Assassin's creed soulèvemet

Ecrit par
fellipe09

CHAPITRE 1 : Les recrues
Février 83 av. J-C

C'est un matin comme les autres pour Lucius ce jeune romain de 17 ans qui, orphelin depuis ses 8 ans, à grandi au sein de l'ordre des assassins. Il a été élevé et formé par un maître de l'ordre avec 3 autres disciples, tous étant orphelins ou n'ayant pas connu leurs parents. Il y a Licinia, cette jeune fille du même age que lui, qui vivait déjà avec Lucius lorsqu'ils se trouvaient dans un refuge pour enfants sans parents. Avec eux se trouve Ulpianus, plus âgés de quelques années il fait office de chef sur le terrain en l’absence de leur maître. Enfin il y a Titus, le plus jeune du groupe, il n'a pas encore passé 15 ans. Bien qu'ils soient d'origines diverses, ils se sont toujours considérés comme frères et sœur.

Aujourd'hui on leur a assigné une mission simple. Chacun d'eux devra détrousser quelqu'un sans se faire prendre et sans tuer personne. Le but n'est pas de rapporter le plus de butin possible mais simplement de s’entraîner à se mouvoir parmi la foule. Néanmoins les 4 voleurs sont en compétition concernant celui qui prendra le plus de risque.
A peine sont-ils arrivés au marché que Ulpianus a repéré sa cible. Il s'agit d'un marchand d'esclave entouré d'une horde d'acheteurs dont l'attroupement lui permet une approche discrète. Il traverse la foule et contourne l'esplanade, sur laquelle les esclaves se trouvent,
par la droite puis se retrouve derrière un colosse, probablement le garde du corps du marchand. L'homme possède une énorme épée qu'il a posé sur une caisse à coté de lui, dont l'usage est certainement d'empêcher la marchandise de son maître de s'enfuir. Ulpianus remarque une marque au fer rouge sur son bras et constate l'ironie de la situation, c'est un esclave qui surveille d'autres esclaves. Passant sur cette banalité, il se concentre sur son objectif. La foule a les yeux rivés sur les esclaves et scrute les moindres détails de ces corps nus afin de savoir quelle serait la meilleur affaire. Le garde lui, observe les acheteurs avec un regard méfiant, près à pourfendre le premier qui s’approcherait trop de son maître. Ulpianus n'a besoin que d'une seconde pour tendre son bras à quelques centimètres de la cuisse du colosse, saisir la bourse de denier et se retirer sans être vu mais un seul regard vers lui et il serait démasqué. Il prend une profonde inspiration et il se lance. Pendant un court instant qui lui paraît une éternité, il ferme les yeux et sent en lui une pression très forte, puis reprenant ses esprit, il regarde fièrement la bourse qu'il a machinalement attachée à sa ceinture. Il regarde à tour de rôle esclaves, marchant, acheteurs puis garde et constate que personne n'a remarqué son geste. Il décide alors de se compliquer lui même la tâche et au lieu de simplement partir comme il est venu, il choisit
de détacher un des esclaves pour créer une diversion. Aussitôt fait, il entame sa fuite discrètement mais cette foi il ne passe pas inaperçu. Ayant vite fait de rattacher l'esclave, le garde remarque l'individu se mouvant entre les étales et se lance à sa poursuite à travers le marché.

Non loin de là se trouve une étale inoccupée, sur laquelle s'est adossé un garde. C'est lui que le jeune Titus a décidé de détrousser, bien décidé à prendre de gros risques en s'attaquant à un soldat. Sans trop de difficulté, il se dissimule sous l'étale qui ne contient que quelques caisses vides, suffisantes pour le camoufler. Sans un bruit il soulève légèrement la cape de sa victime et se saisit de sa bourse dont la légèreté le déçoit. Cependant, il remarque une dague attachée à la cheville du soldat qui complétera très bien sa prise. Il s'en accapare avec autant de facilité que les deniers puis il se dit que ses compagnons ne croiront jamais qu'il a détroussé un soldat sans se faire voire. Il décide donc de découper avec la dague une partie de la cape du garde comme preuve de son identité. Cette foi l’opération est délicate mais Titus ne doute pas de sa bonne fortune ou de son talent. Il débute minutieusement sa tâche mais le tissu qui se déchire provoque un bruit très reconnaissable. Ayant manifestement entendu quelque chose, le soldat se contente de regarder autour de lui sans remarquer le jeune homme allongé sous l'étale juste derrière
lui. Après une brève interruption, Titus reprend son œuvre mais cette foi sa victime a remarqué quelque chose, sans doute un souffle au niveau de sa cheville. Il commence à inspecter l'étale puis les caisses vides qui s'y trouvent lorsque des cris retentissent derrière lui. Il se retourne et aperçoit le garde du corps du marchand d'esclaves à la poursuite d'un individu criant au vole. Empoignant son glaive, le soldat se lance à leur poursuite, abandonnant ses soupçons sur ce qui se trouve sous l'étale. Saisissant sa chance, Titus attrape à deux mains la cape du garde et celle-ci se déchire jusqu'au bout sans qu'il s'en aperçoive, offrant au jeune homme la preuve dont il a besoin. Sa bonne fortune dépendait du malheur de son frère se dit-il mais il ne s'en fait pas pour l’aîné du groupe, il saura sans difficulté se débarrasser de ses poursuivants.

