Le pilote avait-il eu peur d’être court et avait appuyé sur l’accélérateur ?
Le père en eut l’air bloqué.
La queue de l’avion vint heurter dangereusement le sol. Des énormes secousses ébranlèrent l’appareil.
La queue se détacha du reste de l’avion et l’arrière entra directement en contact avec le sol faisant apparaitre des étincelles qui allèrent provoquer un incendie.
Des masques à oxygènes sortirent de leurs cachettes.
L’homme et tous les voyageurs furent secoués dans tous les sens.
Les chariots allèrent et vinrent dans les allées.
Les valises tombèrent de leurs habitacles.
Des hôtesses de l’air furent projetées vers l’extérieur de l’avion par l’énorme trou qui menaça toutes les personnes.
Des cris d’enfants furent mêlés à ceux des adultes. Impossible de se détacher des sièges.
Certains perdirent connaissances. D’autres essayèrent de se débarrasser de leur ceinture. La ceinture qui les mènera tout droit vers une mort certaine.
Le père de famille n’arriva pas à calmer sa fille et sa femme.
Des valises tombèrent sur des passagers en les blessant ou pire.
La vie de tous les occupants défila sous leurs yeux.
L’avion ne put ralentir mais continua d’avancer très dangereusement.
Une aile vint percuter un avion. L’appareil dérapa vers l’arrière de l’avion touché.
L’avant commença à toucher d’une violence inouïe l’arrière de l’autre.
La machine s’encastra au fur et à mesure. Des débris s’effondrèrent sur les voyageurs. Les vitres éclatèrent en morceaux avant d’atterrir sur les corps tels de milliers de poignards.
Ils furent impuissants et leurs morts furent très proches.
Certains voyageurs se trouvèrent ensevelis sous les débris. Du sang envahirent le sol et les sièges.
La fillette voulut fermer les yeux mais la peur la gagna.
Le père tourna la tête vers sa femme.
Un débris avait perforé son cœur.
L’homme commença à réveiller sa femme. Mais, en vain. Rien ne se produisit. Elle était déjà loin.
Ses larmes se mêlèrent à la colère. De voir qu’ils furent impuissants.
- Papa ! Hurla la fillette.
Son père tourna le regard vers elle.
Elle était devenue toute blanche et de la bave coulait de sa bouche.
- Non, Sophia. Reste avec moi ! Regarde-moi !
Il essaya de tenir sa petite tête entre ses mains en sang.
L’homme eut les yeux pleins de larmes.
Elle commença à suffoquer.
- Ne pars pas ! Regarde-moi ! Réponds-moi ! S’il te plait. Tu dois vivre !
Les magnifiques yeux bleus se refermèrent doucement.
Ses bras vinrent épouser les deux accoudoirs du siège.
Sa tête innocente se baissa. Elle ne regarda plus rien à présent.
Le père hurla.
Sa raison de vivre vint de s’éteindre.
Sa femme et sa fille eurent prit l’avion du Paradis.

L’homme ouvre ses yeux. Il regarde à nouveau le cadre photo avant de l’embrasser.
Il le pose face à une chaise.
Il se lève et monte sur le siège.
Le malheureux passe le nœud d’une corde autour de son cou.
Regardant une dernière fois la photo, il dit, d’une voix étranglé :
- Mes amours, je vous rejoins !
Et, d’un coup sec, il tape du pied le dos de la chaise et la corde se raidit.
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Vivre Ou Mourir ?

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Nicolas SORANZO