La Cité

Ecrit par
Scibetta Arnaud
Arnaud S.

La Cité

I:L'instinct et l'Etat

Pour comprendre l'homme doit-on prendre l'ensemble de ses actions, pensées et les analyser par elle-mêmes, ou bien peut-on tout faire découler d'une même et unique idée, fondatrice? Après toute réflexion, il ne semble exister qu'un seul principe, qui n'en est d'ailleurs pas vraiment un. Pour que la vie soit elle doit se reproduire. Si elle ne le pouvait, il n'y aurait que matière inerte en ce monde. De ce fait, la reproduction n'est pas quelque chose à admettre, elle s'impose à nous. Elle est alors l'instinct nécessairement premier, qu'il se trouve au niveau de la respiration, de la nourriture, de l'acte sexuel, celui que l'homme ne peut nier. Ainsi tous ces actes se font en accord avec celui-ci, et si erreur il y a, il devra la corriger sous peine de se nuire gravement voir de disparaître -par exemple s'il retient son souffle il met sa vie en danger et doit reprendre sa respiration dans les plus brefs délais-. La reproduction est en quelque-sorte notre maître, qui sait se faire plus ou moins discrêt selon les circonstances, mais qui partout se trouve à nos côtés.
Mais la reproduction suppose une condition: que la descendance puisse survivre dans le milieu; il ne suffit pas que le rejeton voit la lumière du jour, encore faut-il qu'il puisse s'y développer. L'instinct sexuel a sa réponse à ce problème, l'animal cherchera à se reproduire non pas une seule fois, mais le plus souvent possible pour augmenter les probabilités d'avoir des enfants capables de s'insérer dans la nature. Ainsi forcemment, les mâles entreront en compétition pour les femelles limitées en nombre, et de la nécessité de la reproduction naîtra la volonté de puissance afin de s'imposer sur l'autre, le dominer et s'emparer de la ou des femelles. Ces dernières, cherchant aussi la meilleure descendance possible, ne s'offriront qu'aux meilleurs, et c'est ainsi que se perpétue une espèce selon une sélection par la puissance.
Ces côtés primitifs et brutaux sont absents chez nos sociétés humaines, mais pour que l''homme survive, ils doivent nécessairement être présents d''une façon ou d''une autre, car l''instinct consistant à nous faire rechercher le meilleur partenaire possible pour nous renouveler ne peut disparaître. Certes, la sélection naturelle n''a plus guère d''effets sur nous, mais ceci n''est pas chose acquise, les conditions matérielles propices à un épanouissement humain peuvent disparaître. En attendant, la volonté de puissance s''étiole -mais persiste- du fait que la seule obligation réside désormais dans l''acte reproductif, et non plus dans la sélection du meilleur.
La sexualité est donc la force première de l'homme, d'où nécessairement on y retrouvera l'origine de chaque action humaine, tant bien même que l'action lui soit la plus éloignée du monde. Nous pouvons alors montrer que les valeurs humaines découlent elles aussi de cet instinct libidinal.
Commençons notre analyse alors en analysant succintement la morale.
A l'origine de tous les principes humains se trouve la dualité Bien/Mal, celle-ci étant à la base de toute morale. Bien et Mal s'inscrivent directement dans la volonté de puissance de tout individu. Quelqu'un créant de la souffrance chez autrui sera dénomé méchant, et par opposition, la victime se taxera de gentille. Le Mal précède le Bien. Mais en rejetant ainsi le méchant dans une catégorie distincte de soi, on cherche à s'en protéger, on cherche à se conserver, c'est donc bien l'instinct reproductif qui est à la base de ce procédé: le gentil se protège, même d'une façon des plus symbolique du méchant dans son seul intérêt, pour sa puissance propre, même si celle-ci sera toute relative. Et à l'inverse, quelqu'un accomplissant une action bonne, c'est-à-dire augmentant la puissance d'un autre, sera qualifiée de gentille, et par là-même augmentera aussi sa puissance par la reconnaissance d'autrui.
Ainsi, dans un modèle théorique, chaque homme fera le Bien, car cela ne pourra que faire croître sa puissance, le Mal sera nécessairement une erreur, car il ne peut aller que contre lui. Bien et Mal ne sont pas des principes issus de la nature, ils sont créer artificiellement par l'instinct de l'homme, l'être humain est donc, non pas naturellement, mais instinctivement bon.
Mais cette vision, on en convient, reste purement théorique bien qu'elle veuille à s'inscrire dans la réalité. Du modèle abstrait fondant les deux notions morales fondamentales, nous pouvons chercher plus loin et observer ses effets concrêtement.
Bien souvent, une action mauvaise profite à celui qui la fait, pour peu qu'elle ait été accomplie de manière suffisamment intelligente. Il devient alors nécessaire de distinguer 2 niveaux: un macroscopique (le peuple) et un microscopique (l'individu). Bien et Mal ne sont quasiment que des notions religieuses pour ce dernier : il se sentira comme tirer vers le Bien, mais usera souvent du Mal avec pareil indifférence. Mais ces 2 valeurs deviennent la norme quand on observe le premier groupe : comme pour beaucoup de modèles, ceux-ci se vérifient à grande échelle, sur un grand nombre de cas notre analyse théorique développée précédemment prend alors tout son sens. Ainsi, un peuple totalement livré à lui-même ne se détruira pas et ne sombrera pas dans le chaos, il se comportera de la façon la meilleure pour ses intérêts, pour lui il sera bon mais, allant sans cesse dans ses propres intérêts, il foulera aux pieds ceux des autres peuples qui le considéreront alors comme mauvais. Mais ces derniers se considèreront eux aussi comme bons, tout en n'hésitant pas à nuire aux autres, le bon est alors de ce point de vue relatif.
C'est alors que s'il existait un regard omniscient contemplant le monde avec ce savoir, il ne verrait pas d'hommes bons, ni d'hommes mauvais, il ne verrait qu'un seul et même fait: la recherche d'un pouvoir. La notion bien entendue reste ici développée au stade de l'homme primitif, le bien propre pour un peuple ayant changée de nos jours, je prend seulement ici le modèle primaire car tout modèle est plus facile à analyser quant-on en comprend les origines.

L'origine de l'Etat:

