Nous somme ce que les autres sont

Ecrit par
Bertrand

1 - Jeune couple



Deux jeunes tourtereaux qui vivent ensemble depuis 5 ans. Ils font partie de la tranche 25-30 ans, ont fini leurs études, et ont chacun un métier et un salaire.
Leurs salaires respectifs sont le résultat du métier et / ou de l’entreprise qu’ils ont choisi. Mais pourquoi avoir décidé de travailler en tant qu’indépendant, artisan, ou bien ingénieur, ou encore technicien, dans telle ou telle société ?
Le plus communément possible, la plupart diront que c’est parce qu’ils ont décidé dans leurs études d’avoir un bac pro installateur thermique et sanitaire pour monter sa boite de plombier chauffagiste, ou alors d’avoir fait une classe préparatoire puis école d’ingénieur, dans le privé ou dans le public, ou encore d’avoir passé un BTS Management et Unités Commerciales, en cursus standard ou en alternance.
D’autres pousseront le raisonnement en affirmant que ce sont ces personnes qui ont fait ces différents choix, soit par pure vocation, choses rare mais réelle, soit par élimination par rapport au travail, au niveau et au résultat scolaire obtenu tout au long des études primaires et secondaires.
Nous pouvons dire ici que tout le monde a presque raison. Entendons-nous bien là que le « presque » ne signifie pas que les spéculateurs cités ont partiellement tort. Mais je dirais qu’il y a une grande part de vérité dans leurs propos, qui reste cependant incomplète. Toutefois, je ne dis pas non plus que ce que j’ajouterai par la suite comblera ce qu’il manque. Je n’y apporterai que des pièces supplémentaires à cet édifice.
En effet, avant d’être arrivés là où ils en sont, ils ont évolués et se sont développés dans leurs milieux respectifs. Et ce, depuis qu’ils sont dans le ventre de leur mère.
Chacun d’entre nous sommes influencés par le son des voix extérieures. Nous serons familiarisés inconsciemment au langage de nos parents, de leur entourage et du pays dans lequel nous naissons.


