MALVINUCHE

Le 14 Juillet

Ce titre m’est venu grâce à une dame d’un certain âge dont le sourire et les yeux rieurs m’avaient plu. Nous discutions ensemble sur un éventuel voyage qui ne lui plaisait pas beaucoup mais qui était souhaité par son mari. Je la poussais un peu dans ses retranchements en pensant par devers moi quelle se soumettait encore au désir de son mâle. En la poussant un peu sur la qualité de son couple, elle me dit soudain dans un grand sourire, oh ! Ce n’est pas tous les jours le 14 Juillet mais, ça va.
Quelle joie, quel épanouissement dans cet aveu, simple direct et tellement vrai.
Et vous c’est quand le 14 Juillet, quand sentez vous votre intimité vibrer comme la corde d’un violon au son de certaines mélodies ?
Si ce n’est pas Waterloo c’est souvent le lac de Lausanne non ! Bien sûr pas pour toutes heureusement, mais encore bien trop souvent. Pourquoi, oui pourquoi, si on exclut des problèmes psychologiques particuliers, reste encore et toujours un espace, un non dit qui perdure.
Depuis des millénaires ce secret est bien gardé, certaines s’en servent inconsciemment comme un moyen de maîtriser l’homme, si t’as envie et moi pas je peux facilement obtenir de toi ce que je veux !
Sauf que ce n’est pas si simple Mesdames, en retour il vous reste un regret, un indicible non obtenu, une plainte dont l’objet est détournée, l’attente vaine du « Prince charmant » celui qui saura.. Vous vous condamnez à une projection infantile sur un objet imaginaire, portant la honte d’avouer que la verge vous vous en foutez.
Pourtant, Mesdames vous avez presque tout obtenu dans nos sociétés, du moins. Vous êtes belles, successful, autonomes, vous gérez vos vies avec efficacité, en apparence du moins. Vous arrivez chaque jour à organiser votre vie avec vos enfants, votre vie professionnelle, votre maison et socialité, votre homme et votre apparence. Cinq vies par jour ce n’est pas simple !
Il faut dire que quand nous avions tous les pouvoirs nous avons largement exagéré. Poussant toujours plus loin notre jouissance de domination nous vous avons souvent trop souvent abusé de notre force. De nombreux exemples perdurent encore hélas !
Ce retour est légitime et nous découvrons que vous êtes comme nous, autant intelligentes, créatives et que vous ne détestez pas aussi prendre du pouvoir. Nous aurions pu être plus malins mais, c’est ainsi nous n’abaissons notre garde que sous la pression d’un autre.
Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes alors ! Pas tout à fait. Reste un lieu une intimité dont on ne parle pas et pour cause, il touche en chacun une part et heureusement, que nous préservons.
Mais il faut bien en parler. Nous, les hommes nous fonctionnons au défi permanent. Notre testostérone nous oblige à nous dépasser perpétuellement. Rien n’est plus détestable que de vaincre sans péril et de triompher sans gloire ! Pourtant nous avons
aussi une attente, un espoir caché dans les méandres de notre réussite professionnelle. Un épanouissement du lieu de notre si sensible intimité. Une fragilité cachée. Pour nous aussi il y a des différences : éjaculer ou jouir ! Nous avons des degrés dans la jouissance on en parle rarement parce qu’ils viennent de vous. Et oui vous êtes actrices aussi de notre plénitude.
Quand l’un et l’autre on s’approche, on se touche, on s’extasie dans cette jouissance en plus, pour vous, selon Lacan. Est-elle en plus ou en moins quand elle ne se passe pas ? En plus voudrait dire que c’est un extra alors que ce devrait être la normalité. Quand ce grand homme vous demandait pendant ses conférences : dites nous, mais dites nous Mesdames, un silence lourd lui répondait. Eh ! Oui vous nous avez laissé dans l’ignorance de votre propre satisfaction. Abandonnant à l’homme la découverte de vos émois espérés. Mais pire, vous nous avez rendu responsable de tout. Puisque nous avions le pouvoir, à nous d’assumer puisque vous nous donniez votre corps céleste, tous les avatars. Nous vous devions tout puisque nous avions tout et nous étions responsables de tout. C’était sans doute un retour justifié.