A l'autre bout du marché, Lucius et Licinia ont décidés d'agir en commun. S'approchant d'un groupe de trois jeunes hommes, Licinia débute une conversation anodine, n'hésitant pas à les complimenter sur l’élégance de leur tenue afin d'attirer leur attention avec certitude. Pendant ce temps, Lucius se charge de détrousser les malheureux de leurs pièces et de leurs objets de valeur. Il remarque notamment que l'un d'eux possède un magnifique bracelet au poignet et il est bien décidé a se l'approprier. Cependant, cette dernière prise ne peut
se faire sans que son propriétaire ne le remarque mais cela ne fait que réjouir Lucius car son échec fait parti de son plan. En effet, détrousser ses trois jeunes hommes ne sera que le début du méfait. Tout se passant comme prévu, au moment de s'emparer du bracelet, le regard de Lucius va croiser celui de sa victime qui reste incrédule face au sourire moqueur du voleur.
- Je crois que cette homme est en train de vous détrousser, lance alors la voix innocente de Licinia. Le pauvre bougre se lance alors à la poursuite du scélérat, très vite suivit par ses deux compères qui ont à leur tour remarqués l’absence de leurs bourses à leurs ceintures. Au bout de quelques mètres à peine, après s'être assuré que la scène avait attirée suffisamment de curieux, Lucius fit volte-face bien décidé à combattre. Le premier homme se jette sur lui tentant de lui asséner un coup de poing en plein visage, ce qu'il n'eut aucun mal à esquiver. Il attrape la main de son adversaire imprudent au passage et n'hésite pas à torde son poignet afin de le neutraliser et aussi de montrer à ses deux autres adversaires de quoi il est capable. Il lui fait faire un tour autour de lui avant de lui envoyer son genou en plein visage, ce qui le fait tomber inconscient à terre, récupérant au passage son précieux bracelet. Après s'être lancés un regard inquiet, les deux autres hommes se ruent sur leur ennemi. Lucius fait un pas sur la droite pour esquiver l'attaque du premier et
envoi immédiatement un violent coup de pied dans le ventre du second. Profitant de l'avantage, il le contourne et lui donne un nouveau coup de pied mais cette foi-ci dans l'arrière du genou, pour qu'il s'abaisse suffisamment. Il se lance par dessus l'homme accroupi et prenant appuis sur son dos, exécute un saut en direction du premier adversaire. Fendant l'air, il ramène ses genoux jusqu'à son visage et tend ses jambes, rabattant ses deux pieds joints sur la cuisse de son ennemi ainsi que son poing droit sur sa tempe. Le malheureux tombe net sur le sol, incapable de se relever. Lucius se retourne et achève le combat contre le second homme en lui assénant trois coups de poing rapide à la tête. Après ce bref affrontement, il observe la foule tout autour de lui et croise le regard de Licinia. Il a alors du mal à retenir son sourire face à celui de son sa complice car en effet, devant ce spectacle, personne n'a remarqué sa présence ni le fait qu'elle a détroussée une dizaine d'entre eux.

Pendant ce temps, arrivant en périphérie du marché, Ulpianus profite de l’absence de témoin dans une ruelle pour affronter le garde du corps du marchant qui le poursuit. L'esclave colossale n'a pas prit sa longue épée avec lui, pensant sans doute vaincre sans mal un simple voleur. Il est robuste et sait sans nul doute se battre mais Ulpianus a toute confiance en son entraînement et ses talents de combattant. L'affrontement
serait bref, l'esclave avance d'un pas et lance son poing vers son opposant. Ulpianus reste très calme. Il prend solidement appui sur sa jambe droite, recule légèrement sa tête pour éviter le coup, stoppe le bras du colosse de la main gauche puis envoi simultanément son pied droit dans le tibia de son adversaire ainsi que son poing droit au niveau de sa gorge. L'homme tombe à genoux, se tenant la gorge à deux mains incapable de dire un mot. Le combat n'avait durée qu'une seconde mais Ulpianus était satisfait. Il quitte la ruelle mais tombe nez à nez avec le soldat qui s'était aussi lancé à sa poursuite mais qui fut vite distancé à cause de sa lourde armure. Essoufflé, il sort son glaive et se lance sur le voleur mais son coup imprécis va planter l'arme dans une poutre de bois. Ulpianus arrache le casque du soldat, fait un tour sur lui même et le fracasse contre le crâne nu du malheureux qui tombe à terre. Avant de partir, il voulu faire les poches du brave mais à son étonnement, il ne possède pas l'ombre d'une pièce ni même une bourse à sa ceinture.



CHAPITRE 1 : le secret de Sertorius
Février 83 av. J-C

Lucius et ses compagnons avaient passés la semaine à détrousser des gens dans les rues de Rome et avaient désormais amassés un magot important, riche en deniers mais aussi en objets divers. Néanmoins, l'intérêt d'accumuler ces richesses, outre le fait de les entraîner à les dérober, ne leur
était pas évident. Ils menaient certes une vie modeste mais n'avaient nul besoin de plus de confort ou de biens. Par ailleurs, leur maître s'était arrogé le soutient et la protection d'un puissant homme d'état romain qui n'hésitait pas à financer certaines de leurs activités. Un certain sénateur dont l'identité était un mystère pour les quatre apprentis.

Au petit matin, Ulpianus réveille ses trois jeunes camarades.
- Réveillez-vous, dit-il. Maître Salinator veut nous voir tout de suite.
Dans une grande précipitation, les trois plus jeunes mettent leurs vêtements et se rendent dans la pièce principale. Ils n'agissent pas ainsi par crainte de leur maître mais simplement par volonté de ne jamais le décevoir. En effet, Livius Salinator les avaient recueillis, élevés et formés au sein de l'ordre des assassins. Tous les quatre voyaient en lui l'autorité d'un chef suprème mais également l'affection d'un père, ce qui avait pour résultat une loyauté et une obéissance totale des disciples envers leur maître.
En une minute, les quatre apprentis entrent dans la pièce, immédiatement suivi par Livius qui dicta de suite ses ordres :
- Aujourd'hui je dois sortir en ville pour rencontrer quelqu'un d'important.. Lucius tu m'acompagne, va revêtir une tenue plus appropriée, l'homme en question est de haut rang. Les autres vous restez ici et vous vous entraînerez dans la salle d'arme.
Ulpianus, veille bien à ce que ta soeur travaille sa vitesse et que ton frère ne se dissipe pas.
- C'est bien comprit, répond l'aîné. Avec moi, prenez les épées d'entraînement.
Livius et Lucius quittèrent la maison, tandis que les trois autres débuttèrent leur entraînement. Chacun d'eux aurraient préféré être à la place de Lucius ou au moins partir avec lui pour avoir le privilège de demeurer aux côtés de maître Salinator. S'interdisant la jalousie, ils acceptèrent la décision de Livius, estimant qu'elle résultait des compétences de chacun. L'aîné était le meilleur combattant et donc le plus qualifié pour aider Licinia à combler ses lacunes. Titus étant le plus jeune et donc le moins expérimenté, il devait encore faire ses preuves. De son côté, Lucius n'avait plus grand chose à apprendre d'Ulpianus car les deux jeunes hommes était presque aussi bon l'un que l'autre. Il était donc le meilleur choix pour Livius. Par ailleur ils s'avaient que dès le retour de leur frère, ce dernier leur racontera tout ce qu'il a vu et entendu pour satisfaire leur curiosité.

