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GUERRE DE GEMMES

Introduction

Il fut un temps où chaque Homme affichait sa pierre, enchâssée dans un rond métallique orné de pétales, ressemblant à une fleur, qu’ils portaient au cou.
Ils ignoraient de qui ce cadeau pouvait bien provenir mais il l’avait trouvé un jour, par hasard, la pierre apparaissant sur leur chemin, d’une couleur différente selon l’âme de leurs propriétaires et d’une forme unique pour chaque personne.

Une fois qu’ils furent entrés en possession de leur gemme, elle devint très vite vitale pour eux. Comme un deuxième cœur dont ils ne pouvaient se séparer.

Les Hommes formèrent alors des clans, selon la couleur de la pierre qu’ils avaient trouvé, surtout, selon les pouvoirs que leurs pendentifs leur procuraient.
Il y eut d’abord les noirs, si leurs pierres, semblables à de l’obsidienne leur déroba la vue elle décupla pourtant leurs autres sens si bien qu’ils trouvaient la puissance dans les ténèbres de leur vie.
Les jaunes firent alors irruption, les gemmes qu’ils portaient au cou ressemblant à de minuscules soleils brillant de mille feux, ils purent dès lors communiquer avec tous les animaux de la Terre. Bientôt, les verts apparurent, ayant de formidables dons, communiant avec la nature.
Quant aux violets, très rares, ils étaient doués de grandes facultés spirituelles et les autres clans recherchaient souvent leurs services ainsi que leurs précieux conseils.

Un jour d’hiver, une jeune fille à l’importante bonté de cœur dénicha une pierre encore inconnue, plus blanche que la neige, ce fut le début des « blancs » qui servaient les forces du Bien. Malheureusement, une ombre s’abattit soudain sur le monde et les rouges en prirent le contrôle, exterminant les autres clans.
Bientôt, ils eurent dérobés presque la totalité des pierres blanches, leurs propriétaires mourant dès que leurs gemmes eurent été retirées de leurs cous.
Ils régnèrent alors en Maître durant de très longues années, inspirant la terreur, menaçant les clans qui avaient survécus. Quant aux blancs, le dernier d’entre eux s’éteignit à tout jamais dans un lac autrefois appelé lac du diamant, sa pierre disparaissant avec lui au fond de l’eau.

Mais même les rouges furent un jour vaincus dans une terrible guerre les opposant aux autres.
Petit à petit, on reconstruisit ce qui avait été détruit.
Peu à peu, toutes les pierres disparurent et le monde finit par oublier cette histoire insensée dont plus aucun livre ne faisait mention.
Les Hommes vécurent paisiblement pendant des siècles sans plus se soucier de la magie qui continuait de les entourer.

Néanmoins, leur destin finit par se rappeler à eux, ce fut lorsqu’une jeune femme au caractère bien trempé, découvrit une pierre blanche alors qu’elle se promenait près d’un lac.
Elle ne le savait pas encore mais elle était l’élue qui devait sauver le monde, car les rouges n’avaient pas dit leur dernier mot et ce qui avait eu lieu était sur le point de se répéter…

Voici la terrible histoire qui transforma la Terre à tout jamais…
I) Cauchemar

- Linda ! Viens ici tout de suite ! vociférait une femme.
- C’est bon lâche moi ! s’écria l’intéressée en repositionnant ses écouteurs sur ses oreilles.
- Je te préviens si tu ne viens pas au bout de deux minutes tu seras privée de sortie ! reprit sa mère.
La jeune femme émit un long soupir et se leva très lentement de sa chaise.
- "Au bout de deux minutes t’auras une punition !" On croirait que j’suis toujours une gamine ! se moqua-t-elle en rejoignant sa mère.
Oh oh ! C’était mauvais signe ! Elle aperçut Miranda, sa voisine, accompagnée de son copain sur le pas de sa porte, elle semblait furieuse !
- Tu es un cas désespéré tu le sais ? s’énerva aussitôt sa mère, j’ai honte de toi tu entends ? Excuse-toi tout de suite !
Linda croisa les bras d’un air innocent : m’excusez pour quoi ? Je n’ai rien fais…assura-t-elle calmement.
Le beau visage de Miranda se tordit en une grimace affreuse.

- Tu plaisantes ? attaqua-t-elle, tu m’as humiliée devant tout l’amphi et en plus de ça tu te permets de draguer ouvertement mon copain tu veux que je continue ? Espèce de sale… pimbêche !
Un sourire satisfait éclaira les lèvres de Linda.
Elle n’avait dragué personne ! C’était lui qui avait commencé ! Certes, elle l’avait plus ou moins encouragé mais quand même !
Remarquant son large sourire, sa mère s’emporta : j’ai dit excuse-toi sur le champ ! Comme si tes notes catastrophiques à la fac ne suffisaient pas voilà que tu embêtes tes amis !
- Mes…amis ? pouffa Linda.
Comme sa mère posaient ses deux mains sur ses hanches, réprobatrice, elle finit par s’avancer à contrecœur.
- Très bien, je suis désolée d’avoir dragué ton copain ouvertement Miranda, la prochaine fois, je le ferais plus discrètement ! articula Linda.
Elle eut tout juste le temps d’esquiver le poing que lui lançait la jeune femme, poing qui eut le malheur de s’écraser sur la joue de sa mère.

