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1/Ma grande sœur

Ce soir, je suis rentré de l'école au combien humilié, quelle joie de te retrouver. Toi qui me rappelle que ce n'est pas si grave de ne pas savoir compter, de ne pas y arriver, je reste quand même ton frère adoré, moi, je sais que sur toi, je dois compter. Après tout, je peux me laisser tomber, mais tu me tiens la main dès lors que je me sens chuter. Je reste debout, et malgré mon pied bien déséquilibré, nous pouvons un temps danser, tu me retiens la main, je me sens en sécurité. Cela ne dure en effet qu'un temps, demain, je serai grand. Proche de moi, tu peux me rappeler ta fierté, toi qui ne me voit pas pleurer. Assis sur ce banc, ils se sont bien marré de me voir ainsi traité. "Tu n'es qu'un fainéant" a t-elle dit "Nous sommes bien plus puissants" me rappelles-tu, toi, qui je crois, doit aussi te cacher de papa qui t'a plus d'une fois blessée. Je ne sais plus si tu me tiens toujours la main ou si tu le vois dans mes yeux, mais telle une abeille, tu me permet de m'élever bien haut, bien plus haut, et j'ai le cœur bien au chaud. Alors maintenant, te rappelles-tu ? Nous faisions l'abeille, c'est bien cela ?

Bien des années plus tard, même s'il n'est jamais trop tard, fatigué de devoir lutter, j'ai voulu m'en aller. Je sais que de là-haut, tu m'aurais encore et toujours aimé, même si ce matin-là, tu n'aurais pu cette fois me retenir des mains, ce moment où je me suis senti le courage de m'envoler seul, cette fois, bien seul. Si tu savais ma sœur, oh combien je te porte dans mon cœur.

Demain, ce sont tes enfants que tu feras rêver, les étoiles, tu pourras leur montrer s'ils se font eux aussi maltraités, et dans mon cauchemar éveillé, je n'oublierai pas au combien mes soirées se sont éclairées dans tes bras sur le canapé, une fois mon cœur bien abîmé. "Tu ne vaux rien" me disait-elle. Je t'entends me dire : "Bien plus haut, tu peux aller cache ces maux, je ne peux te le dire qu'en mots, mais lolo, ne fais pas dodo trop longtemps, prends tout de même le temps. Je veux que tu puisses te réveiller et voir au combien, je ne t'ai jamais oublié". Alors, je te promet un jour de me réveiller comme tu me l'as demandé et de ne jamais t'abandonner.
2/C'en est TRAUMAman

Si l'enfance rime avec innocence, tu n'as pas le droit de m'emmener là-bas. Sais-tu ce qu'il s'y passe ? Elle nous menace. Mes camarades, je les regarde, et on partage ce même sentiment d'une prise d'otage. 3-4 contre 22 qui semblent mieux. Parait-il que nous ne sommes pas beau à ces yeux, peut-elle nous faire la leçon, l'instit, elle, qui je crois ne connait rien au mérite de devoir ainsi lutter, n'ai-je donc pas le droit d'exister ? Crois moi que je n'ai pas envie de faire le pitre.

Maman, je vais finir à l'hôpital, j'ai peur du mal, si le bien existe, reviens me chercher, je pourrais peut-être oublier toute sa cruauté, on irait chanter, comme papa le faisait lorsqu'il me prenait dans ses bras pour me rassurer.

Ses cris longs et lourds résonnent en moi et me rappelle qu'une vie parfois, c'est si court. À l'école, je ne suis qu'un enfant, mais moi, je me sens déjà grand. J'apprends à me défendre, à mes dépends, face à ce qui me semble bien incohérent, moi qui n'ai que 4 ans. Je n'ai pas le droit aux tendres sourires, j'entends plutôt les rires, mais pas ceux qui font vivre, ceux qui font plutôt souffrir. Pauvre sadique, toi qui te sert de tes carences psychiques pour imposer ta pratique, ça te dérange, hein, de voir dans le cœur des enfants ce petit quelque chose de magique !? Le docteur me dit : "on va te sauver, on va l'appeler, la renvoyer, le malheur est maintenant derrière toi".

Aujourd'hui, Xanax, Atarax, tout y passe, le temps passe, je me sens déjà mort, peut être à tord, la vie vaut de l'or me dit tatie, existe il un paradis pour ceux qui se sentent incompris ? Victime me dis-tu ? Non, je n'irai pas. Il me vient l'envie de prouver qu'un mal aimé peut aimer tous ceux qui l'ont aimé, peut-être pourrai-je leur apporter ce qu'elle ne m'a jamais donné ? Maitresse ou traitresse, je n'ai pas besoin de ton éducation, je ne dis pas vous, mais tu, car quand on tue, on ne se protège plus. Mieux vaut ne pas en dire plus, toi qui aujourd'hui n'existe plus.
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Pour l'amour du ciel

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Nicolas SORANZO