Présentation du livre

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1.

Les trois garçons avançaient d’un bon pas vers l’ancienne carrière tout en se racontant des anecdotes plus extraordinaires les unes que les autres. Ils avaient décidé de faire cette promenade après avoir essayé de jouer au football ce matin, sur le terrain du club du village. Les hautes herbes de ce mois de juillet les en avaient découragés et personne ne les faucherait avant la reprise des entraînements prévue le mois suivant.
Ils étaient tous affiliés au club de Mauriennes depuis qu’ils avaient onze ans ; Jérôme et Michaël comptant déjà parmi les meilleurs de l’équipe des scolaires. Cependant, de mai à août, il fallait trouver d’autres occupations que le foot, surtout pendant les vacances d’été, quand beaucoup de copains partaient à la mer ou à la montagne.
Hier, ils avaient construit un circuit de billes dans une impasse entre deux maisons, là où le père de Michaël coupait et entreposait son bois de chauffage les années précédentes. Maintenant que le poêle à mazout et la cuisinière à gaz avaient remplacé le vieux fourneau à bois, il ne restait sur le sol qu’un mélange de sciures et de terre battue, idéal pour modeler des courbes, des creux ou des obstacles. Ils avaient voulu jouer tout l’après-midi avec leurs petites sphères, mais Lucas en avait eu vite marre car, pas très dégourdi, il perdait sans arrêt !

C’était une carrière de laquelle on extrayait du kaolin, une roche argileuse de couleur blanche qu’on utilise pour la fabrication de la porcelaine. En son milieu, l’eau avait envahi la cavité, née de plusieurs années d’exploitation intensive du site. Elle avait formé un étang artificiel d’une couleur bleu-vert très clair, accentuée encore par les berges pâles où la nature n’avait pas encore repris tous ses droits,
et qui ressemblaient à une plage des mers du sud qu’on voit dans les catalogues. Le soleil, qui n’était obscurci par aucun nuage, achevait l’impression de vacances.
Il restait ça et là des vestiges de l’activité passée d’une entreprise maintenant disparue : une vieille grue complètement rouillée dans laquelle les enfants avaient établi leur camp, des parties d’un chemin de fer où avaient dû circuler des berlines acheminant la roche blanche arrachée à la terre par l’excavatrice, et le plus bizarre était la sauterelle, engin mobile constitué d’un châssis sur roues et muni d’une sorte de tapis roulant.
- Qu’est-ce qu’il fait chaud ! se plaignit Lucas.
- Tu n’es jamais content, répondit Jérôme, s’il pleuvait, on ne pourrait pas se baigner !
- J’aurais préféré jouer au foot.
- Tu as vu les herbes, elles t’arrivaient au cou, tu aurais pu nager dedans.
- Ha c’est malin ça, je sais que je suis petit mais quand même !
- Ca va, arrêtez tous les deux, dit Michaël, on vient pour s’amuser, non ?
Ils s’assirent à l’ombre de la grue et commencèrent à se déshabiller. Lucas était, c’est vrai, un peu en retard de croissance et il se faisait souvent charrier par ses copains. Son maillot de bain, un peu large pour lui, n’arrangeait pas vraiment la situation.
- C’est le maillot de ton père ? demanda Jérôme d’un air moqueur.
- Qu’est-ce qu’il a, mon maillot ?
- Rien, c’est juste que s’il y avait des poissons dans l’étang, tu n’aurais pas besoin de filet pour les attraper !
Lucas se jeta sur Jérôme qui rigolait tant qu’il savait, et essaya de le faire basculer, mais son ami, qui mesurait une tête de plus, n’eût aucun mal à maîtriser ses ardeurs.
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Histoire inachevée

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Nicolas SORANZO