Présentation du livre

Note : aucune

3 commentaire(s)

1- La femme doit porter le hijab, c’est obligatoire dans l'Islam !

C’est l’heure du prêche. Les fidèles se lèvent tous pour saluer l’arrivée du Docteur barbichette. C’est l’Imam de la mosquée, chargé par les fidèles de leur dire la bonne parole et les diriger dans le droit chemin. Soit disant, eux seuls seraient dans une incapacité intellectuelle permanente de distinguer entre le bien et le mal. Même si certains en font exception et savent bien ce qu’est le bien et ce qu’est le mal, du moment ou Docteur Barbichette prend la parole, ils sont censés devoir ne rien savoir. Ainsi les émoluments du Docteur sont bien mérités et guerre besoin pour lui d’aller travailler pour vivre. Entre nous, il n’a aucune qualification et ne sais strictement rien faire.

Aujourd’hui, il y a les femmes derrière et les hommes devant, comme toujours. Mettre les femmes devant serait prendre un risque majeur et Barbichette le sait. Les fidèles le savent aussi. Enfin cela reviendrait à placer la proie juste devant, à deux mètres, de son prédateur. Il faut savoir, mais jamais l’avouer publiquement - ça doit rester entre nous – que dans la culture dominante et populaire (les deux) du peuple de Monsieur Barbichette, les femmes sont des objets sexuels purs et les hommes sont des prédateurs, purs également. Tout va bien.

Donc on ne change rien, les femmes sont derrière, afin que les prédateurs se concentrent bien sur ce que va nous dire aujourd’hui Docteur Barbichette. Il prend place dans le Mehrabe. Avec la main droite, il tient son papier, avec la main gauche, sa cane. Il n’est pas handicapé et ne boite pas. D’ailleurs il est jeune et bien portant. La cane lui donne un air vieux, donc sérieux et respectable.

Il ouvre son séminaire par une longue psalmodie, introduit son sujet et se lance :
- la femme doit porter le hijab.
Je me retourne, moi qui suis apparemment le seul à être mal discipliné, pour vérifier si les femmes, assises derrière nous, portent bien le hijab. Impeccable. Je regarde en direction du Docteur Barbichette, puis je regarde le prédateur assis à ma droite, et celui assis à ma gauche, et j’acquiesce.
- C’est écrit dans le livre, poursuit Docteur Barbichette.
Tous, nous répondons en cœur
- Amen.
- Elle doit se couvrir et ne rien laisser transparaître qui puisse attirer l’homme.
Je lève ma main droite :
- Docteur, docteur, et si malgré tout, elle continue à attirer les mecs ? Vous savez Docteur, il m’arrive de voir des femmes complètement voilées, mais qui portent derrière de grosses fesses bien bombées. Alors je regarde et je me laisse attirer. Ce n’est pas bien Docteur ?
- La femme doit se protéger du loup qui ne cherche que la chair fraîche.
- Je me retourne une deuxième fois – mes voisins prédateurs me regardent avec étonnement – et je regarde si, parmi les prédateurs des derniers rangs, il y a des loups. Non, non. Tous sont encore en djellaba. Personne ne s’est mis à poil et quatre pattes, pour l’instant, pour aller dévorer la chair fraîche. Tout va bien. Les fidèles prédateurs se retiennent aujourd’hui.
Je regarde Docteur Barbichette et dis :
- Pas de loup derrière.
Non complètement ni définitivement rassuré, je me retourne encore une fois. Mes deux voisins n’en peuvent plus de mes agissements. Ils me le montrent. Je me dis que ça se pourrait qu’un des fidèles prédateurs se transforme en loup sans que on s’en aperçoive, pendant qu’on écoute, bien concentrés, Docteur Barbichette et sa bonne parole. Il pourrait sentir la chair fraîche derrière et s’exciter. Alors là, s’il ne se retient pas, comme il se doit, il pourrait rentrer en transe. Si personne ne vient le réveiller et le ramener au droit chemin, il se pourrait qu’il se transforme en loup prédateur. Et s’il se met dans la tête d’aller dévorer la chair fraîche qui attend sagement derrière, qui pourrait l’arrêter ? Enfin, pour le moment, pas de mouvement suspect.
Je me retourne, reprends ma position initiale. Je lève mon bras, droit toujours – Barbichette nous déconseille la main gauche. Le Prophète n’utilisait jamais sa main gauche d’après un Hadith rapporté par l’Imam Al Boukhari - et dis :
- Docteur, docteur, les petits loups sont partis en Syrie. La banlieue parisienne peut sommeiller tranquillement.
Il n’a pas l’air de comprendre. J’en rajoute une couche :
- Les petits loups, vous savez ? Les tarés de l’intégration ?
- Les tarés ?
- Ah ! Pardon. Je voulais dire les ratés de l’intégration.
- Les ratés de l’intégration ?!
Page précédente
Vous lisez :

Dialogue avec un salafiste

page :
Page suivante

Création du site


Nicolas SORANZO