Présentation du livre

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(Monde de Chikipoï - Terres libres du Nord - Ville de PanamCity - Quartiers Nord - Bains publics)

- Mon frère.
Le soldat s’inclina respectueusement et se serra le long du carrelage froid pour le laisser passer.
Le curé encapuchonné ne se fit pas prier.

Le brigadier, le visage en sueur, observa la scène de loin. Il s'époumona :
- Soldats j'ai dit personne ne sort ! Ramenez-moi cet homme !!!
- Mais c'était un curé chef...
- Rattrapez-le, bande de sboubs !!! Et si c'était NOTRE homme ?
Les cinq soldats aux capes bleues se précipitèrent dehors au pas de course...
Le brigadier s'adressa à son second:
-Un curé avec des bottes GRRRR ! Nos bleus se sont fait avoir comme des bleus !
L’œil du soldat brilla d’une lueur d’intelligence:
- J'ai compris chef, un curé ça porte des sandales en cuir !
- Tout à fait caporal et surtout un curé ça ne se déplace pas d’une manière aussi fluide ! Sauf avec une cruche de vin sous le bras (rire gras).
- 100 écus qu'il va grimper en hauteur !
- Pari tenu chef
- Va récupérer Raoul et Jojo et suis-moi...

Lordhub était accoutré d'une bure de moine dérobée à son infortuné compagnon de douche.
Il l’avait enfilée à la hâte par-dessus sa propre tunique et était sorti par l’entrée principale le plus discrètement possible. Il se maudissait de s’être fait surprendre par les soldats de la garde alors qu’il faisait sa toilette quotidienne dans les bains publics.

En entendant le tumulte provenant de l'intérieur, Lordhub n'eut pas besoin de saisir les paroles de l'officier pour comprendre que son déguisement improvisé avait été percé à jour…
Comme pour souligner ses dires, cinq soldats en armure de cuir soutenue par un ceinturon bleu et portant une cape de la même couleur émergèrent des bains publics. L'un d'eux l'aperçut et le désigna à ses camarades archers.

Lordhub anticipa, vira d’abord à gauche puis brusquement dans la rue de droite. Une flèche frôla son épaule droite et une autre se ficha dans une pile de caisses en bois disposées contre le mur. Une voix étouffée lui parvint :
- Ne tirez-pas ! Attrapez-le curé vivant !
Il bondit sur ce marchepied improvisé priant pour qu'il supporte son poids. (Léger craquement, ouf ! Il se hissa sur le muret.) Deux soldats aux capes bleues surgirent avec quelques secondes de retard et se hissèrent simultanément sur les caisses empilées. CRAAAKK Le premier se retrouva la jambe enfoncée jusqu'au genou, une écharde lui lacérant le mollet : il hurla. Le second se coinça le pied et jura en se dégageant.
Lordhub avait pris de l'avance ; il grimpa sur les toits.
Dans cette partie résidentielle des quartiers Nord, des passerelles permettaient de passer d'un groupe d'habitations à l'autre. Des chemins de sable serpentaient parmi les cheminées.
Lordhub avait franchit une première passerelle. Un bleu l’arc bandé, lui tournait le dos, accroupi derrière une cheminée… Un sifflet retentit quelques mètres plus loin.
Lordhub fut plus vif et frappa le soldat à la base du cou du tranchant de la main; le mettant KO avant même qu’il ne se retourne. Le siffleur, une passerelle plus loin, arma son arc... au même moment 'une dague de lancer lui transperçait l’épaule droite. Il tomba face contre terre et s’assomma.
Un troisième soldat surgit d’on ne sait où, l'épée à la main. Celui-là portrait un plastron, ça devait être le second en chef, plus coriace a priori.
“- Rends-toi !”
Là encore, Lordhub fut plus prompt. L’agrippant par le bras d'arme, il lui fit faire faire connaissance avec le mur d'en face. Très joueur, il le projeta par-dessus son épaule dans le même mouvement. ...cinq mètres plus bbbaaaaasss...
Son nez éclaté avait laissé une jolie trace de sang sur le mur au point d’impact. Une canine siégeait fièrement à la place de son ancien propriétaire.

Pendant ce temps là, les deux soldats indemnes de la ruelle s’étaient eux aussi aventurés sur le toit. Le premier armé d’une épée large, le second munit d’un arc avec une flèche encochée. Ils venaient de quitter la passerelle mais le chemin de sable était trop étroit pour laisser passer deux hommes de front. Celui armé d’une apée, perdant patience, s’élança à la rencontre de Lordhub.
“-Je m’en occupe Kevin ! cria-t-il à l’intention de l’archer.”
Kevin, sa ligne de tir cachée par son camarade, trottina derrière lui.
“-Bryan je te couvre ! trouva-t-il utile d’ajouter.”
Lordhub ramassa l’épée du soldat qui était tombé et repris son souffle ; il ne put s’empêcher de railler le bleu :
“-Alors Bryan on veut jouer au petit soldat ?”
Son adversaire se rapprochait rapidement. Lordhub soupesa l’arme, elle était bien équilibrée.
Le soldat bondit sur lui l’épée en avant, sa cape bleue claquant au vent. Lordhub anticipa en venant à son contact.
“- Il faut sauver le soldat Bryan muahah ahaha.... Et merde !”
Lordhub perdit une botte en parant l’attaque de Bryan. Le soldat en profita pour essayer de lui écraser le pied et exposa sa mâchoire... Le faux curé lui balança une droite qui le fît tituber en arrière. Son camarade, lâchant son arc, se précipita pour le rattraper. Lordhub chargea alors les deux hommes les forçant a reculer sur la passerelle.
Bryan trébucha et agrippa Lordhub par la manche, lui faisant lâcher son épée. D'un coup de boule il le repoussa, le faisant basculer dans le vide. L'archer une seconde fois, le rattrapa par le poignet in extremis. Lordhub s'avança alors et d'un mouvement fluide du pied droit; lança sa deuxième botte... En plein dans la tronche de Kevin.
Celui-ci, par réflexe, porta sa main à son visage et lâcha l'autre soldat... Qui termina sa chute dans une botte de paille.
Lordhub franchit le dernier mètre qui les séparait et poussa du pied le deuxième homme. Il tomba de la passerelle en contrebas, pile sur son camarade.
Notre curé de foire essaya de repérer, en vain, l'épée qui lui avait échappée des mains puis s'éloigna au pas de course et franchit la deuxième passerelle. Il y récupéra sa dague fichée dans l’épaule de l'archer au sifflet et la cala sous la ceinture de sa bure. Les toits en tuile rouge renvoyant la chaleur de fin de matinée lui offrirent un moment de répit.
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Nicolas SORANZO