L'homme se sachant incapable de vivre seul dans sa faiblesse, il va alors devoir vivre en société, et créer les liens de solidarité nécessaires pour cela. Ici, des individus vont exprimer naturellement plus que d'autres de puissances et prendre la tête de groupes, composés d'un chef à la tête de bras armés. Ces bandes luttant entre elles vont effectuer un processus de sélection par les meilleurs, devenant de plus en plus imposantes et étant par là-même de moins en moins nombreuses à s'égaler en taille, elles vont alors, pour pouvoir se maintenir, se structurer, ces ébauches d'organisations pouvant dès lors être considérées comme étant des Etats primitifs. Ces derniers, évolutions naturelles de la société, sont caractérisés par un pouvoir absolu du chef et une absence totale de la loi. Seule est demandée l'obéissance complète à l'Etat, c'est-à-dire à un homme unique, les relations entre les individus continuant de relever d'un état anarchique. Mais ces Etats sont profondemment instables, ne s'appuyant que sur la puissance d'un seul, il s'effondre dès que celle de ses successeurs ne lui est pas au moins égale. Le peuple soumis va alors, au gré de nouveaux chefs s'élevant parmi eux, les renverser les uns après les autres.
L'Etat primitif va alors rapidement évoluer. Souhaitant, pour sa propre puissance, que son oeuvre se transmette après lui, ou que tout simplement pour qu'il puisse continuer de gouverner, un chef va tôt ou tard édicter des lois, pour définir le rôle de chacun puis les relations entretenues entre toutes les parties de l'institution et du peuple. L'Etat va alors se stabiliser et obtiendra des relais locaux, soit directement auprès de la population soit auprès de seigneurs car la loi, d'abord directement imposée par la force du chef, va limiter strictement les rôles de tous et chaque partie aura un pouvoir contraignant sur l'autre permettant à l'Etat de se sécuriser. On passe dès lors à un modèle d'Etat aristocratique. Cette institution base sa sauvegarde sur la stricte séparation entre le peuple et l'élite aristocratique et/ou religieuse. Les liens entre les deux parties sont réduits au minimum et pour s'assurer l'adhésion de la masse, on lui apporte la sécurité qu'elle souhaite la faisant dès lors passer à un état de dépendance vis-à-vis du pouvoir.
Plus un individu est faible, plus il a tendance à se trouver des associés se trouvant dans la même situation que lui-même, pour leur propre intérêts communs de puissance. Ainsi l'aristocratie vis dans des micro-sociétés de maîtres, étant donné que chacun pris individuellement est généralement assez fort pour se défendre seul. Cet état de fait tend néanmoins à s'estomper avec la noblesse acquise par le sang, et non plus par l'épée. Quand on ne peut être puissant par soi-même, on esseye alors de séduire plus fort que soi, acquérant ainsi une partie de cette force. Mais quand un dirigeant perd de sa force, le peuple, qui ne puise pas sa force dans chacun de ses individus mais dans sa capacité de solidarité, ne se sent plus dans l'intime conviction de devoir séduire ce chef en lui obéissant aveuglement: il n'a à vrai dire plus de chef.
Livrés à eux-même, les gens suivront dès lors les petits chefs montant en leur sein, et plus faible sera le dirigeant, plus forts ils seront.
S'ensuit alors une longue période dite féodale dirigée par l'aristocratie. Avec le développement des moyens commerciaux va peu à peu naître une bourgeoisie, expression cette fois du pouvoir par l'argent, autrement dit de la puissance indirecte -la directe étant celle de l'épée, de la noblesse-. Elle va s'associer pour tenter de prendre le pouvoir possédant très tôt cette fameuse conscience de classe. Ses capacités financières lui donnant un avantage non négligeable sur la simple masse populaire qui doit par ailleurs déjà lutter pour ses conditions d'existence avant d'engager un combat pour la souveraineté. La bourgeoisie va alors tendre vers la prise du pouvoir partout où la noblesse perdra en vigueur et tombera en décadence, n'ayant plus alors les capacités de garder leur position sociale. Pour s'emparer du pouvoir la bourgeoisie a en sa dispositions 3 solutions:

-lever une armée de mercenaires, ou s'emparer du pouvoir par des complots internes. C'est la solution directe qui nécessite un courage lui faisant souvent défaut;
-se faire porter au pouvoir par la bourgeoisie d'autres pays s'étant déjà préalablement emparé de celui-ci dans leurs propres régions;
-mener la révolution avec le soutient du peuple.

La dernière solution sera la plus usitée, la deuxième nécessitant déjà l'accomplissement de la troisième. Mais le peuple ne va pas se battre pour changer de maître, il espère devenir le maître, la bourgeoisie va alors installer la démocratie. La masse pourra y choisir ses représentants mais uniquement parmi ceux qui lui seront proposés. Elle peut aussi en présenter des siens propres, mais sans les moyens financiers pour se faire connaître, aux mains de la bourgeoisie, ces tentatives seront pour la plupart vouées à l'échec.
On passe dès lors à l'Etat démocratique, c'est-à-dire à un Etat à lois dont il y a possibilité de choisir ses délégués, mais dont il y a obligation de la délégation et impossibilité concrète d'être soi-même représentant ayant un pouvoir décisionnel important.

La politique

Contre les utopies:

L'Etat est nécessaire, sans lui la grande masse des hommes retomberait dans un cycle de violence qui, bien que relevant réellement de l'état anarchique dans ses premiers temps, verra le rétablissement graduel de cette institution parmi les sociétés, cela pour la simple raison que l'anihilation de l'Etat ne supprime pas la volonté de puissance de chacun, et le cycle de création des 3 formes d'Etats pré-citées se refera telle une fatalité. L'Etat, voulu ou non, s'imposera toujours à nous, les rêves anarchistes et communistes n'ont alors pas de fondements: il serait naïf de croire que toute volonté de domination des hommes sur leurs semblables disparaisse si tôt qu'un de ses outils de pouvoir est détruit, il suffira de le recréer, et cela est exactement ce qui se passera.
Le communisme est un beau projet, mais un trop beau projet. A la différence des anarchistes, qui traiteront la mesure comme tyrannique, Marx avait senti cette capacité de la bourgeoisie de survivre à la révolution, il pensa alors la dictature du prolétariat. Le projet est le suivant: une fois la conscience de classe suffisemment développée, le prolétariat est censé s'emparer du pouvoir par la révolution puis abattre la bourgeoisie par sa dictature. Mais cette vision est erronée: une fois la dictature terminée et la société communiste établie, les rapports de puissance vont naturellement resurgir et des groupes armés vont apparaître, détachés des sociétés communautaires.
Sitôt crée, le communisme va dégénéré, la lutte va commencer entre les bandes et les sociétés, plusieurs voies sont alors possibles: ces dernières vont devoir s'unir pour se défendre ou disparaître, ou bien vont recréer des armées, ou bien arriveront collectivement à se défendre mais au prix d'une terreur continuelle qui les mènera tôt ou tard à abandonner le projet communiste pour des voies étatistes plus sécurisantes. Les bandes elles ne vont pas toutes être éliminées, certaines vont devenir plus puissantes que les autres, vassaliser des sociétés communistes et par là-même pouvoir à terme prétendre au titre d'Etats: tout simplement elles recommenceront le cycle de création de l'Etat développé ci-dessus. Après la révolution anarchisme et communisme faillissent.

Pour d'autres se réclamant du progressisme plus généralement, le progrès doit se faire contre la nature barbare qui met en nous de sauvages instincts. Or supprimer la volonté de puissance, ce n'est rien d'autre que de s'en prendre directement à l'instinct reproductif, ce qui ne peut que conduire à la dissolution de l'humanité, incapable de se renouveler. Enfin, déjà nous supposons dans cette pensée qu'il serait possible de faire ceci. Ce qu'il y a à dire alors, c'est que tout modèle voulant améliorer un tant soit peu la vie de l'homme se doit de prendre en compte cette donnée, sa démarche étant vouée à l'échec en cas contraire. Ceux qui ont réussis jusqu'ici sans énoncer clairement cette idée fondamentale sont justement ceux qui l'ont perçus instinctivement, et qui l'on traduit avec d'autres mots, mais pour un même résultat. Ainsi donc, la suppression de l'Etat constitue non pas un progrès, mais un recul de millénaires en arrière et un terrible échec pour l'humanité: tout le sang qu'elle aura perdu pour l'établissement de nos sociétés actuelles n'aura servi à rien, et il lui faudra tout recommencer chaque étape de son développement, à commencer par un archaïsme plus ou moins variable selon l'héritage
qu'elle aura su garder de sa condition passée.