Dans les rues de Rome, Lucius et Livius ont marchés sans dire un mot jusqu'aux beaux quartiers. Là, Livius romp enfin le silence :
- Nous allons rencontrer le sénateur Quintus Sertorius. Son visage ne te sera pas inconnu et évite les remarques à ce sujet. C'est lui notre allié et protecteur au sein du sénat. As-tu des questions
?
- Pourquoi avons-nous besoin d'un protecteur ? demanda Lucius.
- Notre ordre a fait le serment de protéger sa famille, puis la guerre sociale nous a tellement affaiblie que c'est sa famille qui nous a alors accordée sa protection.
- Que devrais-je faire une foi sur place ?
- Si il te parle, répond lui. Garde tes questions pour toi et surtout reste attentif à notre entourage. Ne laisse personne s'approcher de trop près.
Continuant à marcher, les deux hommes arrivent à l'ombre d'une imposante villa où un homme les attend. A sa toge, il ne peut être qu'un sénateur. De plus, Lucius remarque qu'il lui manque un oeil et il comprend alors la remarque concernant son visage que son maître lui avait faite.
- Livius, mon ami, lança le sénateur.
- Quintus, lui répond Livius avec un ton très familié. Toujours aussi paranoïaque hein. Même pas un garde avec toi.
- La nécessité m'y oblige cette foi-ci. Dis-moi, j'ai entendu parlé d'une vague de crime importante cette semaine au marché. Serais-tu au courrant ?
- Je suis certain que tu connais déjà la réponse à cette question.
- Je m'en doutais. Sans doute une bande de voleurs déjà loin de la ville à l'heure actuelle. L'ironie de cette réponse naïve suggérait que le sénateur savait tout des activités des quatre apprentis.
- Pourquoi m'as-tu fais venir, reprit Livius.
- C'est Pompée, il me cause des problèmes.
-
N'est-il pas ton ami ?
- Par le passé oui. Mais depuis que sa passion pour la mythologie a virée à l'obsession il est devenu dangereux. Il se croit destiné à régner grâce à des artéfacts très puissant que les dieux ont abandonnés sur terre.
- Laisse-le croire ce qui lui plait, les dieux n'ont que faire d'un mortel.
- Malheureusement il y a du vrai dans ce qu'il croit. Ces artéfacts existent et il est sur le point d'en trouver un. Depuis un an il me questionne et soupçonne à juste titre que j'en sais plus que ce que je lui dit. Mais ces dernières semaines il ma fait surveiller, ainsi que ma villa.
- Et qu'est-ce que cela a à voire avec toi ?
- Mon ami il est grand temps que tu saches pourquoi ton ordre a fait le serment de protéger ma famille. J'ai en ma possession un de ces artéfacts et il se trouve dans ma villa, dans une crypte cachée. Cela ressemble à une grosse boule de cristal. Mon père l'appelait le joyau. D'autres l'appel l'oeil de Jupiter ou simplement l'orbe de l'olympe. Cet objet donne à qui sait s'en servire une puissance sans égale. Enfin, c'est une supposition étant donné que de mon vivant, je ne l'ais jamais vu fonctionner. Mais ce dont je suis sûr, c'est que Pompée ne doit jamais posséder pareil objet.
- Tu t'inquiètes un peu trop je pense. Pompée ne peut rien entreprendre contre toi. Tu est sénateur de la république. Et tant que Marius
reste au pouvoir, tu est à l'abri de tout complot.
- Mais Marius est absent de Rome depuis trop longtemps et déjà ses opposants s'agitent. Je le vois chaque jour au sénat. Il y a même une rumeur qui circule comme quoi Sylla serait sur le chemin de la capitale. Mais toi, est-ce que tu me crois fou ?
- Ceux qui m'ont formés m'ont fait jurer de protéger ta famille et ils avaient certainement une bonne raison. De plus, tu est mon ami, alors que tu possède un objet de l'olympe ou une simple babiole qu'un brocanteur a vendu à ta famille, je te protègerais de la même façon. Si tu as besoin de nos services, fait le moi savoir.
- Je n'y manquerais pas. Au revoir mon ami. Sertorius quitta la ruelle et disparu aussitôt.

Livius Salinator se tourne vers son disciple et d'un signe de la tête, lui fait comprendre qu'ils doivent se mettre en route. Les deux hommes ne passent que par les rues les moins fréquentées et évitent soigneusement tout contact avec les passants, craignant les oreilles indiscrètes. Voyant bien que Lucius déborde d'interrogations, le maître brisa le silence.
- Tu dois être perplexe, lui dit-il. Sache que je n'en sais pas plus que toi sur l'objet dont il nous a parlé mais si tu as des questions, inutile de les garder pour toi plus longtemps.
- Et bien je m'interroge au sujet de votre relation avec ce sénateur, répondit Lucius. Vous semblez
vraiment bien vous connaître et vous vous adressez à lui d'une manière très familière étant donné son rang.
- Le fait qu'il soit sénateur ne le rend ni plus important ni plus respectable qu'un autre homme selon nos convictions, dit Livius faisant référence à son ordre. Mais c'est vrai que je le connais depuis bien plus longtemps que je ne connais notre ordre.
- Pouvez-vous m'en dire plus ?
- Bien sûr, ce n'est pas un secret. J'ai servi sous ses ordres pendant ma carrière militaire. A cette époque, il était déjà sous la protection des assassins mais je l'ignorais. Un jour je lui ai sauvé la vie et il a fait de moi son garde du corps personnel. Je ne le quittais presque plus et j'ai fait la connaissance des assassins qui le protégeaient.
- Et cela ne vous a pas semblé étrange qu'il soit protégé par des inconnus ?
- Si bien sûr. Mais comme il me faisait confiance, il m'a mit dans la confidence. Suite à quoi j'ai intégré notre confrérie grâce à son appui et le fait qu'il se soit porté garant de ma loyauté.
- J'ai du mal à imaginer que vous ayez été un disciple un jour maître.
- C'est pourtant le cas Lucius. Mais étant un combattant expérimenté, je me suis vite élevé au sein de notre organisation.
Ils continuèrent leur route jusqu' à leur repère se souciant l'un comme l'autre de ce que l'avenir apporterait. Livius craignait que son ami Sertorius ne fasse vite
appel à lui, ses craintes s'étant révélées exactes. Lucius lui, était plus préoccupé par la façon dont il allait raconter toute cette histoire à ses trois compagnons qui l'attendaient à la maison, avec sans doute un millier de questions.



CHAPITRE 1 : le dictateur
Mai 83 av J-C

Depuis plusieurs semaines, les entrevues entre Sertorius et Livius s'étaient répétées. Dorénavant, les quatre disciples avaient rencontrés le sénateur et appris le lien qu'il avait avec l'ordre. Quintus Sertorius avait été nommé propréteur et il prendrait ses fonctions de gouverneur de l'Hispanie citérieure dès la nouvelle année. Ce titre officiel lui avait été donné par le sénat, ce qui rendait son assassina impossible pour ses opposants politique. Néanmoins, bien que sa vie ne soit pas directement en danger, il savait que la stabilité politique de Rome ne tenait pas à grand chose en l’absence du puissant Marius. De plus, les rumeurs concernant le retour de Sylla étaient de plus en plus inquiétantes. On racontait déjà dans les rues, que l'homme et ses légions n'étaient plus en Orient mais en Grèce, ce qui faisait rêver ses partisans accablés depuis trop longtemps par le règne de Marius, dit le jeune, qui avait succédé à son père adoptif, Marius également. Ce dernier n'avait pas hésité à massacrer ceux qui s'opposaient à lui pour asseoir son autorité sur le sénat. Bien qu'étant tous deux des populares convaincus, Quintus
Sertorius et Marius n'étaient pas amicaux l'un envers l'autre. Quintus trouvait les méthodes de son compère beaucoup trop excessives mais il admettait volontiers que sa dictature cruelle avait apportée la paix à la république. Malheureusement, cette paix fragile était en péril. Si les rumeurs concernant Sylla étaient justes, cela ne pouvait signifier qu'une chose. Il profiterait de l’absence du leader des populares pour s'emparer du pouvoir avec l'appui de ses légions. Dans ce cas, rien ne l'empêcherait d'orchestrer à son tour des massacres à l'instar de son prédécesseur pour éliminer ses opposants. Sertorius savait que sa position au sein du sénat le protégeait d'un assassina mais il s'inquiétait pour les centaines d'autres dont la vie n’aurait pas autant de valeur pour Sylla.

