Présentation du livre

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Je suis une enveloppe kraft, format 21*29,7 cm, bref, une enveloppe normale. Oui, mais voilà, je suis « l'enveloppe ». Celle qui contient le secrets d'une famille et le destin d'une femme.

Je me suis glissée ce matin entre les publicités et les factures en espérant que mon contenu l'intriguerait.


Eleanor a trente ans, les yeux verts d'un chat sauvage, de longs cheveux auburn qui retombent dans une cascade de boucles sur ses jolies épaules. J'aurais pu tomber plus mal.

Je sais tout de cette femme, je l'ai vu grandir de loin, guettant le moment où j'entrerai en scène. Trente longues années à attendre de tout lui révéler et c'est enfin mon heure.

Pourquoi tant d'impatience ? Mais parce qu'Eleanor ne sait rien de sa naissance, sinon qu'elle fut trouvée par ses « parents » dans le fond de leur jardin. Là, sur la belle petite attendait « ma sœur aînée », l'enveloppe qui contenait tous les papiers qui faisait d'Eleanor la fille adoptive de Mr et Mme Louvier et un petit caret rose dont la seule page remplie mentionnait son prénom et sa date de naissance : le 21,01,1985. Dans un petit cœur à côté de la date, deux mots : « aimez-moi ! .»

Les Louvier, qui depuis si longtemps désespéraient de n'avoir pas d'enfant, ne cherchèrent pas à savoir d'où provenait e miracle. Tombés « amoureux » fous d'Eleanor au premier regard, ils rentrèrent discrètement dans la maison avec leur précieuse cargaison afin de réfléchir à la marche à suivre pour n'éveiller aucun soupçon dans le village.


Ils décidèrent d'éloigner Mme Louvier le temps d'une grossesse, prétextant auprès des amis et de la famille les aléas d'une grossesse tardive et donc à hauts risques. C'est donc après 9 longs mois passés loin de son mari, que Bérénice Louvier revint avec Eleanor et tous trois commencèrent leur nouvelle vie.


Eleanor, grâce aux Louvier, connut une enfance heureuse, bercée d'amour et de tendresse. Son père lui transmit la passion des livres et sa mère l'esprit d'entreprise. La jeune femme, après des études de lettre, devint donc libraire.

Les présentations sont faites, passons aux choses sérieuses. Ce matin donc, c'est l'anniversaire d'Eleanor. Son trentième anniversaire. Et c'est là que j'entre en scène. Enfin !







Après s'être levée de bonne heure comme toujours, Eleanor a préparé son café, et, en l'attendant, s'est blottie dans son "canapé de lecture" comme elle aime à l'appeler. Elle a pris son roman en cours, chaussé les petites lunettes rondes qui lui donnent l'air d'une étudiante, puis a commencé sa lecture.




Parfois entre 2 pages, elle regarde "son" chêne. Elle le voit, dans le fond du jardin, par l'immense baie vitrée qui nimbe le salon de lumière naturelle. C'est là qu'elle s'installe lorsque le temps le permet. Mais ce matin, un vent "à décorner les vaches" agite les feuilles du vieil arbre, et en bas de la falaise, les vagues s'écrasent avec force contre les rochers. C'est le temps qu'Eleanor préfère : un temps à ne pas mettre un chien dehors...









Voilà ! Le café vient de se faire entendre, la phase 2 du rituel du matin... Eleanor se rend à la cuisine, qu'elle a voulu ouverte sur le salon, sort sa "tasse géante" et se sert un café bouillant. Puis, serrant son chaud breuvage dans ses mains, elle retourne à sa lecture. Il lui reste encore une bonne heure avant de partir pour sa librairie, c'est le passage du facteur qui lui donnera le signal.









Le nez dans son livre, la jeune femme ne voit pas le temps s'écouler et le facteur arrive bien vite. Lorsqu'elle l'aperçoit, ils se font signe, elle pose son livre après en avoir soigneusement marqué la page, puis sort récupérer son courrier.




Je suis cachée au milieu des factures et autre publicités, Eleanor ne me voit donc pas immédiatement. Revenue dans la cuisine, elle se ressert un café, s'assoit au bout de la grande table campagnarde et commence à "éplucher" le courrier.




EDF, téléphone, une carte de la cousine Justine en vacances en Espagne, des publicités vantant les divers magasins de la région et, tout à coup, moi !




Elle me regarde l'air de dire "mais qu'est-ce que c'est que ça ?". Comme elle est curieuse de nature et qu'aucune inscription ne tâche ma belle robe blonde, elle me décachète.









Une feuille blanche, c'est tout ce que je contiens... Quelques mots jetés sur le papier par une imprimante. Des mots qu'elle lit plusieurs fois se demandant quoi en faire. Est-ce une blague ? Une erreur peut-être ? Elle demanderait bien l'avis de ses parents mais a peur de les perturber. Et puis, ils se font une telle joie de la fête qu'ils ont organisé pour ses 30 ans. Une joie qu'elle ne veut surtout pas gâcher.




Comme elle ne ressent pas de danger face à l'énigme que je représente, elle décide de me mettre de côté pour aujourd'hui et de ne décider qu'après sa journée de travail et sa fête ce qu'il adviendra de moi.




Pour l'heure, elle s'habille d'un jean, un pull gris clair à large col et chausse sa paire de tennis préférée. Elle se changera pour sa soirée d'anniversaire, là, il est temps de partir pour "Le Refuge".
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