Le problème de l'Etat démocratique:

Le problème fondamental de l'Etat démocratique et bourgeois reste la délégation, il suffit ainsi à la bourgeoisie de pré-sélectionner les candidats pour ensuite laisser « librement » les citoyens choisir parmi ces derniers. L'apparence de chacun d'eux sera différente, le parler leur sera caractéristique, mais l'action commune. Qu'ils se réclament gauchistes ou de droite, tous ne sont que des franges de la bourgeoisie, sans parler des fascistes et autres extrémistes conservateurs. Un Etat se réclamant du peuple doit donc se séparer de la délégation, du gouvernement de parti, en un mot du parlementarisme sous la forme que nous la connaissons actuellement. Tout doit conduire à ce que le peuple repose sur l'Etat qui devient ainsi sa condition, mais non pas l'inverse qui veut que le l'institution précède le peuple. Pour que ce système fonctionne, il faut morceler la gouvernance en de petites unités, en cités, rurales ou urbaines. L'exécutif doit en quelque sorte passer du Président au maire, qui sera chargé du maintient, de la cohésion et de l'entretient de la cité.
Le système retenu est donc celui d'une décentralisation que l'on pourrait qualifier de totale.
Le maire, au sein de chaque cité, serait élu pour de court mandat révocables à tout instant si un nombre minimum de citoyen le réclame.
Des institutions indispensables, il faut retenir la police et la justice, dont le maire et un conseil auront la charge, le Président (que nous verrons plus tard) ayant un pouvoir supérieur sur la première. Elles ne pourront prévenir et réprimer uniquement les différents entre citoyens, entre citoyens et Etat, mais devra être totalement démuni entre Etat et citoyen. En un mot, la justice marche du bas vers le haut, mais pas du haut vers le bas, de cela découle la soumission du pouvoir au peuple.
Le pouvoir législatif, à une telle échelle, ne devra pas être délégué: les lois seront débattues et votées par l'ensemble des citoyens d'une même cité. Ainsi au sein d'une même nation, les législations seront différentes entre les cités, propres aux particularités de chaque région, mais finalement toujours approuvées selon l'optique du légitime, car provenant du peuple seul. Etre citoyen ne réclamera alors comme seule condition d'avoir dépasser l'âge de la majorité fixée par la loi, la justice ne peut priver un citoyen de ses droits civiques, c'est-à-dire élire, être élu, voter la loi. De toute façon, un criminel a peu de chance d'accéder à des responsabilités: les gens se souviennent, et avec davantage de force encore dans une communauté si restreinte.
De ce que l'on voit ici, la décentralisation prônée n'est donc pas celle que nous connaissons actuellement, consistant à rapprocher les instances dirigeantes le plus possible de la masse, tout en gardant l'ensemble de l'édifice intact. La solution ici consiste à transférer tout le pouvoir à la souveraineté populaire, qui sera ainsi effective et de plein droit. Une telle démarche ne peut alors se faire que dans de petites unités, d'où la cité. Elle est ainsi l'exact opposé d'un totalitarisme: ce n'est pas l'Etat qui a tout pouvoir sur l'individu, c'est ici l'individu qui a tout pouvoir sur l'Etat. Ce dernier est privé du pouvoir législatif, est indépendant du judiciaire, et voit son exécutif soumis aux moindres volontés populaires.

Beaucoup diront de ce modèle qu'il est irréaliste, que donner tout le pouvoir au seul peuple n'est que pure démagogie ou populisme. Tout d'abord, la cité, se situant dans de petites échelles et combinée aux technologies modernes de transmission de l'information (tel internet), permettra effectivement à tous de voter pour toutes les initiatives législatives et de faire part des leurs. Le problème ne se situe donc pas ici.
On peut encore objecter que le peuple est facilement influençable, que n'importe qui sachant bien parler pourrait abuser de lui et faire voter de mauvaises lois. Celui qui dit cela suppose déjà que notre actuel système de représentation n'abuse absolument pas de ce vice. Des orateurs on en trouve pas que dans des cités, nos hommes politiques modernes passent leur temps à nous abuser. Seul un politicien peut dire qu'un politicien fait au mieux pour ses citoyens et que jamais il ne cherche à augmenter son pouvoir, que toute mauvaise mesure (qui a été révélé comme tel disons-le, car la plupart sont mauvaises mais passent tout de même) n'est qu'une erreur, ou alors c'est qu'elle est bonne, mais que le peuple dans sa bêtise ne la comprend pas. Qui ne croit pas ces stupidités se dit qu'au moins dans la cité, à être trompé il aura la liberté totale et n'aura pas de surcroit à mener une lutte contre une mesure qu'il vient de se rendre compte comme étant nuisible, il n'aura qu'à l'abroger. De plus, la force des rhétoriciens se trouve précisemment dans le manque d'information de ses interlocuteurs sur le sujet qu'il traite. Une presse alors totalement indépendante, citoyenne, sera beaucoup plus facilement implantable dans une cité car directement au contact des citoyens. Aujourd'hui encore totalement soumise elle pourra demain démonter ces hommes de mal, ou en tout cas leur rendre la tâche tellement ardue que seuls quelques hommes d'exception, un homme par siècle comme on dit, pourront tentés leur chance. Comme on le voit, la cité, non moins d'être utopique, est encore plus réaliste que notre actuelle démocratie bourgeoise: elle nie les utopies établissant un saint politicien, une intègre presse (et non pas du journaliste, qui lui l'est toujours, par soucis personnel, mais que ses patrons ne le sont pas, par soucis personnels aussi) et un sot citoyen.
La justice est l'émanation du peuple mais elle a été faite institution séparée de la masse, comme tiers, pour rendre avec raison ses verdicts et non pas sur l'impulsion ou sur la manipulation faites par quelques fortunés. Le système actuel de nomination des juges semble ainsi assez approprié, il reste tout de même à les rendre indépendant définitivement de l'Etat en ne les faisant plus dépendre d'un ministre ou d'une quelconque tierce personne, ils ne doivent avoir à rendre de compte à personne, si jamais ils abusent les gens n'auront qu'à le renverser.
La séparation nette des 3 pouvoirs ne suffit pas, encore faut-il garantir celle du quatrième, celle de la presse. Sa liberté, il va sans dire, doit en premier lieu être totale, et n'être limitée que par le devoir de véracité des informations fournies. Mais tout cela ne sont que des mots si cette liberté n'est accompagnée de mesure la rendant effectivement possible, et mettant la presse en-dehors de toute influence. Pour ce faire, aucune taxe ne devra être imposée à l'activité et aux produits du journalisme, aucun financement ne viendra d'organismes publics ou privés, le journalisme ne pourra devenir une société par action d'où entrer en bourse, aucune autorisation ne sera nécessaire pour créer une radio, un journal ou un quelconque autre mode de diffusion, cela suppose la liberté d'utilisation des canaux par les citoyens, canaux qui relèveront uniquement du public et ne pourront être marchandisés. Les seules ressources du journalisme ne peuvent par conséquent, et ne doivent, venir que du seul financement du peuple: par leur achats, leurs dons, leur bénévolat, etc. Il y a nécessité d'une séparation profonde des quatre pouvoirs, et particulièrement de la presse envers le politique, et de la presse envers l'économique.
Un pays sera donc diviser en de petites unités, toutes fondées sur ce même modèle. Les institutions de chacune seront indépendantes les unes des autres, les échanges se feront alors entre citoyens, qui auront eux toute liberté d'aller et venir, commercer, échanger, etc. Mais une solidarité ne nait pas comme cela, une telle structure précède de peu l'éclatement du pays en une multitude de communauté qui se fermeront les unes aux autres si on les laisse telle quelles. Il y a donc nécessité d'unifier la nation par une structure supérieure, s'incarnant en un homme, que l'on pourrait qualifier de Président. Celui-ci serait élu au suffrage universel direct de tous les citoyens de l'Etat, et révocable à tout instant. Il est celui qui conduit la nation. Il dirige toutes les forces de polices, les fonctionnaires de l'administration, il ne signe pas de décrêts, ceux-ci sont dépourvus d'utilités une fois le pouvoir législatif entièrement contrôlés par le peuple, et a pour rôle de coordonner l'action des cités en des projets les réunissant toutes ou en partie. On peut citer pour cela l'unité des concours et examens nationaux, nécessaire pour consolider une conscience nationale, laissant le soin des programmes les préparant aux cités, suivant en cela la logique du bas vers le haut: le citoyen gouverne sa cité -le bas-, et l'unité des cités créer le général -le haut-.

