La situation allant en s'empirant, il y eu plusieurs secousses qui projetèrent les voyageurs à terre.

Le pilote essayait de calmer les passagers, leur demandant de garder leur sang froid, mais c'était peine perdue. Entre les gens qui priaient, ceux qui insultaient la compagnie, et ceux encore qui courraient dans tous les sens, Steven pressentit que le crash allait être violent. Il était désespéré.

Une larme roula sur sa joue, et il songea en sa petite-amie, qui l'attendait en France, là où il aurait dû revenir, après s'être rendu en Moyen-Orient. Ses larmes se transformèrent en sanglot, lorsqu'il se rappela de la famille qu'il voulait fonder, de son métier, qui lui promettait un bel avenir, de ses amis, à qui il allait manquer.

Steven était ballotté en tout sens, le pilote ne parvenait pas à redresser l'avion. C'était fini. L'appareil allait s'écraser.

Steven avait un sentiment d'injustice cuisant. Il avait à peine la trentaine! Et il allait y laisser la peau, dans un avion, dans une prison aérienne, dont il ne pouvait s'échapper.

L'avion piqua en avant, et trop endommagé, fonça vers le sol. Tout le monde hurlait, gémissait, un couple s'enlaçait pour la dernière fois, tandis qu'une mère pleurait en serrant sa fille contre elle. Une atmosphère plus que tragique planait dans l'air.

Durant les milliers de kilomètres qui séparaient l'appareil de la couche terrestre, Steven était comme pétrifié. Il pensait à toute allure, incapable de réagir. Il n'avait plus qu'une poignée de secondes devant lui. Car il en était sûr, personne n'allait s'en sortir. Visiblement, vu les conditions du crash et les efforts vains du pilote, toute chance de survie était perdue.

Il s'imagina son enterrement, où on transporterait son corps mutilé par l'impact, où tous ses proches viendraient se pencher sur son cercueil. Il pouvait déjà les entendre le pleurer :"Pauvre Steven, il était trop jeune..."
Il songea à son chien, son fidèle Maeldan, qui avait toujours été un bon compagnon, et qui ne comprendrait jamais les raisons de l'absence de son maître...

Et il pleurait. C'était injuste, c'était vrai. Mais après tout, la vie était injuste. Tout le monde mourrait un jour ou l'autre, et que ce soit lors d'un crash d'avion ou par un cancer revenait au même. Steven le savait.

Il ferma les yeux, inspira pour la dernière fois, et au milieu de l'agitation générale, il sentit la collision avec le sol le broyer, il se sentit partir d'un seul coup, au cœur des flammes et des pièces qui se détachaient sous le choc.

Fin

(Je précise juste que je n'ai jamais pris l'avion.)
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Le dernier vol

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