Ce jour-là, Quintus Sertorius arriva en personne au repère des assassins dans une précipitation qui ne lui était pas coutumière. A peine entré, il s'écria :
- Livius ! Mon ami tu est là ?
- Qui a t-il, répondit Livius en entrant dans le hall.
- Un messager est venu chez moi à l'instant. Il m'apporte des nouvelles catastrophiques. C'est Sylla. Il a débarqué avec une partie de ses légions il y a plusieurs jours. Il marche sur Rome. Il arrive et Marius n'aura jamais le temps de revenir avec ses propres troupes.
- Est-tu en danger ? Veux-tu t'abriter ici ?
- Ce n'est pas pour ma vie que
je m'inquiète mais pour Rome tout entier, dit le sénateur. Nous allons échanger une dictature contre une autre mais cette foi, Sylla régnera par la force de son armée. Il y aura des massacres en ville, le peuple va souffrir et tout ce dont pourquoi nous nous sommes battu toutes ces années aura été vain.
Le sénateur semblait totalement désemparé devant le désastre imminent que la république allait subir. Voulant soulager son ami, Livius Salinator lui dit :
- Retourne chez toi l'ami. Entoure toi d'autant d'hommes que tu peux. Moi et les miens nous veillerons à ce que les soldats ne tyrannisent pas trop le peuple. Enfin, dans la mesure du possible.
- Je t'enverrai des hommes de confiance pour t'assister dans les rues, répondit Sertorius.
Le sénateur quitta la maison et Livius se tourna vers ses quatre apprentis qui n'avaient rien manqués de la scène. A l'expression sur leurs visages, le maître savait que ses disciples avaient conscience que le sang allait couler dans la capitale.
- Pas d’entraînement aujourd'hui, lança Salinator aux quatre compagnons. En tenu et préparez vos armes mes enfants.
Lucius était fier de porter sa tenue d'assassin, cette tunique simple, entièrement blanche qui ne possédait aucun ornement. Ses frères et sa sœur avaient la même tenue, seul maître Salinator disposait d'une tenue améliorée digne de son rang. Cet accoutrement, bien que basique, inspirait la crainte dans le cœur des
gens. Au cour des années précédentes, les citoyens de Rome avaient appris à craindre le blanc des assassins, qui avait eut raison de tant de vie dans les rues de la capitale. Bien que la plupart des assassins aient péris, il ne faudrait pas longtemps à Livius et ses disciples pour faire comprendre à leurs ennemis qu'ils sont prêt à reprendre le combat.
Le lendemain, à l'aube des cavaliers arborant l’emblème de Sylla pénétrèrent dans la cité. Une centaine de soldats envoyés avec un peu d'avance sur le reste des troupes afin d'informer la population que Sylla était sur le point d'entrer dans la ville. Le but était de créer un mouvement de panique qui plongerait Rome dans la confusion et le désordre public, ce qui se passa inévitablement. L'entrée du générale et ses légions n'en serait que plus facile, la garde civile ayant des problèmes internes par dessus la tête. Dans l'après-midi, les cavaliers se rassemblèrent sur la place devant le sénat et dispersèrent la foule sans raison apparente. Immédiatement après, les étendards de Sylla apparurent à l'horizon. L'homme se tenait à la tête de ses milliers de soldats mais hésitait à entrer dans Rome, sachant ce que cela impliquait. Après quelques minutes de contemplation réciproque entre les légions et les habitants, il lança le signal.
- Les légions entrent dans Rome, cria Titus qui avait passé la matinée sur le toit en tant que guetteur.
- Sa commence, répondit Livius
en regardant chacun de ses apprentis. Ulpianus tu viens avec moi. Nous devons aller chez Sertorius. Lucius, Licinia et Titus, vous allez dans la rue et vous protégerez ceux que les soldats maltraiteront.
- Bien maître, répondit Lucius.
-Une dernière chose, reprit Livius. Désormais il n'est plus question d'entraînement. Chaque combat sera un combat à mort. Me suis-je bien fais comprendre ?
Ils approuvèrent d'un signe de la tête sans dire un mot. Livius Salinator semblait être le plus nerveux de tous. Il était sur le point d'envoyer ceux qu'il considérait comme ses enfants se battre contre des soldats en grande supériorité numérique. Même le plus jeune, Titus qui contrairement à ses aînés, n'avait encore jamais tué. Les cinq assassins quittèrent le repère et se séparèrent dans les rues.

