Présentation du livre

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d'un visage crispé. Deux yeux de jais fixent attentivement ce qui est censé être sa prochaine victime. Sa dernière peut être. Ce serait alors un festin dont un dieu se régalerait. Oui, un festin succulent parsemé de chair et arrosé de sang. L'index hésitant, accroché à la gâchette de l'arme, se met alors à faire pression sur la petite barre métallique.

La dernière lumière existante s'éteint à tout jamais dans un horrible fracas de verre. Quelques morceaux tranchants viennent traverser l'enveloppe d'une âme souillée, faisant gicler un torrent écarlate. L'éclair réapparaît, découvrant ainsi un bras décroché, s'éjectant de mille feux sur le terrain sale. Des cris déchirés donnent une douce symphonie au son de l'orage. A chaque jet de lumière, le beige autrefois immaculé se recouvre de rouge. Pourtant, le visage a l'air de rester calme, d'apprécier la souffrance procurée. Un doigt à demi-pendant d'une main déformée caresse une bande de chair retournée sur le devant d'un cou encore épargné.

-Il est grand temps de te déshabiller. Là où je t'emmène, tu devras être présentable.

Tout en parlant, deux doigts pâles et osseux aux longues griffes noires pincent délicatement le morceau de chair, s'amusant un peu à le faire tourner sur lui-même. Une balle sort alors de la blessure pour venir s'écraser sur le sol.

-Là-bas est un endroit où
plaisir et souffrance s'accordent en parfaite harmonie. Tu connaîtras des sensations qui te seront étrangères mais un festin digne d'un dieu t'y attendra. Un vrai festin.

Ces deux mêmes doigts font alors soigneusement glisser la chair, emmenant avec elle la suite du morceau. Le sang s'accumule de plus en plus, hydratant la peau d'une magnifique couleur vive et sombre à la fois. Le cri de souffrance monte en crescendo à chaque seconde qui passe, donnant en spectacle des vocalises d'une tonalité mélodieuse à couper le souffle. Le corps torturé ne cesse de trembler. Il veut se débattre mais une force invisible le paralyse. Il n'a plus qu'à accepter sa punition, son échec, et profiter du moment de plaisir où la souffrance s'arrête.

-Ou alors... Non... ce ne sera pas le festin d'un dieu... Mais celui d'un démon ! Hahaha !

Le rire machiavélique pénètre les oreilles de la victime, lui procurant quelques frissons venant refroidir le peu de peau qu'il restait. Chaque muscle est maintenant visible. Pourtant, l'on ne voit que du rouge. Du rouge écarlate, du rouge sombre, du rouge noir. Toutes les nuances y sont. Le bourreau tire une dernière fois sur le tissu beige. Il jette ensuite le déguisement vide contre l'un des murs de la ruelle et pose ses lèvres sur le cou complètement nu de son propre festin.

Après d'être délecté du liquide coloré, il
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De la chair au sang

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Nicolas SORANZO