L'Etat, pour résumé, est formé de ces choses: le Peuple souverain, qui possède l'intégralité du pouvoir législatif en proposant et votant lois et budget, ainsi que d'éventuelles traités, qui élit et peut révoquer à tout instant le maire et ses associés, qui élit et peut révoquer à tout instant le Président de la République; de la cité, au sein de laquelle le peuple exerce pleinement son pouvoir; du maire, qui assure l'entretient et la cohésion de la cité, contrôle les dépenses, etc; du Président, chef de l'Etat et de la police, qui a pour rôle l'unité du pays en coordonnant l'action des cités,
il ne possède, tout ou en partie, aucun des 4 pouvoirs. Ainsi, tout est remis entre les mains du seul peuple, qui est jugé seul apte à savoir, de par la volonté de puissance propre à chacun, ce qui est le mieux pour servir ses intérêts. Si jamais il se trompait, cela lui causerait tort, et par conséquent la rectification viendrait par elle-même. Mais le peuple n'est pas laisser seul: il sera dirigé par un Président qui lui assurera la protection et la cohésion nécessaire à son développement. Ainsi, le peuple pourra s'appuyer sur un Etat sûr pour s'élever, mais dès que ce dernier tentera de dévier, la masse pourra alors le corriger pour lui réimprimer la voie correcte à suivre, celle favorable à ses propres intérêts. Tout le pouvoir échappe aux institutions, l'Etat est une simple instance administrative.