Lucius arriva le premier sur le lieu d'une confrontation entre citoyens et légionnaires. Des cris retentissaient de tout côtés et les trois assassins s'étaient déplacés au hasard dans les rues sachant qu'ils ne pourraient pas aider tout le monde. Là, deux soldats tabassaient un pauvre malheureux devant sa famille et sous le regard de six autres légionnaires. Sans l'ombre d'une hésitation, l'assassin plongea sur les deux agresseurs et ils se retrouvèrent tous les trois au sol. Les autres soldats s'avancèrent vers le jeune sauveur en dégainant leurs glaives.
- On va s'amuser un peu avec celui là, dit un
des légionnaires.
L'instant suivant, Licinia bondit par dessus un chariot et plante deux dagues dans son crâne. L'homme juste à côté, voulu lui asséner un coup de pied en plein visage, profitant qu'elle soit accroupi. Cependant, la jeune fille l'a vu venir et pointe une dague à l'encontre du pied qui finit transpercé. Il tombe à terre et une seconde dague lui traverse le front. Les légionnaires restèrent frappés de stupeur devant cette jeune guerrière si habile. Profitant de l'inattention de ses ennemis, Lucius se relève et égorge les deux hommes restés au sol. Aussitôt, trois des ennemis entourent le jeune homme tandis que le dernier fait face à la jeune femme. Bien qu’habile au couteau, Licinia sait qu'elle est bien plus faible dans un duel à l'épée. De son côté, Lucius ne doute pas qu'à trois contre lui, ses adversaires n'ont pas la moindre chance. Le combat commence pour les deux assassins. En trois esquives, Lucius fait voler un adversaires à plusieurs mètres derrière lui puis contre le deuxième avant de l'entailler de l'épaule à la cuisse. Il regarde rapidement sa sœur avant de se lancer sur son troisième ennemi. Licinia fait face à un homme habile mais alourdit par son armure. Elle se contente d'esquiver ses attaques en attendant une ouverture. Le légionnaire au sol se relève et marche vers Lucius, quand il est soudain stoppé net. Titus est arrivé derrière lui et se contente d'une roulade sur le
côté pour taillader les deux mollets du pauvre homme qui tombe sur ses fesses. Une foi face à lui, Titus lui attrape la tête et plante son poignard droit dans son cœur.
- Un meurtre parfait, dit-il en regardant son frère alerté par les cris derrière lui.
Las de son duel, Lucius feint la faiblesse. Au moment où son opposant attaque, il fait un pas en avant et le contre du coude, puis il assène au soldat trois violents coups au visage avec la garde de son épée. L'homme recule, le visage ensanglanté et l'assassin l'achève d'un coup de glaive dans la poitrine. Les deux frères se tournent vers leur sœur, prêt à la secourir. L'adversaire de Licinia semblait épuisé par ses nombreuses attaques répétées. La jeune fille elle, semblait en pleine forme. Jugeant le moment opportun pour prendre l'avantage, elle esquive avec un pas de côté, plutôt qu'avec son épée, contrairement à toutes les attaques précédentes. Le soldat vacille en avant, légèrement emporté par la force de son assaut. Licinia met un genou à terre pour éviter un coup de point désespéré et plonge son épée dans l'estomac du légionnaire.
- Quel duel laborieux, dit-elle essoufflée.
- Au final tu l'as eu, répondit Lucius.
- Jolie meurtre petit, reprit-elle en s'adressant à Titus.
Lucius s'adressa à l'homme qu'ils avaient secouru :
- Pourquoi vous ont-ils frappés ?
- J'ai eu l’audace de critiquer le fait qu'une armée romaine
entre dans Rome, répondit la victime. Cela n'a pas du leur plaire.
- Rentrez chez vous, lui dit Lucius. Puis s'adressant à ses compagnons : Venez ! Sa ne sera pas notre dernier combat aujourd'hui.

Pendant ce temps, Livius et Ulpianus ne purent traverser Rome sans quelques échauffourées. Une première altercation avec un soldat isolé qui s'en prenait à une jeune femme les stoppa une minute. A peine eurent-ils assommés le bougre, qu'ils se remirent en route. Quelques rues plus loin, ils secoururent un homme qui se faisait rouer de coups par trois soldats armés. Le premier fut égorgé et les deux autres s'enfuirent. Arrivant à leur destination, ils trouvèrent une villa sous tension. Quintus Sertorius les accueilli avec dix hommes en armes.
- Je suis content de vous voir, dit le sénateur. Je craignais que vous ne puissiez traverser la cité avec tous ces soldats dans les rues.
- Nous avons fait couler le sang pour venir jusqu'ici, répondit le maître assassin. Que vas-tu faire mon ami ?
- Je suis sénateur, ma place est ici. Je suis et resterai un opposant politique pour Sylla.
- Tu as donc choisis de demeurer à Rome malgré tout.
- Si je m’enfuis, je ne serait d'aucune aide pour mes alliés. Et Sylla ne peut pas me faire assassiner. En tout cas, pas pour l'instant.
-Ainsi se sont eux tes protecteurs, exclama une voie dans l'entrée.
- Pompée, reprit Sertorius reconnaissant son ennemi. Que veux-tu
?
- Mais simplement t'accompagner jusqu'au sénat afin d’accueillir le sauveur de Rome ensemble. Je te savais attaché à tes valeurs, mais de la à pactiser avec cette engeance. Tu me déçois beaucoup. Et dire que je te croyais raisonnable.
- Et moi je te croyais saint d'esprit, rétorqua Sertorius.
Cette remarque fit changer l'humeur de Pompée. L'homme devint subitement en colère.
- Ces assassins ont décimés la moitié de l'aristocratie de la république, dit-il hors de lui. Mais ne t'inquiète pas, je ne les laisserai pas te faire du mal. Tuez ces deux-là, ordonna t-il à ses soldats, désignant les assassins.
Sur son ordre, les légionnaires s'avancent et sortent leurs glaives. Déjà, les assassins attaquent. Livius tire son épée et lance un poignard droit dans la gorge d'un adversaire. Deux autres se jettent sur lui. Il glisse sur le sol pour passer entre les deux hommes et taillade un genou au passage. L'un tombe au sol tandis que l'autre se retourne et attaque l'assassin encore allongé. Livius esquive d'une roulade en arrière et l'épée du légionnaire ne frappe que le sol. Ce dernier enchaîne une nouvelle attaque. Livius lui saisi le poignet, puis tourne autour du soldat pour qu'ils se retrouvent dos à dos et lui casse le bras. Son ennemi pousse un hurlement arrêté d'un coup, par l'épée de l'assassin traversant sa nuque. Enfin, l'homme blessé au genou tente une frappe
latérale avec son arme mais elle ne rencontre que le vide. Livius se baisse puis frappe du plat de sa main le torse de son ennemi qui semble foudroyé. Il retire sa main et laisse alors apparaître sa lame secrète à son poignet gauche, qui a atteint l'homme en plein cœur. Savourant sa victoire, il se retourne et fait déjà face à trois autres adversaires.
De son côté, Ulpianus se lance dans la mêlée avec deux glaives, son style de combat favori. Chacune de ses armes vient stopper une épée ennemi. Un troisième homme tente un assaut en passant entre ses camarades mais il est repoussé d'un coup de pied dans l'estomac. Puis, ne laissant pas une seconde à ses ennemis, Ulpianus repoussent leurs glaives vers le haut puis tourne sur lui même en s'abaissant. Il effectue un tour complet et taillade violemment ses deux adversaires au bas ventre. Le troisième soldat se jette sur lui l'épée pointée droit devant. Le jeune assassin fait un pas de côté pour esquiver et se retrouve un mètre derrière le légionnaire emporté par son élan. Ulpianus lui transperce le corps de ses deux glaives. Il se dirige ensuite entre les deux autres hommes allongés sur le dos se tenant le ventre et se tordant de douleur. Il s'agenouille d'un coup, plantant ses armes dans les poitrines des malheureux sans même les regarder.
En un rien de temps, les assassins ont eu raison de six légionnaires entraînés mais déjà une douzaine d'autres sont dans l'entrée.
Comprenant que le combat est inutile, maître et disciple s'enfuient, escaladant un mur avant de sauter par une fenêtre.
- Il va falloir nettoyer sa, annonce Pompée en regardant les cadavres. Vient Quintus ! On nous attend au sénat.
- Je te suis, répond Sertorius sachant qu'il n'a pas d'autre choix.

