Présentation du livre

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esprits, il répondit à la question qu’on lui posait :
- Si père, excuse-moi. Ce n’est rien d’important.
Candème fixa son fils en plissant les yeux, un bref instant, puis il reprit la parole, sûr de connaître ses maux.
- Si c’est à cause de la nourriture fade, je dois reconnaître que la saison qui vient ne va pas nous offrir grand-chose d’intéressant. Mais que veux-tu, c’est ainsi chaque année, les arbres ont perdu leurs feuilles et l’hiver vient.
- Ce n’est pas ça père, fit le jeune homme en secouant la tête. Je me disais juste que par ta fonction de prêtre du village et par celle de seigneur, nous disposerions de temps-en-temps d’un repas digne de ce nom, comme un peu de viande, ou un peu de vin, pourquoi pas les deux. Je ne demande presque rien, si ce n’est un peu plus de confort.
- Je savais que tu penserais à cela mon fils. Nous en avons déjà discuté maintes fois, et je t’ai déjà dit que la plupart de mes bénéfices allaient à la disposition de tout le village. La quête qui a lieu pendant la messe ne sert que les intérêts de l’Église, et nous vivons principalement des ventes d’habillement que ta mère et ta sœur confectionnent.
- Mais père, nous sommes tout de même ta famille ! protesta Séricle.
- Il suffit ! gronda Candème. Quand vas-tu enfin comprendre que contrairement à la plupart de mes confrères d’Église, je ne vis que pour le peuple, et pas pour m’engraisser de manière égoïste
comme le font aussi les nobles ? Tu devrais le savoir, puisque toi-même tu as décidé de faire don de ta personne en servant la milice du village, au profit de notre sécurité à tous.
La tension était montée dans la maison. Cela arrivait quelques fois, c’était dans la nature du chef de la famille Corveil. Pourtant, il n’était pas foncièrement mauvais, notamment au vu de ses dernières déclarations. Simplement, c’était le rôle du père que de réprimander son fils. Après tout, il ne pouvait y avoir qu’un seul maître dans la maison. Fort heureusement, Candème pouvait compter sur une femme douce et patiente, qui à l’inverse de lui, gardait constamment son calme et était toujours là pour apaiser l’ambiance. Afin de restaurer ce climat de paix, elle reprit la discussion sur un ton conciliant, comme à son habitude, fidèle à elle-même.
- Séricle, dit-elle en esquissant un léger sourire et de ses yeux remplis de gentillesse, pardonne à ton père son emportement. Il ne voulait pas te parler de la sorte, mais tu dois comprendre qu’il veut servir à la fois sa fonction de prêtre et à la fois sa fonction de seigneur du village de la manière la plus honorable qui soit, en se préoccupant de son prochain. Je ne connais aucun autre prêtre qui agit ainsi, et même si tu ne le vois pas, il a du mérite.
- Encore heureux que je ne demande pas aux gens de se confesser, renchérit l’homme concerné par la conversation. Et que je ne te force pas à assister à la messe,
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Projet principal : Chapitre 1 - Le champion de Mitragues (version 1)

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Nicolas SORANZO