J’oubliais la pudeur, le poids de l’éducation, la religion certes, mais nous ne sommes plus au 19° siècle, aujourd’hui il n’y a qu’à se balader dans les rayons de certains magasins de lingerie pour les jeunes filles et voir ce qui leur est offert. Je dois dire que même moi homme sain et moderne j’en ai été un peu choqué. Je me suis dit que c’était le syndrome de la maison close. Il faut voir les soutiens gorge affriolants, les slips qui n’en sont pas et les guêpières pour ces femmes enfants ! Il n’est pas étonnant que des hommes aux prunelles libidineuses se baladent dans ces sous-sols de lingeries féminines. Là, vous pensez, il est bien rétrograde cet homme qui nous parle en voulant nous libérer. Non, justement ces étalages de produits sont un symptôme de nos sociétés soit disant libérées qui ne présentent qu’une image, un fantasme, mais, qui ne dit rien de la réalité de votre plaisir. Dans ces froufrous d’un autre temps le sexe sous-jacent est présenté comme une image, un désir inavoué, espéré, interdit de ces lieux clos de jadis où le stupre pouvait s’exprimer en toute impunité. Des hommes très consommateurs de ces endroits comme Guy de Maupassant était tout sauf mysogine. Exprimant haut et fort son désir débridé, il savait aussi tirer les conséquences de la situation tragique des femmes fréquentant ces lieux là. Avec un humour peu commun, il s’agenouillait devant le désir féminin. Il était très admirateur de leur finesse quand elle savait prendre le risque de dépasser les codes sociaux et religieux rigoureux de cette époque pour trouver un chemin de plaisir caché et risqué. Il savait aussi en tirer une analyse sévère sur le cloisonnement des classes sociales si rigide de cette époque.
Nous sommes dans un paradoxe tout est permis en apparence, mais rien n’est dit sur l’essentiel. C’est encore nos fantasmes masculins qui sont exprimés et donnés comme une expression de la liberté. Des images qui suscitent un désir d’être prise, et même un peu plus que cela, se soumettre au désir profondément masculin de sa perversion scopique. C’est donc imprimé sur ces jeunes femmes le fantasme de l’homme encore et encore et ne rien dire du leur. C’est ainsi qu’elles jouent, qu’elles suscitent ce qu’on leur a induit. Se croyant libres elles ne font qu’exécuter un désir qui n’est pas le leur, pour l’instant.
Il faut quand même le dire vu l’âge des clientes pour la majorité ce sont les caresses, les léchouillages qui sont désirés. En général le désir du phallus vient plus tard à l’âge normalement de la maturité sexuelle. Je dis normalement, car il y des cas peu nombreux où le plaisir n’est pas désiré de cette façon là. Ne prenons pas les généralités comme des absolus. Ne peut-on susciter leur désir par des lingeries volantes qui caressent doucement les cuisses, des voiles suggestifs qui donnent envie des caresses. Leur donner un avant goût, puisqu’elles le recherchent dans ces rayons, de ce qu’elles veulent. Les jeunes femmes aussi ont besoin d’images qui leur renvoie le plaisir désiré. Frôler leur cuisse, leur corps, leurs seins fait monter en elles le plaisir. Elles veulent des caresses donnons le leur plutôt que d’éveiller un masochisme que l’on dira ensuite féminin, susciter la caresse développera leur imaginaire et leurs glandes de Bartholin s’ouvriront répandant leur mucus entre leur entrejambe.

