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Berceuse Angélique

Un crayon, une feuille
Notre avenir tout tracé
Ne franchit pas ce seuil
Les anges l’ont dépassé

Un grand tour de calèche
Un enfant aux jolies mèches
Tant de choses merveilleuses
Qui forment une berceuse
Une peluche si douce
Et ta belle frimousse
Mon bébé fais de beaux rêves
Pour toi je me battrais sans trêve

Nos esprits sont unis
Je veille sur ta vie
La lumière éclaire tes nuits
Alors soudain tu ris

Tu n’es pas comme les autres
Ce n’est pas notre faute
Baigné par le bonheur
Je supprime tes peurs
J’entends battre ton p'tit cœur

Je te donne mon amour
Viens on va faire un tour
Tu sembles si fragile
Poupon battant des cils
Même lorsque tu grandiras
Et que d’une tête tu me dépasseras
Cette image restera gravée dans ma mémoire
Celle de ce petit être recroquevillé dans le noir

Les fleurs retrouvent leurs pétales à ton passage
Je n’en reviens pas que tu sois aussi sage
Crois-moi, tes anges gardiens te protègent
Que les tourments t’affligent serait un sacrilège
Leurs ailes t’entoureront de toute leur douceur
Et te réserveront un nouveau jour meilleur
Croire malgré son départ...

C’est une histoire que je n’ai jamais évoquée
Vous savez, c’est loin d’être un conte de fée
Pourtant, je le crains c’est la triste réalité


Il est parti
C’était cette nuit
Sans même dire au revoir
Je refuse encore d’y croire
Je l’avais quitté
Désespérée
Si j’avais su ce qui allait arriver
Je serais restée à ses côtés
Juste un camion qui roulait trop vite
Retourner chez lui était pourtant un rite
Percuté de plein fouet…
Le soir était frais
En pleine nuit réveillée
A la porte, on a frappé
C’était les pompiers…


J’ai tout de suite deviné ce qui c’était passé
Priant malgré tout pour qu’il ne soit pas blessé
Je me suis précipitée à son chevet
Hurlant : tu vas vivre, je le sais !
Il a murmuré mon nom
Et j’ai serré son blouson
La voiture avait fait plusieurs tonneaux
J’entends presque se lamenter l’écho
Tous les êtres vivants semblent en apnée
Alors qu’il n’y a que moi qui soit vraiment choquée


Je suis sa seule famille
La lumière brille
On s’agite à côté
Moi je reste figée
Plongée dans mes pensées
De nous deux enlacés
Je crie de toute mes forces : reviens à la vie !
Mais la Mort est vraiment sans pitié ni merci !
Je hurle, je brûle !
Quelle infortune !
Il a soudain cessé de respirer
Ses paupières se sont fermées
Dans le ciel, il s’est envolé
Ainsi il m’a abandonné !


Il n’y avait que deux pour cent de chance…
Il n’a pas survécu, je plonge dans l’errance
Pourquoi ce camion est-il apparu de nulle part ?
Pourquoi le destin n’a t-il pas crié : Gare !
Comment cela s’est-il produit ?
Je crois que c’est à cause de la pluie !
Elle a mouillé la route, la rendant glissante…
J’entends dans l’hôpital une voix qui chante...
C’est une vieille femme, elle joue du piano
Elle grelotte, ici, il ne fait pas très chaud !
Je suis envoûtée par la musique
Une mélodie mélancolique…


Nous nous serrons toutes les deux près du clavier
Je joins mes mains agiles aux siennes décharnées
Elle me sourit de son visage de pomme ridée
Une main sur mon épaule, l’autre continue de jouer
Sur nos joues des larmes glissent, souvenirs réveillés
Au loin l’orage gronde, ici la pluie n'arrête pas de tomber


Elle me raconte son histoire
Si c’était en mon pouvoir
J’aurais ramené ceux qu’on a perdus
Mais, faire ça…je n’aurais pas pu…
Esprit es-tu là ?
Je sens ta présence
J’entends tes pas
Résonnant dans le silence
Fantôme tellement malicieux
Toi qui nous viens des cieux
Ramène-moi celui qui a disparu
Le perdre, je ne l’accepterai plus !


Alors que nous ne touchons plus à ce beau piano
Une mélodie flotte dans l’air ainsi que quelques mots
Je sens un souffle chaud près de mon oreille
Une voix d’homme murmure : je t’aime
Je me tourne vers la vieille femme
Rallumée dans ses yeux, la flamme
Je chuchote : ils sont toujours vivants !
Elle répond : c’est juste, mon enfant !


Nous jouons maintenant un air joyeux
J’adresse une prière, un simple vœu
Que cet hôpital ne soit jamais détruit
C’est vrai, la Mort et le désespoir hantent ses couloirs
Mais coule dans ses murs des vies
Ressuscitées par des chansons fredonnées dans le noir !
Le nom de l’hôpital est le mot : Croire !
Vous ne trouvez pas ça...un peu bizarre
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Poèmes en folie

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Nicolas SORANZO