Présentation du livre

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Chers Monsieur Morlant,

Voici ma seule et unique lettre que je vous enverrai. Je ne sais pas quels ont été mes motivations au départ. La curiosité sans aucun doute mais aussi une certitude profonde que rien ne pourrait m’ébranler dans mes convictions. J’avais tors ! Je m’imaginais virevoltant dans ce monde en esquivant les problèmes et le regard de ceux qui pourraient m’être préjudiciable. Je pensais que j’étais une feuille qui glissait entre terre et ciel, portée par le vent à travers les paysages les plus variés et les plus exotiques. Juste une petite feuille qui irait loin et que rien ne pourrait jamais rattraper, libre et éphémère. La première partie de ma vie fut fidèle à cette image que j’avais de moi-même. J’allais partout et j’apprenais de tout sans rendre de compte à personne. Mais il y a des choses que personnes ne doit savoir et vous, vous voulez savoir ! Pensez-vous seulement mériter de savoir ? Ce serait trop facile !

Ainsi, tranquillement assis dans votre fauteuil de bourgeois, rien qu’en lisant cette lettre, vous pourriez savoir ce qui m’a couté ma raison et ce que j’avais de plus cher. Et bien vous avez raison de vous adresser à moi car je vais vous dire tout ce que je sais. Non pas pour votre plaisir, au contraire, je vous dirai tout pour vous voir poursuivit du même fléau que moi ! Et vous fuirez, longtemps, aussi loin que vous le pouvez, sans lui échapper, jusqu’à ce que vous daigner sacrifier une partie importante de vous-même ! Cela, bien sûr, sera possible uniquement si vous survivez. Peut-être avez-vous les mêmes qualités de proie que de fouineur ? Je vais donc vous raconter l’histoire que vous aimeriez connaître. Mon histoire !
Cette histoire commence il y a quinze ans, en Afrique, dans un petit pays appelé le Togo. Peu de gens connaissent ce pays, mais j’ai l’intuition que vous le connaissez. Ce pays est frontalier du Bénin et donc relativement proche du Nigéria. Majoritairement chrétien et animiste, le vaudou y occupe une place prépondérante dans l’esprit des gens. Quelques amis et moi avions donc décidé d’y partir pendant un mois pour y découvrir certains de ces rituels. Pas par esprit scientifique, je vous rassure, mais par simple curiosité d’occidentaux en mal de sensations nouvelles. Un peu moins d’une semaine après notre arrivée à Lomé, nous décidâmes de quitter la capitale pour les villages du Sud-Est du pays, près de la frontière béninoise. Nous allions de villages en villages, campant dans un lieu différent tous les soirs. Nous comprîmes assez rapidement que nous ne pourrions trouver de pratiquants du vaudou car il est à peu près aussi délicat de parler de cérémonies vaudou là-haut que de cérémonie satanique un dimanche matin devant une église de Lourdes. Notre projet se transforma assez vite en simple excursion découverte dans le pays. Ce fut d’ailleurs très agréable, les gens nous accueillaient généralement chaleureusement et nous passâmes la deuxième semaine en bifurquant d’un point à un autre. Ce fut à la fin de cette deuxième semaine que quelque chose d’étrange se produisit et se révéla complètement à moi treize ans plus tard à Paris.

Mes amis et moi campâmes ce fameux soir à quelques kilomètres de la ville de Kara, une grande ville du Nord du pays. A cause de la chaleur, de la crasse qui suintait par tous les pores de ma peau et de mes amis qui ronflaient comme des ivrognes, je ne pus trouver le sommeil cette nuit là. Vers deux ou trois heures du matin, je décidais de sortir de la tente pour fumer en profitant de l’air plus frais. Je vis alors un homme avec le faisceau de ma lampe torche, à quelques mètres de moi, et l’idée me vint qu’il était venu voler nos affaires.
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Le mythe du traqueur Testëmböl Kivul

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Nicolas SORANZO