Comme bien souvent, c'est-à-dire, plusieurs fois par mois, Steven prenait l'avion. Ce jeune homme était journaliste reporter, et voyageait souvent pour son métier.

Aujourd'hui, il se rendait en Moyen-Orient, pour avoir de nouvelles informations sur la guerre. Il n'était pas stressé, pas perdu, ce n'était pas la première fois qu'il y allait. Il n'avait eu aucun souci à l'aéroport, et ne craignait absolument pas qu'il lui arrive quelque chose à bord ou à destination.

Lorsqu'il était plus jeune, Steven avait parfois eu peur de prendre l'avion. L'idée qu'il puisse arriver un attentat, que l'avion puisse s'écraser, l'épouvantait. A présent, après avoir maintes fois pris l'avion, il se sentait très à l'aise et ne pensait plus aux risques, certes minimes, qu'il prenait en voyageant.

Ce fut donc comme d'habitude qu'il s'installa dans l'avion, et attendit le décollage. Celui-ci ne tarda pas. Comme toujours, les hôtesses de l'air précisèrent où se trouvaient les gilets de sauvetages, les masques à oxygènes, et chaque passager boucla sa ceinture.

Certaines personnes, probablement car c'était leur premier vol, semblaient être un peu anxieuses. Surtout les plus jeunes, les enfants n'étaient pas toujours rassurés. Steven, lui, était serein. Tout allait bien se passer...
En effet, le décollage s'effectua sans le moindre problème. L'avion fila vers le ciel, et Steven put bientôt se détacher. Afin de ne pas s'ennuyer, il commença à lire.

Il ne pensait à rien, se contentait de suivre le texte des yeux, paisible, lorsqu'il remarqua l'agitation qui régnait autour de lui. Plusieurs personnes s'étaient levées, et regardaient toutes par les hublots, avec le visage pétrifié d'horreur. Steven suivit le mouvement, et ce qu'il vit le laissa lui aussi glacé d'effroi.

L'aile de l'avion était en feu.

Un message se fit entendre, venant du pilote. Apparemment le moteur brûlait. Steven tenta de garder son calme, mais rien à faire, au milieu des cris, des hurlements et des pleurs qui commençaient déjà à fuser de toutes parts, il se laissa gagner par la terreur.

Les flammes grandissaient, l'avion tanguait. Et Steven paniquait. Il était en train de vivre son cauchemar d'enfant, le fameux crash qu'il avait craint autrefois. Jamais il n'aurait pensé que cela devienne réalité, jamais il n'aurait cru qu'il tomberait un jour sur le mauvais avion, sur celui que l'on regrette d'avoir prit. Jamais.
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Le dernier vol

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Nicolas SORANZO