Un ronflement d’un individu se fait entendre.
Sur un canapé en mauvais état, un homme dort à poing fermé. Il a de longs cheveux bruns et sales. Des poches énormes sous ses yeux. Il est vêtu d’un survêtement délabré et d’un T-shirt pleins de trous.
Une bouteille d’alcool, tenu dans sa main, glisse avant de s’effondrer sur le sol et le liquide se répand sur le parquet.
L’homme sursaute et se réveille brusquement. Un cadre photo tombe violemment.
Le malheureux se penche et récupère le cadre. Après avoir embrassé le verre, il le pose sur son cœur.
Il regarde la photo et des larmes perlent le long de ses joues creuses et crasseuses.
Ses paupières se referment petit à petit.

Un petit air frais et doux vint caresser le visage d’un homme et ses yeux s’ouvrirent lentement.
Les pistes d’atterrissage étaient remplies d’avions.
Une cinquantaine de voyageurs attendaient avant de pourvoir entrer dans l’appareil.
Les bagagistes s’affairaient à ranger les valises.
Les mains de l’homme tenaient la main de sa femme, Elisabeth. Et à droite, celle de sa petite fille de huit ans, Sophia.
L’enfant regarda son père. Elle était angoissée.
- Papa ? J’ai peur.
Il lâcha la main de son épouse et s’accroupit face à Sophia. Elle le regardait avec ces jolis yeux bleus et de son autre main, elle caressait ses longs cheveux blonds. Elle était d’une grande taille pour son âge et elle était maigre.
- J’angoisse moi aussi. Mais, tu sais, l’avion est le transport le plus sûr. Tu ne dois pas avoir peur. Car la peur entraînera encore plus de peur. Faut que tu profites de ton voyage. Pense que tu vas bien t’amuser à Disneyland.
- Vui !
En voyant les hôtesses de l’air ouvrir les portes, la file commença à avancer et à entrer dans l’avion au fur et à mesure.
Ou dans le cercueil volant ?
La famille prenait place à leurs sièges respectifs après avoir rangé un sac dans la soute au-dessus de leurs têtes.
Les hôtesses fermaient la grosse porte et elles se séparaient. Une à l’avant de l’allée. Une au milieu et une à l’arrière.
Et, elles commençaient à expliquer les règles de secours.
L’avion venait de se placer sur la piste de décollage et les moteurs prenaient de la puissance.
Soudainement, il commençait à accélérer. Les passagers étaient plaqués contre leurs sièges.
Il s’élevait tout doucement dans les airs.

Les oreilles à moitiés bouchés, Sophia dormait à poings fermés. Son livre de princesse était resté ouvert sur ses genoux.
L’avion était en vol stationnaire ou de croisière.
Son père tenait fièrement la main de sa femme tout en discutant et en regardant par le hublot. Ils laissaient échapper quelques rires. Ils avaient des coupes de champagnes dans les mains.
La première classe était une obligation pour ce père de famille. Voyager dans un total confort.
Soudainement, un petit bruit retentit dans l’avion.
L’homme réveilla rapidement sa fille, sans la brusquer ou la faire paniquer.
Une voix retentit dans les haut-parleurs.
- Mesdames, Messieurs. Pour des raisons de sécurité, veuillez attacher vos ceintures et éteindre tous vos appareils électroniques. Nos pilotes vont commencer la phase d’atterrissage. La Compagnie Air France vous remercie.
L’effet de la descente se fit ressentir dans le corps du père. Il eut l’impression que son cœur allait sortir de ses entrailles.
La fillette serrait la main de son père de toutes ses forces.

Les trains d’atterrissages commencèrent à sortir. Le pilote pencha l’avion vers le bas.
Mais soudainement, tous les passagers furent plaqués contre leurs sièges par l’effet de l’accélération de l’appareil.
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Vivre Ou Mourir ?

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Nicolas SORANZO