêta au feu avant de reprendre l’autoroute. Le feu passa au vert, et John s’engagea au Carrefour, quand la voix de l’ordinateur de bord se mis à hurler :

- Danger, Danger !

John eu juste le temps de tourner la tête vers la droite où il vit arriver un camion à pleine vitesse. Il percuta la voiture de plein fouet sur le flanc droit, et le van commença une longue série de tonneaux pour finir de l’autre côté de la route, sur le toit.
La violence du choc fut telle que le Van n’était plus maintenant qu’un amat de tôle froissée et John, projeté à travers le pare-brise à plus de 3 mètres, eut juste le temps d’apercevoir sa femme qui gisait également sur le sol avant de s’évanouir.
« Monsieur, vous m’entendez ? »

John était allongé sur un lit d’hôpital. Il se réveillait lentement car la morphine commençait à se dissiper.

« Monsieur, vous m’entendez ? »

Il ouvrit lentement les yeux, et il put apercevoir une infirmière accompagnée d’un médecin. Il répondit doucement :

« Oui, je vous entends »

Le médecin se tourna vers l’infirmière :

« Ouf, j’avais peur qu’il ne se réveille pas, c’est bon signe ! »

John commença à retrouver ses esprits, mais eut du mal à bouger le bras, et sa jambe commençait à le lancer. Mais dans un sursaut, il demanda :

« Qu’est-ce que je fais là, que m’est-il arrivé, où sont ma femme et mes enfants, cela fait combien de temps que je suis là ? »

Le médecin se tourna alors vers lui :

« Chaque chose en son temps Monsieur Conrad, vous avez eu un grave accident de voiture, et vous êtes au Capital Regional Medical Center de Tallahassee depuis 2 jours, aux soins intensifs. Votre voiture a été percutée par un camion dont le chauffeur qui, sous l’emprise de l’alcool, a eu un moment d’inattention. »

John avait le bras gauche cassé, une fracture ouverte à la jambe droite et avait un poumon perforé. Commençant à ressentir la douleur, il demanda à ce qu’on lui injecte de la morphine.

« Tenez Monsieur, vous avez ici une manette, quand vous appuyez dessus, elle vous administre des doses de morphine afin de vous éviter la douleur ».

Après avoir appuyé plusieurs fois sur la manette, qui était bien configuré pour lui injecter des doses de morphine limitées, il commença à bien reprendre ses esprits. Et avant même de demander de quoi il souffrait, il redemanda au médecin sur un ton plus appuyé :

« Ma femme et mes enfants, dites-moi qu’ils vont bien s’il vous plaît »

Le médecin demanda à l’infirmière de sortir, et John compris de suite que cela était pour lui annoncer de mauvaises nouvelles :

« Monsieur Conrad, votre femme et vos enfants ont été atteints de nombreux traumatismes et blessures. Votre femme a heurté violemment le pare-brise de votre voiture, et est actuellement dans le coma, elle présente également de nombreux hématomes. Nous l’avons opéré pour éviter le pire, mais je ne peux me prononcer sur son état vital. »
John était sous le choc.

« Oh mon dieu, et mes enfants ? »

Le médecin fronça les sourcils :

« Un des jumeaux a tapé lourdement sa tête contre le toit de la voiture, il a un traumatisme crânien et les deux bras cassés. Il s’en sortira. Par contre, l’autre présente de nombreuses fractures et un élément de la voiture est venu se planter dans son thorax, et est passé à 2 cm du cœur. Nous venons de l’opérer et nous avons réussi à lui enlever, mais son état est inquiétant, et malgré tous nos efforts, nous ne sommes pas confiants, et son pronostique vital est engagé, les prochaines heures seront très importantes pour voir si son organisme peut supporter cela.
Par contre, et j’en suis vraiment désolé, votre fille a été atteinte lourdement et elle est décédée sur le chemin de l’hôpital. »

John était dévasté, et il craqua, tombant en pleurs.

« Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, nous partions tranquillement en vacances, qu’est-ce que j’ai fait pour que cela nous arrive… »

Etant complètement sous le choc, en pleurs, le médecin lui énuméra également ses blessures, qui semblaient presque bénignes par rapport au reste de la famille. Le médecin lui administra également des calmants afin de faire réduite sa tension qui venait de monter en flèche suite à son annonce.

« La priorité pour le moment est que vous vous reposiez. Votre bras a été mis sous attelles, et nous vous avons opéré dès votre arrivé votre fracture ouverte à la jambe, mais la plaie était peu profonde. Nous allons faire le maximum pour le reste de votre famille »

John relança immédiatement :

« Est-ce que je peux les voir ? »

« Pas pour le moment Monsieur Conrad, cela est prématuré, reposez-vous, je reviens vous voir » et le médecin quitta la pièce.

John ne savait pas quoi penser, entre tristesse, douleur et énervement, il hurla :

« Et comment voulez-vous que je me repose quand toute ma famille est dévastée !!! »

Deux jours ont passé, et John commençait à peine à se remettre de ses blessures. Il demanda au médecin s’il pouvait le placer dans une chaise roulante afin qu’il puisse aller voir sa femme, toujours dans le coma, et ses enfants. Son état n’était pas encore vraiment satisfaisant, mais comprenant son désarroi, le médecin demanda aux infirmières de l’aider.

L’infirmière ouvrit la chambre de son premier fils, Aaron, qui, voyant son père, cria :
« Papa ! Papa ! » Le visage de l’enfant de 7 ans s’illumina. Sa tête était entourée de grosses bandes blanches, et ses bras, entourés de deux attelles, spécialement conçus pour les membres cassés, étaient maintenus en l’air par des fils

« Bonjour Aaron, comment vas-tu mon fils ? »

« J’ai mal à la tête Papa, et je ne peux pas bouger les bras, ils me les ont mis dans ces chaussettes, ils ont dit qu’ils étaient cassés. »

John étaient content de voir son fils, mais également triste de le voir souffrir.

« Je sais mon fils, c’est difficile, il va falloir que tu sois fort, car il nous est arrivé un grand malheur, mais tu dois savoir une chose, je serais toujours là pour toi. »
« Et toi, pourquoi tu es dans cette chaise papa ? »

« Ne t’inquiète pas, j’ai juste quelques blessures aux jambes, mais je vais rapidement pouvoir me lever »

Aaron demanda à son père :

« Pourquoi Maman n’est pas venu me voir Papa ? »

John ne se sentait à l’aise, et pour ne pas affoler son fils :

« Elle dort mon grand, elle se remet de ses quelques blessures, mais elle viendra te voir dès que possible ! Repose-toi un peu, je vais aller voir ton frère »

Aaron demanda doucement :

« Reviens vite me voir pour me dire s’il va bien papa, et fait un câlin à maman de ma part ! »

« Promis mon fils ». Il lui prit la main, la serra pour faire comprendre son amour à son fils, et la reposa doucement sur le bord du lit, en demandant à l’infirmière de l’amener dans la chambre de Richard, son autre fils.

Le lit de Richard était au milieu d’une grande pièce entourée de grandes vitres. Il était endormi.
John demanda à l’infirmière s’il s’était réveillé, elle lui répondit que pour le moment il était maintenu endormi afin de pouvoir s’assurer du bon fonctionnement de ses organes vitaux.

Elle ajouta :

« Nous n’avons pas pu l’opérer de sa fracture à la jambe car nous ne savions pas si son cœur était atteint, et cela aurait été trop dangereux de l’opérer si une artère de son cœur avait été atteint »

John tourna sa chaise vers l’infirmière :

« Et quand est-ce que vous allez l’opérer ? »
Avant que l’infirmière ne lui réponde, le médecin arriva dans le dos de John :

« Nous allons le passer au scanner et lui faire passer un IRM afin de nous assurer que sa blessure au thorax est bien refermée avant de pouvoir l’opérer Monsieur Conrad, mais je me dois de vous dire toute la vérité. Si jamais la blessure de sa jambe est trop profonde, elle risque d’avoir endommagé des organes vitaux comme des veines ou des artères, et si des cailloux de sangs venaient à s’être formés, nous serions devrons prendre la décision de l’amputer d’une partie de sa jambe droite afin d’éviter toute complication… »

John était sous le choc des déclarations du médecin, il voulait parler mais aucun son ne sortait. Tout s’entrechoquait dans son esprit, il failli perdre connaissance mais se reprit. Le médecin rajouta :

« Mais, si cela peut vous rassurer, sa vie n’est plus en danger »…

Il lui répondit, nonchalamment :

« C’est déjà ça…. »

Puis il se reprit, et demanda au médecin :

« Et ma femme, puis-je la voir ? »

Le médecin se plaça derrière la chaise de John :

« Je vous y conduit ! »

Ils arrivèrent dans une pièce similaire à celle de son fils Richard, et sa femme était allongé sur son lit d’hôpital, elle avait l’air paisible, on ne pouvait voir qu’un gros pansement sur le côté de tête.

« Alors docteur ? »

Le médecin lui expliqua alors :

« Elle a tapé violemment le pare-brise avant d’être éjecté du van. Elle a quelques contusions aux bras et aux jambes, mais c’est surtout à la tête qu’elle a été atteinte. Elle avait une plaie ouverte sur le côté gauche du crâne, elle a eu 17 points de suture et a perdu beaucoup de sang. Les spécialistes sont en train d’analyser les résultats des scanners, mais nous ne savons pas pour le moment quelles sont les parties qui ont été atteintes, et nous ne pouvons pas savoir quand et surtout si elle va se réveiller »

Des larmes commençaient à couler le long du visage de John :

« En gros, vous ne savez pas ce qu’elle a, si elle se réveillera, et si elle se réveille un jour, si elle aura des séquelles ? Un de mes fils est sur le point de perdre une jambe, l’autre sera traumatisé à vie, et ma fille est morte, j’espère que vous allez la sauver docteur »

Le médecin essaya de se justifier :
« Je vous promet que nous mettons tous les moyens nécessaires pour… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que John rajouta :

« Pouvez-vous me laisser seul un instant avec elle ? »

Le médecin :

« Mais vous savez… »

« S’il vous plait docteur… »

Le médecin n’insista pas et s’éclipsa en laissant John seul, face à sa femme, assis sur sa chaise roulante.

John essayait de repenser à l’accident, et se demandait comment il aurait pu faire pour éviter cela. Mais cela s’était passé si rapidement qu’il n’arrivait pas à apporter des réponses à ses questions.
En regardant le visage de sa femme qui avait l’air si reposé, il la trouvait toujours aussi belle. Les souvenirs lui revenaient par de grands flashs.
Leur rencontre, leur passion, leur mariage, la naissance de leurs jumeaux, la naissance de leur fille, la nostalgie le gagna et son regard était perdu.

