C’était la première fois que je prenais l’avion, et j’en avais une peur bleue !
Vous allez peut-être vous moquer mais ce qui plane dans les airs ne m’a jamais trop inspiré confiance, car ce qui vole peut également s’écraser un jour.

Le voyage se passa sans encombres durant un moment et, même si je rêvais d’arriver au plus vite à ma destination : Chicago, je ne pouvais m’empêcher de savourer le voyage, confortablement installée devant un bon film, romantique à souhait comme je les aimais.

Tout à coup, après 1 heure et demie de vol, des secousses commencèrent d’ébranler l’avion, me réveillant tandis que je somnolais.
Terrifiée, je m’agrippais au siège comme une forcenée, les autres passagers, eux, gardaient un calme olympien. N’y avait-il donc que moi qui ne trouvais pas ça normal ?
Alors, des voyants rouges inquiétants se mirent à clignoter tandis que des masques respiratoires tombaient brusquement devant les visages de chaque passager.

Tous avaient à présent perdu le sourire.
Je voyais des enfants qui pleuraient, s’accrochant à leurs mères, des hommes qui priaient, j’entendais des femmes qui hurlaient. Tout n’était que chaos !

Soudain, la lumière s’éteignit et un silence de mort s’installa, rompu de temps à autres par des gémissements de douleur et de terreur mêlées.
- Gardez votre calme Mesdames et Messieurs, tout va bien se passer, positionnez votre masque tout contre votre visage et respirer calmement ! s’exclama une voix que je reconnus comme celle d’une des hôtesses qui nous accompagnaient.

Tandis que Vol n° 713 chutait lourdement, tel un oiseau ayant perdu ses ailes, je fus violemment projetée contre le siège qui précédait le mien, m’écrasant durement sur la housse.

L’angoisse ne me quittait pas, allais-je survivre à ce premier vol ?
Je me jurais que si c’était le cas, je ne pénétrerais plus jamais dans un avion de toute ma vie.
Mon cœur s'affola. Soudain, il y eut une explosion. Je mis du temps à me rendre compte qu'une des portes de l'avion venait de s'envoler, littéralement, laissant un trou béant à la place.
L'intérieur de l'engin se transforma en chaos : des papiers s'envolaient dans la nuit, la poupée à laquelle s'accrochait désespérément une enfant à quelques sièges de moi, disparue elle aussi dans l'obscurité...Des sièges s'arrachèrent violemment, envoyant leurs occupants en chute libre.

Alors, ce fut le noir complet, l’impact fut si brutal que je perdis connaissance.
Lorsque je me réveillais, tout était en feu autour de moi, je tentais de repérer quelqu’un à la ronde, mais il n’y avait personne, j’étais seule…seule et désespérée…
J’avais l’impression que le monde avait disparu pour laisser la place à un océan de flammes qui n'en finissaient pas de brûler…
- Ils étaient tous morts ? demanda mon fils, les yeux écarquillés d’horreur.
Je reportais mon attention sur lui, je savais bien que je n’aurai pas dû lui raconter cette histoire, j’étais certaine qu’il ferait des cauchemars, mais il avait insisté et j’avais cédé.

Je refermais brusquement l’ouvrage que j’avais entrepris de lui lire.
- Ce n’est que de la fiction ! tentais-je de le rassurer en même temps que moi.
Je savais pourtant que quelquefois, malheureusement, les histoires effrayantes pouvaient devenir réalité.
Bon sang ! Pourquoi avais-je lu ce fichu bouquin ? me reprochais-je.

Pour couronner le tout, je prenais moi-même l’avion le lendemain, comme presque tous les jours, pour le travail.
Étrange coïncidence, mon vol était justement le numéro 713…
- Ne t’inquiète pas mon chéri, les crashs d’avions n’arrivent pas souvent, il doit y avoir 1 chance sur 100 que ça se produise ! le rassurais-je en le bordant.
- Mais maman, si…si tu ne revenais jamais ? balbutia-t-il en me contemplant, le visage baigné par les larmes.

Je secouais doucement la tête.
- Je reviendrais c’est promis ! jurais-je en fermant la porte de sa chambre, soudain inquiète à l’idée de prendre ce vol de malheur.
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Un vol fatal

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Nicolas SORANZO