Présentation du livre

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Les lumières défilaient. Et le son sourd des véhicules résonnait dans les ruelles pour finalement disparaître dans un coup de vent. Une couverture s’éleva de frénésie et un homme se releva brutalement de son lit. Le souffle haletant et chuintant de l’homme réduisait à néant le silence dans la petite pièce, composée seulement d’une armoire beigeâtre et d’un bureau de travail à moitié désordonné par les boulettes de papier. Quelques gouttes de sueur perlèrent de son front. Il tourna faiblement la tête vers la vitre, le regard fatigué, presque vide. Il pleuvait. Son souffle écorcha la pièce et il se recoucha harassement sur son lit pour poser une main sur son visage. Il regarda le plafond grisé par la salissure.

— Un cauchemar…

Il fit voler sa couette jusqu’à ses hanches pour se retourner afin de retrouver un sommeil normal et rythmé. C’était quelqu’un d’invisible. Une personne qui n’existait que pour les autres et rien d’autre. Il ne s’imposait pas. Ne discutait pas de sa position de vie. Et encore moins, ne parlait de ses sentiments. Il n’était qu’un outil pour les autres. Ethan Niels n’était rien d’autre qu’un simple déchet qui devait faire profil bas. Voilà ce que lui disaient constamment ses parents : « Tu n’es rien ! », « Ne pense jamais à être heureux. Tu dois servir les autres. C’est compris ? » Ou encore « Baisse la tête et ne fais rien d’absurde ». Un véritable lavage de cerveau. Et il avait fini par vivre une vie sans aucun sens authentique. Par moment, il avait eu envie de disparaître. Tout seul. Sans que personne ne le remarque. Et puis d’un sourire narquois, il se convainquait lui-même que personne ne saurait s’il était mort voire même s’il avait existé un jour.

Le soleil se leva. Faisant volte-face à la lune qui s’en alla de l’autre côté de la terre pour endormir enfant défavorisé et adulte oppressé. Le jeune homme ouvrit doucement les yeux et se leva d’une aisance frivole pour, dans un commun moment, s’habiller dans un silence de mort. Ce dernier, à peine sorti de sa vingtaine, était un valet de chambre d’une grande famille. Malgré que ses tâches étaient ingrates et peu payées, il ne bronchait pas, ne parlait pas d'une quelconque difficulté.
La porte claqua et il sortit un vieux vélo rouillé à moitié cabossé, une chance qu’il puisse encore fonctionner. Ethan s’en alla alors dans la grande demeure de ses employeurs, de grands bourgeois qui avaient la possibilité de corrompre n’importe quelle unité, que cela soit de grands hommes d’affaires ou de simples policiers de rue. Le chemin se faisait de plus en plus haut et pénible, la route rocailleuse était à chaque fois une vraie lutte pour parvenir jusqu’à la résidence.

Il finit par se poser et habituellement les dames de chambre arrivèrent telles des fleurs jusqu’à Ethan, comme si leur vie était plus importante que la sienne.

— Qu’attends-tu ? Grincha nonchalamment une des dames qui s’en alla pour accueillir leur employeur qui venait de rentrer de son voyage d’affaire.
— Bonjour Monsieur Warren. Je vous débarrasse de vos affaires.

M. Warren se débarrassa de ses diverses valises et d’un pas autoritaire, marcha jusqu’à la grande porte qu’Ethan ouvrit. Sans faire attention à cet acte, l’homme glacial entra dans la grande demeure pour se faire accueillir de sa fille, Elisabeth. Elle était une fleur que personne n’aurait la possibilité d’avoir, sa douceur incomparable était accompagnée d’un physique de déesse. Son visage de porcelaine donnait une impression de fragilité, comme si, au moindre mouvement brusque, elle se briserait en millier d’éclats.

Vint ensuite son fils, un poil plus jeune qu’Elisabeth et pourtant aussi mûr qu’un enfant de deux ans. John avait pour mauvaise habitude d’être égoïste et mal accompagné. Ses amis n’étaient que de vulgaires racailles qui lui faisaient faire les plus sottes bêtises.
Sa femme descendit les marches. D’une élégance aussi belle qu’un cygne. Elle s’était faite belle pour cette occasion, car personne ne savait si Monsieur Warren aller partir une fois de plus dans la minute. M. Warren analysa son visage, épluchant de haut en bas son corps, contempla sa beauté. Il était en ce moment même comblé, de retrouver sa famille et sa femme.

Ethan examinait les retrouvailles entre la famille Warren. Un certain sourire en coin. Mais envieux d’une telle famille. N’y aurait-il pas une telle famille qui l’attendait ainsi ?
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Cauchemar

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Nicolas SORANZO