Le pouvoir étant aux mains du peuple, le Président ne pourra signer aucun traité engageant le peuple, fusse-t-il le plus légitimé par les élections. Cela entraine une politique extérieure isolationniste par le haut, les échanges se faisant alors par le bas, par les citoyens. C'est ainsi que ce vers quoi tend cette démocratie, c'est-à-dire rien moins que l'unité de l'humanité, ne se fera que par le bas, par la volonté directe des peuples. Le processus sera certes des plus lent, et n'atteindra peut-être pas ce but utopiste, mais il aura le mérite d'imprimer en la conscience de chacun la valeur universelle de solidarité et d'union. Les tentatives de fédération par le haut, comme on peut si souvent en voir de nos jours et dans tout le cours de l'histoire, ne sont sous-tendus que par des désirs de domination, par la force directe ou par l'argent. Aucun dirigeant bourgeois ne voudra perdre gratuitement son pouvoir, et si tant bien même y consenterait-il, il y a peu de chances que tous les délégués et hauts fonctionnaires y consentent également. Seule la cupidité est motrice dans de telles entreprises dont il ne faut pas hésiter à se séparer pour le salut des peuple.
Reste encore une question importante, celle de la défense qui est sans doute un argument majeur contre un tel projet. Dans notre monde actuel, l'armée a-t-elle lieu d'être? Les guerres sont aujourd'hui asymétriques, les différences de puissances sont telles qu'ils seraient naïf de croire qu'une armée nationale conventionnelle pourrait défendre un pays convenablement. La seule vrai défense provient du peuple lui-même, de la guerrilla et du combat de rue seuls à même de lutter efficacement contre une armée bien mieux équipée. Mais, pourrait-on répondre, l'armée pourrait servir au moins à dissuader des puissances d'égales importances, ou tout du moins inférieures militairement. A cela l'on peut répondre que si la première puissance du monde ne peut rien contre un peuple (exemple frappant de l'Irak ou du Viet-Nam), la 10ème ou la 100ème le pourra encore moins, et cela la dissuadera d'autant d'attaquer. Dès que l'on confie la défense du sol uniquement au peuple, sans l'intermédiaire d'une armée nationale conventionnelle, on restreint la question militaire à la seule défense. La force d'une guerrilla réside dans le soutient populaire et la connaissance précise du terrain. Sans le premier, la force armée ne pourra ni renouveler ses troupes, ni assurer l'entretient de celles présentes (nourriture, abris,etc.), ni mener un certains nombres d'opérations militaires (comme celles, par exemple, nécessitant de se réfugier chez les civils). Si de plus, le sol est inconnu, en territoire étranger par exemple, ou du moins pas parfaitement maitrisé, à la guerrilla, elle sera dès lors totalement paralysée, et ses actions seront la plupart du temps vouées à l'échec le plus complet. Une guerre d'agression est ainsi impossible si l'on confie la force militaire au seul peuple. Mais alors, est-il possible à une nation de soutenir une guerre menée contre elle par un pays possédant une armée structurée?
Ceci est le principe de la guerre asymétrique: une armée conventionnelle contre une armée populaire. La victoire dans une guerre signifie la destruction de l'armée adverse, ou du moins la mise dans l'incapacité de cette dernière à poursuivre un combat améliorant tant soit peu la situation en sa faveur. Transposé dans la guerre asymétrique, cela conduit soit à détruire un peuple dans son ensemble -un génocide-, soit à le neutraliser militairement. La première solution peut difficilement être mise en application, non pas que les armes manques pour cela -bombe atomique ou à hydrogène, armes chimiques et bactériologique, etc.-, mais que conquérir un espace vide est rarement un objectif, et que surtout un tel procédé serait très nuisible au pays l'employant, et que tôt ou tard la justice risque de s'abattre sur lui avec l'égale férocité qu'il a eu envers le peuple qu'il a anihiler. La deuxième solution est celle généralement privilégiée. Mais maitriser un peuple ne se fait pas comme cela, la difficulté est croissante au nombre (d'habitants et de groupes nationaux), à l'espace du territoire et à sa géographie, et enfin à son histoire. Monaco ne présenterait sans doute aucun problème à être asservi, mais un pays comme l'Afghanistan est déjà hors de propos: jamais colonisé, le pays n'est que montagnes, sa population est une mosaïque d'ethnies. On peut dès lors conclure qu'une armée conventionnelle est totalement inutile, de surcroit de nos jours où les quelques premières puissances mondiales sont quasiment invincibles pour la plupart des pays. Face à un peuple elle sera toujours mise en échec aussi longtemps qu'il restera un seul représentant vivant de la nation. Dès lors théoriquement, les seules puissances ayant intérêt à avoir une armée conventionnelle sont les pays ne pouvant compter sur leur propre population pour les défendre, c'est-à-dire les petits pays à petite population.
Mais concrètement, du fait du faible nombre d'hommes, de telles nations ne pourront jamais lever une armée effectivement capable de les défendre autrement que sur le plan symbolique, il leurs est alors plutôt conseillé de garder leurs finances de telles dépenses superflues et de ne pas produire d'armées.
L'armée est donc inutile, et sa suppression même atteindrait davantage les buts qu'elle s'est fixée: c'est-à-dire la défense du sol, et non plus l'agression. Une guerrilla levée et soutenue par le peuple ne pourra jamais que défendre la patrie, et toujours avec succès, et jamais attaquer, ce projet se soldant nécessairement par l'échec. De plus, la suppression de l'armée détruira une école de l'obéissance et de la soumission, libérant encore un peu plus les hommes qui dans leur jeune âge sont plus prompte à s'ancrer les notions de lâche acceptation et de servilité, au détriment d'une raison critique, toujours prête à fournir les armes de la révolte, quand celle-ci est nécessaire.
Dès lors, le rôle du Président ne sera pas la sauvegarde de l'indépendance de la nation, qui incombe désormais au peuple, mais la cohésion et la consolidation de cette dernière, par l'organisation des différentes cités dans le but de projets d'ordres régionaux (réseaux de transports, centrales énergétiques, etc.) et nationaux (notamment en matière d'éducation).
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L'économique est de l'ordre de l'individu, la politique de celui de la société, ceci dans le sens où l'argent, levier du pouvoir, sert directement la volonté de puissance, d'où nécessairement se situe au niveau de l'individu, et la politique indirectement -dans un modèle de démocratie directe comme nous l'envisageons ici- : en servant l'intérêt collectif, l'homme politique va à terme servir ses propres buts, buts qui n'auraient pu être atteint s'il aurait cherché à les atteindre seul, mais qu'il sait partagés par l'ensemble de la collectivité, du moins dans son immense majorité.
Dès lors que seule la collectivité peut aider la volonté de puissance de l'individu à se développer et, que seul, jusqu'à son existence même serait menacée, l'individu est au service de la collectivité de sa propre volonté, ceux qui s'y refuse sont ceux qui peuvent étendre leur force par eux-même, ce sont les plus forts, eux représentent le danger pour la nation. C'est ainsi que la loi est nécessaire, pour qu'elle instaure la souveraineté du plus grand nombre et châtie ceux qui s'y refuse. Ainsi, si l'individu est soumis à la collectivité, l'économique, qui lui dépend, est soumis à la politique. Le seul principe à suivre en économie est donc le suivant, et de là doit découler toute législation en cette matière: l'argent est au service de l'individu.
La domination du peuple n'est pas quelque-chose de naturel en soi, dans le sens où cela ne correspond pas aux voeux de la nature, qui place toujours le plus fort, par les soins de sa sélection, aux commandes dirigeantes de ses semblables. De ce fait, la gouvernance de la masse est l'inverse de la suprématie selon la nature, il n'est donc pas étonnant que pour arriver à un tel résultat, il nous faille de même inverser d'autres principes.
Ce qui relève du sujet est subjectif, de l'objet: objectif. C'est ainsi que l'objet, pouvant être perçu comme tel par tous, peut être indistinctement la possession d'une personne: chacun ayant la possibilité de s'en emparer sans pour cela nuire à la perception objective de cet objet, du moins théoriquement, le dénaturer, en un mot la possession n'entrave pas la liberté-encore une fois sur le plan théorique- d'autrui. De même, le sujet-subjectif- est perçu différemment par chacun de ses semblables, s'il devait être alors une propriété, il appartiendrait à tous, et par conséquent à personne en particulier.
Nous allons maintenant renverser cet ordre des choses, l'objet sera maintenant subjectif et le sujet objectif. Occupons-nous tout d'abord du premier cas. Etant subjectif, l'objet n'existe pas par lui-même, il dépend de la représentation que chacun s'en fait, il devient dépendant des perceptions humaines. Et ceci dans un sens, n'est pas faux: l'objet dépend après tout de l'utilisation que l'on en fait, un meuble peut tout autant servir de bois pour la chauffe que d'objet de décoration, il peut de même être démonter et participer à la création d'une multitude d'autres objets, et bien d'autres usages encore. Dès lors, l'objet appartient à tous et n'est la propriété de personne, à ce stade la propriété privée est abolie. Transposons alors ce principe dans l'organisation de la cité.
Au sein d'une entreprise, l'ensemble du bénéfice sera réparti strictement équitablement entre tous ses membres, du plus petit au plus grand: le patron aura le même salaire que le secrétaire par exemple. Il est en de même pour la corps des fonctionnaires, du chef de l'Etat jusqu'au plus modeste employé. La conséquence est alors double: d'une part il y a égalisation économique des hommes-mais pas entre les groupements d'hommes, nous verrons ceci plus tard-, et d'autre part le travail ne sera plus vu dans son seul aspect pécuniaire, mais dans sa valeur réelle, c'est-à-dire comme partie intégrante de la vie sociale humaine.
Ici alors se pose un problème: si tous les métiers d'une branche, par exemple au sein d'une entreprise, sont rémunérés de la même façon, et que pour accéder à certains postes il faille pouvoir se payer de longues études tandis que pour d'autres une qualification minimale est requise, alors l'on voit bien qu'un profond déséquilibre risque de se produire. Si l'on fait tel travail, c'est parce-qu'on a le désir de le faire, et non pas par manque de moyen ou pour de l'argent. Ainsi, se pose la nécessité de la gratuité des études -qu'il faudrait aussi au passage prendre en compte dans le nombre d'années nécessaires pour avoir une retraite-. Chaque individu se trouve alors devant un choix: s'il sent qu'il est fait pour entrer rapidement dans le monde du travail, il le peut tout à fait. S'il désire faire des études, alors tous les frais occasionnés par celles-ci (dont l'hébergement, etc.) devront être pris en charge par l'ensemble de la cité, quelque-soit ce qu'il veut faire.
Une dernière chose encore, il est ici tout à fait logique d'accuser la cité de tirer les gens vers la facilité, que tous vont choisir les métiers les moins pénibles, les plus faciles, etc. puisque de toute façon, se diront-ils, ils gagneraient la même chose que leurs supérieurs.
Cette argument se repose uniquement sur une vision mercantile or, qui voudrait être toute sa vie (ou du moins une partie, puisque changer de métier au cours de sa carrière est de plus en plus courant) pigiste, s'il désirerait viser rédacteur en chef? Qui désirerait être rédacteur en chef s'il voudrait devenir pigiste? Si l'on a le goût du savoir, ne préférerions-nous pas tout simplement poursuivre de longues études plutôt que de commencer un métier? On le voit, accéder à une profession où l'homme pourra commander à d'autres hommes sera toujours préférée à celle qui semble de plus de facilité. Augmenter son savoir, diriger, s'élever, l'homme est fait pour cela, et ici l'économique le conduira à choisir sa profession uniquement d'après ce critère, et non plus selon celui de l'argent, qui souvent le contraint à renoncer à ses rêves de gloires, s'incarnant dans quelques travails inaccessibles, et l'obligeant à travailler pour travailler, en un mot le sens du travail aliéné.

Mais un exposé qui s'arrêterait là serait tronqué, et fortement, il nous faut ici même faire intervenir un principe, celui de la liberté. La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Dans nos sociétés, trop souvent, nous le réduisons au seul domaine politique. Or, il se doit d'embrasser toute l'existence dans son ensemble. Ainsi, le problème que posait le fait que l'homme soit considéré comme de l'ordre de l'objectif -et qui pourrait faire penser que les individus peuvent être des objets de propriété, c'est-à-dire tout simplement, esclaves- trouve ici sa solution: la nécessité d'une liberté plus grande empiétant sur celle de l'autre est la condition première de l'esclavage, or si la liberté est bornée, par la loi, de telles pratique ne sont plus seulement légitimement, mais désormais aussi légalement impossible (mais bien sûr pratiquement, on trouvera toujours des cas, sinon la loi ne serait pas là pour réprimer).
Quelle est l'utilité de donner à l'homme une valeur propre, par lui-même, et non plus selon les autres? C'est la nécessité de l'affirmation de soi, de pouvoir exister totalement et librement, et de pouvoir s'insérer dans une société non pas résigné et la tête baissée, mais fier d'apporter sa contribution que l'on juge indispensable. Ceci est le prémisse d'un engagement citoyen politique actif.

