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Raymond Axel Kvist
Les mots

Écrire, parce que si je n'écrivais pas, je serais comme un lac dont aucune roche n'a effleuré la surface pour y former des vagues.
Comment pourrais-je définir ma vie si je n'avais les mots pour me tenir au chaud? Ces mots qui, de toutes saisons me sont fidèles; voltigent au gré de mes fantaisies, me faisant rire ou pleurer. Ces mots qui interrogent autour d'eux les bruits de la vie, parcourant les rues à la recherche du bonheur. Ces mots qui tendent la main comme un mendiant, hurlant, blasphémant quand passe la douleur, la haine, la mort. Ces mots qui errent au hasard, s'accrochent à vous comme blessés ne pouvant se relever seul. Ces mots de rage qui saignent dans les cachots humides et secrets, enchaînés, brisés, humiliés, torturés comme des malfaiteurs, bâillonnés pour qu'ils ne puissent respirer.

Ces mots épris d'espaces vierges sonnant la charge de la liberté. Ces mots à feu et à sang tuant l'enfance, la femme, et qui s'inscrivent dans la honte de l'homme. Ces mots qui me font vous aimer parce que nous sommes solidaires de la même question, de la même réponse, de la même phrase. Ces mots qui se bercent au petit matin quand le hasard donne au destin un peu de répit. Ces mots qui se déposent sur la crête de mon âme, y laissant à travers l'écume, des coquillages que je dépose délicatement sur ma feuille blanche.
Ces mots pas toujours dociles, marchent quelquefois comme s'ils étaient ivres. Bateau à la dérive, apatrides, non apprivoisés. Ils s'ennuient à se reposer jour et nuit, traînant un peu partout dans la maison comme âme en peine. Leurs pas noircissent des kilomètres de route, vrais vagabonds n'ayant de halte pour se désaltérer. Ces mots ont soif d'être bus. Ils veulent traverser la rue, cogner aux portes, se raconter, comme dans un conte de fée.
Il était une fois...Des mots tout heureux de vivre des aventures palpitantes comme les vrais héros de roman. Pourfendant l'ennemi comme mousquetaires transperçant le mur de l'indifférence. Pourchassant le voyeur, yeux braqués aux fenêtres de votre âme pour y violer vos silences. Attaquant sans relâche les plus vils des lâches, vivant de l'horreur comme charognards se repaient des hardes du vaincu. Fomentant la révolte sauvage comme bouée évite le naufrage. Fonçant toutes griffes acérées comme l'aigle protège l'envol du plus faible. Caressant l'ami(e) du désespoir, tout près, si près du précipice.

Ces mots qui
La nuit venue
Ne dorment pas
Ils se reposent
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Ces mots

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Nicolas SORANZO