Au même moment, un homme entra en silence dans la pièce et s’assit sur une des chaises à proximité de la porte. John n’y prêta pas d’attention sur le moment, perdu dans ses pensées.
Il était habillé d’un beau costume bleu, parfaitement taillé, d’une chemise clair, et portait des lunettes de soleil.

Après un court instant, John le remarqua :

« Mais vous êtes qui vous ? Vous connaissez ma femme ? »

L’homme se leva, enleva ses lunettes et vint se placer debout, à côté de la chaise de John, face au lit d’Hélène.

« Non Monsieur Conrad, je n’ai jamais eu le plaisir de rencontrer votre femme, ni vous d’ailleurs. Auriez-vous 5 mn à m’accorder autour d’un café. »

John, qui ne comprenait pas, commença d’abord par s’énerver en haussant immédiatement le ton :

« Je ne sais pas ce que vous me voulez, ni qui vous êtes mais vous ne pensez pas que le moment est mal choisi, vous ne voyez pas que ma femme est dans le coma là ? »

« Justement Mr Conrad, il est urgent que je m’entretienne avec vous afin que vous preniez une décision rapidement. » lui répondit cette homme d’une grande prestance.

John, étonné et surpris, commençait à ressentir une forte douleur au poumon, mais ne pouvait pas beaucoup bouger à cause de son bras en écharpe et sa jambe bandée. Il regarda l’homme :

« Mais bon dieu, qu’est-ce que cela veut dire ? Vous êtes médecin ? »
L’homme rétorqua : « Non Monsieur Conrad, mais je peux rapidement vous apporter une solution à vos problèmes »

John ne comprenait rien, mais la douleur se faisait de plus en plus vive. L’homme ayant compris, sorti rapidement et réapparu 2 mn après avec une infirmière.

L’infirmière fit une piqure de morphine à John, ce qui lui enleva immédiatement sa douleur. L’infirmière se retourna alors vers l’homme :

« Monsieur, je ne sais pas qui vous êtes mais les visites sont formellement interdite dans cette partie de l’hôpital, je vous demanderais donc de quitter la pièce immédiatement s’il vous plaît »

L’homme sorti un billet de 100 $ qui plia en deux et le tendit à l’infirmière :

« Laissez-moi 5 mn, pas une de plus je vous le promets ! »

L’infirmière se sentit dans un premier temps offusquée, puis hésita, puis finalement, cet homme lui inspirait une certaine confiance. Elle prit le billet et ajouta :

« 5 mn, pas une de plus ! »

« Merci » ajouta l’homme.

L’infirmière sortie de la pièce et laissa l’homme en compagnie de John.

John, relança immédiatement la conversation :

« Mais qu’est-ce que vous nous voulez à la fin ? »

Alors l’homme prit la chaise sur laquelle il s’était assis en rentrant dans la pièce, la posa face à John, et s’assit dessus.

« Monsieur Conrad, je vais être direct avec vous car nous n’avons plus beaucoup de temps, et vous devez prendre une décision. Je travaille pour une société spécialisée en médecine qui est capable aujourd’hui de pouvoir soigner vos blessures, mais aussi celles de vos fils et de votre femme. »

John rétorqua rapidement :

« Mais le médecin vient de… »

« Laissez-moi finir s’il vous plait : Ici vous êtes dans un hôpital publique qui ne propose que des soins de base, et dont les compétences et les équipements sont limités. Nous sommes capables de proposer des soins d’une qualité inégalé et peut-être pourront nous surement vous soigner beaucoup mieux ainsi que votre famille.
Mais il y a une condition à cela, et vous devez prendre une décision, et la prendre tout de suite »
John croyait comprendre :

« Vous voulez de l’argent pour m’assurer que ma famille ira mieux ! »

L’homme le regarda dans les yeux :

« Non, nous n’avons que faire de votre argent. Vous travaillez pour la NASA, dans un centre de recherche qui détient des informations qui nous seraient utiles, et vous êtes un des mieux placés pour nous les fournir. »

Alors là John ne comprenait plus du tout, que venait faire la NASA dans cette histoire.

« Mais de quelles informations avez-vous besoin, je ne suis qu’un simple opérateur de recherche ? J’ai malheureusement peur que… »

L’homme le coupa immédiatement :

« Ecoutez, nous n’avons vraiment pas le temps, qu’est ce qui est plus important pour vous aujourd’hui, les petits secrets que vous gardez dans votre travail ou la vie de votre famille ? Nous savons que vous détenez les informations dont nous avons besoin, et vous avez-vous besoin que votre famille soit prise en charge rapidement…Je vous laisse décider »

John, réfléchit rapidement, et se demanda quelles informations si importantes il pouvait détenir mais rien ne lui semblait vraiment confidentiel. Il n’hésita pas trop longtemps.

« Alors disons que je suis d’accord, de quelles informations avez-vous besoin pour prendre en charge ma famille ? »

L’homme se leva d’un trait :

« Ne vous inquiétez pas pour ça, pour le moment le plus important est de vous transférer. Signez ce papier s’il vous plait »

John regarda le papier, c’était un ordre de transfert :

« Vous nous transférez où ? »

« Vous pouvez m’appeler Barry maintenant, mais ne vous inquiétez pas, vous serez étonné de ce que nous pouvons faire !
Signez en bas de la page, les noms de vos enfants, votre femme et le vôtre sont déjà inscrits, sauf celui de votre fille bien entendu. »

John ne prit même pas le temps de lire la feuille et signa. L’homme récupéra la feuille, la plia et l’inséra dans une des poches de son costume. Il sortit un téléphone portable d’une autre poche, composa un numéro et après quelques secondes dit à son interlocuteur :

« C’est bon, nous avons le feu vert ! »
5 mn exactement après avoir signé la feuille, John fut stupéfait de voir débarquer une dizaine de personnes toutes habillées en blanc. Certaines ont commencés à discuter avec les médecins présents, et d’autres poussaient des brancards dans chaque pièce où se trouvaient les enfants, John et sa femme.

Trois hommes se retrouvèrent autour de John afin de l’aider à s’allonger sur le brancard. Il s’exécuta sans poser de questions, et un d’eux se pencha alors sur lui :

« Nous allons devoir vous endormir pour le transfert Mr Conrad »

John lui répondit :

« Mais pourquoi, je vais bien pour l’instant ? »

« Ne vous inquiétez pas, cela est juste pour nous assurer et nous faciliter le transfert »

« Mais où est-ce que nous allons ? »

Il n’eut pas le temps d’entendre la réponse, le médecin avait déjà inséré le liquide dans son cathéter et il s’endormit immédiatement.
John se réveilla dans une pièce gigantesque. Elle était totalement ronde, faisait plus de 10 mètres de diamètre et au moins 15 mètres de haut. Il était un peu ensuqué, il se releva difficilement et il put apercevoir 3 autres brancards, ses 2 fils et sa femme étaient allongés sur chacun d’entre eux, tous les 3 étaient endormis. Les 4 brancards se trouvaient contre le mur, et au milieu de la pièce, il put apercevoir un grand dôme vitré, au bout était de ce dôme était installé une sorte de grande machine, ressemblant à un grand ordinateur avec un écran sur le côté.

A quelques mètres se trouvaient deux hommes et une femme, chacun portait une blouse blanche.
Quand ils eurent remarqué que John était réveillé, ils se dirigèrent vers lui.

« Monsieur Conrad, je suis Professeur en médecine et je suis accompagné de mon assistante et mon technicien informatique. Nous allons bientôt commencer. »

John se releva difficilement sur son lit à l’aide de son bras droit, et ressentit immédiatement la vive douleur au poumon, sa jambe le tirait également un peu.

« Bonjour Professeur, excusez-moi d’être si direct, mais je ne vous connais pas, je ne sais pas où nous sommes et qu’est-ce que vous allez commencer, et comment va ma famille ? »

« Ne soyez pas inquiet Monsieur Conrad » lui répondit le Professeur. « Vous allez rapidement avoir des réponses à vos questions, mais le plus urgent est de nous occuper de vous et de votre famille, et comme nous sommes prêts je vous propose de commencer par vous ! »

John haussa un peu le ton :

« Mais vous allez commencer quoi bordel ? Vous allez m’opérer ? »

Le professeur se plaça derrière le brancard de John :

« Encore mieux que cela Monsieur Conrad, nous allons commencer votre reconstruction »

Le technicien alluma l’écran de contrôle, appuya sur un bouton et la vitre du dôme glissa sur le côté en rentrant dans le sol. Ce qui permit au Professeur de placer le brancard au centre. Le professeur s’écarta et le dôme se refermât lentement, englobant le brancard.
Une voix robotisée annonça alors :

« Anesthésie »

En moins de 3 secondes, John Conrad était endormi.

Après quelques manipulations sur l’écran, un grand bras articulé se plaça automatiquement au-dessus du brancard et se mit à tourner dans le dôme.

« Scan en cours » annonça la voix.
Après une trentaine de seconde, le bras articulé s’arrêta et se replia. Un autre bras articulé avec une seringue vient tout doucement se planter dans le bras de John afin de faire une prise de sang.

« Analyse en cours » relança la voix

Et puis soudain la voix annonça :
« Bilan final :

- Articulation du bras gauche cassée au niveau de la fossette radiale
- Plaie de 8 cm à la jambe gauche d’une profondeur de 2 cm avec déchirement du ligament interosseux
- Perforation du poumon dû à une côte cassée
- Aucune maladie infectieuse détectée
- Aucun virus détecté
- Tension normale

Reconstruction possible à 100 % en 2 minutes»

Le professeur se tourna alors vers son technicien informatique en lui annonçant :

« Activation de la reconstruction »

Le technicien s’exécute, appuie plusieurs fois sur l’écran tactile et la voix annonce alors :

« Reconstruction en cours : 15 %....30%....60%.... » et après deux minute :

« Reconstruction terminée, réveil en cours »

Après quelques secondes, le dôme s’ouvre de nouveau, et John Conrad commence à ouvrir les yeux.
Le professeur se replace derrière le brancard, le déplace et le ramène à sa position initial. Il se penche alors et demande :

« Monsieur Conrad, vos blessures sont guéries, nous allons passer maintenant aux membres de votre famille, et nous allons commencer par votre femme »

John se releva sur son brancard, il ne sentait plus aucune douleur. Il se leva alors du brancard et se mit à marcher naturellement.