Plusieurs études faites dans les maternités l’ont démontré de la sorte. Des groupes de nouveaux nés, provenant de pays différents (Japon, Angleterre, France, Russie, Afrique) ont été placés les uns à côté des autres. Des chercheurs ont analysés les sons et gargouillement émis par ces nourrissons.
Il s’est avéré que ces sons sont un reflet exact de l’accent des parents. Par exemple, un bébé anglo-saxon aura les mêmes intonations, et accent dans les cris et balbutiements que ses parents.
Il en est de même pour les bambins Japonais, Français, Russes, Africains…
Ainsi, le cerveau du bébé s’est adapté aux sons extérieurs.
En allant plus loin, il est reconnu que, dans le ventre de leurs mères, les enfants entendent et enregistrent tout. Cela jouera à l’avenir sur leurs comportements.
Le jeune cerveau en développement, et ce, même après la naissance, est comparable à un disque dur totalement vierge dans lequel les informations rentrent et s’enregistrent. Nombreux médecins diront que dès leurs venus, les nourrissons reconnaissent et réagissent à la voix de leurs parents. Si ces derniers ont pour habitude de parler dans un langage omettant les insanités et autres jurons, et qui, de par leurs paroles, font comprendre à leur bébé en devenir, qu’ils l’aiment, cet enfant, et de plus, si les parents continuent en ce sens, aura très probablement un comportement plus amical, plus aimant et plus respectueux.
De la même manière, l’enfant sera influencé par les musiques qu’écoutent ses parents. Soit il adorera et il aura les mêmes gouts musicaux, le plus probable, soit, non pas immédiatement, ce que nous verrons plus tard, il rejettera ces styles de musique, et bien d’autres choses.
Revenons à notre couple. Ces derniers ont fait des études. Chacun de leurs côtés, ils ont pu apprendre, entendre, lire, écouter, rencontrer. Tout cela, depuis le début de leurs vies respectives. Et, ont appréhendé et utilisé ce flux continu d’informations à leur escient. Si bien que leurs chemins se sont croisés, lors d’une soirée, ou bien sur les bancs de l’université, à la terrasse d’un café, ou d’un site de rencontre. Ils se sont plu, ils se sont côtoyés, seuls, avec des amis, qui deviendront par la suite, leur cercle commun d’amis. Un jour, ce couple décide de vivre ensemble.
Qu’est ce qui les a poussés à faire ces choix ? La réponse est simple et complexe à la fois.
Ce sont toutes les informations qu’ils ont apprises de par ce qui leur étaient montrés au travers des médias, de la vie de leurs propres parents, de ce que disent leurs entourages, de ce qu’on leur a appris à l’école, qui font que désormais, ces deux individus se retrouvent à vivre dans un seul et même foyer.
Le premier modèle d’influence est celui des parents.
Couple solide et infaillible à l’origine, mais qui, depuis plusieurs dizaines d’années, s’est fragilisé. L’être humain ne pouvant plus se satisfaire que d’une seule chose qu’il aime, se sent venir l’idée de jeter ce qui ne lui convient plus, assez rapidement, pour le changer et le remplacer. Tel un meuble qu’on met en vente sur un site internet, et qui pourra faire le bonheur de quelqu’un d’autre parce qu’il n’est plus « à la mode » ou bien parce qu’on s’en est lassé de le voir dans telle ou telle pièce de la maison. Quid des meubles familiaux ? Ces derniers seront soit envoyés à la déchetterie car trop vieux, soit donnés à des œuvres de charités au grand bonheur des plus démunis. Encore que cette dernière option soit la meilleure.
Mais les couples se comportent entre eux comme ils se comportent de la même façon avec les objets. L’être humain a perdu de son humanité, pour devenir des êtres objets dotés de la parole et du savoir-faire.
Nous sommes bercés non plus par le modèle parental, mais par ce qui se fait en dehors de ce modèle. On nous montre des couples de stars médiatiques qui se séparent, se marient, divorcent puis se remettent ensemble avec un autre, dans un laps de temps ridicule. Nous trouvons cela normal, de, non seulement médiatiser ces faits, mais de voir de telles choses.
De plus, et ce, dès notre plus jeune âge, nous idolâtrons ces personnes. Ils deviennent des exemples pour nous, des exemples pour la société. Enfant, qui n’a jamais voulu être un héros de la télévision ? Tel acteur ou telle actrice ? Ou bien un athlète ? Ou encore maintenant, star – si on peut ainsi dire – de la téléréalité ? Malheureusement, du fait de la démocratisation de la télévision et de l’internet, il est plus aisé de voir toutes ces pseudos réalités de la vie. Enfant, notre cerveau n’est qu’un disque dur qui enregistre les informations.
Si les parents regardent cela à la télévision, dans les journaux ou l’écoutent à la radio, les enfants voient aussi tout ceci, et inconsciemment le garde en mémoire.
Ces moyens multimédias ont pris une place tellement importante dans notre vie, que nous évoluons, nous apprenons et nous nous éduquons avec. La télévision, Internet et la radio sont devenus des membres à part entière de la plupart des foyers. Ce sont les membres les plus importants de la famille. Ils nous disent quoi manger. Comment s’habiller, qui voter, quoi lire, quoi écouter comme musique, et surtout comment se comporter les uns avec les autres, pour faire partie intégrante de notre société.
Avec tout ceci, nous en sommes arrivés à une surconsommation rapide de tout, car c’est ce que notre Patriarche Média nous a donné de faire. On prend, on jette. Nous zappons ce qui ne nous convient plus. Même les émissions de télévisions ne s’appellent plus zapping, mais zap, - trop long à écrire - ou encore best of. On ne nous montre plus qu’un soit disant essentiel de ce qui doit être vu.
On nous condense les informations, en nous omettant certainement le plus important. Même le journal télévisé est devenu un best of pour ne pas perdre l’audimat en cours de route. ½ heure d’informations dans laquelle nous avons deux gros titres qui émeut l’audimat pendant 20 minutes, puis, les 10 minutes restantes, c’est pour une partie du reste de l’actualité, qui a été bien choisie pour garder en captivité les téléspectateurs en manque de sensations fortes virtuelles, avec un coup de larme puis un coup de sourire éphémère par une image animalière, d’un paysage, ou d’un hommage à un chanteur mort via un extrait d’une de ses chansons.
Une fois le journal terminé, nous sommes assaillis de publicités, de jeux, d’annonces de programmes à venir, de divertissements courts, puis d’une série ou d’un film, qui seront entrecoupés de publicités.
Il ne faut en effet surtout pas que le téléspectateur s’endorme ou perde de sa concentration pendant le programme. Il faut le réveiller à coup de réclames, et par la même occasion, le volume sonore et d’annonce sont sciemment augmentés.
Que nous montre-t-on dans ces séries et ces réclames ? Des façons de vivre.
Des façons de s’habiller, de consommer. On nous montre des familles qui se disputent, qui se séparent, qui se trompent, qui s’entretuent, et entre, on nous propose d’avoir internet à la maison, de manger des raviolis, d’acheter une voiture, ou bien de la louer, puis d’avoir un chien ou un chat, et enfin d’acheter des fruits et légumes dans tel supermarché.
Dans chacune de ces annonces, on voit le père, la mère, le ou les enfants, et le chien, avec un monospace ou un SUV, une maison d’un certain style moderne que nous pouvons retrouver dans certaines émissions de téléréalité proposant la rénovation ou l’achat et la vente de maisons et d’appartements. De cette façon, comme notre cerveau est plus malléable car affaibli par ce qu’il a vu auparavant, nous sommes influencés par ce que nous voyons, et nous nous imaginons que si nous avons telle voiture, ou si nous nous habillons avec les mêmes vêtements que ce beau jeune couple propre sur lui que nous avons vu dans cette publicité de parfums, nous serons comme eux, et nous aurons le même style de vie.
Malheureusement, il n’en sera jamais rien. Chacun essayera de s'en approcher car c'est l'image que la télévision, l'Internet, les journaux papiers donneront.
Certains s'en approcheront plus que d'autres. Mais cela dépend uniquement du métier et des revenus.
Revenons à notre jeune couple. Ils vivent ensemble. Comment d'ailleurs faire en sorte pour qu'ils continuent à se côtoyer tous les jours ? Tout simplement en reproduisant ce qu'ils ont appris de différentes sources qui leur ont été montrées.
Pour cela il leur faut pour commencer un appartement. Ce dernier sera une location au départ. Le choix le plus commun est bien entendu un logement de type T2 / T3 entre 25 et 55 m². Plutôt de style neuf ou moderne si possible, épuré, pas cher, dans les tons très clairs.
Pourquoi de tels gouts? Tout simplement parce que la majorité ont cette description comme idée d'un premier logement. Idée largement répandue depuis l'ère étudiante jusqu'à maintenant. Les émissions de télévision relatant les recherches de logements nous montrent cela. En argumentant que le blanc est une couleur neutre, qu'on peut mettre tout type de décoration avec, que ça se repeint facilement.
Bien que ce ne soit pas entièrement faux, le jeune couple a déjà été influencé. Leurs amis ont d'ailleurs eux même un logement de ce type.
Le blanc, le neutre, pas de fioriture... Des arguments expliquant la simplicité de cette neutralité... Mais l'appartement, tout le temps que le couple l'occupera, restera neutre impersonnel.
Leurs premiers achats seront une télévision, un abonnement internet, un ordinateur, un lit, un canapé et un réfrigérateur.
Ne sont ce pas là un résumé de ce par quoi ils ont été déjà bercés durant leur enfance avec leurs parents? De nouveau, ces membres infaillibles de toutes familles viennent s'immiscer dans la vie de ce couple. Internet, télévision. Le canapé pour regarder ces écrans d'influence. Le réfrigérateur qui sera rempli des denrées qui auront été montrées au préalable par la télévision.
Viendra ensuite la décoration avec une table basse, une table à manger, 1 fauteuil et 4 chaises.
Des rideaux couleurs bleu ciel, vert anis ou chocolat, car il faut une touche de couleur pour casser la neutralité. Quand bien même les couleurs choisies sont celles qui sont le plus souvent montrées dans les émissions.
Tout ce que n'importe qui trouvera dans l'appartement du couple ne seront que le reflet de ce qu'ils ont déjà. Avec des finitions plus ou moins identiques aussi. Style épuré, couleurs crème et beige, meubles de marque suédoise, certains garderont un côté plutôt faux ancien. Mais dans l'ensemble tout se ressemblera.

