Présentation du livre

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Il est tard. Ma journée prend fin. Mon corps m’échappe, mes yeux se ferment d’eux-mêmes. Mon esprit part lentement à la dérive sur la barge du sommeil. Je rejoins mon lit et me glisse sous les draps. Cela fait bien longtemps que je ne retiens pas de rêve, et je prie pour en retenir au moins un. Je cherche alors Morphée par cette douce nuit d’été. Hélas, la chaleur m’empêche de trouver la paix, je remue sous cet amas d’étoffes. Je me place sur le dos, sur le ventre, sur le côté ; rien n’y fait, je ne trouve pas la paix. Je ne change pas de position pendant quelques temps, puis je me remets sur le dos, sur le ventre et sur le côté. Ou l’inverse. Je ne sais plus. Je bouge moins. Je veux dormir. J’attends docilement mon guide des mondes immatériels. Ca y est, je ne bouge plus. Le passeur s’assure que mes yeux sont fermés, que mes pensées sont en pause. J’accède à un ailleurs sans m’en rendre compte. C’est au tour de ce berger des nuages d’emplir mon crâne d’images absurdes, insensées.

Je suis en ville. Je dois être en région parisienne. Je suis censé assister à un mariage. Pourtant, l’environnement urbain est mêlé de verdure, d’arbres, de nature. Je ne sais pas ce que je fais là. Je me promène, je crois. Ce doit être la fin de la saison estivale ; le ciel est dégagé, le temps est clément, l’air est doux. Les rues et les trottoirs semblent vides, les lieux sont calmes. Des oiseaux chantent peut-être aux alentours. La légère brise me caresse le visage. Ma marche ne me mène
nulle part, j’erre sans but sur cette ligne goudronnée. Je ne contrôle rien, je me laisse aller au gré de mes pas. Juste pour le plaisir de cette balade, sans doute.

J’aperçois alors une fille, au loin. Elle vient dans ma direction, se rapproche et s’arrête devant moi. Je l’imite. Ses cheveux sont châtains, blonds, ou les deux. Son visage ne me dit rien. Elle me parle. Je l’écoute, et je prends même du plaisir à faire cela. Je n’ai jamais vu cette fille de ma vie, mais je jurerais la connaître depuis le début de ma vie. J’ai l’impression que nous nous sommes perdus de vue depuis une éternité. Je ne sais pas ce qui nous a séparé, ni pourquoi. Je veux seulement profiter de ma journée avec cette personne, réapprendre d’elle, partager l’instant présent avec cette étrangère qui m’est si proche. Comment se prénomme-t-elle ? J’entends sa réponse mais ne la retiens pas. Ma mémoire se limite à des brumes opaques infranchissables.

La belle inconnue me conduit chez elle. Nous marchons un peu et nous entrons dans une maison. Nous nous asseyons tous deux à une table, côte-à-côte, et nous échangeons sur de nombreux sujets. Nous rattrapons le temps perdu depuis que nous ne nous sommes plus vus, tâchant de raviver la flamme de l’amitié et de rassembler les souvenirs les plus enfouis. Nous mangeons un peu, nous buvons à nos retrouvailles. Personne ne nous dérange, nous sommes seuls dans cette habitation tranquille. La demoiselle se rapproche un peu plus de moi. Nous n’osons
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L’Élysée de mes rêves

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Nicolas SORANZO