« Mais c’est un miracle, je ne sens plus rien ! Comment avez-vous fait cela ? »

Le professeur lui répondit alors :

« Non Monsieur Conrad, les miracles ça n’existe pas, ceci est le résultat de nombreuses années d’études et de recherches intensives. Mais nous vous expliquerons cela par la suite, pour l’instant, nous allons nous occuper de votre femme ».
Puis ils recommencèrent l’opération en plaçant le brancard d’Hélène Conrad sous le dôme vitré. John regardait la scène comme s’il regardait un film de science-fiction sans dire un mot :

« Anesthésie », « Scan en cours », « Analyse en cours », puis après une trentaine de secondes :

« Bilan final :

- Œdème cérébrale diffus
- Hématomes intracrâniens
- Contusions cérébrales
- Déchirure du biceps brachial bras gauche
- Claquage du quadriceps jambe gauche
- Elongation du muscle demi-tendineux jambe droite
-
Reconstruction possible à 100 % en 13 minutes»

Le professeur Jimenez :

« Activation de la reconstruction »

Le technicien s’exécute encore et tapote sur son écran tactile :

« Reconstruction en cours : 5%...10%...25%... »

John en profita pour demander :

« Comment vous faites cela ? Comment cette machine fonctionne ? »

Le professeur se tourna vers John :

« Monsieur Conrad, ça c’est une information confidentielle et nous vous demanderons par la suite de ne pas révéler ce que nous avons fait, comment nous l’avons fait, et à qui nous l’avons fait, et qui nous sommes ! »

John répondit :

« Mais déjà je ne sais pas qui vous êtes, et je ne comprends pas comment marche cette machine ! »

« Tant mieux Monsieur Conrad, moins vous en savez, mieux vous vous porterez… »

Après quelques minutes, la voix annonça :

« Reconstruction terminée, réveil en cours »

La vitre du dôme se releva, et Hélène Conrad commença à bouger, tousser, puis releva le buste sur son brancard. John se précipita et pris sa femme doucement dans ses bras :
« Merci mon dieu, j’ai cru t’avoir perdu à jamais » tout en ayant une larme à l’œil

Hélène commença à parler :

« Chéri, que m’est-il arrivée, qu’est-ce que je fais là ? »

John n’eut pas le temps de lui répondre qu’un homme entra dans la pièce. Il connaissait ce visage et cette prestance, c’était l’homme qui était venu le voir à l’hôpital de Tallahassee.

« Monsieur Conrad, vous vous rappelez de moi ? Je suis Barry Barrowski. Veuillez me suivre avec votre femme, le professeur va s’occuper de vos enfants pendant ce temps, ne soyez pas inquiet ! »

Hélène regarda John :

« Tu connais ce monsieur John ? »

« Oui, Hélène, je l’ai rencontré à l’hôpital de Tallahassee où nous avons été amenés suite à notre accident de voiture. Suivons-le chérie, ils viennent de te sauver la vie… »
John et Hélène se retrouvèrent dans un couloir, l’homme leur demanda de les suivre jusque dans une pièce qui ne contenait que quelques chaises et un bureau. Ils ne croisèrent personne d’autre.

« Monsieur Conrad, je vous avais promis que nous pourrions vous sauver vous sauver ainsi que votre famille. Cela vient d’être fait pour vous et votre femme, vos deux fils ne vont pas tarder à vous rejoindre. »

Immédiatement, Hélène demanda :

« Et Sue, notre fille, elle est où »

John la regarda :

« Oh mon dieu chérie, tout est allé tellement vite. » Il commença à pleurer.
« Elle est morte sur le coup pendant l’accident de voiture, je suis désolé mon amour »

Hélène était choquée :

« Oh non, ma fille ! Nonnnnn ce n’est pas possible…. » et elle tomba en sanglots.

Immédiatement, Barry Barrowski repris la parole :

« Je suis sincèrement désolé de ce qui est arrivé à votre fille, mais la situation aurait pu être largement pire si nous n’étions pas intervenu vous en conviendrez Mr Conrad. Je vous laisse le soin d’expliquer à votre femme tout ce qui est arrivé. Mais il faut que je sois clair avec vous.
Tout ce que vous avez vu et vécu ici doit rester confidentiel, à vous de vous débrouiller pour dire à vos proches ou tout autre personne une histoire qui tient la route vis-à-vis de votre accident de voiture.
Ne parlez à personne de la manière dont vous avez été soigné, ou des personnes que vous avez vu, ni même de votre transfert. N’en parlez absolument jamais. Sinon, vous risqueriez d’avoir de gros problèmes et je pèse mes mots, est ce que cela est clair Mr Conrad ? »

John tenait sa femme dans ses bras pour la réconforter :

« D’accord Mr Barrowski. C’est tout ce que je dois faire, garder le silence ? »

« Nous avons également un accord Mr Conrad. Reprenez votre vie normalement tant bien que mal, reprenez le travail dès que vous le pourrez et d’ici peu nous vous recontacterons pour récupérer les informations dont nous avons besoin ! D’ici là, vous aurez le temps de vous occuper des obsèques de votre fille. »

John relança :

« A propos de ces informations, je… »

L’homme le coupa rapidement :

« Pas maintenant Mr Conrad, nous prendrons contact en temps et en heure avec vous. »

« Bon d’accord »

Enfin, l’homme se recula sur sa chaise :

« Dès que vos deux fils reviendront, nous allons vous transférer et vous ramener à votre domicile. N’ayez pas peur, pour cela nous allons devoir vous bander les yeux afin que vous ne puissiez savoir où vous êtes. Comme on vous l’a expliqué, moins vous en saurez, mieux vous vous porterez. »

Le couple acquiesça, Hélène était effondrée.

« Expliques-moi tout ce qui s’est passé John »

John rétorqua :

« Pas maintenant chérie, je te dirais tout ce que nous avons vécu ces 4 derniers jours quand nous aurons quitté ce lieu »

Ils sortirent de la pièce, et les deux jumeaux les attendaient assis sur une chaise. En voyant leurs parents, ils coururent dans leur bras et s’embrassèrent. John se retourna et lança simplement à Barry Barrowski :

« Merci »

Comme prévu, ils furent transférés et ramenés chez eux. John compris que l’endroit où ils étaient n’étaient pas tout proche car ils montèrent dans une voiture, puis un avion, apparemment privatisé, et encore une voiture avant d’être déposé chez eux.
Deux mois ont passés depuis l’accident qui avait ébranlé la famille Conrad.

Il faisait un soleil de plomb ce Jeudi à Palo Alto. Dans les bureaux de la société qui avait créé le réseau social, Peter Stalinberg était en pleine réunion avec deux chercheurs au dernier étage de l’immeuble, avec une vue magnifique du Campus, qui accueillait la majorité des salariés américains de l’entreprise. Il était très énervé et ne le cachait pas.

« Cela fait maintenant plus de quatre années que je finance vos recherches, vos expériences et votre laboratoire, et vous n’êtes pas capables d’avoir des résultats concluants. »

Un des chercheurs essaya de calmer la discussion :

« Monsieur Stalinberg, ce que vous nous avez demandé n’a jamais été réalisé, c’est une évolution majeure et la tâche n’ai pas simple. Toutes nos tentatives ont échouées mais je pense que nous ne sommes pas loin de réussir. Il nous reste à résoudre le problème du placenta… »

Le milliardaire repris son argumentaire :

« Vous avez déjà réussi la première partie de vos objectifs. Pouvoir recréer n’importe quelle espèce animale ovipare était un grand défi, c’est chose faite, maintenant il ne vous reste plus que les espèces vivipares. Je sais que c’est la partie la plus difficile, mais je vous donnerais tous les moyens nécessaires à votre réussite. »

Peter essayait de se calmer mais sa frustration prenait le dessus. Il tapa un grand coup de poing sur son bureau :

« Mais que vous manque-t-il ? Du matériel ? Du personnel ? »

L’autre chercheur répondit :

« Du temps, Monsieur Stalinberg, du temps ! »

Peter se leva d’un coup :

« C’est la seule chose que nous n’avons pas, je vous rappelle que nous avons un planning serré, faites tout votre possible mais je vous en supplie, ramenez-moi des bonnes nouvelles rapidement. J’ai investi plus de 800 millions de dollars dans vos recherches jusqu’ici, mais je rajouterai ce qu’il faudra, il me faut des résultats. »

Richard Boulin et Stéphane Gougan étaient deux scientifiques français réputés dans la biologie animale. Peter Stalinberg les avaient débauchés quatre ans auparavant en leur demandant de créer un système de reproduction animal à partir de fragments ADN, génétiquement modifiés à souhait.
Après avoir trouvé la solution pour reproduire n’importe quelle espèce animale qui se reproduit en pondant des œufs, les espèces ovipares, le grand défi qui leur avait été demandé, été de recréer un utérus artificiel, permettant d’accueillir n’importe quelle espèce animale qui se reproduit et qui donne naissance à des petits complètement formés afin de pouvoir donner vie à chacune de ces espèces, soit les espèces vivipares, sans avoir à passer par la fécondation in-vitro avec un autre animal femelle de la même espèce.
Mais pour ces derniers, la tâche était beaucoup plus difficile, surtout pour les animaux de grandes tailles, qui sont alimentés par un cordon ombilical. Le matériel et les utérus artificiels devaient être beaucoup mieux adaptés au développement du fœtus, souvent très fragile.

Peter Stalinberg se dirigea pour ouvrir la porte aux deux chercheurs :

« Dès que vous avez des avancées significatives dans vos travaux et expérimentations, merci de m’en tenir immédiatement informé. Ma navette est postée sur le toit de l’immeuble, elle va vous ramener à votre centre de recherche à Tucson. Au revoir Messieurs. »

Les deux chercheurs sortirent du bureau et se dirigèrent sur le toit de l’immeuble par l’ascenseur.

L’interphone de son bureau se mit à sonner :

« J’écoute »

Sa secrétaire l’informa :

« Monsieur Stalinberg, le professeur Jimenez a essayé de vous contacter pendant votre entretien, il m’a demandé que vous le recontactiez rapidement »

« Rappelez le immédiatement et passez le moi »

Trois minutes après, sa secrétaire lui passa la communication :

« Professeur, qu’est-ce qu’il se passe, d’après ma secrétaire, votre appel était urgent. »

Le professeur Jimenez répondit :

« Monsieur Stalinberg, j’ai bien avancé sur ce que vous m’avez demandé, mais en faisant des recherches poussées, j’ai découvert autre chose, et j’avoue que je m’y suis penché sans vous prévenir, mais cela risque de vous plaire encore plus ! »

Stalinberg : « C’est-à-dire ? »

« J’ai réussi une expérience sur des souris, je souhaiterais pouvoir maintenant tester cela sur l’être humain. J’aimerais vous montrer cela, quand est-ce que vous seriez disponible ?»

Peter resta immobile, commença à sourire, puis répondit :

« J’arrive immédiatement ! »

« Parfait, je vous attend » répondit le Professeur.