CHAPITRE 1 : la prophétie
août 83 av. J-C

Le descendant des dieux viendra au monde parmi les sept et lui seul sera capable de guider les Hommes avec les cadeaux de ses pères.

Le calme est revenu à Rome. Après plusieurs semaines de brutalité et de violence dans les rues, le gros des troupes de Sylla a quittée la capitale. Caius Marius le jeune a rassemblé la plupart de ses partisans et a commencé à lever une armée pour s'opposer au nouveau dictateur. Même si la paix semble régner dans Rome, le chaos s'est propagé dans les campagnes. Les armées de la république s'affronte entre elles pour des différences idéologiques de quelques privilégiés. Quintus Sertorius lui, est bien décidé à rester le plus longtemps possible dans la cité, afin d'assurer une opposition politique au sénat pour tempérer les réformes de ses adversaires.

- Vous avez fait du bon boulot, affirma Sertorius. Les habitants de Rome ne parlent plus que de toi et tes disciples. Tous ont été témoin de vos actes de bravoures contre les soldats du tyran.
- J'aurais aimé avoir une centaine d'apprentis pour accomplir cette tâche,
reprit Livius. Avec autant de lames, nous aurions mis fin au chaos dans les rues en une seule journée.
- Tu n'as rien à te reprocher. Vous avez fait bien plus que n'importe qui pour le peuple. Réjouis-toi qu'aucun des tiens ne soit blessé.
- Oui mais quel que soit le nombre de personne que nous avons aidés, au final nous avons perdu. Rome n'est plus sûre, ni pour toi, ni pour mon ordre.
- Et bien justement, en parlant de ça. Il y a justement quelqu'un qui a besoin des services que vous pouvez fournir.
- Quelqu'un tu dis. La liste doit être longue mon ami. Tu penses à une personne en particulier ?
- Exact. C'est un jeune garçon, tout juste majeur, qui revêt une importance capitale pour moi et malheureusement, pour Pompée aussi.
-Tiens donc, reprit l'assassin. Et en quoi est-il si spécial ce garçon ?
- Et bien, tout porte à croire qu'il est celui de la prophétie.
-Cette prophétie est beaucoup trop floue mon ami. Qu'est ce qui te fait croire qu'il s'agit de lui ?
- Déjà, il fait parti de la maison des Julii. Une des plus anciennes maison de Rome. Et ses membres descendent de Vénus.
- Tu te fie à cette croyance populaire ?
- Ce n'est pas tout. Il est né à Rome et tout porte à croire que les sept de la prophétie, font en fait référence aux sept collines de Rome.
- As-tu la moindre idée du nombre de personnes qui naissent chaque année dans cette cité ?
- Je comprends ton
point de vue mais pendant bien des années, moi, mes prédécesseurs et tes prédécesseurs avons étudiés cette prophétie. Ces années de recherche ont aboutis à cette conclusion : le jeune César est celui qui guidera notre peuple.
- Ainsi tu me révèle son nom.
- Oui. Plus de secret dorénavant. Il s'appelle Caius Julius César. Je sais que tu as du mal à accorder du crédit à ces histoires, mais moi j'y crois. Et surtout, Pompée y croit. Ce jeune homme est en danger.
- Nous l'aiderons. Qu'as-tu en tête ?
Les deux hommes mirent au point un plan pour faire quitter Rome à leur protégé et se séparèrent avant que qui que se soit ne puisse les espionner.

La tâche d'escorter le jeune romain hors de la ville revint à Lucius. Livius Salinator aurait préféré que son apprenti ne soit pas seul mais il y avait trop à faire, trop de personnes à surveiller ou à protéger pour qu'il puisse se séparer de plusieurs des siens. Cependant, le jeune assassin n'en était pas à sa première escapade en solo dans les rues et il n'était plus un novice. Les deux jeunes hommes se rencontrèrent à l'ombre d'une imposante statue de Jupiter comme convenu.
- Tu est Caius ? questionna Lucius.
- Oui, répond le jeune romain en observant son interlocuteur de la tête au pied. Tu est l'un d'eux je présume. Le sénateur Sertorius n'a pas pu me donner le nom de celui qui se présenterait à moi. Il m'a dit que je le reconnaîtrais
à sa tenu. Je suppose que je dois te faire confiance.
- Tu t'est fais suivre ?
- Comme tous les patriciens opposés au règne de Sylla on me fait suivre où que j'aille dans Rome depuis des semaines. Pourquoi poser une question si ridicule ?
- Ce n'était pas une question. Lucius désigne quatre soldats au coin de la rue. On verra bien. Suis-moi.
Les deux jeunes hommes quittent l'ombre de la statue et trois rues plus loin, les légionnaires sont toujours là.
- C'est un peu trop pour une coïncidence, dit l'assassin en dégainant son glaive.
Les quatre hommes l’imitent et sortent leurs armes à leur tour.
- Es-tu fou, s’inquiète Caius.
- Allons que crains-tu ? Ils ne sont que quatre. Ces paroles et son attitude pleine de confiance rassurent le jeune romain qui s'écarte comme pour admirer le combat à venir.
L'assaut est brutale, deux hommes se lancent à grands coups de glaive vers Lucius tandis que les deux autres l'encerclent. En quelques esquives et un pas sur le côté, il sort de ce piège puis se retrouve sur le flanc d'un ennemi qu'il foudroie d'un coup dans le dos. Avant que ce dernier ne tombe, il prend son épée et l'envoie droit vers un second adversaire. Le malheureux tombe, une lame en travers du visage.
- Plus que deux, dit Lucius avec un sourire à son protéger.
Les ennemis s'avancent et frappent ensemble. L'assassin effectue un tour sur lui-même et balaye les armes
de ses adversaires. Le premier attaque de nouveau mais dans la précipitation, il manque sa cible et est envoyé au sol avec un coup de genou dans le ventre. Lucius l'achève aussitôt avec un coup en pleine poitrine puis se retourne pour faire face au dernier homme. Caius assiste a un magnifique duel d'escrime. Chacun attaque puis se défend, s'échangeant des dizaines de coups. Le soldat est agile, mais en vérité, Lucius ne fait que retarder la mort du pauvre homme pour divertir son public. Dans un dernier élan, le légionnaire tente un coup audacieux avec la garde de son glaive pour assommer son adversaire. Lucius lui prend le poignet pour le stopper et lui transperce l'estomac.
- Partons d'ici, dit-il en regardant les cadavres.
A peine arrivé dans la rue suivante, deux autres soldats leur barre la route.
- Vous n'irez pas plus loin, dit l'un d'eux.
- Vous ne vivrez pas plus longtemps, répond l'assassin. Aussitôt, il donne un coup de pied au genou du premier qui tombe au sol, puis un coup de poing dans la mâchoire du second. Très vite, il tire son épée et tue ce dernier avant de la diriger vers celui à terre. Il se retourne vers son protégé et s'écrit :
- Caius derrière toi !
Le jeune homme n'avait pas vu les deux légionnaires s'approcher de lui. Il évite de justesse le glaive du premier puis tire sa propre épée et l'enfonce dans la poitrine de son agresseur. Il croise alors le fer avec le
second et en quelques coups, prend l'avantage et le pourfend. Lucius arrive à toute allure et regarde son partenaire avec stupéfaction.
- Quoi, lui dit Caius. Je n'ai jamais dit que je ne savais pas me battre.
Les deux combattants reprirent la route et quittèrent Rome sans autre rencontre sur le trajet. Ils se stoppèrent une foi en périphérie de la cité.
- Nous y voilà, exclama Lucius. C'est ici que nous nous séparons. Tu va continuer sur cette route et tu rencontrera très vite d'autres membres de ma confrérie. Ils t'emmèneront en sécurité. Tu pourra continuer ta lutte politique à ta convenance sans craindre pour ta vie. Mais si jamais la situation devait tourner plus encore à notre désavantage et que tu devais quitter la république, ils se chargeront de t'escorter.
- Pourquoi ton ordre m'accorde autant d'importance ?
- Il y a des questions auxquelles je ne peut pas te répondre. J'en suis navré.
- Très bien mon ami. Il y a quand même une chose que je désire savoir.
- Quoi donc ?
- Quel est ton nom ?
- Je m'appelle Lucius.
- Sache Lucius que nous nous reverrons. Et pour ce que tu as fait pour moi aujourd'hui, je te serrai toujours redevable. Au revoir mon ami.
Ils se séparent sur la naissance de cette nouvelle amitié. Lucius est convaincu que ce n'est pas la dernière foi qu'il le voit, mais il sent au fond de lui que leur prochaine rencontre n’aura pas lieu avant très
longtemps.



