Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

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Et le silence cessa de cette façon. Personne ne savait ce qui avait lié Mathias et InSoo durant leur adolescence, et personne ne devait le savoir. Il y a des choses que même la nature ne révèle pas aux humains. Tous, nous avons nos secrets. Et les policiers se mirent tous à chuchoter entre eux, se posant les mauvaises questions, se disant des mensonges et en faisant circuler des rumeurs incroyablement stupides. Les hommes ainsi que les femmes se prenaient pour Dieu en jugeant les autres, et cela a toujours été. Mais Mathias croyait que les femmes étaient d'autant plus bavardes que les hommes, qu'elle étaient plus sévères dans leurs propos... Peut-être avait-il tord, mais là n’est pas la question...

InSoo proposa activement : « Viens, Mathias, si on sortait un peu. » Et Mathias soupira « Mouais, s’tu veux » sans trop de vif consentement. Chacun des deux hommes sortit énervés contre eux-mêmes, fâchés entre eux et enragés contre les autres. Leurs collègues ne connaissaient pas leur histoire, et pourtant ils utilisaient celle-ci pour écraser les deux hommes. InSoo et Mathias marchaient côtes à côtes sans un mot à dire. Le visage fermé, yeux baissés et la rage en tête. Rage de quoi ? Rage contre qui ? Mathias et InSoo partageaient un secret dont ils ne voulaient même pas discuter entre eux. Un secret effrayant, attristant, voire blessant courait dans leur tête, les tuant de l’intérieur, comme on dit.

« — Hm... Mathias... Arrêtons ça, tu veux.
— Oui.
— Faut que je te dise un truc pas cool à entendre.
— Va, essaye toujours.
— Ben... Je te trouve changé depuis... ça.
— Ça ?
— Ben... Le meurtre de... comment dire ? Ce qui est arrivé à Alex...
— Approfondis.
— Ben, tu es agressif, désagréable, même avec moi ! Tu ne me respectes plus, comme si tu m’en voulais...
— Quoi ! Pourquoi ? Il n’y a pas de quoi devenir tout ce que tu dis ?
— Mathias ! Je t’en prie ! Moi aussi j’en ai bavé avec ça ! Tu n’es pas seul, mince ! Et ce n’est pas une raison !
— Tu en as moins souffert que moi, InSoo. Tu ne peux pas comprendre.
— Non, évidemment ! Trop crétin, c’est ça ?
— La ferme maintenant ! Fous-moi la paix !
— Tu me dis sans arrêt “la ferme ! la ferme !”. Mathias, réveille-toi un peu !
— InSoo, laisse-moi seul.
— Non. Mais Mathias, je ne suis pas là que pour souffrir avec toi et te faire rire ! Je suis là aussi pour t’aider ! ... Mais tu ne m’écoutes pas de toute façon.
— Merci InSoo. Je te dois des remerciements on dirait ! Moi je ne t’écoute pas et toi tu ne comprends rien. Nous sommes quittes.
— J’ai envie de t’étrangler ! Mathias, oublie-le. Pourquoi tu ne fais pas ton deuil ? Ça te pourrit la vie !
— Quoi ? Comment veux-tu que j’oublie Alex ? Tu veux que je rappelle que c’était mon jumeau ? Mais t’es débile ou quoi ! Je ne peux pas l’oublier, InSoo ! Mais c’est fou comme t’es abruti en fait ! Tout ce que je veux, là, maintenant, c’est te faire disparaître !
— Tu sais quoi, on va se séparer là. Tout les deux... on ressemble à des gamins. On rentre au bureau, tu vas de ton côté et moi du mien. Demande notre indépendance si tu veux, mets en tôle qui tu veux, fais tout ce qui te chante ! Désormais, nous travaillerons ensemble comme deux collègues normaux, ok ? Parce que je n’en peux plus de me faire traiter comme un naze quand j’essaie d’arranger les choses ! Mais surtout, surtout ! Ne viens pas chialer à mes "bask " alors que tu viens de me jeter ! »

Et InSoo se retourna et partit. Qu’avait gagné Mathias ? La tranquillité ? Mathias sentait comme des Fourmis dans tout le corps, ce qui lui donnait envie de crier de toutes ses cordes. Après tout, que vaut un homme au milieu de sept milliards ?
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Nicolas SORANZO