C'était la première fois que je prenais l'avion. L'attente m'avais paru longue mais j'ai toujours été d'une nature patiente.
Lorsqu'enfin nous avons pu embarquer ma famille et moi, nous sautions littéralement de joie.
Je dois avouer que prendee l'avion m'a terrifié mais j'ai eu le temps de réflechir. Après tout, les accidents d'avions sont rares et même s'il y en a eu récemment, ça ne nous empêchera pas de voir ma mère qui habite à la Réunion! Que c'est loin!

Les enfants étaient les premiers installés, touts contents, gesticulant, braillant, testant tous les gadgets à disposition. Quelle merveille! Ma chère femme et mes deux enfants étaient dans le rang central et moi j'étais du côté du hublot, admirant le soleil qui se couchait tranquillement sur Paris-Orly. Ne ne risquions rien. J'avais foi au pilote. Le voyage se déroulait pésiblement, sans encombre, parfois avec quelques secousses, mais rien de grave.
Ma femme et mes deux petits anges dormaient tranquillement. Elle m'avait confiée sa crainte avant le départ. Visiblement, elle était si inquiète qu'elle dormait à poings fermés.
-C'est votre famille? Me demanda la dame assise à côté de moi.
-Ils sont beaux, n'est ce pas? Dis-je fièrement.
-Assurément.
Elle se leva pour aller aux toilettes et moi j'en profitai pour aller caresser la joue de chacun.

Les secousses se firent de plus en plus fréquentes, parfois, j'avais même l'impression que nous chutions mais nous remontions, dépassant les nuages.
Encore une secousse. Violente cette fois. Des petits cris fusèrent et les masques à oxygènes apparurent.
Une secousse m'empêcha de me lever et lorsque je fus certain qu'elle fut passée, je me relevai et une autre, cette fois beaucoup plus violente me fis perdre l'équilibre et je me cognai la tête contre l'accoudoir.
Sonné, je me relevai, et embrassai ma femme et mes enfants.
-Je vous aime, leur dis-je.
Comment avais-je pu deviner que ce serait mon dernier baiser à chacun?
Le pilote ordonna que tout le monde retourne à sa place, que tout le monde boucle sa ceinture et qu'il ne fallait surtout pas paniquer.
Des murmures commencèrent à parcourir les rangs. L'inquiétude gagnait du terrain. Les enfants pleuraient, les adultes et les hôtesses tentaient veinement de les rassurer.


On va s'écraser! Hurla quelqu'un.
-Rasseyez-vous et calmez-vous monsieur. Dit une hôtesse.
-Il n'y a aucune raison de paniquer! Je vous l'assure! En dit une autre.
Cependant, les autres, restées derrière, faisaient des grimaces étranges.
Allions-nous mourir? Allions-nous finir ainsi?
Ma mère ne me reverrait-elle donc pas?
Ainsi va la vie. Le destin a voulu que nous mourions. Que nous périssions ainsi.
Préférant oublier cette sombre pensée j'ai pris les écouteurs et j'ai tenté d'effacer une vision d'horreur de mon cerveau.
Cette fois, aucun doute possible, nous allions mourir. Par le hublot, je voyais l'aile droite. Elle était en feu et semblait mal en point. Et soudain, une plaque de tôle s'arracha et s'en alla dans le ciel. Les gens, paniqués, criaient, appelaient à l'aide, s'accrochaient à ce qui pouvait les empêcher de s'envoler et de périr dans le ciel, privés d'oxygène.
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La fin de mon monde-de notre monde

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Nicolas SORANZO