CHAPITRE 1 : le départ
novembre 83 av. J-C

La campagne de Sylla a remportée un grand succès. En quelques mois, les troupes de Caius Marius le jeune ont été presque balayées des campagnes italiennes. De plus, la plupart de ses partisans de Rome ont quittés la capitale, certain même la république. Les autres alliés militaires de Marius sont dispersés dans des provinces étrangères et ne pourront plus inverser le cours du conflit. Quintus Sertorius est quant à lui, le dernier opposant politique actif au sein du sénat mais ce dernier est forcé de quitter Rome afin de prendre ses fonctions de gouverneur en Hispanie. Ce faisant, Sylla et ses alliés seront les maîtres incontestés du pouvoir à Rome.

Les préparatifs du départ de Sertorius sont presque achevés lorsqu'une vieille connaissance vient le trouver à sa villa.
- Pontius, exclame le sénateur. Mais que fais-tu ici ? Je te croyais au côté de Marius.
- C'est lui qui m’envoie, répond le visiteur. Il s'inquiète pour l'avenir. Est-ce vrai que tu quitte Rome pour l'Hispanie ?
- C'est exact oui. Je prends mes fonction de gouverneur pour la nouvelle année.
- Marius craint de perdre son dernier allié au sénat. Ne peut-tu pas demeurer ici ? Au moins jusqu'à la fin de la guerre civile ?
- Cette nomination officielle est la seule chose qui m’ait protégé d'un assassina jusqu'ici. Si je m'en détourne, je ne passerai pas la nuit.
Marius le sait bien.
- Il ne résonne plus comme avant. Il est en train de perdre la guerre. Ses alliés militaires ne l'ont pas rejoint, ses alliés au sénat sont presque tous partis, sans compter tous ceux qui sont mort. Marius est au bord du gouffre.
- Nous perdons du terrain en Italie, mais le conflit n'est pas encore terminé. En Hispanie, je parviendrai probablement à rassembler de nombreux partisans en exil. Il se peut même que les tribus celtiques hostiles à Rome se joignent à moi. Marius ne doit pas perdre espoir.
- Je tâcherai de le réconforter avec tes paroles. En attendant, si tu as besoin d'aide pour tes préparatifs, je suis à ton service.

