Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

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quelques mauvais souvenirs. Je relus certains passages en me rendant compte que j’étais désormais loin, loin de ces pages, de ces rues, de ces bars. Que maintenant j’étais là, dans cette chambre d’hôtel rebaptisée, avec cet autre bar naze en bas de chez moi, ce nouveau ciel qui me semblait si terne, ces magasins pour chômeur longue durée et c’est ce que j’écrivis dans le carnet.
Je bu une deuxième bière mais au comptoir du bar, toujours le même. Henri ne devait pas tarder, une demi heure plus tard il était là, commandant un verre de rosé corse lui rappelant de lointaines origines.
-On boit celui-là et on va manger. Me dit-il d’une voix moins grasse que plus tôt.
Ce que nous fîmes, dans un vieux PMU de banlieue ouvrière, un couple d’une soixantaine d’années au moins tenait le troquet. Lui, il s’occupait du bar, des jeux et des clopes. Elle, de l’intendance générale de l’affaire, de la cuisine pour ces habitués rescapés du chômage et de son mari à la mémoire défaillante.
Pas d’autre choix que le plat du jour et une fois servi je compris pourquoi nous étions là. Cette grand-mère faisait à manger comme ma propre grand-mère mais en mieux. Son navarin d’agneau m’enchanta et le vin en pichet qui allait avec aussi. Je me suis vite habitué au cadre et à l’ambiance, et aux tarifs.
À deux heures et demie passées nous nous levions de table, un peu éméchés après trois digestifs. Direction l’usine à quelques centaines de mètres.
Une usine immense, sur quatre bâtiments
blancs et ciel, une barrière et d’imposants gardes assuraient l’entrée au site. Après m’avoir enregistré comme visiteur Henri et moi passions les portes.
On construisait des avions, je devais en peindre certaines pièces, je travaillerais sur les tronçons finis. Rien de passionnant, rien de compliqué non plus.
Je visitais les vestiaires, les salles de repos, le réfectoire et toujours en serrant la main de chaque personne que nous croisions. Cette habitude typique à ce genre d’usine vous faisait perdre au moins une heure par jour. Je ne m’en suis jamais plaint.
Une fois rencontré mes futurs collègues et les pontes pour qui Henri travaillait, des napolitains et quelques français, j’obtins un badge avec photo et tout pour revenir sur le site le lendemain à sept heures.
Sur le trajet du retour Henri me proposa de l’accompagner pour prendre l’apéritif dans la petite ville qu’il habitait une vingtaine de kilomètres de là. Proposition que j’acceptais, j’étais loin d’être pressé de retrouver ma chambre et son odeur de pension barcelonaise.
Je découvris cette petite ville, des bars à chaque coin de rue, du monde partout, de la musique et des gens saouls, des restaurants, des boutiques et des banques pour se payer tout ça.
Une rue en particulier attira mon attention, une rue courte mais surchargée d’étalages et de bars en tout genre. Un pub, un lounge, une bodega, une cave, un bar crêperie mais aussi un coiffeur, deux boulangeries, trois sandwicheries, quatre
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appartement 84, premier étage.

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Nicolas SORANZO