Miranda serra les dents de rage.
La mère de Linda frotta sa joue douloureuse en sifflant : je vais m’occuper d’elle ! Elle ne vous embêtera plus de sitôt vous avez ma parole, maintenant débarrassez-moi le plancher ! s’agaça-t-elle en leur fermant la porte au nez.
Elle se tourna alors vers sa fille qui se tordait de rire. Elle devait reconnaître que sa mère n’était pas commode du tout !
- Toi ! Elle pointa un doigt accusateur sur elle. Je ne voulais pas en arriver là mais tu ne me laisses pas le choix, je téléphonerai demain à l’Internat des Pierres et dorénavant tu passeras toutes tes journées là-bas ainsi que tes week-ends, tu ne remettras pas les pieds ici tant que tu ne te seras pas calmée !
- Une pension tu veux dire ? s’outra Linda. Si tu crois que je deviendrai une surdouée disciplinée et coincée tu te goures ok ! J’ai 19 ans et je n’irai pas dans ton fichu internat !
- Linda ! Comment oses-tu me parler de cette manière ? Va dans ta chambre ! Que tu le veuilles ou non tu iras ! Que tes valises soient faites ou non tu partiras demain à la première heure !

La jeune femme l’entendit à peine, s’étant déjà renfermée dans sa chambre.
Alors, comme si de rien n’était, elle reprit ses écouteurs et mit le volume à fond, elle n’avait jamais vu sa mère dans une telle colère.
En vérité, elle avait peur qu’elle mette ses menaces à exécution, elle habitait tout près de la fac, si bien qu’elle rentrait à chaque fois chez elle, elle n’était jamais partie de sa maison, n’avait même jamais voyagé ! Et puis elle craignait que dans cette baraque où sa mère voulait l’envoyer de force, on lui fasse faire la vaisselle, qu'elle doive balayer ou qu’on lui impose des tâches encore plus épuisantes et ingrates ! C’est à peine si elle faisait son lit ! Il ne fallait pas trop lui en demander…

Cette nuit-là, un terrifiant cauchemar la réveilla en sursaut.
Elle se trouvait dans une sorte de manoir tout simplement sublime, elle marchait encore et encore, droit devant elle, elle ne savait pas où elle allait, soudain elle ouvrit une porte et se retrouva devant un lac, la pluie tombait dans l’eau avec des plocs inquiétants…Soudain, un scintillement argenté l’interpella, il y avait quelque chose au fond. Elle se baissa pour l’attraper quand quelqu’un arriva derrière elle et la poussa dans l’eau. Elle hurla, se débattant, la seule chose qu’elle entendit ensuite fut une voix qui la fit frissonner, une voix qui secoua tout son être : aucun "blanc" n’a le droit d’exister, la gemme de diamant est à moi !
Elle ouvrit les yeux en criant.
L’espace d’un instant, elle aurait juré qu'un homme se tenait dans l’ombre, dans sa chambre, l’observant. L’espace d’un instant, elle fut certaine d’apercevoir une pierre rouge qui brillait sur sa poitrine puis sa mère, à moitié endormie, alluma la lumière et cette vision effrayante disparue aussitôt.

- Qu’est-ce-qui se passe ? demanda cette dernière en baillant à s’en décrocher la mâchoire.
A la vue des cernes qui s’étendaient sous ses yeux, Linda la soupçonna d’avoir encore lu un de ses bouquin toute la nuit, elle savait qu’elle avait du mal à s’endormir lorsque son père n’était pas là, elle s’inquiétait…et elle avait peut-être raison, il était policier et consacrait beaucoup d’heures à son travail, il en avait vu des vertes et des pas mûres, une fois, il était rentré, l’air grave. Sa mère lui avait demandé ce qui n’allait pas et il avait avoué que son collègue avait été tué devant ses yeux, il n’en avait plus jamais reparlé…
Depuis ce jour pourtant, il partait sans prévenir, le regard dans le vide, c’est à peine s’il leur adressait la parole, il avait changé, et plus il ignorait sa fille, plus Linda se rebellait…

N’ayant pas très envie de rester là et lui en voulant toujours, sa mère murmura avec froideur : il est déjà six heures du matin, rendors-toi où tu ne pourras pas te lever demain.
Linda n’arrivait pas à y croire, elle n’attendait même pas de savoir pourquoi elle avait crié ! Et cet homme qu’elle avait crû apercevoir…l’avait-elle vraiment vu ? Faisait-il partit de son cauchemar ?
- Att…attends balbutia Linda, bouleversée.

Elle ne sut jamais si sa mère l’entendit ou non, quoi qu’il en soit, elle referma la porte derrière elle, s’éloignant dans le couloir.
Alors, la jeune femme s’en voulut de ne pas avoir écouté sa mère et de ne pas avoir tenté d’arranger les choses entre elles quand il était encore temps.
Car aujourd’hui, le gouffre qui les séparaient était trop grand, c’était trop tard, par sa faute, elle venait de perdre la seule femme qu’elle avait jamais aimé, et elle se sentait désespérément seule…
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Nicolas SORANZO