Présentation du livre

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Chapitre 1


Allongée dans mon lit, je contemple le plafond. Mes yeux suivent avec attention les lignes du plancher au-dessus de ma tête. Ça doit faire environ une heure que je suis sortie du sommeil et en tournant la tête vers la fenêtre de ma chambre, je constate, grâce à la faible lueur rosâtre, que le soleil est seulement en train de se lever. Je m’enfuis sous couvertures, là où la chaleur de ma nuit est encore présente, et sent le duvet de celles-ci me chatouiller le bout du nez.
Tous les matins sans exception c'est le même rituel. Je me réveille avant le lever du soleil et profite encore un peu de la douceur de mes draps. Je pense à toutes sortes de choses, parfois ce sont des choses insignifiantes et parfois des choses plus importantes. Tant de questions passent dans mon esprit et il n'y a que durant ces matinées que je peux y songer. En semaine, j'ai rarement du temps pour moi. Entre mes tâches quotidiennes au magasin et celles à la maison, il est rare que j'aie le temps de rêvasser.

Le chant du coq me fait sursauter, je crois que je ne m'y ferai jamais à cette bestiole... Pour qui il se prend pour me tirer ainsi de mes réflexions journalières?

Je me rappelle encore le jour où Papa l'a ramené à la ferme... Il était tellement adorable, un poussin si mignon et inoffensif. C'était un petit être tout pleins de malices qui picorait les orteils de quiconque osait s'approcher. Mais au fil des mois il grandit et devint cette peste de galliforme hurlant tous les jours. En plus de son don maudit pour chanter à toute heure, il est aussi devenu très agressif. Chaque fois que ma mère, Kira ou moi le nourrisson, il nous fonce dessus et nous attaque tel un fauve affamé. S'il pouvait nous grogner dessus je crois bien qu'il le ferait. Mais lorsque mon père passe le grillage, il ne réagit pas, il reste calme comme un agneau... À croire qu'ils ont vraiment une relation de maître et de fidèle compagnon. Heureusement depuis quelques mois je suis dispensée de cette tâche.

Dans cette maison, un cri est toujours suivi d'un autre... Quelques secondes après celui de la volaille, c'est ma douce maman qui me rappelle à l'ordre.

- Annie lèves-toi, il est 6 heures ! m'hurle-t-elle.
- Oui, J’arrive.
Après lui avoir répondu, j'étire mon corps en entier. J'adore cette sensation qui parcourt les muscles de mes bras, de mes jambes et qui descend le long de ma colonne vertébrale. Je me découvre en repoussant les couvertures avec mes pieds et m'assois sur le rebord du lit. Je me frotte les yeux et me lève ensuite direction la salle de bain.
Je me débarbouille le visage et lave les zones principales de mon corps sans trop traîner car la fraîcheur de la pièce me fait grelotter.
Une fois devant ma garde-robe j'enfile une de mes robes à longues manches, une paire de bas en laine, des bottes ainsi qu'un par-dessus en grosse laine, tricoté par mes soins.
Mes cheveux dorés tombent les longs de mes épaules en formant de légères boucles.

Après être sortie de ma chambre, je descends l'escalier, ce qui provoque de légers craquements dans le bois. Je me demande si un jour une des marches passera outre ?

Une fois arrivée dans la cuisine, je vois ma mère déposer une cruche de jus d'orange sur la table, juste à côté d'un plateau de petit pain encore chaud et d'une palette de beurre frais. C'est l'avantage d'être née dans une famille de fermiers. On ne manque jamais de nourriture. D'autant plus que ma soeur, Kira, s'occupe d'un potager et d'un verger à l'arrière de la maison, ce qui nous donne le privilège de déguster des fruits juteux et des légumes croquants la plupart du temps. Malheureusement ce n'est pas le cas de tous les habitants du village. Les trois quarts de la population est pauvre et a du mal à se nourrir en suffisance.

Je tire une des chaises pour m’asseoir et contemple ce divin petit-déjeuner avant de tendre le bras et de saisir un des pains déposés devant moi. Je le coupe en deux et tartine généreusement la mie avec du beurre.

Ma mère me regarde avec un sourire et me donne un baiser sur le haut du crâne.

- Tu as bien dormi ma chérie ? me demande-t-elle.

- Comme toujours. Dis-je avec un grand sourire.

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La Source - Chapitre 1

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Nicolas SORANZO