Les Ailes de la Liberté

Ecrit par
Akane

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Prologue




« J’ai froid... »
La neige tombait à gros flocons. Un beau tapis blanc, immaculé et lisse, s’était formé. Les chemins de fer étaient ensevelis sous la neige. Elle, elle était assise sur les sièges enracinés le long du quai, emmitouflée dans un gros manteau gris, la capuche bordée de fourrure sur la tête et les mains protégées par des moufles rembourrées. Et elle attendait. Depuis trois jours. La faim commençait à lui faire tourner la tête, le froid la frigorifiait et le sommeil l’envahissait, devenant incapable de garder les yeux ouverts. Elle somnolait, ses yeux se fermant petit à petit puis elle secoua la tête et regarda droit devant elle, les sourcils froncés au maximum. « Il ne faut pas que je m’endorme sinon je ne retrouverai jamais Maman. » Elle entendit des voix lointaines, elle crut d’abord qu’elle les imaginait, mais les voix se rapprochaient et elle les entendit nettement lorsque deux policiers arrivèrent sur le quai. La question était : fallait-il fuir ou attendre quand même ? Elle décida d’attendre et de toute façon, où fuir ? Elle n’avait ni maison ni famille, à part sa mère qui l’avait laissée ici et lui avait demandé de l’attendre. Elle s’efforça de ne pas regarder les deux hommes, qui semblaient l’avoir remarqué et qui maintenant se dirigeaient vers elle. L’un d’eux l’interpella :
— Petite, qu’est-ce que tu fais ici toute seule ?
Fallait-il leur faire confiance ? Pouvait-elle leur dire ? Si elle leur disait, peut-être la laisseraient-ils tranquille.
— J’attends ma maman, elle a dit qu’elle reviendrait me chercher.
— Tu l’attends depuis quand ? demanda l’autre.
— Depuis trois nuits, je crois.
Elle fixa leur visage et y lut de l’inquiétude mélangée à de la pitié. Apparemment, la discussion était loin d’être terminée. Elle ne bougea pas lorsqu’un des policiers lui attrapa doucement le poignet, et lui lança :
— Viens avec nous, petite, on t’emmène au commissariat.
« Où ça ? » se demanda-t-elle. Mais lorsque que l'homme la tira pour la faire lever, elle essaya de se dégager.
— NON ! Ma maman va revenir me chercher, elle me l'a dit ! Je dois l'attendre ici, sinon, elle ne me retrouvera pas ! piailla-t-elle.
Plus elle se débattait, plus elle sentait ses forces la quitter. L'homme la relâcha, ne tenant pas à lui faire mal, mais dut la rattraper de justesse lorsque ses jambes s'écroulèrent sous elle, vidée de toute énergie.
Encore légèrement consciente, elle sentit son corps être soulevé par deux bras protecteurs puis les voix des deux hommes lui parvinrent.
— Abandonnée sur le quai d'une gare désaffectée… Pauvre enfant…
— C'est moche de mentir à une gamine de son âge, ajouta l'autre.
Elle refusait d'y croire et pourtant, sans qu'elle le veuille, des larmes de vérité s'échappèrent de ses yeux maintenant clos. Elle voulait revoir sa mère, pour qu'elle puisse leur montrer que c'était faux, qu'ils avaient tort. Mais elle craignait tellement de découvrir la vérité. Cette vérité qui peut faire basculer toute une vie en un instant.
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