Une autre conséquence du principe de liberté cité ci-dessus est que l'économique est limité par les individus. Tout ce qui est gagné après répartition des produits du travail appartient strictement à l'individu, et tout ce en quoi il converti ce gain- les achats- lui est sien. La propriété privée retrouve ainsi son sens premier: ce qui appartient strictement à l'individu et n'est partagé par aucun autre. Dans un modèle capitaliste, la « propriété privée » nie la liberté: on peut posséder la force productive des hommes, la plus-value qu'on leur arrache.
Mais ce modèle sous-tend des différences de rétributions entre groupements professionnels même, et qui peuvent être d'une importance très grande. Des classes sociales se formeraient alors forcément entre les métiers les mieux rémunérés, et par conséquent qui procureront le plus de puissance, et tous les autres. La solution est alors d'établir un impôt progressif de telle sorte que ceux gagnant d'énormes profits doivent subir une participation tout aussi conséquente, l'objectif étant ainsi de supprimer les différences de salaires entre tous les individus de la nation, et finalement du monde. La misère, tout comme le luxe, doit ainsi être hors de portée de tous.
Un autre problème se pose encore: celui des multinationales. En effet, celles-ci peuvent à la fois être installées dans des cités et dans des pays se réclamant encore de pouvoir bourgeois. Le modèle économique de la cité se trouve ainsi face à une impasse au premier abord.
La solution est d'alors d'imposer cette économique à toute la branche de la multinationale se trouvant dans des cités et, au fur et à mesure de la multiplication des cités, peu à peu les contraindre dans leur structure globale à se plier aux citoyens. Elles pourront, tout comme aussi de petites entreprises, menacer de délocaliser dans leur ensemble à l'étranger. Tout d'abord, les entreprises de services, constituant la majorité des emplois en Occident aujourd'hui, ne peuvent que peu se déplacer en-dehors de leurs lieux de commerce. De suite, en ce qui concerne le reste, il ne restera plus qu'à lutter pour ses idéaux -boycotter, tenter de prolonger la lutte par solidarité dans les pays même où elles se retranchent, etc.- et ne pas se courber face au chantage des bourgeois qui, tôt ou tard, seront détruits par ceux-là même qu'ils exploitaient auparavant.

L'objectif du modèle qu'est la cité est, au final, exactement le même que celui du communisme de Marx - à distinguer de tous les stalinismes- c'est-à-dire un monde sans classes, sans aliénation du travail, dont le progrès tend vers l'infini. La différence fondamentale se trouve dans l'analyse que le progrès n'est pas chose continue et que la régression, comme nous en avons connu une longue période récemment ou dans les années 30, est chose commune. Ainsi ce monde sans classe est tout simplement l'utopie ultime, jamais atteinte, mais dont la cité propose de donner les outils pour permettre à chacun de travailler dans ce sens et mettant de côté la régression. Le communisme se berce de l'illusion que la révolution suffirait à tout changer, il a indiquer le but mais seulement un fossé en guise de chemin, la cité creuse la route permettant de se passer du capitalisme.
&titre1>II:Necessité et moyens de la lutte&titre1>

Le monde se trouve aujourd'hui dans une de ses grandes phases de mutation, à vrai dire, des bouleversements d'ampleur vont se produire. L'économie mondiale, et cela n'est pas une prophétie de marxiste, va se transformer en profondeur: le marché mondiale, dont la force régulatrice est célébrée par certains, va une fois de plus éliminer les éléments faibles pour laisser place nette aux puissances prometteuses. Quelles sont ces dernières? Aux premières loges se trouvent Chine, Russie , Inde, Brésil et d'autres; et si l'on ne se borne pas qu'aux simples traits économiques, mais que l'on prend aussi en compte les facteurs d'ordres politiques, militaires, etc. alors ne reste principalement que Russie, et surtout la Chine, future première puissance mondiale.
Quand on observe cela, l'on commence clairement à voir quel sujet il nous faut aborder: la fin du règne de l'Occident.
L'économie occidentale est, de nos jours, catastrophique, et ce n'est pas le moindre mot: de nombreux Etats américains sont aujourd'hui au bord de la faillite et demain, l'ensemble du pays d'Amérique sera dans la banqueroute. Les premiers signes annonciateurs ont déjà été d'un retentissement éclatant. Le capitalisme (ou plutôt néo-libéralisme comme on l'appelle aujourd'hui) se mange la queue en Occident et va finir par contraindre toute la région à des choix radicaux. Cela n'est pas le cas partout dans le monde, il se porte et se portera même sans doute encore mieux dans les nouvelles puissances émergentes, la nécessité du changement s'imposera donc en premier lieu dans l'Ouest, la vague révolutionnaire ne devant atteindre que par suite l'Est.
Deux alternatives s'ouvrent devant nous. La première est celle de la continuité de la domination bourgeoise, elle part du raisonnement suivant: puisque séparément chaque Etat occidental, et même le plus puissant d'entre eux, ne pourra survivre, il faut dès alors conduire une politique supranationale, créer un bloc de l'Ouest seul à même, par le partage total des ressources et des forces productives, de survivre à la crise et par la même de faire face aux géants de l'Est. Il est vrai qu'une telle politique d'alliance a des chances de porter des résultats, un territoire d'une telle superficie ayant des possibilités bien meilleures de survivre mondialement. Néanmoins, vu la situation de l'Occident de nos jours, la région survivra certes, mais il est difficile de prévoir ce qu'il adviendra par la suite, et si l'on pourra en espérer plus pour ses populations. Une telle stratégie est de celle des prévisions d'Orwell: le monde divisé en 3 blocs: Occidental, Russe et Chinois, s'équilibrant les uns les autres par la guerre et permettant leur survie réciproque.