Notre désir vient de ce que nous voyons en premier de ce qui va piquer au vif notre imaginaire d’homme.
Il est un fait que les fantasmes existent et qu’il faut bien qu’ils s’expriment. Au nombre d’une dizaine toujours les mêmes, quelle que soit la société, ils perdurent au-delà de la moralité. Qu’en fait-on ? L’autre soir je les ai retrouvés paradoxalement sur une scène d’opéra où j’allais écouter Alcina de Haendel. C’est l’histoire d’une magicienne qui transformait après les avoir consommés les hommes en pierre, animaux ou végétaux. Dans une mise en scène magnifique Katie Mitchell la metteure en scène plutôt d’obédience libertaire, a choisi d’exprimer le désir dans leur crudité. Ils sont fous d’amour et nous le font savoir par un cunnilingus réalisé en pleine scène d’opéra et par des actes sado maso simulés au moyen de coups de fouet. Sommes nous à ce point là que nous avons besoin que l’on nous rappelle que le sexe a ses lois. Ne mélangeons pas tout. Le jeu amoureux n’a rien à voir avec la domination exprimée dans la vie sociale, professionnelle ou quotidienne. C’est un jeu à deux fait pour donner du plaisir à soi et à l’autre.
Bon je vais arrêter ma position de censeur ce n’est pas l’objet de ce texte.
Parlons de vous, parlons de moi parlons de nous. Faisons un rêve pour copier Sacha Guitry. Je vous imagine amoureuse les jambes légèrement ouvertes, le visage rosit en attente du plaisir promis. Suave, humide, douce et tendre jusqu’à l’abandon. Vous vous êtes laissée prendre à mes compliments, non c‘est une erreur vous attendiez ces compliments qui ravissent votre ego. Etre désirée vous fait mouiller. Plaire est si important pour vous. Et je le comprends. Qui regardons nous, qui suscite notre intérêt, qui désirons nous ? Ce jeu du début d’une relation est excitant pour nous également. Que d’extase en promesse. Dans ces débuts chacun tient son rôle. Vos appâts sont si forts que nous partons très vite à leur recherche et que votre corps moulé par nos baisers, nos léchouillages se pâme. Vous êtes offerte et nous nous prenons. Nous rêvons. Mais il n’est pas certain que ceux ci soient identiques. Se baigner dans votre corps est toute notre passion. Pour vous il en est encore autrement. Grâce au progrès social et scientifique vous vous êtes autorisées à jouir librement et c’est tant mieux pour vous et pour nous. Mais, parce qu’il y a un mais, vous voulez autre chose. Je le sais bien.
Seulement vous l’atteindrez avec le reste si de ces appâts qui nous rendent fous vous nous rendez aussi le désir de notre corps. Le savez-vous notre émoi répond aussi aux vôtres. Après les premiers moments de la découverte. Nous avons aussi envie d’être désiré. Notre mise en situation favorable dépend aussi de voir et de savoir dans votre œil et dans votre corps que vous nous voulez. Mise à part des jeunes gens et encore, notre érection et notre emballement de vous dépendent aussi de voir dans votre œil que nous sommes attendus.
Cette partie du corps que nous avons si forte est tellement sensible, oserais-je le dire fragile et mobile que parfois votre attitude nous font douter de notre excellence. Alors le désir sans va petit à petit. Combien de femmes osent nous caresser, je ne parle pas que de la fellation, nous aimons beaucoup comme vous les léchouillages de nos seins, de la partie si tendre que nous avons entre nos jambes. Encore faut-il que la partenaire y prenne plaisir. A chaque événement nous jouons notre puissance notre identité masculine. Parfois il faut nous aider, nous montrer que vous nous aimez.

La femme jouit de l’homme et l’homme s’éclate dans ce lieu si précieux. Le savez-vous la femme est actrice de sa jouissance et peut alors donner à l’homme cet épanouissement. Il suffit d’un mot : tiens moi en bas de mes reins basculez votre bassin frottez votre paroi vaginale interne sur notre verge et vous obtiendrez une excitation de vos deux points « G ».
Pour ça bien sûr il faut qu’il y ait compatibilité entre deux êtres. La femme actrice est épanouie et donne à l’homme la certitude qu’il existe.
De grâce prenez nous en mains.

13/06/2021 19:19
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