Présentation du livre

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ajouta-t-il en regardant son fils.
Le silence s’imposa très simplement, et Séricle avait renoncé de lui-même à défendre ses idées de confort après ce mouvement de colère. Ce n’était en aucun cas de la lâcheté mais de la discipline que lui avait enseigné son père. Après tout, une si légère amélioration de confort n’était sans doute pas un impératif ; il n’y avait pas de quoi se plaindre, puisque la famille Corveil disposait elle-même d’un choix de vêtements acceptable pour chacun de ses membres, ce qui n’était pas le cas du reste des habitants de Tévran. Le travail d’Elysia et de Madeine leur permettait ce type de confort, d’autant que c’était grâce à elles si Séricle pouvait porter des vêtements suffisamment chauds pendant l’hiver : en effet, il était vêtu de braies marron foncé et d’une pelisse, un gilet en fourrure sous lequel il portait une chemise blanche et courte. Son père disposait du même ensemble, comme sa mère et sa sœur, à ceci près qu’à la place d’un gilet, elles portaient toutes les deux une robe en lainage. Et il fallait bien dire que le résultat de ces habits était à la hauteur du travail réalisé par ces deux femmes.
- Et toi Madeine, que nous dis-tu ? l’interrogea Candème. Tu n’as pas dit un mot depuis le début du repas. Tu ne manges pas non plus ?
Digne personnalité équivalente à celle de sa mère, l’adolescente n’aimait guère les accès de colère. Et pourtant, dans son âme d’enfant encore fragile, elle les supportait avec la plus grande
sérénité apparente. Elle riva son regard affectif sur son frère, les lèvres retroussées, manifestant son accord silencieux sur le sujet du confort.
- Ne fais pas cette tête-là, la rassura Elysia d’un large sourire, nous ne vivons pas si mal que ça !
Séricle savait pertinemment que sa mère pensait le contraire, mais elle se persuadait que son mari avait raison. Et pourtant, il aurait parfois été nécessaire d’utiliser une partie des impôts afin d’acquérir de la nourriture décente. Cela dit, dans un esprit de réconciliation avec son père, le jeune homme tint un discours avisé et élogieux, revenant sur ses propos.
- Père, commença-t-il, pardonne-moi de l’attitude idiote que j’ai eue. Je ne souhaite que notre bien à tous, et je n’ai pas voulu déclencher ton courroux, mais seulement énoncer mon point de vue sur notre situation. Qui ne penserait pas à faire de même ? Mais tu as raison, il faut se soucier des autres villageois, ils sont aussi importants que nous, et nous nous devons de leur apporter un meilleur niveau de vie, quitte à ce que cela se fasse au détriment du nôtre, parce que les dieux en ont décidé ainsi, au nom de la charité. Ton comportement est digne d’un saint, et je m’incline devant ceci.
S’il y avait bien une chose que Séricle avait retenu de l’enseignement de son père, c’était l’usage de l’éloquence. Non pas qu’il s’agissait d’une matière qu’il appréhendait en particulier, mais qu’il était conscient que son emploi pouvait lui
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Projet principal : Chapitre 1 - Le champion de Mitragues (version 1)

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Nicolas SORANZO