La deuxième alternative est, au contraire, de résoudre le problème de façon intranationale, de réduire les échelles et de permettre ainsi aux citoyens, et non plus à la grande bourgeoisie dirigeante, de gérer la crise. Le modèle proposé est alors celui de la cité. En donnant aux hommes la possibilité de gouverner directement leur nation, par ce système de démocratie directe, l'implication dans sa communauté va alors plus que jamais stimuler à sa défense, à la solidarité avec tout ses membres et, par les liens entre cités et par la personne du chef, incarnée par le Président, personnification nécessaire du régime, à l'union de toute la nation, plus fortement encore que dans n'importe quel modèle, tout simplement car la politique sera désormais l'affaire de chacun, tout le temps, du moins tout celui que le citoyen voudra lui consacrer.
Il est impossible de conserver le progrès par l'économie, il y aura même probablement une perte de richesse générale, à nous maintenant de décider si nous voulons ou non que nos bourgeois s'en sortent une fois de plus, et affermissent leur régime politique pour leur propre gloire, ou si nous voulons que tout nous revienne, que tout ce qui reste soit pour nous, nous tous. Dès lors, si nous décidons un tel choix, la voie de la cité paraît nécessaire, le progrès ne sera plus scientifique, il ne sera plus non plus économique, ou même les deux en même temps, il sera humaniste: politiquement, culturellement, sexuellement, et à cela se rajoutera la marque du scientifique, mais il ne sera désormais plus qu'un outil, et non plus un but comme nous nous sommes trop longtemps aveuglés.
La domination de l'individu, et par conséquent du peuple -son détour obligé-, sera totale dans la cité, le pouvoir lui appartenant réellement et les seules institutions existantes, tout en étant son guide le soutenant en tout instant, ne le laissant jamais perdu, lui seront entièrement dévouées et soumises. Dès lors, la volonté de puissance de chacun se trouvera accompli, le but de l'existence humaine pourra être atteint pour la première fois sans la médiation autrefois nécessaire de la violence et de la brutalité. Toute la lutte pour le pouvoir se trouvera déplacée dans d'autres champs: le combat continuel pour maintenir éloignés le monde journalistique de la sphère bourgeoise, l'information complète permettant ainsi de voter la loi en toute connaissance de cause; la surveillance des instances administratives de l'Etat, et leur renversement en cas de nécessité; veiller à ce qu'aucuns des membres de ces dernières ne sortent de Grandes Ecoles qui sont spécialisées dans la « formation » de ce personnel (donc par voie de conséquence la suppression de plusieurs de ces dernières): l'administration du peuple doit sortir du peuple, et non pas « s'élever » au-dessus de lui par quelques formatages
éducatifs réservés à quelques fortunés ou aisés. Le rôle des hautes Ecoles restantes sera de former des individus à un haut capital instructif mais destinés à des rôles sans lien aucun avec le pouvoir. Les seuls individus aptes à exercer le pouvoir sont ceux qui en sont doués par quelques dons, dons qui ne s'apprennent pas dans une école, qui ne s'y développe même pas, mais qui se forment face aux situations concrètes. Après tout, que devrait-on apprendre dans ces manuels de théorie si ce n'est comment d'autres personnes ont gérer telle ou telle situation? La grandeur d'un homme serait-elle de refaire ce qu'un autre a fait, ou ne serait-elle pas plutôt d'avoir lui aussi une capacité de réflexion comme celui qui l'a précédé? Si quelqu'un veut être maçon, encore doit-il en avoir les prédispositions (fournies par la naissance, le milieu,etc.). Ainsi, qui veut être homme de politique doit être en moyen de trouver la solution adéquate à un problème pour satisfaire au mieux les intérêts du peuple, et si possible nuire au plus à ses ennemis. Certains peuvent taxer cela de « populiste », à quoi l'on peut se demander si prendre une mesure qu'ils nomment « courageuse » -autrement dit qui va dans leur sens- ne pourrait pas simplement être rejetée dans l'élitisme. L'homme politique, comme n'importe quel autre homme de n'importe quel autre métier, accompli sa tache de par de simples prédispositions personnelles, et il est même le métier le plus proche du peuple qui soit, car celui qui l'accomplit le mieux est aussi celui qui l'a le moins étudié, qui à le plus appris en travaillant, au contraire d'autres professions, où une théorie se trouve toujours nécessaire. On n'apprend pas comment servir au mieux l'intérêt général par la politique, car ceci ne s'est tout simplement encore jamais fait, tout est à créer. Après, toutes les questions d'ordres purement bureaucratiques ne concernent pas la chose politique,
c'est à quelques amoureux des formulaires de s'en charger, voir de s'en débarrasser le plus possible. Toutes les « écoles de politiciens » n'apprennent que la rhétorique, la sophistique et ce qu'il faut faire pour élever vers des cieux encore plus propices la classe bourgeoise. Ce sont des temples à la gloire du néo-libéralisme et qui forment années après années les bergers capitalistes chargées de conduire leur « troupeau », la « masse » et de leur tondre la laine sur le dos.
Le politicien est quelqu'un du peuple.

Par conséquent, l'on devine alors tout de suite la nécessité de la cité: le pouvoir le plus total, sans jamais nuire à autrui, pour tous, tout le temps.

Mais maintenant, après avoir exposé le but, l'organisation et la nécessité de cette entreprise, il nous faut analyser les moyens de l'atteindre.
La cité vise à la disparition de la forme actuelle de l'Etat pour la remplacer par une structure plus conforme aux intérêts du peuple, en un mot: qui lui est inférieure. Or l'Etat contemporain se place dans la vue opposée: le peuple est totalement soumis aux institutions et si celles-ci ne vont pas dans son sens, c'est-à-dire suivent l'intérêt bourgeois, il doit alors procéder à des recours au sein même de l'Etat. Plus simplement: pour soumettre une mesure nuisant aux intérêts bourgeois, il doit faire un recours auprès d'instances... bourgeoises. La lutte en dehors de ce système fermé et archaïque n'est même pas conçue: le légitime n'existe pas, seule la loi est vraie, et plus encore même que la vérité. Et ceci tout simplement car la loi allant au plus près des intérêts bourgeois, la faire passer pour vérité permet de mieux la faire accepter. Elle serait ce qu'il y a de mieux, d'où par là représenterait la raison sous sa forme la plus pure. Or la raison ne cherche pas le mieux, elle cherche simplement la vérité.
La loi ne repose alors pas forcément sur la raison, elle n'est donc pas, et comme l'on s'en doutait au premier abord, la vérité, le légitime ne lui est donc pas soumis, il est libre: on pourrait dire qu'il est au choix du côté bourgeois ou du côté populaire. Mais étant donné que ces deux bords proviennent en fait d'un seul et même camp: le peuple -le bourgeois étant simplement un citoyen doté de moyens de production-, leur notion du juste est commune, contrairement d'avec la noblesse. Mais la bourgeoisie, ne cherchant pas l'intérêt commun, trahit les valeurs du peuple, le légitime n'est donc pas de son côté, mais uniquement de celui des citoyens qui eux les respectent et les incarnent dans leur totalité. La loi, dans son essence, est ainsi entièrement soumise au peuple, mais l'individu, pour sa propre puissance, est soumis à tous les autres individus, or la loi émane d'eux pris dans leur ensemble, l'individu est alors soumis à la loi qui lui est supérieure. S'il veut la changer, la supprimer, la modifier ou autres, il doit alors convaincre les autres citoyens du bien fondée de sa démarche pour qu'elle s'élève d'un intérêt particulier à un intérêt commun, au légitime. La cité rétablie dès lors simplement ce bon sens: la loi se soumet au légitime, et celui-ci n'est autre que le peuple, or la loi c'est l'Etat, d'où l'Etat est soumis au peuple.

De ceci l'on en conclu les choses suivantes: toutes les institutions pour contester la puissance de l'Etat, et se trouvant au sein même de ce dernier, sont contrôlées, et de ce fait ne contestent rien du tout, au mieux peuvent-elles stopper une mesure n'allant pas assez dans le sens bourgeois, ou allant trop vite dans la suppression des libertés du peuple (« il faut prendre le temps de leur expliquer »). Le parti est donc à bannir. Il n'est ici question de trouver des moyens « facilitant » la révolution, une telle idée -qui fut sans doute très ancrée dans l'esprit de Marx, du moins dans les dernières décennies de sa vie-
suppose que le peuple ne peut pas se diriger par lui-même, et qu'il faut donc pour cela « l'aider », en utilisant « tous les moyens à dispositions » pour mener la lutte. Cela n'est rien d'autre qu'une idée bourgeoise: le peuple ne se suffit pas à lui-même, c'est un grand enfant qui a besoin de ses parents pour sa subsistance, et surtout pour le punir quand il ne comprend pas le bien fondé des mesures parentales. Ce ne fut néanmoins pas la plus grave erreur des communistes, celle-ci se trouvant dans « l'oubli » d'un monde post-révolutionnaire réellement cohérent, et non pas cette sorte de libre-union anarchique des hommes qu'ils prônaient, où tout le monde s'aimerait et s'entraiderait, sans désir aucun de domination. Comme si supprimer les outils de la domination bourgeoise empêcherait cette dernière de se puis de les recréer, fut-ce cela prendrait-il des siècles ou des millénaires. N'ayant qu'une vague idée de quoi faire après, il n'est pas étonnant que la révolution de 1917 ait finalement échouée.
L'objection la plus juste restant celle-ci: Marx prônait la révolution mondiale, le communisme dans un seul pays n'est qu'une absurdité. Cela n'est pas faux, mais même si le monde entier aurait viré rouge, il ne s'en serait sans doute pas suivi un monde meilleur, peut-être que dans les premières années, certes, ceci aurait été le cas, mais après, tout devient beaucoup plus trouble.

