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Sommaire :

pge 2 Un jour sans

pge 3 Souvenir

Pge 5
Un jour sans

Il y avait des jours avec et des jours sans, et, pour Léa, à n’en pas douter, c’était un jour sans.
Sa grand-mère lui avait suffisamment répété mainte fois qu’elle devait restée à l’abri chez elle un vendredi treize, et maintenant, bien trop tard, elle regrettait de ne pas l’avoir écouté.
Plus tôt dans la matinée, internet l’avait lâchée. Panne de réseau. Elle était immédiatement accourue acheter ses places au guichet le plus proche, à plus de dix kilomètres de chez elle. Le bus qu’elle avait dû prendre parce que sa voiture n’avait pas voulu démarrer avait oublié de s’arrêter à sa destination et elle avait dû descendue une station plus loin. Elle n'avait pas fait dix pas lorsque la lanière de sa chaussure s'était déchirée. Elle s'en doutait un peu, cela faisait plusieurs jours déjà qu'elle avait remarqué que le fil de la couture s'était cassé, mais pourquoi avait-il fallu que cela arrive justement ce jour-là ! Et si encore cela s'était arrêté là, elle aurait pu croire que ce n'était qu'une pure coïncidence, malheureusement, ce n'était pas le cas. Un chat noir s'était glissé entre ses pieds lui tordant la cheville et lorsqu'elle s'était décidé à appeler un taxi, elle s'était aperçue que dans sa précipitation, elle avait oublié son téléphone portable. Elle avait commencé à penser que sa grand-mère avait peut-être raison.
En réalité, elle en était de plus en plus sûre.
Cela faisait deux heures maintenant qu'elle patientait dans une file d'attente interminable pour acheter des places de concert de son groupe préféré. Elle avait mal au pied, elle avait chaud et elle était en nage. Elle regretta de n'avoir pas emporté une bouteille d'eau. La fille derrière elle avait refusé de lui donner, espérant sans doute qu'elle quitterait la file. Il en était hors de question, si elle faisait ça, elle perdrait sa place!
Léa soupira enfin, il restait quatre personnes devant elle.
Trois. Deux. Une.
- Je suis désolée, mademoiselle, lui fit l'hôtesse avec un sourire confus, toutes les places ont été vendues.
- Non !!!
Des cris mécontents emplirent la file d'attente juste derrière elle. Léa regarda désespérée la pancarte que l'hôtesse venait de poser sur le comptoir avant de fermer la vitre de séparation : "plus de places disponibles". Elle en aurait pleuré. Élodie, sa meilleure amie, la bouderait au moins pendant dix jours, si ce n'était plus. C'était censé être son cadeau d'anniversaire.
Il ne lui restait plus qu'à retourner chez elle bredouille.
La foule s'était déjà éloignée et après quelques minutes à réfléchir à une solution de remplacement qui satisferait Élodie, Léa s'en retourna, en boitillant, prendre un bus retour.
Heureusement, il était seulement à une centaine de mètre de là. Malheureusement, il était surement écrit quelque part qu'elle était maudite. Alors qu'il ne lui restait que quelques mètres à faire, regardant avec soulagement le banc de l'abri bus, elle fut brusquement projeté en avant. Elle ne réagit pas immédiatement et comprit ce qui était en train de lui arriver lorsqu’elle sentit son sac glisser de son épaule.
Son cri de terreur se répandit autour d’elle, mais il était déjà tard et seule une personne âgée se trouvait à proximité. Personne qui put lui porter secours. Dans une dernière tentative de sauver son sac à main, Léa tenta de se jeter sur son agresseur afin de le déstabiliser, sans argent pour payer le ticket de bus, elle ne pourrait jamais rentrer chez elle. Son geste fut vain, cependant. L’ignoble individu, un garçon à peine plus âgé, mais bien plus grand et plus fort qu’elle, la bouscula. Léa se sentit basculer. Elle tendit les mains en avant, cherchant à s'accrocher au garçon, mais celui-ci se dégagea prestement d'un mouvement d'épaule et s'enfuit en courant. Léa tomba en arrière et sa tête percuta le bitume.
Maudite, elle était maudite. Si elle avait su, elle aurait écouté sa grand-mère.

La dernière chose que vit Léa, ce fut un millier d’étoiles qui dansaient devant ses yeux avant de s’évanouir, dans une flaque de boue...

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Nicolas SORANZO