Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

3 commentaire(s)

C’Était l’aube, l’heure où le ciel est encore éclairer par la lune et les réverbères orangés qui clignotent.
J’avais passé la soirée dans les bars pour mieux finir chez un pote.
Jack Daniels et pétards.
Il y a eu ce coup de téléphone auquel, c’est rare, j’ai répondu. C’Était elle. Il était au moins minuit. Je suis sorti, trop de bruit au comptoir, Howlin’wolf braillait son Evil.
- ouais, j’ai dit.
- c’est moi.
Je l’ai reconnue derrière un nuage d’alcool et de nicotine. Je l’aurai reconnue derrière n’importe quoi, cette voix que je voulais entendre sans jamais rien faire pour. C’Était elle.
- je pensais à toi. Elle pensait à moi.
- …
- j’aimerais te voir. Elle voulait ME voir.
-… Mhm….
J’avais très envie de roter, je me suis retenu.
- ok, j’ai dit, je suis au bar, j’ai prévu d’aller chez T. après. Le prochain train n’est que demain matin, va falloir être patiente.
- je suis déjà là, en bas de chez toi.
Elle aimais bien faire ça, jouer l’apparition divine, le devine d’où je t’appelles à double tranchant.
- ok, rejoins-moi quand tu veux, tu sais bien où.
On était lundi, j’avais ma routine d’alcoolique, le lundi c’était à La Jarre que j’allais me saouler.
Nous avions raccrocher sans rien dire de plus. J’ai commandé deux tequila western.
Pour moi, pour l’inspiration. Pour l’immersion dans le personnage, avec elle j’était comme le tom waits de la photo au dos du vinyle Rain dogs, comme dans tango till they sore.
J’avais
léché le sel dans le creux de mon pouce, bu le petit verre glacé, je mordais la tranche de citron de ma deuxième tournée.
Ça marchait bien, ça m’avait mis une bonne claque, j’étais un cran plus haut, un cran plus saoul.
Je sortais mon paquet de LM, pour calmer le feu avec un peu de tabac, en relevant les yeux elle était là, encore un fois, elle avait réussi son coup, elle était là et moi je voyais rien d’autre qu’elle, comme un instant figé, une photo que je sors encore de son tiroir aujourd’hui.
Ça a peut être duré longtemps, moi ne pouvant plus reculer, acculé au comptoir face à elle devant la porte du bar, dans une robe noire couverte d’un chandail blanc, mais on s’est réveillé. Je l’ai prise dans mes bras, j’ai respiré l’odeur de sa nuque, là j’ai compris que j’étais bien, comme ça, et ça aurais pu durer aussi longtemps que tout l’heure mais là aussi je me suis réveillé.
Je l’ai accompagné jusqu’au comptoir, elle commanda un demi de Loburg, moi un whisky coca.
On sortit sur la terrasse, à l’abri de la pluie. Fumer des cigarettes.
- …, j’ai pas dit.
- …, elle m’a pas répondu.
Comme si ce qu’on allait se dire pouvait être important, réalisant ça je n’hésitais pas.
- alors ma belle, ça y est on se voit, un vœu de moins à exaucer.
- oui, un de moins. Tu vas bien ?
- bien sûr, tu es là, après une entrée magnifique, une de plus.
- merci.
On trinqua, on rigola un peu, je lui fit des tas de compliments bizarres et compliqués aux
Page précédente
Vous lisez :

Soirée à la Jar'

page :
Page suivante

Création du site


Nicolas SORANZO