La conquête de l'Etat par la voie légale n'est pas impossible, mais il est probable que l'idée de la cité ne se soit perdue depuis longtemps quand les moyens effectifs de la réaliser par ce biais soient disponibles. Partout l'on verrait alors apparaître les traîtres à tout idéal: les réformateurs, ceux qui veulent concilier archaïque et moderne dans le but d'établir une chose à moitié faite, informe, pour finalement se rendre compte de l'absurdité de leur projet et de se ranger tout droit du côté du pouvoir en place, profitant des joies faciles que leur procureront les bourgeois,
trop heureux d'avoir fait chuter un de leur ennemi. Partout une cause se perd, non pas par les attaques incessantes de ses ennemis, choses des plus naturelles et symptômes de sa vitalité croissante, mais par la traîtrise qui désoriente les partisans, leur fait perdre les repères essentiels pour la lutte, et fait arriver le temps des désillusions, celui où avec nostalgie l'on contemple le glorieux passé avant que la génération suivante n'y voit plus finalement qu'horreur, décadence et dogmes absurdes.
La cité doit par conséquent se créer par ceux qui la dirigeront eux-mêmes. Elle doit, d'abord dans les premiers cercles de partisans, se créer indépendamment des structures existantes et rejeter, au nom d'un idéal supérieure, les décisions que ces dernières ont prise et qui n'ont pas été approuvées ou ne semblent pas justes et légitimes aux citoyens, avant que de s'étendre progressivement sur des espaces de plus en plus vastes jusqu'à un pullulement incontrôlable de cités dépassant sans s'en soucier les frontières nationales, aux hommes de décider sous quelle nation ils désirent être identifiés, avec, toujours en tête, le fil directeur d'une union globale où toutes les cités et regroupements du monde ne se placeraient plus que sous le plus petit nombre possible d'administrations.

La cité est un moyen pour placer tous les moyens de production entre les mains des peuples du monde, unis les uns autres de façon plus ou moins extravertie, selon leur particularités propres. Dans un certain sens, elle veut réaliser le grand voeu des communistes véritables, mais en y incluant la sécurité et la durabilité de cette situation qui, au lieu d'être toute donnée en un coup par la révolution, se gagnera progressivement avec, constamment à l'esprit, la certitude de la victoire finale, et qui donnera tout un sens à l'humanité sous la forme d'une domination de plus en plus puissante, s'affirmant par elle-même.
L'action au niveau mondiale devra ainsi se placer dans l'optique d'un contrôle de plus en plus important par l'humanité, c'est-à-dire par les individus et non plus par les entreprises bourgeoises, de tous les moyens de productions. Ceci se fera par la multiplication des cités (ou de ses structures semblables du point de vue de ses buts et de ses réalisations) au niveau mondial, et au tissage de liens de plus en plus étroit entre elles, qui se crées par les citoyens eux-mêmes et qui par suite pourront s'appuyer sur leur chef d'Etat respectifs, qui au final tendront à être de moins en moins nombreux. En un mot, le présent sera la joie pour l'homme puisque le futur est totalement à lui.
Il n'est pas ici de place pour des dogmes de quelques natures que ce soit: interdire ou imposer une chose sera toujours le geste qui donnera à l'adversaire l'arme pour combattre. De ce fait, et de la considération précédente quand au refus de l'utilisation du parti, il convient ici d'analyser la question des élections au sein de la démocratie bourgeoise. Un mouvement qui se place dans une optique populaire, comme celui de la cité, ne peut pour arriver à ses fins employer des méthodes de parti. Les hommes se conduisant par eux-mêmes, ou plutôt par quelques chefs empreint de cette force visionnaire de savoir où aller et quoi faire face à un défi majeur, ne sont pas organisés de façon stricte et méthodique. En clair, chacun peut faire ce que bon lui semble, du moment qu'il le fait en toute connaissance de cause de ses actes. Ainsi dès lors, toute trahison est l'oeuvre d'un homme, et ne pourra plus être considéré comme étant de la déchéance d'un mouvement strictement organisé. De même une action glorieuse reviendra à ceux et à celles qui l'ont accomplis. Ainsi rien n'empêchera formellement un individu de se présenter à des élections, croyant par là-même aider à la cause. Ceci est une erreur.
Tant bien même tout le Parlement serait converti aux idées de la cité que cela ne servirait à rien, tant que le peuple souverain n'aurait pas exprimer sa colère dans la rue et préparé le soulèvement. Si l'on ne peut empêcher absolument quiconque de se présenter, on peut néanmoins exprimer quelle est la seule attitude qui convient dans cette situation: la politique de la chaise vide, et même pas seulement: le refus de toute rémunération (les partisans de la cité devront chercher d'autres sources de revenus pour renverser la bourgeoisie que l'argent de la bourgeoisie...), le refus de participer aux discussions, et même tout contact, avec les « camarades » politiciens. Quelqu'un qui se présente au nom de la cité ne peut bien sûr de surcroit se revendiquer d'aucun parti et n'en créer aucun. Seule une candidature indépendante qui reçoit le soutient, cette fois non acheté par l'argent, de ses concitoyens a une quelconque valeur.
A cela l'on peut répliquer: mais ce qui vient d'être dit, cela ne ressemble-t-il pas exactement à un dogme, combattue quelques instants plus tôt? A quoi l'on peut répondre: ceci n'est pas un diktat arbitraire, c'est seulement la ligne de démarcation entre un partisan véritable et un réformateur, quiconque la franchi de la plus petite longueur imaginable trahit par là-même la cause qu'il défendait. Ceci est la ligne rouge, elle est un fait, et un fait n'est pas un dogme: un dogme restreint la capacité de manoeuvre au sein d'une chose, ici nous ne plaçons pas la frontière à l'intérieure de l'activité partisane mais bien strictement entre elle et tout ce qui reste.
Pour imposer la cité, il faudra donc commencer par être citoyen, c'est-à-dire se plier au légitime et se révolter contre toute autre chose. Il faudra créer et multiplier les cités, rejeter les pouvoirs bourgeois, tisser la solidarité entre toutes les professions, toutes les couches de la société, tous les hommes partageant le même idéal de liberté vrai, et non pas d'illusions et de mirages dont on nous endort depuis des siècles. Une fois les premiers partisans gagnés à la cause, il faudra, par de nombreux meetings publics, internet, et la presse libre crée et vendue dans la rue fusse à la criée par les citoyens, élargir le nombre des sympathisants et faire connaître la cité. Quand la Révolution aura enfin acquis suffisamment d'hommes pour se lancer, il ne restera plus à tous qu'à s'emparer de leur territoire, d'envahir Parlement et Elysée, et de proclamer l'avènement de la cité.
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