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Puis, on lui déclara qu'il avait gagné le gros lot. Celui de rester en vie, et sa délivrance. Car, pour se convaincre de leur victoire, ils avaient besoin de la trace d'adultes comme pour prouver qui était au pouvoir.

Mais il était méconnaissable. Le corps bourré de cicatrices, il lui manquait un œil, sa main gauche et il ne lui restait plus que le quart de ses doigts de pied. On le voyait comme un monstre, courbé comme il était. Comme un bossu, un chien, on le traitait même du repoussant Frankenstein. Il n'arrivait plus à se sentir bien. La joie n'existait plus, et cela se confirma quand l'horreur revint.

Ils avait voté une loi. «Tout enfant dépassant l'âge de vingt ans sera exécuté dans la douleur sur la place publique. Car notre ère ne doit plus connaître de Grands. Prenez ça comme un exemple pour les générations à venir !»

Et chaque année, des centaines de jeunes se firent martyriser avant de mourir. Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu en votant cette loi, c'est qu'en supprimant ces gens, ils tuaient la population à petit feu. Et l'on s'en rendit compte que lorsqu'il ne resta plus qu'un garçon, qui, le jour de ses vingt ans, se coupa les membres un à un, et ce, sans aucun hurlement.
Le vieil homme resta seul depuis ce jour. Seul à jamais. Il n'avait servi à rien pendant toutes ces années. il n'en voulait plus de cette vie qui n'avait aucun sens, qui le rejetait. Il se dégoûtait lui-même, par son image et sa voix devenue rauque. Il avait tenté bien des fois de se tuer lui-même. Il toquait à chaque fois à la porte, suppliant, mais la Mort ne lui ouvrait pas, comme si elle ne voulait pas encore de lui. Alors, il avait attendu... jusqu'à ce que ce soit elle qui vienne. Il finit son récit sur cette phrase :

« J'espère que ce monde renaîtra de ses cendres et que la vie sera comme elle l'était autrefois : belle.»

Il la posa sur sa table de chevet et poussa un long soupir. L'homme fatigué cala sa tête entre ses oreillers, remonta sa couverture et posa doucement sa main et son moignon sur sa poitrine. Tout cela s'était fait sans le moindre bruit, si ce n'est l'unique larme qui coulait sur sa joue. Puis, il ferma les yeux et partit pour un éternel sommeil sans retour.

Après sa mort, la race humaine s'éteint, définitivement.
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Le dernier homme

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Nicolas SORANZO