Présentation du livre

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lendemains.
Ce fut une épreuve.
Mes pas me dirigent tout de même au bar du coin. Comme si rien ne pouvait exister tant
qu’un comptoir ne m’ouvre les yeux. Tant qu’un café n’accompagne ma troisième clope.
Rien, pas même le travail ce matin là.
Je ne pousse que très rarement le vice jusqu’à lire le journal, je m’active et embauche. La
friture, la graisse, j’en ai autant dans les cheveux qu’un mécano sur les mains. Le tablier noir,
gras, comme toujours humide, le t-shirt rouge obligatoire, puant, un mélange de transpiration,
d’huile, de mayonnaise et de ketchup. Lavage en baignoire, les jours de repos, quand j’y
pense à temps.
Et la faim arrive avec les premiers clients, avec les premières bières, avant les premiers
whiskys.
Attendre que ça passe, ne pas écouter les crampes d’estomac qui veulent me tordre en deux,
attendre de manger un jambon beurre à la fermeture, boire une bière en attendant.
Et les heures passent. Les quatre ou cinq heures de présence, au dessus du grill, entre la
broche à kebab et le four à pizza, plongé dans la friteuse ou au bac à plonge.
Souvent mon patron tiens la même maladie que moi, alors on limite les dialogues au travail
pur et dur. 1 kébab frites, mayo et un coca…. Un panini jambon… Une petite frite et une
galette saucisse. Répondre oui à tout ça et attendre. Dans la crainte ou l’espoir selon la météo
et le niveau d’ébriété, d’un coup de téléphone pour une livraison.
Les livraisons dans le quartier, je les
faisais à pied. Souvent les bars, à chaque fois bien sûr un
pourboire, dans un bar, souvent des shoots de vodka et quand le barman est plus alcoolo que
moi c’est plutôt deux tournées qu’une. C’est toujours ça de pris sur ma dose matinale.
Sous la pluie, en scooter, à faire des dix bornes sans freins, trempé, à éviter de tomber, sur les
flics ou par terre.
Ramener la monnaie sans se tromper, sinon c’est pour ma gueule la différence. Tout ça
toujours un peu bourré.
La cave d’en face fini par fermer ses portes et ça veux dire qu’il est l’heure, un dernier verre
et on attaque le ménage. Sommaire.
C’est la pause, on coupe la hotte pour que je puisse faire une sieste, le moteur étant très près
de mon lit. On enlève le tablier, le calot, le t-shirt puant et on essaye de pas se faire suivre par
l’odeur.
Je monte chez moi, dans quatre heures rebelote.
Quand j’ouvre la porte de chez moi, la chaine hifi m’accueille en plein milieu de « earth died
screaming » de tom waits, je mets plus fort, c’est pas le morceau qui me donne le plus
sommeil, je me roule un joint m’installe dans ce vieux canapé qu’un barman m’a donner en
me confirmant que la moitié des alcoolos du quartier avait déjà poser leur cul dessus. C’était
peut être lui donner du charme, je ne sais pas, en tout cas il allait et va toujours bien dans cet
appart malgré ses coussins déchirés et ses constellations de brûlures.
L’album défile, le téléphone sonne. Aller boire un verre, profiter qu’il
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Nicolas SORANZO