Présentation du livre

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LE PETALE
Une voix retentit dans l’avion - Nous arriverons en Russie dans cinq minutes. Veuillez laisser vos bagages dans les compartiments, ils seront acheminés vers l’aéroport après votre arrivée. Je sentis mon estomac se contracter et je vis mon voisin de droite pâlir derrière ces taches de rousseur. L’avion commençait à s’incliner vers l’avant, les hôtesses commençaient à s’énerver, elles filaient entre les bagages et les personnes qui se levaient pour aller aux toilettes, le commandant de bord criait des mots incompréhensibles et soudain un calme total, les roues avaient percuté le sol ce qui fut pour moi un grand soulagement, on avait enfin atterri. Lorsque l’avion s’arrêta, tout le monde se précipita vers la sortie et descendit sur un sol bétonné mal entretenu, plongé dans la pénombre. L’air frais me fit trembloter et j’entendis une voix familière qui s’écriait – Par ici ! Je cherchais alors le propriétaire de cette voix, j’examinais chacune des personnes présentes autour de moi et soudain mon regard s’arrêta sur un visage coutumier. Il me jeta un bref sourire et j’accourus vers lui. Je poussai toute personne se trouvant en travers de mon chemin car cette personne était la seule raison de ma venue ici. Une fois arrivé devant lui il me montra un lieu inconnu tout en me murmurant- Elle est là-bas. Il prit alors mon bras et le posa sur une de ces épaule, une sensation d’amitié s’établit alors en nous. Nous marchâmes une vingtaine de mètres et nous arrivâmes devant une Porsche noire et d’un mouvement inénarrable il sortit la clef de la Porsche, il appuya sur un bouton et automatiquement les portes s’ouvrirent, il m’invita à m’asseoir et un long silence s’installa jusqu’à notre destination finale.

Alors, il gara la voiture sur un parking mal conservé, enfin c’est ce que je déduisis car des fleur avaient poussé de part et d’autre des places, une fois dehors un vent flegmatique s’engouffra dans mon caban et j’eus peine à voir à plus de dix mètres car une épais frimas me cernait je suivais mon partenaire qui maintenant s’avançait vers une sorte de village de montagne, il me fit signe d’avancer et sans dire un mot je continuais à cheminer sur la route serpentée qui menait à ce village. Au bout de quelques instants, il s’écria des mots qui furent étouffés par le vent, il dut donc s’y reprendre à deux fois avant que je n’en comprenne la signification. Je détectais seulement les mots « on » et « arrivé », je n’avais donc pas besoin de cette information car un énorme mur se dressait devant nous et d’un pas assuré je le suivis comme pour lui dire que je l’avais compris. Nous nous introduisîmes dans le village qui comme je m’y attendais n’était pas des plus accueillant, les maisons étaient d’une laideur incomparable, les portes des maisons en bois semblaient avoir mille ans et à en juger aux toitures, aux murs et aux fenêtres, toutes les maisons devaient avoir la même époque que la porte. Mon compagnon me conduisit vers l’une de ces maisons, à mon goût elle était la plus hideuse de toutes mais pour mon compagnon le village était ravissant et cette maison n’en parlons pas. Il la traite comme la Maison Blanche. Et au bout de quelques pas à marche rapide nous arrivâmes devant la maison alors il prit un trousseau de clef, chercha une demi seconde, prit la plus grosse et la plus rouillée de toute, la rentra dans la serrure, toute aussi belle que la clef, et la fit pivoter, la porte s’ouvrit dans un grand grincement à faire hurler mais j’étais habitué aux bruits horrible car à Paris ma voisine du dessous ne savait faire que cela. Mon compagnon rentra le premier, moi j’attendis qu’il me fasse signe de venir et alors sa grosse voix retentit –c’est bon, tu peux venir ! Alors je pris mon courage à deux mains et je découvris une pièce dégarnie de tout objet commun, car la pièce était parsemée d’objets insolites tels qu’un œil dans un bocal, des insectes morts coupés en petits morceaux sur une table. Bref, ce n’était pas un hôtel quatre étoiles et mon compagnon me dit –C’est ici que tu vas dormir. Il reprit son inspiration et annonça -Si je t’ai fait venir ici c’est par ce que j’ai découvert une grotte à ce jour inexplorée, et que nous avons travaillé ensemble depuis des années et je sais que ta retraite approche à grands pas donc s’il te plaît, veux-tu m’aider à l’explorer ? Je t’en prie ! Dans ma tête des idées se bousculèrent –que faire ? Je suis venu en Russie, non ? Il m’a pigé ? Je ne voulais plus aller dans des grottes ! En Russie juste pour une GROTTE ! Je lui dirai oui, mais en fait, je partirai pendant la nuit. Alors, je dis solennellement –C’est d’accord ! Je vis un petit sourire se dessiner sur ses lèvres qui s’effaça aussitôt. Alors, il me fit un signe de la main et lâcha un au revoir avec un semblant de tristesse ! La porte claqua et à ce moment précis, je me rendis compte que des toiles d’araignées parsemaient le plafond et alors comme je l’avais prévu, j’attendis quelques instants, le temps que mon compagnon soit retourné à sa voiture. Au bout de quelques minutes, je me précipitai vers la porte d’entrée sans prendre soin de la refermer.

