J'étais assise du côté de la fenêtre, au fond de l'avion. Le bel A380 qui m'avait valu deux ans d'économies. Le sourire qui s'affichait sur mes lèvres ne partait pas, malgré ma fatigue. Dans quelques heures, je serais enfin avec lui, l'homme que j'aimais tant. "Attention, me disait-il en ricanant, l'avion peut crasher à tous moment!". L'idiot.. il disait ça pour me faire rire, mais tout de même, on ne rit pas avec la mort. Elle rôde partout, elle vous entoure sans que vous vous en rendiez compte et le lendemain, vous n'êtes plus qu'un tas de poussière.
J'avais toujours eu peur de l'avion. Tous ces gens qui perdaient leurs enfants, leurs parents, leurs amis dans toutes sortes d'accidents. Mais je me disais toujours "ça n'arrive qu'aux autres, pas à moi". Pourquoi ça ne m'arriverais pas? Qu'avais-je de différent pour ne pas mourir à cause d'un stupide boîte noir ou d'un pilote un peu trop fatigué?
Les écouteurs de mon IPod étaient vissés à mes oreilles. Les musiques défilaient mais je ne les écoutais pas vraiment. J'étais fatiguée moi aussi. Les hôtesses de l'air passaient sans cesse nous proposaient de quoi manger. Les pauvres femmes... Elles semblaient ne plus supporter leur travail. Ce travail qui pouvait leur coûter la vie, et pour quoi au final? OUi, pour rien. Elles pouvaient mourir à tout instant pour rien.
Cette idée me fit frissonner et je fut bien contente d'être dans une simple agence de voyage, bien au chaud, sur mon petit siège moelleux avec ma petite tasse de thé à côté de mon clavier.
La fatigue commençais à l'emporter et mes yeux commencèrent à se fermer... tout doucement, très lentement.
Au bout de quelques minutes, j'entendais une femme hurlaient. Je me réveillait petit à petit de mon sommeil. Les cris s'intensifièrent. J'arrachais les écouteurs de mes oreilles afin de comprendre ce qu'il se passait. Autour de moi, c'était l'apocalypse.
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