Présentation du livre

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NUIT INTERDITE
Tome 1: Souvenirs Perdus
Chapitre 1:
Cette nuit, le 1 septembre 2009, Cameron Wilma ne dormit pas.
Elle revoyait sans arrêt les souvenirs les plus marquants et les plus douloureux de sa vie. Elle changea de position mais rien y faire, le sommeil ne venait pas.
Elle mit sa main sur son front et soupira. Comment pouvait-elle dormir après tout ce qu’elle avait vécu? Elle essaya de penser à quelque chose d’heureux mais le souvenir de ses parents et du garçon la hantaient. A cause d’eux, Cameron ne trouvait pas le sommeil. Elle respira un bon coup et se replongea dans ses souvenirs les plus noirs.

« Le froid me glaça les mains. J’étais complètement gelée et mes jambes commençaient à faiblir.
On était un mardi de décembre et l’hiver avait commencé depuis une semaine. La neige recouvrait les rues avec au moins trois ou quatre centimètres d’épaisseur. Quand je marchais dedans, mes petites jambes restaient coincer et j’avais peur de mourir de froid comme on le voie souvent à la télé.
D’habitude, quand je vois mes héros préférés tombés dans de la glace, ça me fait rire car je sais très bien qu’ils survivront. Mais là, j’étais dans la réalité et personne ne viendrait me sauver.
La nuit allait commencé à tomber et mes parents étaient toujours pas là. Que pouvaient-ils bien faire? Ils ne m’avaient quand même pas oublier? Moi une petite fille de 4 et demi?
Le vent glacial passa à travers mes cheveux et je frissonnais effrayée.
-Maman… j’ai peur… viens me chercher.
J’essayais d’être forte mais je n’étais pas une héroïne comme on voit dans les dessins animés. Je n’étais qu’une fille simple et insignifiante qui était perdu au milieu de nulle part et qui réclamait ses parents. Personne allait venir me chercher. Personne ne s’inquiétait pour moi.
Je remis mon écharpe en place et commença à marcher dans la haute neige. A chacun de mes pas, mes orteils me faisaient mal. Ils étaient maintenant trop en contact avec le froid et réclamaient de la chaleur. Malheureusement, je n’en avais pas. Je la réclamais toujours à ma mère quand j’en avais besoin et je pensais qu’à rien d’autre qu’à moi-même. Maintenant, je regrettais d’avoir été si égoïste. Je voulais revoir ma mère et la serrait dans mes bras. Je voulais revoir son visage angélique pleine de gentillesse et de douceur. Je voulais laisser couler mes larmes chaudes sur les siennes. Je voulais manger mes gâteaux préférés au chocolat. Je voulais tellement de choses. J’en avais honte.
- Mama… s’il te plait! Ne me laisse pas…
J’aboyais comme une folle mais tous les volets étaient fermés et les gens devaient dormir à cette heure-ci. D’ailleurs quelle heure était -il? J’étais encore trop petite pour lire les aiguilles mais je comprenais les chiffres. Seulement la grosse pendule accroché sur le grand bâtiment en forme de triangle affichait non pas des chiffres mais des aiguilles.
La neige atteignit ma peau et je criais de douleur. Mes doigts étaient bleu-violet et mes cheveux perdaient de leurs éclats au fur et à mesure que j’avançais.
Mes vêtements n’étaient pas assez chaud pour affronter une tempête pareille. Mon bonnet ne tenait plus en place et mon écharpe ne me recouvrait même plus le cou. Quand à mes mitaines, elles étaient complètement arraché et ne recouvraient que la moitié de mes mains.
- Mama… j’ai si froid… pourquoi me laisses tu toute seule…Mama…
Ma voix se fit toute petite et je n’arrivais plus à emmètre le moindre son. Ma gorge était sèche et mes cordes vocales n’en pouvaient plus alors je me mis à marcher, mes yeux fixés sur mes chaussures à la recherche d’un abri.
Une demi-heure plus tard, je n’avais plus que mes mitaines sur mes doigts. Mon bonnet m’avait été arraché par le vent et mon écharpe avait pris tellement froid qu’elle me glaçait le sang quand je la mettais au contact de ma peau. J’avais du la laisser avec regret sur le bord d’un trottoir. Mon ventre criait famine et mon cœur réclamait de l’eau et de l’oxygène. Il battait faiblement mais il battait quand même, c’était déjà sa de gagner. Soudain, je vis une grande lampe qui éclairait pas beaucoup mais produisait assez de lumière pour voir les longues allées remplient de cette neige étouffante. Je marchais vers sa direction et colla ma tête gelée contre le poteau. La chaleur se réfugia dans mes cheveux et je pus à nouveau respirer normalement.