Dehors, la brume c’était dissipée et le vent était coincé derrière les murs du village mais la nuit était tombée et je percevais à peine le bout de mes doigts. Je sortis mon portable pour essayer de m’éclairer mais sa luminosité n’était pas la même qu’un réverbère, je cheminais entre les ruelles jusqu’à ce qu’une grosse goutte d’eau qui percuta mon visage. Au bout de quelque instant, mon visage était si mouillé que l’on pouvait croire que j’avais fait une heure de sport, alors je me mis à courir car j’étais dépourvu de mon caban. Je courais sans regarder vers où j’allais et soudain je vis que j’arrivais dans un champ jonché de coquelicots et un grand bâtiment en son centre. Soudain, sans réfléchir, je me précipitai vers lui. Le bâtiment était étrangement noir comme s’il avait brulé, les vitres brisées émettaient comme un hurlement à chaque goutte d’eau qui leurs tombaient dessus. Une fois arrivé devant le bâtiment, je vis une porte se dessiner dans la brume mais à mon plus grand désespoir un gros rocher était juste devant elle. Dans un faible espoir, je tentai de le dégager mais ma force était limitée donc je renonçai à le faire bouger et soudain une détonation retentit. C’était la foudre donc dans un élan de vitesse je longeai le mur du bâtiment noir et je vis un trou de la taille d’un chat, je me plaquai contre le sol et je rentrai dans le minuscule trou. J’avançai le plus vite possible et enfin je rentrai dans le bâtiment, un bruit sourd retentit. Le trou dont je venais de sortir s’était rebouché d’un rocher semblable à celui devant la porte d’entrée j’étais glacé de peur car je me trouvé à cette position il n’y a pas plus de dix secondes. Je repris ma respiration calmement et je découvris une salle qui était pourvue d’une très faible luminosité. Je distinguai légèrement des murs noir cendré et sans raisonner correctement j’avançai droit devant moi mais je n’eus pas le temps de voir le mur que je me pris en plein front ce qui me fit tomber par terre. A ce moment-là, je sentis le trousseau de clefs de la maison, que l’on m’avait prêté, s’échapper de ma poche. Encore un peu assommé par le coup, je cherchai le trousseau à l’aveuglette, mais en vain. Là, je sentis un objet froid sous ma cuisse, c’était le trousseau de clef, j’étais rassuré car repayer des clefs m’aurait couté cher et pas qu’en liquide ! Je les rangeai précautionneusement dans ma poche et je me relevai malgré mon léger étourdissement.

D’un coup, une forme anormale qui rayonnait, me traversa le corps ce qui me fit échapper un léger hurlement et une étrange sensation de tristesse s’empara de moi. Dès lors, je vis une forme féminine quasiment humaine, sans délimitation précise qui portait une fleur et me fixait de ces yeux incolores, je poussai donc un hurlement qui se fit entendre dans tout le bâtiment. Je me mis à courir comme je ne l’avais jamais fait, même en cours de sport. Je jetai des coups d’œil réguliers au-dessus de mon épaule et l’être fantomatique continuait à me poursuivre –Qui êtes-vous? Suffoquai-je. Mais je n’eus pour seule réponse que le bruit de mes pas. Dans mon élan, je vis une pièce à ma droite, alors je pris la résolution d’y aller. Une fois dans la pièce, je me plaquai contre un mur et je retins ma respiration mais le spectre ne se montra pas. Je regardai un mur devant moi et je vis le titre « Orphelinat Staline» et alors une idée effroyable me vint à l’esprit et je dis à voix haute -des murs brulés, le mot orphelinat ! Alors je perdis tous mes sens –c….c….c’est un orphelinat brulé ! Mais après un instant de réflexion j’eus une pensée positive -Peut-être que les enfants ne sont pas mort dans l’incendie ? Peut-être ne sont-ils pas tous morts ? Peut-être que ce ne sont que des brûlures ? Je me posai ce même type de questions pendant une dizaine de minutes jusqu’à ce que l’idée de m’échapper me revienne à l’esprit. Je pris mon courage à deux mains et je sortis de la pièce m’attendant à voir le spectre sortir de nulle part, mais rien, aucune chose étrange ne se produisit, à mon plus grand soulagement. Je pris donc mon téléphone pour m’éclairer dans les ténèbres ce qui fut inutile car une étrange lueur était au bout du couloir sur lequel je me situais. Je voulu m’y engager cependant la lumière