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Les poètes sacrés


Dans l’épreuve, les mots peuvent nous être d’un grand secours. Ces mots viennent quelque fois d’amis, de proches ou de la famille, mais quelque fois ces mots nous parviendrons incognito, comme ceux d’une poésie lue sur un mur de graffitis, ou d’un poète ignoré ; mais ces mots nous ferons grandir parce qu’ils habillent le mieux notre douleur, ou toutes autres émotions dont ces mots éclairent notre route.

Pour le poète, les rêves contiennent toutes les images de la création. Son imaginaire peut vagabonder de la terre à Sirius et briser la monotonie de la page blanche. Ainsi, aucune prison, aucun supplice n’a pu faire que les mots de ces poètes ne puissent se transporter au long des routes et viennent cogner à notre porte.

Plusieurs poètes par leur dénonciation de l’injustice ont eus à subir, au cours des âges, des violences et tortures dues au pouvoir ou à l’ignorance des tortionnaires ; pour les idées de justice, que le poète voulait voir appliquer à tous. Malgré tout, il a su tracer, écrire avec son sang les ignominies subies par d’autres êtres humains dont le seul tort était de dénoncer. En cela, les tortionnaires voulaient lui faire taire son appartenance au sacré, le déshumaniser. Pour, et par cela, il est devenu le porte-parole des opprimés. Il a dénoncé l’être humain coupable dans sa déchéance morale des sévices, tortures physiques ou psychologiques au service d’un pouvoir pourri. Le poète a su donner raison à l’espoir, à la beauté.

Dans ses mots, le poète a éloigné la laideur, non, peut-être pas. Disons plutôt qu’il a simplement reculé l’évidence du mal. Faire en sorte que son propos atteigne le sublime lorsqu’il parle de ceux qui souffrent, ou qu’il parle de nous. Que notre quotidien prenne les dimensions d’une chevauchée épique, comme si le sort de la planète dépendait des gestes que nous posons dans notre environnement humain ou urbain. Car n’est-il pas vrai qu’un simple geste peut avoir la lourdeur de l’enclume, ou la caresse qui effleure, qui garde le contact, comme une route peut rejoindre deux continents ou deux solitudes.

Ces poètes sacrés nous disent, à travers les siècles, que lorsque les rêves de liberté sont brisés dans une partie de ce monde, nous perdons nous-mêmes une chance d’être libéré. Je dis merci à ces poètes pour lesquels j’ai un respect absolu et sacré.


1360, Rue du Fleuve

Je suis né peu avant minuit
Expulsé d’un p’tit loft gratuit
Les pieds en haut la tête en bas
J’ai reçu mon premier coup bas


Dans une chambre amidonnée
Il y a une femme transfigurée
Son cri traversera les océans
Mêlé aux sanglots de l’enfant
Que l’on dépose sur son sein
Pour le premier repas du matin


Un navire accoste à Trois-Rivières
Pour y reposer ses p’tites misères
Ses flancs sont maternels
Comme ceux d’une mère naturelle
L’on en extraira le labeur
D’un blé d’or venu d’ailleurs


C’est une ville qui souffre d’insomnie
Jour et nuit le bruit infernal vomit
Des kilomètres de papier blanc
Sur lequel se déposeront des mots de sang


C’est dire que cette ville rayonne la poésie
Quand son fleuve s’endort la nuit
L’on y voit s’allumer de petites lueurs
Aux fenêtres de ceux qui souffrent de peurs
Que leurs mots ne puissent s’envoler
Pour y porter le message de leur immortalité





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Nicolas SORANZO