Peter raccrocha et appela sa secrétaire :
« Merci de dire à ma navette de se poster sur le toit de l’immeuble »

Elle répondit un peu gênée :

« Vous venez de l’envoyer à Tucson Monsieur »

« Ah oui, c’est exacte, j’avais déjà oublié » puis il raccrocha.

Peter Stalinberg sorti rapidement de l’immeuble et monta dans sa limousine qui l’attendait.

« Conduisez-moi à Los Angeles, à l’immeuble Amiris. Et ne perdez pas de temps, il y a plus d’une heure de route. »

« Bien monsieur » répondit le chauffeur.

La limousine de luxe s’engagea sur Main Street en plein cœur de Los Angeles, et après avoir réussi à sortir des embouteillages, s’arrêta devant l’immeuble Amiris, un très grand building vitré, non loin de l’ancien immeuble du Times, racheté depuis une dizaine d’année après leur faillite par la société Google, le célèbre moteur de recherche, qui y avait installé ses bureaux locaux.

Le milliardaire sorti en trombe de la limousine et s’engouffra dans l’immeuble. Les réceptionnistes de l’accueil n’avaient même pas eu le temps de l’accueillir qu’il était déjà rentré dans un des trois ascenseurs de l’immeuble.

En arrivant à l’étage du bureau du professeur, Peter croisa Steven Descroix, PDG de l’entreprise.

« Monsieur Stalinberg, on ne m’a même pas prévenu de votre venu, je vous invite dans mon bureau ? »

Peter lui serra la main et lui répondit :

« Désolé Steven, je dois absolument voir le Professeur Jimenez. Mais ne vous inquiétez pas, vous faites du très bon boulot, et je suis ravi des résultats de l’entreprise. Je vous rappellerai d’ici peu pour vous convoquer. Mais d’ici là, comme prévu, pas un mot de notre machine à quiconque, nous sommes bien d’accord ? »

Steven confirma :

« Le secret est notre priorité Monsieur »

« Je l’espère Steven, je l’espère…je vous laisse, à plus tard »

Il reprit son chemin en direction du bureau du professeur où il rentra sans même frapper. Personne n’était là. Il sortit et la secrétaire lui indiqua que le professeur était redescendu il y a plus d’une heure dans son laboratoire.

Après avoir repris l’ascenseur, il descendit jusqu’à l’étage -2 où se trouvait le laboratoire. Il se retrouva devant une grande baie vitrée, il essaye de rentrer mais l’accès était réglementé et il fallait entre un code pour pouvoir ouvrir le sas d’accès.
Il aperçut le professeur et cogna à la vitre. Le professeur lui fit signe, posa ce qu’il était en train de faire, et ouvrit la porte du sas.

« Bonjour Mr Stalinberg, vous avez fait vite, je vous en remercie, venez je vais vous montrer »

Ils entrèrent dans une petite pièce où se trouvaient une dizaine de petite cage avec des souris à l’intérieur.

« Suite à la réussite des résultats de la machine, nous pouvons affirmer que nous pouvons soigner, reconstruire ou éradiquer jusqu’à 95 % des maladies, blessures ou virus connus… »

Peter commenta :

« Vous avez fait un travail extraordinaire Professeur, et je souhaitais vous…. »

« Laissez-moi finir s’il vous plaît » le coupa le Professeur Jimenez. « Donc je vous disais, suite à la réussite des résultats de la machine, vous m’aviez demandé de vous pencher sur la régénération de cellules souches afin de savoir si nous avions la possibilité de régénérer et reconstruire certaines parties du corps comme le font naturellement certains animaux. »

« Exact » confirma Peter

« Pour le moment, je n’ai pas encore beaucoup avancé sur le sujet. Mais en faisant des recherches dessus, j’ai retrouvé un article d’un éminent chercheur de l’université d’Harvard qui s’appelait David Sinclair. En 2014, il avait fait des études poussées sur la possibilité de réduire le vieillissement. Mais il est malheureusement disparu 2 ans plus tard dans un malheureux accident de ski. Il travaillait sur la possibilité de vivre plus longtemps et en meilleure santé grâce à la science.
Le traitement qu’il a inventé consistait à administrer des coenzyme NAD+.
C’est peut-être un nom barbare pour vous mais derrière cela se cache une coenzyme présente dans toutes les cellules vivantes du corps qui aide à la formation de l’ATP, qui est une molécule dont le rôle est de fournir l’énergie nécessaire aux réactions chimiques des cellules. Et ses résultats commençaient à avoir des résultats spectaculaires, mais à l’époque, il n’avait pas le bon matériel. Après sa disparition, personne n’a repris ses recherches.
Mais aujourd’hui, grâce aux évolutions technologiques, nous avons la possibilité de continuer ses études. J’ai donc pris l’initiative de suivre ses idées, et j’ai fait quelques tests sur des souris, mais au final, le traitement n’a pas ralenti le vieillissement de ces petits mammifères… »

Peter demanda alors :

« Donc c’est un échec ? »

Juan Jimenez regarda Peter Stalinberg dans les yeux :

« Non, c’est le contraire. Le traitement n’a pas ralenti le vieillissement, il l’a inversé ! »

« Inversé ? » s’étonna Peter
« Oui, leurs corps ont tout simplement rajeunis ! Regardez ces souris à gauche, elles sont âgées de 5 ans, et je n’ai rien testé sur elles. Maintenant regardez ces souris à droite, elles sont aussi âgées de 5 ans, et après avoir testé le produit sur elles, leurs muscles, leurs os, et même leur vivacité sont celles d’une souris de 2 ans à peine. »

Peter Stalinberg était stupéfait : « Alors là, c’est incroyable, et vous croyez que cela serait possible sur des organismes humains ? »

« Je souhaiterais dès que possible effectuer des tests sur des patients afin de savoir s’il y a des effets secondaires, mais j’en suis persuadé. Je pense que si cela marche, je pourrais considérablement augmenter l’espérance de vie. »

Peter continua la discussion : « Vous allez au-delà de mes espérances Professeur, vous êtes vraiment le meilleur ! »

Juan Jimenez calma légèrement son excitation : « Il faut encore de nombreux tests pour être sûr que cela marche Mr Stalinberg, mais je pense réellement que nous allons pouvoir faire en sorte que des millions de personnes dans le monde vivent plus longtemps, et en meilleure santé. ».

Peter Stalinberg tourna le dos au professeur et commença à s’en aller avant de lui répondre : « Félicitations Professeur…Mais cela n’est pas mon objectif…je vous recontacte dès que possible, à bientôt. »
Washington, Septembre 2028
Allocution télévisée du président américain, Eric Smith

« Mesdames, Messieurs,

Je souhaitais m’entretenir avec vous aujourd’hui, car suite à une réunion au sommet avec tous les membres des chefs d’états aux Nations-Unies, et de nombreux spécialistes de l’environnement, j’ai le devoir de vous annoncer que notre nation, mais également tous les habitants de la planète sont en danger.

Il est maintenant avéré que les évènements climatiques et les catastrophes naturelles que la planète a subis depuis ses 15 dernières années ne sont pas le fruit du hasard.
Quand on analyse la courbe de croissance du CO2 dans l’atmosphère, on observe une croissance très rapide, presque exponentielle, qui a commencé au 19ème siècle. Les variations de concentration, mesurées dans les bulles d’air des glaces polaires, étaient à peu près nulles avant le 19ème siècle.

Le fait d’augmenter le CO2 dans l’atmosphère a fait augmenter l’effet de serre, c’est-à-dire l’emprisonnement du rayonnement émis par la Terre. On sait aujourd’hui que cela a eu des effets sur l’équilibre thermique de la Terre et sur le rayonnement.
La concentration de CO2 a fait plus que tripler depuis plus d’un siècle, et cette augmentation de C02 a entraînée des variations de température, ce qui a entraîné une augmentation de l’humidité de l’atmosphère. Ce qui a eu pour conséquence que l’eau a piégé encore davantage le rayonnement, donc les températures ont augmentées.

La pression du CO2 augmente car on en rejette beaucoup trop dans l’atmosphère comme le charbon, le pétrole, la circulation automobile et autre usines et entreprises polluantes. Le CO2 est un gaz qui existe en très petite quantité dans l’atmosphère, mais le fait d’en rejeter fait augmenter la quantité de gaz, donc sa pression. En effet, la moitié du CO2 injecté dans l'atmosphère par suite de l'activité humaine est absorbée par l'océan et la biosphère, l'autre moitié, elle, s'accumule d'année en année dans l'atmosphère.

Tous ces éléments techniques pour vous faire comprendre que nous sommes réellement en danger. La moyenne des températures a augmenté de plus de 3° en vingt ans et si nous ne prenons pas aujourd’hui des mesures radicales pour respecter l’environnement, cela pourrait engendrer de plus en plus de catastrophes, et pourrait avoir de grandes conséquences sur notre civilisation dans les 100 ans à venir si nous continuons comme nous le faisons.

Les spécialistes sont en train d’étudier clairement les dangers auxquelles nous allons ou nous pourrions faire face, et les changements que nous allons devoir apporter rapidement pour réduire considérablement nos différents rejets dans l’atmosphère. Je reviendrais rapidement vous faire part de leurs résultats et ce que nous allons devoir faire pour vivre en harmonie avec la planète.

Nous allons devoir à partir d’aujourd’hui nous unir et faire des efforts tous ensemble pour éviter d’arriver à un point de non-retour, en espérant que nous ne l’ayons déjà dépassé.

Merci à vous»

Ce discours fut à peu près le même pour tous les chefs d’état des grandes nations mondiales. La terre était en danger, et enfin l’être humain avouait que cela était dû à sa négligence, à son manque de respect envers sa planète au fil du temps.
La prise de conscience avait eu lieu vers les années 2000, mais comme on ne connaissait pas vraiment l’ampleur du risque, les efforts fournis au niveau environnemental étaient clairement insuffisants, voir ridicules par rapport aux mesures qui auraient dû être prises.

Peter Stalinberg était à son bureau de sa résidence de l’Arizona, et se repassait en boucle l’allocution du président. Il était en pleine réflexion, et se dit :

« Enfin, c’est pas trop tôt »

Il hésita un long moment, puis finalement appuya sur son interphone :

« Susan, essayez de m’obtenir un rendez-vous avec le président, mais pas avant 15 jours. »

Elle ne répondit pas immédiatement, mais finalement :

« Je vais faire mon possible Monsieur ».

