Présentation du livre

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par cette femme pensive, qui, elle par contre, ne semblait pas se préoccuper de lui. Il sursauta lorsqu’il la vit tourner la tête vers lui et d’un pas claudicant, il se rapprocha d’elle s’agenouillant à proximité : sa révérence était si basse, que son nez aurait pu toucher le sol.
- Kréduse. Mon fidèle serviteur. Sais-tu ce que cela signifie ? lui demanda-t-elle, une lueur rageuse dans le regard.
L’homme redressa légèrement la tête, son regard s'arrêtant sur le visage de sa maîtresse. Il ne savait pas s’il devait répondre ou attendre qu’elle s’exprime : elle était si imprévisible.
- Bien sûr que non. Tu n’es qu’un simple mortel après tout…
La femme redressa la tête lentement posant ses yeux sur l’immense porte en chêne menant au hall d’entrée du manoir, semblant réfléchir à ce qui convenait de faire en cet instant.
- Il est temps pour lui de mettre fin à la prophétie… Le plus tôt sera le mieux, pensa-t-elle à voix haute. Va chercher mon fils ! Ordonna-t-elle tout en reprenant sa contemplation du dehors à travers la fenêtre.
- Oui, votre sublime grandeur, répondit Kréduse, sur un ton de total dévouement.
Il se redressa aussitôt et se dirigea vers l’immense porte en boitillant du plus vite qu'il le pouvait. Le silence régna laissant la femme dans ses pensées : seul le vent continuait de siffler, accompagné d’un coup de tonnerre qui en aurait fait frémir plus d’un.

*
**

Thervi Down faisait les cents pas dans la salle d’attente. La jeune femme qui devait leur offrir leur plus beau cadeau devait avoir déjà accouchée. Ce qu'il craignait, c'était qu'elle change d'avis en voyant l'enfant. Il avait vraiment peur qu'elle ait renoncé à l'abandonner. Sa femme, Zara, était assise, apparemment submergée par les mêmes doutes et peurs. A sa façon de tordre le magazine dans tous les sens, n'importe qui aurait pu deviner qu'elle était tracassée. Il lui sourit nerveusement, et elle lui répondit d’un même mouvement puis chacun essaya de retrouver son calme. Jetant un regard nerveux à la pendule, il se souvint de la dernière fois où il avait dut patienter de la sorte. Cette attente, il l'avait déjà enduré. Ces questions, ils se les étaient déjà posées. Cette situation s'était déjà produite, et ils n'en avaient retirés que de la déception et de la souffrance : la précédente tentative s'était soldée par un échec. La maman n'avait pas eu le cœur d'abandonner son enfant. C'était son droit, et malgré le respect qu'il avait pour cette décision, elle leur avait fait trop de mal. Cette fois-ci, il ne fallait pas que cela se passe de la sorte, ou alors ils n'en sortiraient pas indemnes. Cette pensée effleura Thervi en même temps que Zara. Mais en même temps, ils n'avaient pas peur des épreuves : ils s'aiment simplement.
Par compassion, sa femme l'avait empêché de faire une énorme ânerie la dernière fois : c'est pour cette infinie sagesse qu'il l'aimait tant. Elle lui avait dit que s’il y avait un espoir que ce petit garçon puisse vivre une vie heureuse auprès de sa vraie mère, ils n’avaient pas le droit d’empêcher cela. La vie ne lui avait pas offert la chance d’être mère elle aussi et malgré les maintes fois où elle avait dit à son mari de la quitter afin qu’il puisse trouver une femme qui lui offre ce dont il avait toujours souhaité, il ne l’avait pas écouté. Il voulait être père, mais pas au sacrifice de l’amour qu’il portait à sa femme. Il continuait inlassablement d’arpenter la salle observant sa moitié, qui à présent se rongeait les ongles, fixant anxieusement la porte qui menait aux salles de travail. Il la vit se relever d’un mouvement rapide, et tourna la tête en direction du docteur qui avait suivit madame Donax tout au long de sa grossesse. Ce dernier arborait un immense sourire.
- C’est une fille ! Dit-il simplement.
Zara se réfugia dans les bras de son mari, le visage ruisselant de larmes de joie. Thervi, quant à lui, avait les yeux qui lui brûlaient avec intensité, mais tenta du mieux qu’il put de ne pas se laisser submerger par l’émotion.
- Elle… Elle… Madame Donax… Bégaya Zara en regardant le médecin avec inquiétude.
- La maman est en parfaite santé. Malheureusement elle ne veut pas s’occuper de son enfant, nous devons le garder en observation, mais d’ici deux jours après que l’assistante sociale soit passée, vous pourrez l’emmener chez vous.
Zara étouffa un sanglot et enfouit son visage sur le torse de son mari. Thervi lui redressa la tête en la maintenant par le menton, tout en souriant.
- Alors maman ? Dit-il taquin. Prête à accueillir cette petite fille ?
Zara se mit à pleurer et rire en même temps, et embrassa son mari tendrement sous les yeux émus du médecin : il était heureux de voir qu’au moins deux personnes dans ce monde voulait à tout prix de cet enfant.
- Vous voulez la voir ? Demanda-t-il.
- Oh bien sur docteur ! Lancèrent les futurs parents en cœur.
Les Down suivirent le médecin qui les emmena dans une petite salle où une sage-femme donnait un biberon à un nouveau-né. La sage femme sourit en les voyant entrer et se releva lentement pour venir déposer la petite fille dans les bras de sa nouvelle maman. Les larmes continuaient de couler sur le visage de Zara, alors qu’elle contemplait avec émotion la petite fille. Elle s’assit sur la chaise qu’avait quitté la sage-femme et pris le biberon que cette dernière lui tendit.
- Alors ? Demanda le médecin tapotant amicalement sur le dos de Thervi. Comment va s’appeler cette petite fille ?
Zara et Thervi se regardèrent étonnés. Ils avaient pensés à tout. La poussette dans le garage, un parc dans le salon, une chambre décorée sur des motifs mixte, un lit, une baignoire, une commode pleine de vêtement pour bébé, des serviettes neuves, une lessive spécialement pour bébé, des tas de jouets et tout ce qui convenait pour accueillir un bébé chez eux, mais ils n’avaient jamais pensés à un nom. Zara reposa son regard sur sa petite fille qui s’endormait tout en continuant de téter lentement le biberon, alors que Thervi se caressait anxieux le visage.
- Nous… Nous ne sommes pas encore mis d’accord. Dit-il d’un air gêné en souriant au médecin qui se mit immédiatement à rire.
- Ne vous en faites pas ça arrive même aux…
- Sarilya… Souffla Zara sans quitter des yeux le bébé qui s’était à présent complètement endormit dans ses bras.
- Comment ça ? S’étonna Thervi en dévisageant sa femme d’un air amusé.
- Je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela ! Répondit-elle en relevant lentement la tête en direction de son mari, tout aussi étonnée que lui de sa propre intervention.
- Sarilya… Répéta Thervi d’un air songeur. C’est plutôt original. Je ne crois pas avoir déjà entendu un prénom comme celui-ci.
Il se mit à rire un instant puis déposa un doux baiser sur l’une des mains de sa fille, puis un autre sur le front de sa femme.
- Si cela te plaît ma chérie, cela me plait aussi ! Dit-il la regardant avec amour.
Zara lui sourit en secouant légèrement la tête affirmative.
- Sarilya Down ! Affirma de vive voix Thervi en regardant le médecin un sourire éclatant sur les lèvres.

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