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Chapitre 1- Roxanne

« Une soirée, une malheureuse soirée. Il avait un peu trop bu, j’étais fatiguée. On sortait ensemble, il m’a violée. »
C’est ces trois malheureuses phrases que j’ai écris sur le papier que j’ai tendue à ma psy. Puisque je n’arrivais pas à parler, elle m’a demandé de réfléchir pendant une semaine à ce dont je voulais parler et de l’écrire sur un papier. Et c’est ça que j’ai marqué.
« -Ma vie était presque parfaite à cette époque. »Commençai-je. « Je sortais depuis quelque mois avec Vincent, le fils des meilleurs amis de mon père. En fait, ils font partie d’une bande, les « carpe diem », ils se sont connus au lycée, et ne se sont plus quitté. Vincent et moi, on était les premiers enfants de la bande. On partait toujours tous ensemble en vacances, louant des maisons d’hôtes entières, des colonies, des villas. Il ne se passait pas une semaine sans qu’une famille du groupe invitât au moins une des 4 autres chez elle. On devait être les seuls pour qui les Communion, baptêmes et autre anniversaires comptaient plus d’amis que de membre de la famille. Vincent et moi, on a grandis ensemble, nés à 3 mois d’intervalle, nos parents respectifs ont toujours cherchés à nous mettre ensemble, et 7 mois avant ce… cette soirée, ils avaient réussis leur coup, on a commencé à sortir ensemble. On était le petit couple parfait, l’emblème du groupe, on était un peu leur héritage. Il était gentil, doux, attentionné avec moi. On ne s’était jamais vraiment disputé, on se connaissait trop bien pour ça. »
Je me tus, repliai mes genoux contre ma poitrine, essuyant du bras une larme. Assise sur le pouf violet en face du mien, ma psy me tendit une boite de mouchoirs et m’invita à continuer. C’était ma sixième séance avec elle. A chaque fois, on s’asseyait dans le coin cosy, composé d’un grand tapis moelleux, de trois poufs et de grands coussins jetés ça et là. Et je parlais de tout et de rien, de ma meilleure amie, partie un an Etats-Unis, à quel point elle me manquait, de ma grand-mère cancéreuse et de ses sursis, de mon frère que je haïssais en tout point, mais jamais un mot sur LUI, sur ce qui c’était passé CETTE nuit. Jusqu’à aujourd’hui.
« Je l’aimais. » Continuai-je. « Je crois bien que j’étais amoureuse de lui, oui. J’avais peur au début, quand on a commencé à sortir ensemble, je me disais que si ça ne marchait pas nous deux, la bonne ambiance serait un peu moins bonne. Et puis il m’a rassurée, on était bien ensemble. Le seul nuage c’est que lui, il aimait boire et fumer, pas que des cigarettes, que pendant les fêtes hein, c’était pas un alcoolo ou un drogué, mais il refusait pas une bière ou un pétard… Et il était pas lui-même quand il avait bu ou fumé… Il fumait ou buvait pas tout le temps en fête non plus… Moi j’aime pas ça danser ou me lâcher, alors de temps en temps on allait à des fêtes que pour écouter de la musique, et il restait à coté de moi, ou alors on se mettait à part et on dansait, que tout les deux. Un soir, il avait fumé et je voulais pas le suivre dans la salle de bain, alors il m’a giflé, pas fort, il a ralentit quand il s’est rendu compte du geste, je pense du moins, mais à partir de là, il y avait une règle entre nous, dès qu’il fumait ou buvait un peu trop, il avait le choix soit il arrêtait pour la soirée, soit je l’ignorais pour le reste de la soirée, pour éviter d’autres incidents…
-Et c’est ce qui s’est passé ce soir-là ? Il avait trop bu ? »Me demanda ma psy.
Je ne voulais pas répondre, je n’étais pas prête. Alors j’esquivais, comme souvent quand elle approchait trop du sujet.
« -Je suis désolé, c’est l’heure, j’ai danse, je peux pas me permettre de louper mon bus. On a rendez-vous mardi à 18h00 c’est ça ?
-Oui, on continue ça, c’est notée, tu t’esquiveras pas cette fois ci. » Me répondis-t-elle avec un clin d’œil.
C’est vrai que j’avais danse, mais il était 19h00, mon cours commençais à 19h30, et je n’avais pas à prendre de bus, le studio était dans la rue juste derrière. La danse, le théâtre, deux activités qui ont repris à la mi-aout, deux activités dans lesquelles je suis douées, dans lesquelles je me donne à fond, dans lesquelles je ne suis pas Roxanne, la fille qu’on a violée, mais Roxanne, tout court, aux yeux des autres, mes à mes yeux aussi.
Après un cours éreintant, je rentrais chez moi, piquait deux fourchettes de pâtes dans le plat préparé par ma mère. Je lui fis signe pour lui dire que j’étais arrivée. Mon père, médecin, qui finissait tout juste sa garde à l’hôpital, était venu me récupérer à la sortie du cours. Dans la voiture, il avait lâché une phrase qui m’avais faite l’effet d’une bombe : « Demain on est invité chez les Alepo pour un barbecue, ça sera juste eux et nous ».
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Nicolas SORANZO