Il prit alors son téléphone, et composa le numéro de Barry Barrowski :

« Barry, j’ai besoin de voir John Conrad, le plus rapidement possible. »

« Je m’en occupe Monsieur, où dois-je le faire venir ? »

Le milliardaire pris un temps de réflexion, puis annonça :

« Ce sera plus simple qu’on lui rende visite, venez demain matin à ma résidence, nous irons à l’aéroport en navette afin de prendre mon Jet Privé »

« Bien monsieur » répondit calmement Barry.
John Conrad sortait du Kennedy Research Center de la Nasa, après une longue journée de travail, pour rentrer chez lui. Sa vie n’était plus la même depuis son terrible accident de voiture.
Il se posait des questions en permanence, et la mort de sa fille l’avait bouleversé. Les obsèques avaient été douloureuses, et sa femme était dévastée, mais il savait au fond de lui-même que cela aurait bien pu être pire.

Il n’arrêtait pas de se remémorer l’accident, puis l’hôpital, cette homme qui était venu le voir. Qui était cet homme ? Pourquoi nous avait-il sauvés ? Où les avaient-ils amenés ? Puis ce professeur et sa machine. Comment cette machine fonctionnait-elle ? Et surtout, quelles informations si importantes pouvait-il détenir pour susciter un si grand intérêt ?

Toutes ces questions n’arrêtait pas de le hanter, et il avait beau chercher des réponses, il n’en trouvait pas. Il monta dans sa voiture, sorti du centre de recherche et prit la route habituelle pour se rendre chez lui.

Le couple avait réussi à expliquer à tout leur entourage que leur grave accident n’avait engendré que le décès brutal de leur fille, mais que par chance, les autres membres de la famille n’avaient pas été blessés. Ils essayaient également de faire en sorte que personne ne posent de questions directement aux deux garçons, afin d’éviter qu’ils parlent de leurs guérisons miraculeuses.

Sa femme, était devant la télévision. Depuis cet accident, elle aussi se posait des questions, et essayait de noyer son chagrin en passant des heures à regarder des émissions diverses et variées pour se vider la tête afin de ne pas réfléchir. Sa fille lui manquait terriblement et elle avait reporté son affection sur ses deux jumeaux.

En rentrant, John pensa qu’une balade au parc avec sa femme et ses enfants ne pourrait qu’être bénéfique, et cela pourraient leurs changer les idées. Il proposa à sa femme, qui refusa, puis après 5 mn de négociation pour la sortir de son malaise ambiant, elle accepta à contre cœur.

Après avoir récupérer leurs enfants qui jouaient dans leur chambre, ils partir à pied en direction du parc. Après s’être assis sur un banc, les enfants coururent vers les diverses attractions.
Hélène se tourna alors vers John, ils avaient décidé depuis leur retour à la maison d’éviter le sujet, mais elle avait besoin d’en parler :

« John, qui sont ces gens ? Pourquoi nous ont-ils sauvés ? Et quelles sont les informations que tu dois leur apporter ? »

John répondit doucement :

« Je n’en ai aucune idée chérie, je te le jure. La seule chose que je sais aujourd’hui, c’est que nous avons perdu notre fille, mais que normalement tu devrais être dans le coma voir pire, que mes garçons seraient encore sérieusement blessés, et moi de même. Ce qui nous est arrivé est un miracle, un don de Dieu. Je me pose exactement les mêmes questions que toi depuis ces évènements. Et j’ai beau retourner cela dans tous les sens, je ne détiens aucune informations confidentielles que cela soit dans ma vie privée ou à la Nasa. La seule chose que nous pouvons faire c’est d’attendre qu’ils nous contactent afin de savoir. »
Hélène était d’accord avec lui :

« Ils nous ont sauvés John. Ils ont inventés une machine révolutionnaire qui peut sauver beaucoup de monde, mais pourquoi ne veulent-ils pas que cette technologie soit connue. Il y a forcément des raisons qui leurs appartiennent donc donnes leurs les informations qu’ils te demanderont, mais ne te met pas en danger pour autant, j’aimerai pouvoir reprendre ensuite une vie normale et oublier tout cela, même si je sais que c’est impossible».

« Promis chérie, n’en parlons plus pour le moment, et faisons comme si de rien n’était » acquiesça John.

La petite famille repris ensuite le chemin de la maison afin d’aller dîner.

Le lendemain matin, John monta dans sa voiture afin de se rendre à son travail. Mais, à la première intersection au bout de sa rue, une voiture s’arrêta à sa hauteur. La fenêtre du passager s’ouvrit, et il reconnut immédiatement l’homme de l’hôpital qui lui tendit un bout de papier.

« Mr Conrad, je vois que vous êtes en bonne santé ! Merci de vous rendre ce soir à l’adresse indiquée sur ce papier en sortant de votre travail.»

Il prit le bout de papier et n’eut même pas le temps de répondre que la voiture démarra. Il reprit alors son chemin. Il eut d’abord un sentiment de peur, mais finalement, il se sentit rassuré, il allait enfin savoir qui et pourquoi ces hommes s’intéressaient tant à lui.
John Conrad sortit rapidement du Kennedy Research Center et se rendit à l’adresse indiqué sur le bout de papier qu’on lui avait remis, il s’agissait d’un petit restaurant typique italien, le « Portofino Italian Grill », situé en bordure de l’Indian River.

« Barry, vous avez fait le tour du restaurant ? »

« Oui Mr Stalinberg, aucun problème, aucun micro, tout est sécurisé »

« Merci Barry, installez-vous à la table d’à côté et surveillez tout le monde comme si de rien n’était…et commandez vous à manger, comme si vous étiez un client normal »

« Bien Monsieur » lui répondit-il en s’installa à la table situé en face.

John rentra dans le restaurant, il aperçut immédiatement Barry et se dirigea vers lui. Barry lui fit signe de s’assoir à la table de Peter Stalinberg.

Peter se leva, lui serra la main et l’invita à s’assoir.

« Monsieur Conrad… »

John l’interrompit :

« Monsieur, je ne sais pas qui vous êtes, mais je voulais vous remerc… »

Peter Stalinberg l’interrompit à son tour :

« Me remercier, pas besoin de cela Mr Conrad, tout le plaisir est pour moi, je vous le garantie. Maintenant j’aimerai vous parler d’un sujet très important pour moi, et vous êtes la personne qui va pouvoir m’aider. »

« Je crois malheureusement que vous vous trompez Monsieur, je ne détiens aucune information vraiment imp… »

Il fut immédiatement interrompu par Peter Stalinberg :

« Kepler 452 B »

« Pardon ? » lui demanda John

« Kepler 452 B, vous avez très bien entendu Monsieur Conrad, j’ai besoin de toutes vos recherches, et surtout toutes les informations que vous détenez sur cette planète »

John Conrad prit le temps de la réflexion :

« Il est vrai que cela fait un moment que j’étudie cette exoplanète mais que voulez-vous savoir exactement, c’est une planète qui est quand même à plus de 1000 années lumières de la terre ! »
« Je veux le dossier complet, je veux tout savoir sur cette planète, tout ce que vous savez dessus, son emplacement exact, et surtout, le plus important, s’il est possible pour un être humain de vivre sur cette exoplanète »

John Conrad se mit à sourire :

« Le dossier est confidentiel, c’est vrai, mais je pense que je n’aurais pas beaucoup de mal à vous le procurer en toute confidentialité. Mais vous savez, je sourit un peu Monsieur, juste pour information, vous savez qu’il est impossible de vous rendre sur cette planète si jamais vous aviez dans l’ambition de … »

John Stalinberg le coupa net :

« Monsieur Conrad, quand vous avez eu votre accident de voiture, pensiez-vous que l’on pourrait vous soigner ainsi que votre famille ? »

John était interloqué :

« Vous marquez un point là, c’est vrai que ce que j’ai vu était irréel »

« Alors s’il vous plaît, merci de ne pas me dire ce qui est possible ou impossible, je vous demande seulement de me fournir toutes les informations que vous avez et de vous en tenir là » rajouta Peter Stalinberg.

« D’accord, je respecte votre demande, il est vrai que vous avez sauvé toute ma famille, et je vous en serai toujours redevable. Quand est-ce que vous souhaitez obtenir ces informations ? »

« Demain soir, même heure, même endroit Mr Conrad, et je souhaite obtenir toutes les informations possibles, vraiment toutes » lui répondit Peter Stalinberg en se levant et tendant la main à John

« Demain soir ? Mais je ne sais pas si… »

« Faites de votre mieux » lui répondit Peter en faisant signe à Barry. Et les deux hommes sortirent du restaurant. John était un peu stupéfait de ce RDV rapide, mais il savait maintenant ce qu’il avait à faire.

Le lendemain, à la même heure, John retrouva les deux hommes au même restaurant, il avait apporté avec lui son ordinateur portable.

« Alors Mr Conrad, j’espère que vous avez les informations que nous désirons, et que vous avez su rester discret »

John posa l’ordinateur sur la table et appuya sur un bouton pour l’allumer :

« Ce ne fut pas simple, mais j’ai bien réfléchi et finalement j’ai réussi à extraire toutes les informations que j’ai pu réunir depuis que j’étudie cette planète, tout est là, ce ne fut pas simple, mais absolument personne n’est au courant que je vous fournit ces informations »

« C’est une bonne nouvelle, montrez-moi tout cela et soyez précis » lui répondit Peter Stalinberg.
« Voilà, Cette planète, qui est environ 60% plus grande que la Terre, est située à 1.400 années-lumière, dans la constellation du Cygne. Elle se situe à la même distance de son étoile que la Terre du Soleil. Il pourrait ainsi être possible d'y trouver de l'eau à l'état liquide, ce qui permettrait l'existence de la vie telle que nous la connaissons.
Cette exoplanète baptisée Kepler 452b, orbite une étoile en 385 jours dont les caractéristiques sont très similaires à celles du Soleil. Ainsi, cette étoile est seulement 4% plus massive et 10% plus brillante que l'étoile de notre système solaire, mais elle est 1,5 milliard d'années plus ancienne à environ six milliards d'années.
Kepler 452b a de grandes chances d'être rocheuse avec une atmosphère épaisse et une grande quantité d'eau. Elle pourrait connaître aussi une activité volcanique.
C'est une découverte très importante car il s'agit de la première planète observée apparemment rocheuse qui est habitable et est en orbite autour d'une étoile de type solaire. On ne se sentirait pas dépaysé sur cette planète en termes de rayonnements solaires qui sont similaires à ceux que nous avons sur Terre.

Mais la gravité sur Kepler 452b pourrait poser problème pour les humains car elle est deux fois plus grande que sur la Terre. Toutefois, il pourrait être possible de s'y adapter avec le temps.