Malheureusement, le lampadaire ne pouvait pas éclairer toute la nuit et la lumière s’éteignait petit à petit.
- Oh non! Ne me laisses pas tomber. Je t’en supplie, apporte moi ta chaleur.
La lumière se battait de toutes ses forces pour me réchauffer mais elle produisit une dernière lueur et s’en alla, me laissant seule comme d’habitude.
Je m’assis et j’attendis que le temps passe. Il n’y avait pas âme qui vive. J’étais vraiment seule au monde.
Et je sanglota. Mes larmes chaudes coulèrent le long de mon visage et je les laissai faire. Une rafale de vent s’agita et je dus mettre mes mains autour du cou pour me protéger. Le froid m’avalait toute mon oxygène et je toussais de plus en plus. Je n’en pouvais plus. J’essayais d’attraper de l’air mais rien à faire, le vent m’en empêchait.
J’allai mourir , c’était certains. Je ne pourrai plus manger de Nutella de ma vie, ni voir Paula ma chienne en peluche, ni mes gâteaux préférés, ni même…mes parents.
- PAPA, MAMA OU ETES VOUS? Je… Je n’en peux plus… je
J’aurais très bien pu m’évanouir et jamais me réveiller. Mais avant de faire cela, j’avais remarqué une présence non loin de moi. Je ne l’apercevais pas très bien avec mes petits yeux mais je savais que la silhouette était celle d’un homme.
Avec mes doigts engourdis, je nettoyais mes yeux et les plissa pour mieux l’observer. Grand et robuste, l’homme portait une longue cape noir qui lui enroulait les pieds.
Sa tête était à demi-penché sur le côté et ses bras pendaient dans tous les sens, ne montrant pas un seul signe de vie.
Il me fixait et je faillit crier quand j’aperçus la lueur rouge dans les yeux du monsieur. Aussi vifs que le feu flamboyant, ils étaient d’un rouge dur et froid et n’arrêtaient pas de m’effrayer. Le monsieur me faisait peur… j’avais peur.
Il marchait vers ma direction en trébuchant comme si il était sou. Je me recroquevillai sur moi-même en espérant qu’il fasse demi-tour. Mais malheureusement, il était venu pour moi. Avec un affreux effort et en m’aidant de mon précieux lampadaire, je me hissai sur mes deux jambes qui craquèrent sous mon poids. Plus il avançait, plus je reculais. Je voulais crier à l’aide mais personne n’était là…personne…ni même mes parents. Je reculai encore mais ma tête se cogna contre un mur. J’étais dans une impasse. L’homme à la cape noir était bientôt près de moi mais mes jambes ne voulaient plus avancer parce que j’étais tétanisée. Je ne voulais pas mourir mais visiblement aujourd’hui était mon dernier jour que je le veuille ou non. Le vent passa comme une fureur dans mon cou et je me mis accroupie pour échapper à cette furie meurtrière. Quel vent écrasant! Soudain, un picotement surgit dans ma gorge et je toussai à pleins poumons. Mais c’était avec horreur que je vis que je crachai du sang.
Mes poumons s’étouffaient de plus en plus et moi je continuais à cracher du sang.
Ma vie ne tenait plus qu’à un fil désormais. Le bruit d’un lèchement qui me glaça le sang, me fit frémir et je levai la tête. Cette fois-ci je criai. L’homme avait des yeux rouges sang et deux grandes canines ressortaient de sa bouche, pointaient vers moi. Il s’était arrêté et du sang sortait de sous ses yeux. Je me mis en boule et pleurait au secours. C’est alors que j’entendis quelque chose. On dirait un son ou plutôt des paroles qui s’enchainaient sans jamais se finir. C’était l’homme-démon qui parlait.
- Faim! J’ai faim! Faim! J’ai faim!
Sa voix était morte et grave. Le vent résonnai dans mes oreilles. Je voyais les feuilles se soulevaient dans un tourbillon et les nuages grondaient. Une grande pluie s’abattit alors sur nous et elle me refroidit de partout. Je ne pouvais plus bouger, ni même parler, encore respirer. Le froid mêlé à la pluie me faisait souffrir. Je ne pouvais plus rien faire. Je continuais à pleurer et criai mais je n’entendais rien en retour. L’homme s’avança et se pencha vers mon cou.
- Faim!
- Non! Par pitié!!
- J’ai faim!
- Je vous en supplie.
L’homme eut un rictus qui me fit tressaillir. Je tremblais de partout. Il allait me tuer.
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Nicolas SORANZO