Présentation du livre

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J'aurais pu courir derrière elle, lui faire une scène dans l'escalier, hurler ma colère, la battre, la ramener de force, mais je ne suis pas ce genre d'homme.

« Ting ! » a fait la sonnerie du micro-ondes.

Deux heures plus tard, Marielle est rentrée. Elle m'a trouvé assis à la table de la cuisine devant un café froid. Elle m'a embrassé sans me dire bonjour. « Ta mère est partie, lui ai-je dit, elle nous a quittés. » En guise de réponse, elle a baissé les yeux en se mordant la lippe. Putain ! Elle savait ! Mais depuis combien de temps était-elle au courant ? Je le lui ai demandé. « Quinze jours. » — « Comment ? » Cela faisait deux semaines que Myriam s'était confiée à elle ! Elle ne m'avait pas soufflé un mot de ce secret ! Elle n'avait même pas tenté par un petit geste de m'alerter sur les intentions de sa mère ! « Et Bruno ? » fis-je, gagné par la paranoïa. Son sourcil gauche se souleva semblant échapper à son contrôle. Quoi ! Lui aussi était au courant ! Je vivais au milieu de traîtres et ne m'en doutais pas.

Le lendemain, Marielle et Bruno sont partis dans le midi. Il n'était plus question pour moi de partir en voyage. Je leur ai donné les papiers de réservation du mobile-home et l'adresse du camping. Elle a emmené son petit copain et lui sa tendre amie. C'était aussi bien. Je me suis retrouvé seul pendant trois semaines en tête à tête avec la télé à longueur de journée, fumant clope sur clope, descendant des bières et me nourrissant de conserves. Je n'ai pas foutu les pieds dehors de tout ce temps, ou si peu, juste pour aller me réapprovisionner en produits de premières nécessités. Alcool et tabac.
De tout le jour, inlassablement, mes pensées oscillaient entre des idées de suicide et de crime. Au bout de trois jours, j'aurais pu écrire deux livres complets, l'un sur les différentes méthodes pour se donner la mort et l'autre sur les mille manières d'assassiner sa femme.

L'appartement était devenu un cloaque puant quand les enfants sont revenus. Ils m'ont observé depuis l'entrée, avachi dans mon canapé, crado, barbu et hirsute en se demandant sans doute si j'étais bien leur père ou si un clodo avait investi la maison.

Hier, j'ai repris le boulot. J'ai fait l'effort de me ressaisir. J'ai fait un brin de toilette et me suis rasé. J'avais toujours une sale gueule, mais au moins, j'étais propre. Mon chef m'a accueilli avec un grand sourire. « Alors, Monsieur Redon, ses vacances ? Superbe l'Aveyron ! N'est-ce pas ? »

Connard...
De tout le jour, inlassablement, mes pensées oscillaient entre des idées de suicide et de crime. Au bout de trois jours, j'aurais pu écrire deux livres complets, l'un sur les différentes méthodes pour se donner la mort et l'autre sur les mille manières d'assassiner sa femme.

L'appartement était devenu un cloaque puant quand les enfants sont revenus. Ils m'ont observé depuis l'entrée, avachi dans mon canapé, crado, barbu et hirsute en se demandant sans doute si j'étais bien leur père ou si un clodo avait investi la maison.

Hier, j'ai repris le boulot. J'ai fait l'effort de me ressaisir. J'ai fait un brin de toilette et me suis rasé. J'avais toujours une sale gueule, mais au moins, j'étais propre. Mon chef m'a accueilli avec un grand sourire. « Alors, Monsieur Redon, ses vacances ? Superbe l'Aveyron ! N'est-ce pas ? »

Connard...
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Nicolas SORANZO