Je vous laisse également un plan de la galaxie, avec la position exacte de cette exoplanète, je ne sais pas pourquoi vous avez besoin de ces informations, et franchement je ne veux pas le savoir, mais s’il vous plaît gardez les confidentiels, sinon on saura rapidement que je suis à l’origine d’une fuite d’informations du centre de recherche. Est-ce que nous sommes quittes ? »

« Mettez moi toutes ces informations sur une clé USB, et nous sommes quittes Monsieur Conrad. »

John s’exécuta rapidement et tendit la clé à Peter Stalinberg.

« N’oubliez pas Monsieur Conrad, nous ne nous sommes jamais vu, et gardez secret toutes les interventions qui sont intervenus sur vous et votre famille, ainsi que notre rencontre et échange de données, tout cela pour votre sécurité ainsi que celle de votre famille. Nous ne vous solliciterons plus, et encore désolé pour votre fille. Au revoir. »

Les deux hommes sortirent du restaurant. John était soulagé, curieux, mais soulagé, un grand poids venait subitement de s’enlever de ses épaules.
4 Novembre 2028

15 jours venaient de s’écouler, il était 8h du matin et Peter Stalinberg était déjà en grande réflexion dans son bureau quand soudain le téléphone sonna :

« Bonjour Peter, cela fait longtemps que je n’avais pas eu de vos nouvelles, mais en ce moment je n’ai que très peu de temps à vous accorder vu la situation. Je sais que je dois mon élection en partie grâce à votre soutien sur les réseaux sociaux et à votre réseau de relations, alors dites-moi l’objet de votre demande »

Peter Stalinberg se leva et mis sur haut-parleur pour mieux prendre le temps de la réflexion :

« Monsieur le président, j’ai absolument besoin que vous m’accordiez un rendez-vous, deux heures devraient suffires, si je vous le demande, c’est que cela est important »

Le président Eric Smith lui répondit :

« Vous ne pouvez pas m’expliquer cela par téléphone ? »

« Non monsieur le Président » lui rétorqua Peter, « le sujet est trop important ».

« Vous savez que je suis dans une très grande crise internationale en ce moment, cela ne va pas être simple, pouvez-vous vous rendre rapidement à la maison blanche ? »

« Je préfèrerais vous voir dans un autre endroit, monsieur le Président » lui répondit rapidement Peter.

« Alors cela ne sera pas possible avant 10 jours, j’ai des rendez-vous dans tous les sens et mon agenda est chargé, où souhaitez-vous qu’on se voient ? »

Peter pris une grande respiration :

« En zone 51 monsieur le président »

Il y eu un moment de silence, et Eric Smith lui répondit :

« En zone 51 ? Est-ce vraiment si important ? Je ne sais pas si je peux….Cela concerne la défense ? »

« Monsieur, j’ai beaucoup œuvré pour vous, si je n’ai qu’une chose à vous demander, c’est celle-là. » lui demanda Peter.

« Bon, si cela est votre souhait, je vous accorde une demi-journée là-bas, mais je dois d’abord m’assurer que je puisse planifier cela dans mon agenda chargé, et faire en sorte que mon déplacement passe inaperçu, je vous envoie une convocation dès que j’ai arrêté une date, cela vous convient John ? »

« Encore merci, monsieur le président. »

La conversation était finie.

Si le président acceptait cette entrevue, c’est surtout parce qu’il savait que Peter Stalinberg était le grand artisan de sa victoire aux élections présidentielles deux ans auparavant, et que le pouvoir de cet homme grâce à son réseau social était tout simplement énorme, et que sa puissance financière pouvait lui être d’un grand aide un jour ou l’autre.

Peter Stalinberg reprit son téléphone et demanda à Juan Jimenez de venir jusqu’à son bureau.
Le professeur arriva dans l’après-midi.

« Mr Jimenez, je suis vraiment satisfait de votre travail, si vous êtes d’accord nous allons récapituler ce que vous avez réussi à faire en terme de technologie médicale »

« Je vous écoute Mr Stalinberg » répondit le professeur

« Alors, d’abord vous avez réussi à créer la machine dont tous les médecins ont toujours rêvé, elle peut guérir jusqu’à 95 % de toutes maladies, blessures ou autres. C’est une trouvaille extraordinaire »

Le professeur était d’accord :

« C’est vrai, et lorsque nous allons la mettre sur le marché, cela risque de vous rendre encore plus riche et célèbre »

Peter Stalinberg se recula sur son fauteuil :

« Tout d’abord, les lauriers seront pour vous, je ne suis que l’investisseur, mais je vais être franc avec vous professeur….Je ne souhaite pas la mettre sur le marché, enfin pas pour le moment, et je vous expliquerai pourquoi d’ici peu »

Le professeur était vraiment étonné :

« Attendez, vous m’aviez déjà confié que vous ne souhaitiez pas faire profiter les gens d’une éventuelle possibilité de rajeunissement, et aujourd’hui vous me dites que guérir la majorité des blessures, maladies ou autre ne fait pas parti de vos objectifs, allez-vous me dire pourquoi je suis en train de créer des outils qui vont révolutionner la médecine si ce n’est pour ne pas en faire profiter la population ? Et comment allez-vous rentabiliser vos investissements ? Je dois vous dire que je suis un peu stupéfait ! »

« Je vous promets de vous expliquer mes intentions d’ici peu, mais ne vous inquiétez pas, mon souhait n’est pas de priver la population de vos innovations, mais je préfère les garder encore secrètes pour le moment. Vous allez venir avec moi, je vais avoir un rendez-vous avec le président »

Le professeur fut agréablement surpris :

« Avec le président…Eric Smith ? »

« Oui professeur, et après ce rendez-vous, vous serez au courant de tout mon projet. Est-il possible de déplacer la machine ? »

Juan Jimenez était affirmatif :

« Impossible pour le moment ! Je peux en recréer une mais il me faudrait quelque mois »

« Nous n’avons pas le temps » répondit Peter « Mais ce n’est pas grave, pouvons-nous l’utiliser demain ? »

« Pour soigner qui ? »

« Moi-même » confirma Peter…

« Vous êtes malade ? Blessé ? Dites-moi Peter » l’interrogea le professeur

« Nullement Juan, vous comprendrez sur place ».
16 Novembre 2028 :

