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Chapitre I – Le champion de Mitragues

Close était la voie.
Séricle se trouvait devant une double-porte si haute et si large qu'elle semblait ne pas avoir été façonnée de main d'homme. Certifier sa taille aurait été impossible tant l'édifice était gigantesque. Le jeune homme paraissait bien ridicule face à cette construction monumentale. Le problème ne venait pas de lui mais de cette immense porte, flanquée de deux colonnes carrées, porteuses de motifs représentant d'innombrables visages humains tristes et souffrants. Ces piliers latéraux contrastaient grandement avec la façade au style architectural austère. Tout en haut de cette œuvre grandiose, d'imposants bustes d'hommes et de femmes fixaient d'éventuels visiteurs en contrebas. Leurs regards placides suscitaient bon nombre de questions dans la tête de Séricle. "Qui sont-ils ? Que pensent-ils ? Me jugent-ils ? Que fais-je ici devant eux ?" Aucune réponse concrète ne lui vint à l'esprit. La voie était close.
Le jeune homme jeta un bref coup d'œil aux environs : hormis la porte magistrale, il n'y avait rien. Tout était blanc autour, le sol comme le ciel. À vrai dire, les deux termes se confondaient en ces lieux ; dans cet environnement vide, les notions d'horizon et de repère n'existaient plus. Séricle se focalisa à nouveau sur la porte et décida de s'en rapprocher par curiosité. Lorsqu'il fut tout
près, il posa sa main sur le bronze de l'édifice. Alors une mystérieuse énergie jaillit de nulle part, le souleva et le happa hors de là. Le jeune homme fut incapable de lutter contre ce fait étrange, et désespéré, il cria.
À bout de souffle, Séricle se réveilla. Il s'assit sur son lit de paille qu'il tâta pour mieux se donner conscience qu'il ne rêvait plus. Il était bien chez lui. À sa droite se trouvait une commode remplie de vêtements, et à sa gauche une bibliothèque familiale, qui servait aussi bien à s'instruire qu'à séparer son lit de celui de sa sœur. En face se situait une cheminée, ainsi que le grand lit de ses parents doté d'une armature de bois. Un instant, il se demanda s'il n'avait gêné personne lors de son réveil, puis il se remémora que sa mère et sa sœur, en tant que tisserandes, filaient à cette heure la laine entreposée à la bergerie. Avec l'arrivée imminente de l'hiver, l'utilisation de cette matière première était de bon aloi pour confectionner des habits chauds. Quant à son père qui officiait en tant que prêtre du village, sans doute visitait-il les malades du moment et leur apportait quelque réconfort, au lieu de passer ses journées à prier.
Séricle se leva du lit. Il portait sur lui des braies, des chausses et une chemise en toile, comme la plupart du monde. Ses vêtements étaient de couleur sombre pour rappeler ses origines modestes, et même si par sa fonction
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Recréation du champion de Mitragues (version 2)

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Nicolas SORANZO