presque surnaturelle m’effrayais quelque peu. Cependant, le pourcentage de la batterie de mon téléphone m’indiquait que c’était la seule possibilité. Je m’engageai donc dans le couloir et je répétai plusieurs fois en criant-Il y a quelqu’un ? Toutefois comme je m’y préparai, le silence fut ma seule réponse. Alors plus craintif, je m’avançais avec les cinq pourcent de batterie restants et plus je m’approchai de la pièce plus le sentiment de tristesse que j’avais ressenti en présence du spectre s’accentuai, je sentais presque les larmes me venir et brusquement un cri strident sortit de la pièce lumineuse. Il ressemblait à un gémissement d’enfant, dès cet instant je me mis à m’affoler et l’envie de fuir commença à se répandre en moi mais une petite voix résonna dans ma tête et elle me disait de faire demi-tour. Je réfléchis aussi vite que je pu et je pris la décision de ne pas faire demi-tour car le cri m’intriguais étrangement et je continuai donc à m’approcher du gémissement qui s’amplifiait à chacun de mes pas. Une fois à un mètre de la porte, je pris une grande inspiration et je m’élançais dans la pièce sans prendre garde. Je vis une salle grisâtre légèrement plus lumineuse que les autre car elle possédait une lueur sans doute celle de la lune, elle passait à travers un trou dans le mur. Je baissai mon regard et je vis une table ancienne et plus bas je discernai quelque chose qui me fit pleurer puis hurler d’horreur à coté d’un banc se tenaient des spectres d’enfant qui flottaient de parts et d’autres. Des larmes coulaient le long de leurs visages et la plus grande d’entre eux qui semblait être adulte, émettait le gémissement que j’avais entendu tout à l’heure. Elle me fixa et je reconnu sa fleur, son regard vide, c’était le spectre féminin qui m’avait poursuivi, il y a quelques instants. J’eus un mouvement de panique et je couru en direction de la porte je courrai droit devant moi, des gouttes de sueur coulaient le long de mon visage et rapidement je me rendis compte que je filai vers une impasse. Un sentiment d’angoisse s’empara de moi et une pensée revenait sans cesse, dès que je ferai volt face, un spectre sera là. Alors, je fis comme si l’on m’avait injecté des vitamines, je me retournai avec une légère crispation mais aucune trace de spectre. Dès lors je fis demi-tour et une fois à un mètre de la porte le gémissement s’était estompé. Ensuite, avec la plus grande prudence, j’entrai dans la salle mais rien n’avait bougé, les spectres étaient tous là mais ils continuaient à pleurer étrangement, ils n’émettaient aucun son alors que je voulu m’enfuir, le grand spectre féminin me fis signe de venir, j’hésitai un moment mais je senti de la compassion pour cette être, alors je me dirigeai vers elle. C’est là qu’elle me mima quelque chose que je ne compris pas. Je lui fis un signe d’approbation comme pour faire croire que je la comprenais. Soudain, les enfants se mirent à gémir, puis à crier et enfin ils hurlèrent, le son était assourdissant. Je me mis à courir très vite en direction de la porte car le hurlement des enfants devenait incessant. Soudain, une lumière éblouissante me força à courir plus vite et ma vision était quasi inexistante. Instantanément, tout s’arrêta, plus de hurlement, plus de lumière, j’étais encore un peu assommé par le son. Je me levai et je rentrai dans la salle mais plus rien, tout avait disparu, je regardai de droite à gauche au cas au j’aurai oublié un détail mais je ne vis rien et au moment où j’allai sortir, je vis un pétale de fleur qui était éclairé par le trou dans le mur. Je m’approchai d’elle et j’en eus le souffle coupé le pétale ressemblait étrangement à celui de la femme fantomatique, je le glissai dans ma poche et je sentis une petite larme qui coulait le long de mon visage. Depuis le trou du mur j’entendis une voix lointaine-heoooo ! Je répondis à la voix -Je suis ici ! Alors les bruits de pas se rapprochèrent et je vis la tête de mon compagnon dépasser du mur –Ça fait des heures que je te cherche ! S’écria mon compagnon. Je sortis joyeusement par la fenêtre et nous partîmes tous deux vers le village, je regardai l’orphelinat une dernière fois avec la plus grande tristesse !
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Nicolas SORANZO