Rendez-vous était pris avec le président. Peter Stalinberg, Juan Jimenez et Barry Barrowski prirent place dans le jet privé pour se rendre à Groum Lake, en zone 51.
En arrivant à proximité de la base, 2 avions de chasse de l’armée américaine se positionnèrent autour de l’appareil, en envoyant au pilote les directives pour l’atterrissage. Le jet devait se poser sur une piste bien précise, et après avoir atterri devait se rendre dans un hangar situé à proximité.
Quand l’appareil se fut posé, il entra dans le hangar indiqué et ses gigantesques portes se refermèrent juste derrière. Le Boeing 747 appelé Air Force One, aux couleurs bleues avec le drapeau des Etats-Unis était positionné juste à côté du jet. Il s’agissait en fait d’Air Force Two, le deuxième avion du président, qui normalement conduit le vice-président américain, sauf si le président est à bord. Cela afin de faire en sorte que la visite du président américain reste confidentiel. Air Force One restant alors en vol afin que si besoin, il prenne le relais. Cet avion peut rester en vol 24h/24, escorté en permanence par 2 F-16 de l’armée américaine, et avec la possibilité d’être ravitaillé en vol.
En descendant de leur jet, les pilotes furent invités à rester à bord de l’appareil pendant le temps de la visite, et Peter, Juan et Barry furent escortés par une dizaine d’hommes armés et habillés seulement de combinaisons militaires noires. Ils entrèrent dans un grand ascenseur et descendirent à un endroit situé très en profondeur car cela leur prit au moins 5 minutes pour y arriver.
Ils furent alors conduits dans une très grande pièce ovale où le président était déjà présent, entourés de 5 personnes en costumes sombres qu’ils ne connaissaient pas. La table centrale devait au moins faire 10 mètres de diamètres. Les hommes armés se postèrent devant la porte et restèrent à l’extérieur de la pièce.
« Bonjour Peter » dit alors le président Eric Smith « J’espère que ce que vous voulez est important, il est rare d’avoir l’honneur de pouvoir se trouver ici. Ces personnes font parties de la CIA, elles sont là pour superviser notre entretien. Mais présentez moi d’abord vos invités. »
« Merci de me recevoir ici Monsieur le président » repris alors Peter, « je vous présente le professeur Juan Jimenez, un des plus grands chercheur américain, qui était auparavant un des plus grands spécialiste cardiaque de notre pays. Et voici Barry Barrowski, mon garde du corps personnel. »
« Est-ce que votre garde du corps peut assister à notre réunion ? » relança un des hommes de la CIA
« Aucuns soucis » confirma Peter Stalinberg « J’ai toute confiance en lui, c’est un ancien pilote de chasse de l’armée, et il faisait partie des forces spéciales avant de travailler à mes côtés. »
« Bon, très bien, alors Peter, dites-moi en quoi je peux vous être utile » questionna le président.
Peter Stalinberg sortie alors une clé USB de sa poche :
« Voilà Président, je souhaite aller en zone S4 »
Immédiatement, un des hommes de la CIA, un grand bonhomme habillé en costume noir, et qui venait d’allumer une cigarette annonça :
« Impossible, cette zone n’existe pas, c’est une pure invention de l’esprit des médias et des fans d’ufologie qui pensent que nous cachons des choses à l’opinion publique, mais il n’en est rien. »
« Je vous le confirme Peter, j’ai accès à toutes les informations secrètes et je n’ai jamais entendu parler d’une quelconque zone S4 avec des prétendus petits hommes verts, je suis désolé de vous le dire »
Peter Stalinberg esquissa un léger sourire :
« Alors Monsieur Le Président, je crois que vous n’êtes pas au fait de tout ce qui peux se passer ici…J’ai les preuves formelles de l’existence de cette zone, elles m’ont été confiées par une personne qui y a travaillé pendant plus de 15 ans, avec photos et déclarations à l’appui. Mais comme je savais que vous resteriez réticent et ignorant à ma demande, j’ai quelque chose à vous présenter »
Le grand homme de la CIA questionna :
« Qui vous a donné ces informations ? »
« Croyez bien que je ne révèlerai jamais l’identité de celui qui m’a donné ces informations, je les ai payés très chères et surtout, je suis conscient de ce que vous pourriez lui faire subir par la suite, mais laissez-moi continuer s’il vous plaît »
Peter Stalinberg donna la clé USB au président :
« Merci de passer cela sur le grand écran, je pense que cela risque de vous intéresser »
La clé USB fut confiée à un des hommes de la CIA, qui projeta le film, en réduisant la lumière de la pièce :
Sur la vidéo, on pouvait voir Peter Stalinberg au milieu de la grande pièce ronde à proximité du dôme de la machine fabriqué par Juan Jimenez, et qui expliquait :
« Messieurs, je vais ici vous faire la démonstration de ce que peut faire cette innovation. Barry, merci de sortir votre arme, vous allez me tirer une balle dans la jambe, et une balle dans le bras »
Barry, qui ne s’attendait pas du tout à cela :
« Vous êtes sûr Monsieur ? »
Peter relança :
« Allez y Barry, j’ai toute confiance en vous ! »
Barry prit alors son arme, il mit en joue et tira une première fois dans le bras gauche de Peter Stalinberg.
« Nom de dieu, ça fait mal… » Peter pris un peu de temps et en tenant sa blessure au bras, il prit une grande respiration : « Maintenant dans la jambe ! »
Barry se concentra et tira une deuxième balle dans la jambe droite. Il s’écroula alors sur le sol :
« Ha la vache, je savais que j’allais avoir mal mais là c’est pire que ce que je ne pensais. Aller Messieurs, aidez-moi à m’allonger dans la machine maintenant »
Le professeur et Barry l’aidèrent à se relever et ils le placèrent sur le brancard.
La vitre du dôme glissa alors sur le côté, le brancard avec Peter fut aussitôt placé au centre. Le dôme se referma et Juan Jimenez se plaça alors derrière son écran de contrôle.
Comme prévu, quelques minutes après, le professeur fit rouvrir le dôme et Peter Stalinberg commença à se réveiller. Il se releva de son brancard en remerciant le professeur, ainsi que Barry. Il commença à marcher sans aucun problème tout en remuant son bras, et il se plaça alors devant la caméra :
« Voilà messieurs, comme vous pouvez le voir, mes blessures sont totalement guéries, et je suis totalement apte à marcher et à utiliser mon bras, quelques minutes seulement après mettre fais tirer dessus. Cette innovation est également capable de guérir 95 % des maladies et virus connus, merci de votre attention »
La vidéo se coupa net.
La pièce se ralluma alors. Le président avait le souffle coupé :
« Peter, c’est incroyable cette invention, nous allons pouvoir sauver des milliers de vies… »
Un des hommes de la CIA, qui n’était pas encore intervenu, coupa le président :
« Si je peux me permettre, je m’occupe des relations de la défense et des armées, et je pense que cette invention devrait rester sous silence, à disposition de notre pays, cela serait d’un avantage considérable pour toutes nos interventions et conflits contre les autres nations… »
Peter Stalinberg repris alors la parole :
« Messieurs, je suis prêt à vous fournir cette machine dans sa totalité, et le professeur à former des personnes à son usage. Ensuite, vous en ferez l’utilisation que vous désirez, ce sera votre décision. En échange, je souhaite me rendre en zone S4 et rencontrer les techniciens qui travaillent sur place. »
Un des hommes de la CIA, qui n’était pas encore intervenu, se leva :
« Monsieur le président, et messieurs les invités, pourriez-vous sortir quelques instants, j’aimerai m’entretenir avec mes collègues »
Le président se sentit offusqué :
« C’est hors de question, est-ce que vous savez à qui vous parlez Messieurs ? »
Peter Stalinberg se leva, et demanda gentiment à Eric Smith de le suivre.
« Laissons les Monsieur le président, leur décision est importante »
Le président, assez énervé, se leva et les 4 hommes sortirent de la pièce. Dans le couloir, le président se tourna vers le professeur :
« Est-ce que vous savez que ce que vous avez créé est une des plus grandes invention de tous les temps ? »
« J’en ai bien conscience Monsieur, merci pour votre compliment »
La porte se rouvrit et les 4 hommes revinrent dans la pièce.
Le grand homme de la CIA, qui affirmait que la demande de Peter Stalinberg était impossible à réaliser pris alors la parole :
« Monsieur le président, suite à la découverte de cette invention, nous sommes prêts à faire un effort. Sachez que ce que nous allons vous révéler est l’endroit le plus secret des USA. Jamais aucun président, ni aucune personne extérieure à notre organisation n’a eu l’autorisation de se rendre en zone S4. Nous sommes d’accord de vous y conduire, à la seule condition que cette machine nous sera remis, et que nous en ferons l’utilisation qui nous semblera le plus adapté à nos intérêts. »
Le président s’enfonça dans son siège :
« Je rêve, vous êtes en train de me dire que je n’ai jamais été informé de l’existence de cette base ? »
« J’en suis désolé, Monsieur le président, notre organisation est si secrète que jamais aucune personne du gouvernement ni a eu accès. Alors Monsieur Stalinberg, si vous êtes prêt à tenir votre engagement, nous allons vous conduire immédiatement là-bas, mais seulement vous et le président, je suis désolé mais nous refusons d’y emmener le professeur et votre garde du corps. »
Peter se leva d’un trait :
« Je tiendrais mes engagements, allons-y ! » Il invita le professeur Juan Jimenez et Barry Barrowki à l’attendre dans son jet privé. Ils furent escortés par une partie des militaires armés habillés de noir.
Les 5 représentants de la CIA, ainsi que le président et Peter Stalinberg embarquèrent dans un autre jet privé. On leur donna alors des masques de nuit, comme ceux utilisés dans les avions commerciaux pour se bander les yeux afin de mieux dormir.
« Merci d’enfiler cela messieurs, c’est pour garder la confidentialité sur l’emplacement de la zone. Ne vous inquiétez pas, il ne nous faudra pas plus de 15 mn pour nous y rendre ». Ils s’exécutèrent. Les portes du hangar s’ouvrirent, le jet se plaça sur la piste de décollage et prit son envol, précédé et suivi par 2 F-16 de combat.
La zone S4 est l’endroit le plus surveillé du monde. Située sur les rives du lac Papoose, on ne peut y approcher à moins de 5 km, elle est surveillée par des gardes, de nombreuses caméras de surveillances, et il y a des détecteurs de mouvements sur un rayon de 40 km à la ronde. C’est une base totalement souterraine et donc invisible par image satellite.
A l’approche du jet, une gigantesque plaque de terrain se glissa sur le côté, et grâce à l’expérience des pilotes, entra dans cet immense trou pour se poser sur une piste totalement située sous terre.
Quand le Jet eut fini son atterrissage, et qu’il se fut garé à son parking, on demanda au président et à Peter Stalinberg de garder leur masques de nuit jusqu’à nouvel ordre. Bien sûr, dès qu’ils furent sortis de l’avion, ils enlevèrent immédiatement leurs bandeaux sans en demander l’autorisation.
Ils étaient dans un hangar immense, où plus d’une dizaine d’avion, des jets privés, des avions de combats, et 2 Boeing 747 étaient parqués, et protégés par un nombre impressionnant de gardes armés.
Un des gardes leur demanda expressément de remettre leurs bandeaux.
« Laissez tomber » ordonna le grand homme en costume noir de la CIA « de toute façon ils vont en savoir beaucoup plus à partir de maintenant »
Les 5 agents de la CIA ainsi que leurs 2 invités se dirigèrent vers un ascenseur.
« Quelle taille fait cette base ? » demanda le président
« Il y a plus de 30 étages Monsieur, avec plus de 200 pièces ou hangar» lui répondit un des agents.
« Mais pourquoi est-ce que vous m’avez caché tout cela, je veux savoir tout ce que vous faites ici ! »
« Doucement Monsieur le président, normalement, vous n’êtes pas censé être ici n’y même être au courant que nous existons, mais les évènements récents ont changé la donne. » lui répondit l’agent.
« Quels évènements ? Et quelle organisation est responsable de cette base ? Depuis quand existez-vous ?» interrogea le président.
« Ce n’est pas moi qui vais vous éclairer, Monsieur le président, une plus haute autorité vous éclairera d’ici peu »
Ils montèrent tous dans l’ascenseur qui descendit à une vitesse impressionnante. La porte s’ouvrit et ils se retrouvèrent devant un très grand couloir. Ils marchèrent plus de 500 mètres avant d’entrer dans une grande pièce, qui semblait des plus banales. Un des gardes leur demanda de s’assoir autour de la grande table qui prônait en plein milieu de la pièce, et d’attendre.
10 mn passèrent, et une dizaine de personnes habillées avec des blouses blanches entrèrent dans la pièce.
« Bonjour Monsieur le président, Bonjour Monsieur Stalinberg. Je suis le responsable de recherche du secteur S4, appelez-moi Docteur Jones, et permettez-moi de vous présenter mon équipe. »
Cet homme de petite taille semblait avoir une soixantaine d’années et avait les cheveux totalement blancs.
« Nous venons de visionner votre vidéo Mr Stalinberg, votre invention a l’air parfaitement au point, c’est très impressionnant, quand est-ce que vous allez pouvoir nous la livrer ? » questionna le docteur
« Avant toutes choses, j’ai besoin de savoir certaines choses sur vos innovations docteur » répondit Peter, « ensuite, je vous livrerais la machine. Vous savez, on peut lire de nombreuses choses sur la zone S4. Alors laissez-moi vous expliquer mon point de vue »
« Je vous en prie Monsieur Stalinberg, nous sommes à votre écoute » lui accorda le docteur Jones.
« Alors voilà, je n’ai pas dans l’habitude de tourner autour du sujet, et comme je vous disais, on parle beaucoup d’ovnis, de soucoupes volantes, d’extraterrestres, de technologies venant d’ailleurs et de diverses expériences réalisées en zone S4. Je vais vous dire, je ne suis pas très curieux, et de toute façon, vous ne me donneriez que les informations que vous souhaitez que je connaisse, donc je vais être franc. Je sais que vous avez depuis longtemps une technologie permettant d’atteindre la vitesse lumière grâce à l’antigravitation et l’élément 115. Bien sûr, je n’ai pas beaucoup d’informations à ce sujet, voilà pourquoi je suis devant vous aujourd’hui »
« D’accord, Monsieur Stalinberg » lui répondit le docteur Jones, « mais dans quel but ? »
« Voilà mais ce que je vais vous demander ne doit pas sortir les limites de cette pièce » lui demanda Peter
« Je crois que vous êtes au bon endroit pour cela, nous sommes constamment au secret ici ».
Peter Stalinberg regroupa ses doigts, et on put apercevoir sur son visage toute sa volonté :
« Voilà, je souhaite savoir si vous seriez capable de faire une sorte de vaisseau, capable de dépasser largement la vitesse lumière, afin d’atteindre des planètes situées à des centaines d’années lumières »
Cette demande était tellement énorme que le président lui-même eu un sourire sur son visage :
« Voyons Peter, je veux bien que nous soyons sur une des bases les plus secrètes du monde, mais nous ne sommes pas dans la guerre des étoiles là ! »
Mais le docteur Jones le reprit immédiatement :
« Vous voyez, Monsieur Stalinberg, dans l’esprit des gens, l’impossible n’est pas possible, et on en a confirmation de la bouche même de notre président. Ce que vous me demandez aujourd’hui, je vais être clair avec vous, est du domaine du possible, mais vous savez, notre organisation existe depuis longtemps maintenant, et j’ai pu entendre les projets les plus fous, cependant nous sommes entourés des plus grands spécialistes de l’ingénierie au monde, et il est vrai que nous possédons des technologies avancées et insoupçonnés du grand public. Mais le plus gros problème que je rencontre aujourd’hui est le même problème que rencontre chaque entrepreneur au quotidien, pour s’engager sur de grands projets, tout devient politique mais également budgétaire, et au fil et à mesure du temps, nous manquons de budgets pour étudier, créer et fabriquer. Donc certes, votre projet est dans les faits possibles, mais ce n’est pas avec quelques dizaines de millions de dollars que nous pourrons nous pencher sur un tel engin »
Peter Stalinberg le coupa immédiatement :
« Et avec un budget supérieur à 30 milliards de dollars, est ce que l’on pourrait commencer à discuter ? »
Le docteur Jones resta immobile et silencieux pendant quelques secondes.
« Alors là ce n’est pas pareil. Et je serais le premier à me placer sur ce projet, mais je vais avoir besoin d’avoir l’aval de mes supérieurs ici présents, ce serait vraiment un projet intéressant, je ne m’attendais pas à une telle somme, vous seriez vraiment capable d’investir un tel montant ? »
« Ne vous inquiétez pas pour mes finances Docteur, je pourrais largement investir cette somme si vous acceptez et me garantissez de pouvoir créer un tel engin. Par contre, il y aura une contrainte supplémentaire, ce vaisseau devra être capable d’embarquer plus de 400 personnes, ainsi que du matériel lourd, en tout il me faudrait une capacité à peu près égale à 5 Antonov soit plus de 1200 tonnes de matériel et d’équipage. »
Toute l’assistance était silencieuse et écoutait avec beaucoup d’intérêt cette discussion qui paraissait irréelle, que cela soit les scientifiques de la base présents, les 5 responsables de la CIA qui avaient dû voir de nombreuses choses ou projets les plus secrets, ou le président qui écoutait attentivement.
« Mais avant toute chose » rajouta Peter « Pourriez-vous m’éclairer sur la technologie que vous pourriez utiliser sur un tel vaisseau ? »
« D’accord, je vais vous expliquer rapidement, si mes responsables sont d’accord ».
Le grand homme en costume noir de la CIA se leva :
« Continuez Docteur, je vous arrêterais si besoin »
« Ok monsieur Stalinberg, je peux vous expliquer la technologie que nous pourrions utiliser, mais je vais avoir besoin de savoir quel est votre but pour un tel voyage, mais cela vous me le direz plus tard.
Pour vous éclairer sur la technologie à laquelle je pense, aucun vaisseau ne se déplacera jamais plus vite que la lumière, nous pensons même que cela est impossible pour un vaisseau avec des êtres humains à l’intérieur. Par contre, l’espace dans lequel celui-ci évolue peut se dilater ou se contracter à des allures extrêmement rapides, et ça nous en sommes sûrs. La meilleure preuve c’est que ça s’est déjà produit. Au moment du Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années l’univers a multiplié son volume par cent en un centième de trillionième de trillonième de seconde, de quoi rendre ridicule la vitesse de la lumière…
Notre idée se base sur ce principe : déformer l’espace localement de telle sorte que le vaisseau soit emmené avec lui, à la manière d’une vague entraînant un surfeur. Comment déclencher cette vague ? Pour bien comprendre, il faut revenir aux équations d’Einstein. En effet, il a démontré que l’espace et le temps dans lequel baigne toute la matière connue se déforme comme un drap sur lequel on poserait une boule de pétanque. L’espace malléable s’infléchit selon les « équations de la relativité générale » et ce sont ces mêmes équations qui permettraient au vaisseau de se déplacer.
En 1994, un physicien, Mr Alcubierre avait déjà imaginé ce mode de propulsion révolutionnaire. Le principe était simple : on dilate l’espace à l’arrière du vaisseau et on le contracte de la même ampleur à l’avant de façon à garder l’espace identique après le passage du vaisseau. Le vaisseau dilate l'espace à l'arrière, ce qui le pousse violemment vers l'avant. Et il contracte l'espace devant lui, ce qui diminue la distance à parcourir.
Pour ce nouveau mode de propulsion, il est donc indispensable de déformer l’espace. Mais comment faire ? Alcubierre a dressé le portrait de cette substance qui permettrait de modeler l’espace. Et résultat ? Cette matière ne ressemble à absolument rien de connu... En effet, la « matière exotique » comme l’appellent maintenant les physiciens, se repousserait au lieu de s’attirer comme la matière classique et engendrerait une forme d’anti gravité. Rajoutons à cela qu’elle serait porteuse d’une énergie et d'une masse négative, ce qui est inconnu en physique…
Alors est-ce impossible ? Peut-être pas. Les physiciens connaissent en effet déjà cette substance qui pourrait expliquer la formidable inflation de l’univers au moment du Big Bang. Le problème c’est qu’Alcubierre avait aussi calculé qu’il faudrait l’équivalent de la masse de Jupiter de cette matière exotique pour propulser un vaisseau spatial…

