Présentation du livre

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CHAPITRE 2 : Le mystérieux.

Il était entièrement revêtu de noir. Personne ne pouvait le reconnaître, pas même lui. Il laissait glisser son masque noir sur sa tête touffue. Qu’allait-il faire désormais ? Il savait où il devait aller, mais ignorait totalement pourquoi il devait y aller. Son esprit lui dictait tout, l’obligeant à faire certaines choses qu’il ne pourrait faire sans son aide. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il devait donner la mort. A qui ? À ceux vers qui son esprit le poussait. Il vivait la nuit et ne savait même pas ce qu’il faisait le jour, comme s’il naissait chaque nuit, mais jamais le jour. Il voulait oublier le monde et ses travers dérangeants ainsi que toutes ses activités du jour pour ne pas reculer. Reculer... Il pensait que seuls les peureux reculaient, alors qu’en réalité c’étaient les sages qui faisaient demi-tour face à un danger.

Il marchait. Lentement, il passait dans les rues endormies, ne connaissant pas encore sa prochaine victime. Il y avait tellement de personnes à éliminer autour de lui qu’il ne savait par qui commencer. Il était tellement assoiffé de sang qu’il en tremblait. Le délice incomparable qui était de regarder quelqu’un mourir calmement lui était très alléchant. Envie de faire souffrir, envie de sentir la peau de quelqu’un se transpercer sous ses doigts, envie de toucher le sang, envie de tuer... Était-il humain ? Certes, oui. Mais nous pourrions le comparer à un animal fou de rage sans conscience que rien ne traumatisait. Un monstre, pour raccourcir. Il se mit alors à tourner autour d’une maison qu’il connaissait dans une autre vie. Son esprit lui disait d’y aller sans tarder, et il se courbait à ce qu’il lui racontait. Il s’arrêta alors de former des cercles autour de la maisonnette et se pointa devant la porte. Tel un enfant, il sonna à la porte et se mit sur le côté, afin qu’il puisse surprendre la « gazelle ». L’homme sortit et appelait, mais personne. Puis l’homme mystérieux le frappa et entra. Il ne cessait de le rouer de coups, jusqu’à ce qu’il montre son visage à son défouloir. L’homme s’écria, affolé : « C’est... toi ! Oui ! C’est bien toi ! », et l’homme planta un court poignard dans le corps grelottant du malchanceux. Il le plantait là où cela ne l’achèverait pas dans l’immédiat. Il regardait sa victime se débattre sans trop comprendre pourquoi il avait envie d’une vengeance aussi affreuse. Voyant l’homme allongé à terre sans plus aucune réaction, il prit l’un de ses dix doigts, le trempa dans le sang et écrivit ces deux mots : « Sans regret ». Et le mystérieux reprit les commandes de son esprit. Il savait qu’il n’avait laissé aucune trace, alors il partit dans le noir, seul, pour rentrer sous son toit et dormir sans le moindre regret. Il ne sera peut-être pas démasqué, mais le principal était ce qui fut fait, pas les conséquences qui en découleraient...
CHAPITRE 3 : « Et ce n’est que le début du commencement. »

La pièce principale du commissariat était aussi active qu’une fourmilière : tous bougeaient dans tous les sens, on pouvait notamment en voir certains se perdre entre les bureaux. Aucun des enquêteurs n’arrivait à rester assis à leur table de travail plus de dix minutes. Il n’y avait que Mathias et InSoo qui arrivaient à rester à peu près calmes, et pourtant c’étaient les deux enquêteurs les plus touchés par la mort de cet homme. Ils fixaient et pensaient les mêmes choses, comme s’ils partageaient une seule pensée :

« — T’as vu InSoo, sa position...
— Quoi ?
— Un mort ne peut pas être dans cette position si personne ne l’a bougé. Tu vois comme il est de côté, la tête aussi tordue en arrière et les jambes aussi collées. C’est une position bizarre, non ?
— Tu penses que le meurtrier l’a bougé ? Mais pour quoi faire ? Non, je pense que tu te trompes, mec. Ne cherche pas les solutions là où elles ne sont pas.
— Oui, t’as raison... Mais bon, on dirait que le meurtrier l’a poussé sur le côté avec le pied.
— Mais il n’y a aucune trace de pieds sur le corps. Il est couvert de sang, il aurait obligatoirement laissé une trace !
— Mouais. Peut-être. »

Il se fit silence autour d’eux. Un silence unanime. Un silence si profond que cela paraissait louche. Tous ces hommes s’arrêtèrent de bouger, allèrent à leur bureau respectif et se turent :

« — Il se passe quoi là ?
— Je n’en sais rien Mathias. C’est midi et demi, ils ont faim, alors ils s’arrêtent ! Faut les nourrir ces loustics !
— Haha ! En attendant, on a pas beaucoup avancé. Et ce n’est que le début du commencement ! Pf... C’est long à trouver, une piste.
— Tu penses qu’on devrait dire la vérité, rien que pour que l’enquête avance... ?
— Non ! On va trouver une piste ! Pas besoin de ça. N’en parle pas ici... Je ne veux plus jamais en parler...
— Mais Mathias ! Il y a un psychopathe libre, dehors, prêt à tuer ! Tu t’en fous ou quoi ? Il y aura d’autres morts !
— InSoo ! Non ! On a qu’à demander notre indépendance...
— Notre indépendance ?
— Oui... De nous occuper nous même de l’affaire.
— Mais entendez-le ! Mais Mathias, ce type est dangereux, et certainement qu’il pourrait nous tuer !
— InSoo ! La ferme ! On est censé faire ce boulot aux risques et périls de notre vie pour la population, alors assume !
— Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis... »

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Sans regret

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Nicolas SORANZO