Présentation du livre

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combat. Tae-kwen-do, sambo, aïkido. Une heure par jour minimum. Et une heure de musculation. Avec son mètre quatre-vingt-cinq pour cent-cinq kilos, il intimidait même les commandos les mieux entrainés qu’il accompagnait. Ce qui ne l’empêchait pas d’être réaliste : face à une AK47, une mine ou à un salawar, le sabre traditionnel afghan, son entrainement ne pèserait pas bien lourd. Alors il restait en permanence sur ses gardes. Lorsqu’il était jeune soldat, un ancien lui avait dit un jour qu’il ne fallait pas avoir honte d’avoir peur, parce que la peur, en faisant réfléchir avant de foncer aveuglément, était salutaire. Et que ce sont ceux qui n’ont peur de rien qui meurent en général les premiers au combat.
Mais Daniel Verton ne ressentait pas ce sentiment, qui quelquefois paralyse les hommes. Chez lui, c’était plus un instinct, presque animal, qui gardait ses sens en éveil permanent. C’est ce qui, avec son entrainement aux sports de combat, lui permettait de prendre de nombreuses photos de scènes de guerre, ensuite transmises par l’armée aux médias civils qui en raffolaient.
Daniel Verton savait, du coin de l’œil, souvent inconsciemment, repérer un mouvement, une attitude, qui déclenchait chez lui comme un signal d’alarme. Et ainsi, il immortalisait ces moments par des photographies toutes prises sur le vif et dans le naturel de l’instant.

11h30. Les deux VAB avaient fait halte à un kilomètre de l’entrée du village où devait se tenir la réunion. On n’y entrerait
qu’après l’autorisation de la hiérarchie, restée en base arrière, et qui depuis deux jours surveillait la zone par satellite, afin de s’assurer que ce n’était pas un traquenard.
Cette réunion, entre chefs de guerre, chefs de villages, miliciens de toutes sortes, avait été organisée depuis plusieurs semaines, dans la plus grande discrétion, en concertation avec les services secrets de plusieurs nations au sein de l’ONU, et il n’y avait normalement rien à craindre. Mais dans ce pays, où des alliances et des guerres tribales se déclenchaient pour une chèvre qui disparaissait dans la montagne, ou pour le détournement d’un ruisseau alimentant un champ de pavot, la prudence devait rester permanente.
Quelques minutes s’écoulèrent, qui, avec la chaleur harassante à l’arrière des blindés arrêtés en plein soleil, semblaient interminables. Après une heure de route, chacun avait hâte de mettre pied à terre et de respirer l’air extérieur, même si celui-ci était saturé de poussière et que la température était de trente degrés à l’ombre : cela semblerait agréable comparé au voyage dans les cabines des blindés surchauffées.
11h33. L’ordre arriva par radio, avec confirmation que la voie était libre. Les blindés avancèrent et firent un tour de reconnaissance supplémentaire autour du village. Les maisons familiales, branlantes, ressemblaient plus à des bergeries qu’à des habitations. Construites sur deux lignes, entourées d’un muret de pierres, elles formaient une rue, ou plutôt une
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Le cartulaire des Barnabites

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Nicolas SORANZO