Nos ingénieurs se sont penchés sur les travaux d’Alcubierre et nous ont apportés une bonne nouvelle. En incluant le vaisseau dans une bulle de distorsion de 10 mètres de diamètre et en disposant la matière exotique de façon bien précise, le vaisseau atteindrait 10 fois la vitesse de la lumière avec seulement 500 kilos de matière exotique.
Voilà, c’est un peu rapide comme explication, mais voilà le mode de propulsion qu’il faudrait utiliser. Maintenant à vous de m’expliquer votre projet avec un tel vaisseau Mr Stalinberg »
Après avoir expliqué le but de son voyage à toutes les personnes présentes, le docteur Jones demanda à tous les intervenants de sortir de la pièce à part les 5 membres de la CIA, afin de s’entretenir personnellement avec Peter Stalinberg et au président.
« Mr Stalinberg, je pense que votre projet arrive vraiment au bon moment, car nous rencontrons depuis peu une menace, et je vais être franc avec vous, nous ne sommes pas en mesure de savoir si cette menace est sérieuse ou non, mais elle est bien réelle » expliqua le responsable de la défense et des armées de la CIA.
« Quel genre de menace ? » interrogea le président.
« Il y a de cela 2 mois, vous avez annoncé à la population ainsi que vos homologues des plus grandes nations que la planète était en danger, et qu’il allait falloir faire de grands efforts afin de modifier les habitudes des êtres humains afin de pouvoir éviter une dégradation rapide »
« Exacte, d’après un rapport des spécialistes, nous sommes en grand danger, et… » Repris le président
« C’est tout à fait exact, c’est notre organisation qui avons fait en sorte que les spécialistes climatiques vous mettent en garde, mais à la base, ceci n’est pas de notre initiative. »
« Cela vient de qui ? » demanda le Président.
« Nous n’en avons encore aucune idée. Nous avons reçu un message, nous demandant de protéger la planète sous peine de sanctions » repris le docteur Jones.
« Encore une organisation de protection de la planète qui essaye de faire passer ses idées, en vous envoyant des messages pour vous provoquer » essaya d’argumenter Peter Stalinberg « Je vois énormément de messages de ce genre de diverses organisations passant sous différents profils sur mon réseau social »
« Le problème, c’est que ce message ne vient pas de la terre, il vient d’ailleurs ! » confirma le docteur.
Il y eu un moment de silence dans la salle :
« Excusez-moi, vous voulez dire que c’est un message extraterrestre ? »
« Exactement, Monsieur le président »
« Incroyable, vous en êtes sur ? »
« Absolument monsieur, croyez bien que nous avons vérifié des centaines de fois, et ce message vient bien de la galaxie, mais nous n’avons pas encore réussi à savoir d’où et par qui il a été envoyé, tous nos chercheurs spécialisés travaillent dessus depuis plus de 6 mois. Il nous a été communiqué par ondes radios, et il a été envoyé des dizaines de fois, dans différents dialectes pour s’assurer que nous le recevions bien. Le vrai problème, est que la communication n’est pas bilatéral, nous ne savons pas à qui et comment répondre, en gros on nous avertit, mais on ne nous laisse pas la possibilité de répondre, donc on peut tout s’imaginer, et nous devons prévoir toutes sortes de menaces potentielles »
« Je n’en crois pas mes oreilles » rajouta Peter Stalinberg, « c’est la première fois que vous avez un contact extraterrestre ? »
« Un message oui » répondit le docteur, « Nous étudions depuis longtemps les extraterrestres qui se sont écrasés sur terre, nous avons analysés des corps de différentes espèces mais nous n’avons jamais réussi à récupérer des êtres vivants, nous avons essayés de copier leurs vaisseaux avec des résultats mitigés mais qui nous ont beaucoup aidés à créer de nouvelles technologies, mais nous n’avions jusque-là jamais réussi à rentrer en contact, et n’avions jamais reçu de menaces. »
Le président était stupéfait :
« Vous voulez dire que vous avez déjà vu des extraterrestres, ainsi que leurs technologies ? »
Le docteur répondit simplement :
« Mais bien sûr, vous voulez les voir ? »
Peter Stalinberg et le président n’en croyaient pas leurs oreilles, ils venaient tout simplement d’apprendre que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, et que cela fait longtemps que nous le savons.
« Après ce que vous venez de nous annoncer, bien sûr que nous souhaitons voir cela » confirma le président.
« D’accord, mais j’ai juste une faveur à vous demander, sachant que le professeur Jimenez est un éminent chercheur, et qu’il est l’inventeur de la machine que nous sommes sur le point de vous confier, je souhaite qu’il puisse nous rejoindre pour rencontrer vos responsables, et également voir ce que vous allez nous montrer ».

Le grand homme de la CIA se leva, et proposa :
« Messieurs, avant de vous montrer tout cela, j’ai besoin de me concerter avec mes collègues concernant la demande de Mr Stalinberg, pourriez-vous patienter avec le président pendant 30 minutes ? »
« Sans problèmes » répondit Peter, « cela vous convient-il Monsieur le président ? »
« Aucun problème, allons boire un café dans le couloir pendant ce temps-là, j’en ai bien besoin ! » répondit Eric Smith.

Quelques minutes passèrent, et la demande de Peter fut acceptée, et Mr Jimenez fut convié à l’accompagner avec le président dans un des endroits les plus secrets de la planète…

A suivre…
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