Présentation du livre

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Le soleil n’était pas encore à son zénith, et il faisait déjà plus de trente degrés à l’ombre. Cinq heures plus tôt, il gelait presque.
Putain de pays de merde !
Cela faisait bientôt deux mois que l’adjudant-chef Daniel Verton, photographe au service de presse des armées, arpentait l’Afghanistan, au sein d’un régiment français sous l’égide de l’ONU. Il avait couvert plusieurs missions en Afrique centrale, il avait suivi l’Opération Sagaie pendant la première guerre du Golfe, il s’était entraîné avec la Légion Étrangère en Guyane, mais là, il en avait marre d’avaler de la poussière dans ce pays qu’il ne comprenait pas.
L’Afghanistan est entouré de pays développés : l’Iran, la Russie, la Chine. Tous l’avaient à un moment ou un autre envahi, mais nul n’avait réussi à le sortir du Moyen-Âge. Depuis des siècles, et aujourd’hui encore, les guerres tribales, ethniques et religieuses, sur fond de trafic de drogue, l’empêchaient d’évoluer.
Aujourd’hui, l’adjudant-chef Verton accompagnait un groupe de combat et une délégation européenne civile dans la province de Nimrôz, au sud de Zaranj. Pour essayer de ramener le calme et la paix dans la région, une rencontre entre chefs de tribus, plus ou moins soumis ou rebelles aux talibans, avait été organisée. Mais les antagonismes pouvaient facilement faire déraper celle-ci en affrontement. La présence de cette délégation avait pour but d’essayer de pacifier le dialogue.
Les membres de celle-ci se déplaçaient, répartis dans deux
Véhicules de l’Avant Blindés (« VAB » en langage militaire), une sorte de camion tout terrain blindé, emportant deux hommes en cabine, le pilote et le tireur de la mitrailleuse de toit, et huit hommes en caisse à l’arrière. On avait donc vingt soldats en temps normal, mais pour cette mission, on n’en comptait que la moitié, sous le commandement d’un jeune lieutenant. Le reste des équipages était composé de civils européens (principalement français et allemands), et de l’adjudant-chef Verton.
Civils et militaires, sans distinction, étaient équipés de casques et de gilets pare-balles. La poussière soulevée en roulant obligeait à maintenir toutes les ouvertures fermées. La température à l’intérieur des véhicules était donc suffocante. Les odeurs de gasoil et de sueur, et les secousses de la route - qui n’était qu’un chemin de terre - donnaient la nausée à tout le monde.
Putain de pays de merde, se répéta Verton.
Daniel Verton n’était ni un délégué, ni un combattant à proprement parler. Bien sûr, il était militaire, mais sa mission était de prendre des photos et des notes, pour les archives de l’armée, et surtout, pour les services secrets, même si ça n’avait rien d’officiel. Dans ce genre de mission, à part ses appareils photos, la seule arme qu’il était autorisé à porter, était un Mac50, un des plus vieux pistolets automatiques encore en service au sein de l’armée française. Alors depuis de nombreuses années maintenant, il s’entrainait assidument aux sports de
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Le cartulaire des Barnabites

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Nicolas SORANZO