Présentation du livre

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3 opérations en 10 jours ! Le rythme est infernal. La clinique, ses enfants, les miens, les appels téléphoniques pour tenir la famille au courant et moi, le « roc ».
Alors, je me lance… je cherche à rencontrer le chirurgien. Avec ma tête de « vous pouvez tout me dire, je le supporterai ». Cet homme me reçoit immédiatement. Je me pose déjà des questions. Je suis seule face aux nouvelles…
Quelle grande idée, j’ai eu là !
Je suis désolé. Il va falloir être forte. (je me croyais au cinéma !). Le pronostic vital est engagé, il lui reste 6 mois… au revoir, madame.
Je me retrouve sur le parking de la clinique… perdue ! L’inimaginable se produit. Après avoir subi le cancer pendant 2 ans pour leur papa, il va falloir que mes neveux supportent celui de leur maman… et pour moins de 6 mois ! Je suis submergée de haine, j’ai envie de crier, mais je pleure… seule.

Alors merci les nouvelles technologies… Je rentre à la maison, allumer mon pc, me connecter sur Internet… C’est vrai, c’est plus simple que de poser des questions à n’importe quel médecin, qui de toute façon, répondra de manières alambiquées car c’est comme cela qu’on s’adresse au commun des mortels. Quelle merveilleuse invention que ce ramassis de réponses plus affolantes les unes que les autres…

Cancer Colorectal : C'est le second cancer, en termes de fréquence, chez la femme (après le cancer du sein) et le troisième chez l'homme (après le cancer du poumon et celui de la prostate). Les cancers coliques ont une fréquence élevée en France : chaque jour, 100 personnes apprennent qu'elles ont un cancer colorectal. Plus exactement, on découvre 33 000 nouveaux cas par an, et 16 000 personnes en meurent
L'âge : rare avant cinquante ans, les cancers colorectaux deviennent assez fréquents vers 65 ans.
Classification TNM
T (tumeur)
Tis intra-épithéliale ou chorion
T1 sous-muqueuse
T2 musculeuse
T3 à travers la muscularis propria dans la sous-séreuse ou dans les tissus péricoliques non péritonealisés.
T4 organe ou structure de voisinage et/ou perforation du péritoine viscérale
N (ganglion)
N0 pas de métastase ganglionnaire
Nx ganglions non évalués ou moins de 8 ganglions examinés
N1 1 à 3 ganglions métastatiques régionaux
N2 4 ganglions métastatiques régionaux ou plus
N3 gg centraux
M (métastase)
M0 pas de métastase
M1 métastases à distance (dont ganglions sus-claviculaires)
Stadification
À partir des données de la classification TNM, les cancers du côlon sont classés en 4 stades. Les chances de guérison varient considérablement du stade I au stade IV. Pour chacun des stades est noté entre parenthèses le taux de survie cinq ans après le traitement[14]. La stratégie thérapeutique est également adaptée à chacun de ces stades.
Stade I (93.2%): pT1-T2 N0 M0
Stade II : pT3-T4 N0 M0
Stade IIA (84.7%) : pT3 N0 M0
Stade IIB (72.2%) : pT4 N0 M0
Stade III : tous T N1-N2 M0
Stade IIIA (83.4%) : pT1T2N1M0
Stade IIIB (64.1%) : pT3T4N1M0
Stade IIIC (44.3%) : tous T N2M0
Stade IV (8.1%) : métastases à distance
Le pronostic est plus mauvais en cas d'occlusion ou de perforation, de cancer colloïde muqueux ou indifférencié.
Voila, j’ai gagné ! Je fais vite le calcul. J’ai beau essayé de positiver, elle est en stade IV.
Il faut maintenant le dire. Retransmettre cette information inconcevable, inadmissible, incompréhensible.
Véronique, qui connaît sa maladie, sans en mesurer l’étendue, ne veut pas qu’on l’annonce à notre mère.
Nous en discutons entre nous, sans elle… Ce sera le premier mensonge d’une longue série.
Comment annoncer à cette femme, ma mère, qui a perdu l’amour de sa vie, il y a 17 jours, … comment dire à une mère, que sa fille va mourir. Il nous faut enfiler nos gants, amener les mots, petit à petit, jusqu’à ce que se forme les phrases qu’elle peut assimiler.
Et cela, par téléphone… objet maudit ! parce qu’elle est partie se ressourcer chez des amis, pour ne pas rester seule, à la mort de son mari, mon père.
maman, Véronique n’est pas très en forme… (quel euphémisme !).
Je suis partie, il y a 3 jours, tout allait bien, s’exclame-t-elle !
Elle s’est plainte de douleurs au ventre, et a été hospitalisée
Il faut que je me lance. Ne pas parler de cancer tout de suite, mais l’amener lentement à entendre la gravité des évènements.
On l’a opérée, car elle avait une occlusion…
Silence au bout de la ligne… Mes phrases arrivent à son cerveau. Occlusion – gravité – ma fille…
J’en profite pour glisser les mots suivants.
ils ont trouvé des métastases !
Nooonnn
Et voila… chez nous, métastases, on connaît…
Une métastase (en grec 956;949;964;940;963;964;945;963;953;962;, du verbe 956;949;952;943;963;964;951;956;953;, je change de place) est la croissance d'un organisme pathogène ou d'une cellule tumorale à distance du site initialement atteint. Chez l'homme, les métastases peuvent se produire par diffusion de cellules malignes ou de microorganismes par voie sanguine (=hématogène) ou lymphatique (les ganglions lymphatiques métastatiques sont appelés adénopathies).

Au secours ! Encore une définition tarabiscotée juste pour dire que la maladie envahit le corps !

je la laisse reprendre son souffle.
Je rentre ! me répond-elle.
Quelques phrases banales et je raccroche.
J’ai annoncé à ma mère que sa fille allait mourir.
Que faire de plus dur ! Je pensais que c’était lui dire, à elle… et non !
Il y a encore le dire à ses enfants.
Comment leur annoncer que la maladie, qui a emporté leur papa, est encore sur le pas de leur porte.
Il faut s’appeler Véronique ! Car c’est elle qui leur dira.
Bien sûr, ils ne sont pas sourds, ces enfants-là. Ni idiots. Ils ont compris, ils savent que leur maman est gravement malade.
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Plus forte que la Mort

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Nicolas SORANZO