Que la mèche soit allumée

Ecrit par
artemisia

Être seul, se sentir soudainement abandonné, comme perdu dans un profond abîme sans fond. Pour Ehelena, ce sentiment était inconnu, et n'avait aucune raison d'être.

Seule son âme, d'une pureté et d'une innocence infinies, la poussait chaque seconde à faire de son corps une demeure sereine et propice à l'ataraxie et la béatitude. Une absence de maux, une absence de souffrance... qui n'a jamais rêvé de vivre ainsi ?

Pourtant, nul bonheur sans malheur. Il faut avoir vécu la peine véritable pour comprendre la vraie valeur de la vie et de son âme intérieure.

Déjà les philosophes et penseurs de la Grèce Antique faisaient de la douleur une capacité intrinsèquement humaine. Ehelena en ces temps était de cette espèce, elle aussi.

Jeune fille en âge de devenir femme, elle ressentait en elle, au plus profond de son coeur, un ardent désir qu'elle ne comprenait pas, et qu'elle ne pouvait appeler d'aucun nom. Ce désir ardent aurait pu avoir la silhouette d'un être puissant mais protecteur. Cet être, cruellement, l'arracha de son foyer, et l'emmena dans la Nature, loin de toute civilisation. La beauté des douces collines verdoyantes, le chant des arbres dans l'immensité des forêts laissèrent son âme encore plus vide qu'elle ne l'était alors, et Ehelena ne pu trouver la réponse qu'elle espérait tant. Car l'ardent désir de son coeur était encore plus fort, et sa solitude grandissante de jour en jour. Elle connaissait, pour la première fois de sa vie, le sentiment de l'abandon, qui laissa place à une profonde tristesse. Loin de ses parents, ses anges protecteurs, ceux qui lui avaient donné la vie puis l'avaient vue grandir pas à pas, elle ne ressentait qu'une frustration et une peine inconsolable. Cette nuit, posée près d'un ruisseau, elle ne put retenir ses larmes qui roulèrent le long de ses petites joues comme des perles de rosée sur des pétales d'hortensia dans un jardin d'hiver.
À l'aube, la jeune fille vit le cercle lumineux des fées qui brillait au loin, au creux des arbres. Sa magie ne la toucha pas. Ehelena se releva et commença une promenade le long du ruisseau, frôlant de ses doigts les pierres druidiques pour se fortifier. Ces minéraux, dans cette forêt, étaient particulièrement nombreux, et se hissaient au milieu des clairières comme si ils défiaient l'équilibre. On raconte que les Gaulois célébraient sous ces roches une religion mystérieuse, et que ces pierres étaient hantées la nuit par un codrille effrayant les âmes perdues dans la densité de la forêt. Ehelena, retrouvant confiance, s'installât sous l'un des deux grands chênes centenaires qui étendaient là leurs branches immenses et sombres, et s'endormit paisiblement.
À l'aube, la jeune fille vit le cercle lumineux des fées qui brillait au loin, au creux des arbres. Sa magie ne la toucha pas. Ehelena se releva et commença une promenade le long du ruisseau, frôlant de ses doigts les pierres druidiques pour se fortifier. Ces minéraux, dans cette forêt, étaient particulièrement nombreux, et se hissaient au milieu des clairières comme si ils défiaient l'équilibre. On raconte que les Gaulois célébraient sous ces roches une religion mystérieuse, et que ces pierres étaient hantées la nuit par un codrille effrayant les âmes perdues dans la densité de la forêt. Ehelena, retrouvant confiance, s'installât sous l'un des deux grands chênes centenaires qui étendaient là leurs branches immenses et sombres, et s'endormit paisiblement.

C'est alors que l'être qui l'avait rendue à la Nature, et dont l'âme avait envahit l'arbre, souleva délicatement de ses grandes branches la jeune fille, et l'emmena au loin. Quand Ehelena se réveilla, la nuit la plus sombre et la plus douloureuse qu'elle n'avait jamais vécue avait chassé le début du jour. Dans la faible lumière orangée du crépuscule, elle décida de se tenir dans le cercle des fées, d'ouvrir son coeur à sa magie, au plus profond d'elle-même, et se laissa transporter par ses émotions les plus intenses.

Elle trouva finalement un immense réconfort dans sa solitude, même si elle se persuadait encore en se répétant "la magie ne m'a pas touchée... La magie ne m'a pas touchée...". Son esprit était entraîné malgré elle dans un tourbillon de rêves obscurcis, et Ehelena perdit le sens de la raison, jusqu'à la mémoire de sa vie passée, ne sachant plus ses origines ni où elle habitait.

Car, dans ce cercle des fées, lumineux et protecteur, elle ressentit une douce chaleur apaisante. Par trois fois elle appela la fée, et trois fois le silence lui répondit. Tombée à terre, à ce moment elle comprit enfin : cette nuit-là, elle avait ressentit un toucher, plus humain qu'elle ne l'eut jamais vécu auparavant, et c'est à ce moment-là qu'elle sut. La magie des fées avait révélé son ardent désir d'avoir en elle un coeur véritable. Lorsqu'elle se laissa toucher par la magie des fées, elle ressentit un tel amour, qu'à cet instant elle savait qu'elle venait d'être touchée par la Grâce, celle-là même que Dieu a créée et délivre tôt ou tard à ses créatures, humains, après qu'elles aient vécues une intense souffrance.
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