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Le Peintre et la Princesse

Le royaume de Blé était une région isolée du reste du monde. Son territoire était divisé en trois cercles de la manière suivante : au centre se situait le Château, territoire fortifié bâti sur une colline, au sein duquel vivaient le roi et sa famille. En contrebas de cette hauteur s'étalaient des bâtiments faits de briques; c'était la Ville, où résidait une majorité de gens, qu'ils fussent commerçants ou bien soldats. Plus loin était le Champ, une zone extrêmement large, garnie de moulins et de fermes, et peuplée d'un grand nombre de paysans qui s'employaient à cultiver du blé pour nourrir l'ensemble de la population du pays, ainsi que quelques parcelles réservées à la culture du lin et à la confection de textiles. Ce Champ, dit de Blé (ce qui était considéré comme un pléonasme par les citadins, et un moyen de railler les paysans), avait donc donné son nom au royaume. Enfin, ce troisième cercle était parfaitement délimité par une frontière circulaire qu'on appelait la Lisière. A cet endroit se trouvaient des cabanes de bûcherons, dont le métier était de fournir au peuple du bois de chauffage pour l'hiver et du bois d'œuvre pour la construction de bâtisses en tout genre. Au-delà de la Lisière était la Forêt, peuplée d'arbres innombrables, territoire inconnu, mystérieux et craint de tous, où personne n'osait s'aventurer.
Un peintre vivait dans une modeste
maison de la Ville. Contrairement aux autres hommes de sa condition, tels l'écrivain, le chanteur, le musicien et le sculpteur, il avait pour habitude de se promener dans le Champ pour y trouver l'inspiration. De la sorte, il ne peignait pratiquement que des champs de blé. Quelques fois tout de même, il recevait chez lui la visite des rares notables du pays qui lui demandaient de dresser leur portrait. Satisfaits des talents de l'artiste, ceux-ci le rémunéraient honorablement pour chaque œuvre d'art accomplie. Le peintre n'était pas l'homme le plus riche de la Ville, bien que sa situation financière fut quelque peu aisée. En somme, il ne manquait absolument de rien.
Un jour, alors qu'il peignait de mémoire une quelconque partie du Champ, il reçut à sa grande surprise la visite du roi. Ce dernier connaissait seulement le peintre de réputation et n'avait jusqu'alors jamais requis ses services. Il lui tint ces mots :
- Peintre, toi qui est si connu pour ton talent de maître, je te demande de dresser le portrait de ma fille unique. Si tu arrives à lui rendre sa beauté, tu pourras l'épouser. Si tu échoues, ta vie sera ôtée. Accomplis ta tâche avant la Moisson.
Puis le monarque quitta les lieux. Curieux, le peintre se demanda à quoi ressemblait la princesse du royaume; était-elle belle ou bien laide ? Car si une chose était inconnue au sein du pays, c'était bien le visage de cette
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Nicolas SORANZO