Présentation du livre

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On parlait souvent de l'histoire de la jeune femme et de l'enfant pendant les jours d'hivers, autour du feu, ou d'un bon repas noyé avec quelques verres de boissons alcoolisées.
Peu savait si ce conte n'était qu'une histoire sordide ou s'il tenait de la réalité. Mais ce qui en découlait était la peur. Chacun après avoir écouté l'histoire, souhaitait jeter un œil sur le pot aux roses. Découvrir s'il s'y cachait quelque chose..
Jimmy était l'un d'eux. Comme beaucoup d'enfants, on lui avait parlé de la légende. Comme beaucoup d'enfants, il eut du mal à refermer ses paupières après qu'on la lui eut racontée. Il ne pouvait s'empêcher de ressasser le conte dans sa tête. Encore et encore.
Dès que ses paupières se joignaient pour faire un somme, il ne rêvait que de ça.
Il voyait à chaque fois une jeune femme. La même jeune femme que lors de ses autres rêves. Elle était à l'extérieur, sur une chaise qui se balançait en avant. Elle avait les yeux en amande et d'une couleur très claire, étincelant d'un vert qui paraissait innocent. Ses cheveux étaient bruns, ou bien châtains, il ne s'en souvenait plus. Ça n'avait pas trop d'importance.
Une petite vague d'air frais fit s'envoler les cheveux de la jeune femme, et on put apercevoir un sourire complaisant. Elle entonnait un chant affectueux à celui qu'elle tenait dans ses bras. C'était un enfant. Un nouveau-né. Et il n'arrêtait pas de pleurer.
Elle voulait le faire taire, mais rien à faire. Ses cris transperçaient le silence qui régnait tout autour, de plus en plus fort. Elle lui tapota le ventre, pour voir s'il réagissait. Celui-ci continuait de pleurer. Elle renifla le bébé pour voir s'il avait fait ses commodités. Elle ne sentit que l'odeur subtile du talc. Et celui-ci pleurait de plus belle. Ses cris étaient de plus en plus déchirants. Comme si on l'avait frappé. La jeune femme paniquait, commençait à transpirer et passait nerveusement la main dans ses cheveux. Elle commençait à lui dire calmement de se taire,
puis elle se mit à hurler. Et l'enfant continua. Il avait quelques bleus sur le haut du crâne...
Elle se leva brutalement. Ses mains tremblaient de colère. Elle saisit un objet en bois à sa droite, et le lança de toutes ses forces sur le bébé. Il s'arrêta de pleurer, pendant un instant. Il reprit en criant plus fort encore. La jeune femme prit l'enfant et l'amena à l'intérieur puis le posa dans son berceau. Elle ferma violemment la porte à clé. Son cœur battait à tout rompre. Elle aurait pu tout démolir autour d'elle, à ce moment-là. L'enfant pleurait encore, ses cris étaient plus déchirants que lorsqu'il était à l'extérieur. Et ses bleus avaient pris une teinte violacée. Sa mère faisait les cent pas, elle passait la main sur son front transpirant, et marmonnait ; tais-toi, bon sang ! Pourquoi tu ne veux donc pas te taire ?
Puis soudain, son regard fut absorbé par un objet saillant, en acier, qui était posé sur la table. Elle s'approcha de l'objet, sans le quitter des yeux. Quand elle arriva vers la table, elle prit l'objet entre ses mains. Il était froid. Elle sourit, cette fois son sourire changea, il semblait être plus malveillant. Ensuite, elle s'avança lentement vers le nouveau-né, l'objet en main.
Et le rêve de Jimmy s'arrêtait souvent à ce moment-là, personne ne lui avait raconté la suite. Personne ne l'avait osé.
Cependant, il arrivait que la suite de l'histoire, s'ébruite. Plusieurs suites étaient envisagées, mais la plus lugubre était celle qui revenait le plus souvent. On racontait à voix basse, pour éviter de se faire entendre d'une éventuelle autre personne, que les cris s'arrêtèrent dans la maison. Le calme régnait autour. On dit qu'après ça, la jeune femme alla s'asseoir pour se reposer. Elle ne se réveilla plus depuis.
On commençait à s'inquiéter; plus un bruit n'émanait de l'habitat. Et puis vint un jour, où un vieux gueux, qui passait par là, remarqua que la maison était délaissée. Il voulut s'y installer, et rentra. Il n'eut même pas besoin de forcer la porte ; elle s'ouvrit d'elle-même.
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Concours - La jeune femme et l'enfant

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Nicolas SORANZO