Vient ensuite le style vestimentaire, et même l'allure général. Le couple est sur une même longueur d'onde. Nous pouvons reconnaître à quelle classe sociale ils appartiennent, et voire quel type de métier, et dans quel type d'environnements ils évoluent ensemble, de part leur aspect.
Nous ne verrons que très rarement quelqu'un de style classique des beaux quartiers sortir avec un non semblable habillé en jean basket tee shirt ou survêtement. Le couple c'est pareil, ils sont assortis.
Pourquoi? Tout simplement parce que dès leurs rencontre, ils avaient les mêmes codes vestimentaires, mêmes langages et même comportements social.
Cela étant confirmé et amplifié par leur entourages respectifs et communs.
Toutefois, certains pourront changer au cours de leur vie. Du fait d'une augmentation de salaire, d'un déménagement dans une autre région ou un autre pays. Mais nos deux jeunes amoureux se sont rencontrés et s'aiment tels qu'ils sont, car ils ont le même Langage.
Les membres de ce couple s'influenceront eux mêmes entre eux. Devenir végan, ou bien se lancer dans une association. Ils auront d'abord reçu cette idée de la part de médias ou d'entourage eux mêmes poussés par les médias ou amis et ainsi de suite...
Puis cette idée aura murie à tel point de se lancer corps et âmes.
Ce qui est toujours une bonne chose de se lancer pour des causes qui leur paraissent justes, dès lors que ça ne touche pas aux libertés d'autrui.
Ainsi le couple décorera l'appartement, mangera de telle ou autre façon, s'habillera selon tel ou tel style, et aura des amis qui leur ressemble.
Puis un jour, ce couple décide de passer un cap, car ce couple s'aime depuis plus de 5 ans maintenant.
Il faut évoluer, monter d'un niveau.