Le jour suivant, Quintus organise une rencontre entre Pontius et Lucius, dernier assassin encore présent dans la cité. Les autres sont partis en deux groupes distincts pour escorter les hommes et les biens du sénateur. La protection de ce dernier, revenant au jeune Lucius.
- Qui nous ramènes-tu ? demande l'assassin à son protégé.
- C'est un ami, répond ce dernier.
- Je suis Pontius Telesinus, reprend le troisième. Soldat au service de Caius Marius le jeune. Je suis là pour vous assister.
La conversation est soudainement interrompue par un soldat de Sertorius porteur de mauvaises nouvelles.
- Sénateur, sénateur, cria le messager.
- Mais enfin qu'est ce qu'il y a ?
- Des légionnaires sénateur. Ils fouillent votre villa.
- C'est Pompée, affirme
l'assassin.
- Oui sans nul doute. Mais ne t'inquiète pas, il ne trouvera plus rien entre ces murs.
- C'est justement le problème. Quand il aura fini de fouiller ta demeure vide, il lançera ses hommes aux trousses des convois sur les routes hors de la ville.
- Que proposes-tu alors ?
- Je vais y aller, histoire de leur donner un peu plus de difficultés.
- Je viens avec toi, intervient Pontius. Ne t'en fait pas, je ne serai pas un poids si il y a un combat.
Lucius détourne le regard vers son ami qui approuve d'un signe de la tête. Les deux guerriers se mettent alors en route pour la villa. Ils ne rencontrent aucune résistance à l'extérieure, mais une foi rentrés, ils font face à une demi douzaine de légionnaires et sans doute beaucoup d'autres dans les autres pièces.
- Regardez qui est là, lance le centurion qui commande la troupe. Tuez ces deux-là !
- Très bien, répond l'assassin qui a déjà son épée à la main. Il se lance dans la mêlée contre trois adversaires sans une hésitation.
Pontius lui, dégaine un glaive et une dague pour faire face à deux autres. Le premier vient s'écraser derrière lui, poussé par l'élan de son attaque. Quant au second, il est contré du glaive, mit au sol par un coup de dague au mollet puis achevé par un coup dans la poitrine. Pontius satisfait de son combat, se tourne vers son camarade mais constate qu'il a déjà contré mortellement deux ennemis et que le dernier est à
terre. Le malheureux se redresse et lance une série de coup, tous plus désorganisés les uns que les autres, vers Lucius. Le jeune homme esquive coup sur coup, le sourire aux lèvres. Enfin, il fait un pas de côté, laissant son opposant frapper le vide, puis rabat son glaive sur son flanc.
La victoire est de courte durée. Le bruit du combat a alerté les soldats dans les pièces voisines. Ces derniers se tiennent déjà au côté du centurion.
- Vous êtes doués, rétorque l'officier. Mais sa ne suffira pas !
- Sa reste à prouver, ironise Lucius en envoyant un couteau dans la gorge d'un des hommes.
L'affrontement reprend avec encore plus de vigueur. Cette foi, il n'est pas à l'avantage des deux guerriers. Pour s'en sortir, ils doivent se déplacer en permanence, utilisant le moindre objet de la villa pour repousser leurs assaillants. Lucius se retrouve à lutter dans des escaliers, se servant des murs à son avantage pour ne pas être débordé. Il a déjà pourfendu deux légionnaires mais commence à s'éssouffler. Il lance un violent coup de pied au visage du soldat le plus avancé et monte à l'étage. Poursuivi par ses ennemis, il saute par dessus la rampe et se retrouve à nouveau dans l'entrée. Il n'a que quelques secondes de répit avant que ses adversaires ne le rejoingnent. Pontius a lui aussi vaincu deux hommes mais se retrouve acculé dans un coin, se servant d'une colonne comme alliée. Lucius se jette sur un soldat,
plantant ses genoux dans son dos et son glaive dans sa nuque. Un deuxième se retourne et lui fait face. Deux duel débute alors mais sont interrompus par l'arrivée d'un légionnaire qui lance à son commandant :
- Centurion ! J'ai trouvé quelque chose. Une pièce secrète. Mais elle est totalement vide.
- Va immédiatement avertir le général.
Le soldat quitte la villa à toute allure.
- Rattrape cet homme, ordonne Lucius à son compagnon.
Au même moment, les deux guerriers achèvent leurs ennemis respectifs.
- Tu en est bien sûr ? le questionne Pontius en désignant les trois légionnaires que l'assassin avait laissé à l'étage mais qui lui font désormais face.
- Certain, on se retrouvera plus tard.
A présent, il combat seul. Il envoi son dernier couteau vers un adversaire mais aveuglé par la fatigue, ne l'atteint qu'à l'épaule. Luttant pour sa vie, il se bat sauvagement. Lucius n'hésite pas à trancher la main d'un ennemi pour se saisir de son glaive avant de retourner ce dernier contre sa poitrine. Après quoi, armée de deux épée, il prend facilement l'avantage sur le deuxième homme. Il parvient à le faire basculer en avant et lui grave une croix dans son dos. Enfin, il regarde le troisième qui retire tout juste le couteau de son épaule. Il n'aura pas une seconde chance. Lucius lui jette un glaive dans le ventre.
Le centurion se retrouve seul face à lui mais lui dit confiant :
-
J'imagine qu'un assassin mort de fatigue n'est pas un adversaire si dangereux.
- Approche !
Le dernier duel commence. Le centurion fait preuve d'une grande maîtrise. Il enchaîne des coups de glaives vers la tête puis vers le torse. Il tente quelques estocs vers le ventre et lance de temps à autre un coup de pied ou même un coup d'épaule. L'assassin est d'abord déconcerté par sa technique mais fini par s'adapter. Bien qu'habile, son adversaire ne l'est pas autant que ses frères, contre lesquels il s'est souvent battu. Profitant d'un coup d'épaule du centurion, il lui envoi son poing au visage. L'homme recule mais balaye l'air de gauche à droite avec son glaive. Lucius évite de justesse une entaille au ventre en sautant en arrière. Puis il contre attaque. Il enchaîne les coups de glaive et force son ennemi à lever sa garde pour se protéger la tête. Après quoi, il le frappe au ventre avec son pied. Cependant, dans un acte réflexe, à peine courbé par le choc, le centurion percute l'assassin. Les deux combattants se retrouve plaqué au sol, lachant leurs armes. Le soldat tente de frapper de ses poings le jeune assassin mais ne rencontre que le carrelage à plusieurs reprises. Lucius frappe à son tour. Il lui lance plusieurs coups au visage et à la gorge avant d'arracher le casque du centurion et de le rabattre violement sur son crâne. L'homme roule sur le côté, ce qui permet à Lucius de
reprendre son arme.
Toujours à genou auprès de son adversaire, il s'apprête à en finir lorsque ce dernier lui prend le poignet, sort un poignard et le frappe au bras. L'assassin a évité le pire en se dégageant le plus possible. Il frappe son ennemi au poignet pour le désarmer et au torse pour en finir.
Il regarde son bras saigner, surprit par sa propre blessure. Enfin, il prend une minute pour recouvrer ses esprits et ramasser ses couteaux avant de quitter la villa jonchée de cadavres.

Une foi dans la rue, il rencontre Pompée en personne, escorté par une quarantaine de soldats dont des gardes prétoriens, des combattants d'élite.
- Je suppose que nous arrivons trop tard, dit ce dernier. Si seulement toi et tes semblables se battaient pour moi.
- Cela ne se produira jamais, répond sèchement Lucius.
- Et toi jeune disciple, pour quoi ou pour qui te bas-tu ? Pour les points de vue d'un sénateur ! Non sa m'étonnerais.
- Je combat pour mon maître.
- Ah oui c'est vrai. Le fameux Livius Salinator. Et pour qui te battras-tu après sa mort ?
- Il faudrait déjà qu'un homme soit capable de le vaincre.
- Je te fais une promesse jeune disciple. Ton maître sera le premier de tes proches à mourir. Et il sera suivi par tous les autres.
Sur ces paroles, Lucius envoi un couteau droit vers Pompée mais il est stoppé par le bouclier d'un prétorien averti. Plusieurs pilums sont alors envoyés vers l'assassin qui
prend la fuite. Au bout de quelques rues, il se rend compte qu'il n'est pas poursuivit.
Il retrouve alors Pontius à la sortie de la ville et lui demande :
- Aucun problème avec le messager ?
- Non et toi, lui demande-t-il remarquant son bras saigner.
- Juste un souvenir de Rome.
Sertorius les rejoints et lance :
- Nous partons. Et toi que vas-tu faire Pontius ?
- Je retourne à Préneste auprès de Marius. Peu être nous reverrons nous un jour.
- Oh je suis sûr que nous nous reverrons, lui répond Lucius.
Le sénateur et l'assassin se séparent de leur compagnon et quitte Rome pour rejoindre leurs amis.
- Lui fais-tu confiance ? demande Lucius au sénateur.
- Plus ou moins. C'est un soldat pas un politicien. Son allégeance va à son supérieur. C'est-à-dire Marius. Pourquoi cette question ?
- Juste un pressentiment. Sa n'a pas d'importance. En route pour l'Hispanie.
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