2 - L'arrivée d'un enfant


Une décision importante à prendre que celle d'agrandir la famille, d'avoir un enfant.
Bien souvent c'est la continuité de la vie d'un couple. Bien que, exceptionnellement, certains n'en voudront pas.
D'où leur est venu cette idée? Image de la famille idéale, souvent mise en avant sur les petits et grands écrans. Mais pas que. Les parents aussi ont essayé tant bien que mal de montrer cette image à leurs enfants avant un éventuel divorce ou séparation puis remariage avec l'arrivée des demis frères et sœurs.
Le tableau parfait. Souvent arrive le chien ou le chat un peu avant ou un peu après.
La photo de famille telle qu'on se l'imagine. Presque cliché. Mais tout ça n'est qu'une apparence.
Cet enfant se doit être dans la continuité de ce que les parents souhaitent faire perdurer de ce qu'ils sont.
Pour cela ils doivent éduquer l'enfant, lui inculquer les bonnes manières de se comporter, de parler. Lui donner des valeurs, l'envie de travailler pour plus tard assurer un avenir. Mais quel avenir? Souvent celui de ce que les parents eux même n'ont pas réussi à avoir.
En réalité, les parents vont exercer eux même une influence sur leur propre enfant. Bien entendu dans ce que les parents vont donner comme éducation, il n'y aura que de bonnes intentions. Du moins pour la plupart d'entre eux.
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