Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

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Je dédie, évidemment, cette nouvelle à ma tendre et douce meilleure amie, Elodie. Je sais qu'elle m'en voudra pour cet écrit, mais je crois bien que je m'en contre-fiche !
Tu es quelqu'un de génial. Ne change jamais.






La Pluie nous tombait dessus.


Ses joues étaient rosées par la fraîcheur matinale, et le sombre allait se lever dans quelques longues minutes. Ses yeux restaient pourtant éclatants, pleins de joie et d'inquiétude cachée, et ses lèvres formaient un sourire forcé, mais attendri. Elle fixait le reflet du petit bonhomme de six ans dans la vitre du tudip. La mère du petit le faisait rire, et plus l'enfant riait, plus mon amie semblait heureuse. Je voyais ma meilleure amie tomber amoureuse de la naïveté de ce nouveau-né, rougir de plaisir et de tendresse face à ce bout d'humain. Ma douce était assise en face de moi, et je sentais que je ne faisais plus partie de son monde.

Ses yeux bleus, foncé par le brouillard du matin, ses longs cheveux noirs, son corps fin de taille ni grand ni petit... tout cela faisait la recette de la beauté, tout la rendait unique à mes yeux. Son doux caractère, sa capacité à cacher ses peines, son dynamisme, son amour offert à tous, la facilité à trouver une qualité à tout le monde... Oui, elle était unique.

Et mon regard se mis discrètement à tourner autour de moi, sans ne jamais croiser le champs de vision des autres. Je voyais toutes ces jeunes filles au tempérament vulgaire et terrible, toutes ces petites fesses d'à peine quatorze ans qui étaient déjà perchées sur des hauts talons fins. Des cheveux volaient à leur grands coups de main, à leurs grandes caresses qui étaient censées les recoiffer. Qu'aurait-donc fait ce pays soit disant sobre à ces filles qui aimait déjà allumer et qui s' enlaidissaient avec l' excessivité de superficie qu'elle se collaient sur le visage ? Qui a eu le tord de leur épargner la définition de la véritable beauté, de le simplicité ? Elles, qui sont incapables de réfléchir, ne faisaient que s'attarder sur la couleur de leurs ongles ou la hauteur de leur mini-jupe. Toutes semblaient être les mêmes : même coiffure trop parfaite, même caractère niais, même pensée nunuche, même façon de parler, même façon de sourire... Elles, qui n'osaient pas dire ce qu'elles pensaient, préféraient se faire passer pour des débiles et plaire aux garçons d'un soir... Oui, j'avais honte pour elles, pour leurs parents qui les laissaient faire...

Puis une fille au visage doux et charmeur se mis à côté de celle que j'admirais le plus, de celle que j'aimais tant... Elle fixait le sol du tudip avec un regard tendre accompagné d'un petit sourire presque imperceptible au coin des lèvres. Elle me semblait amoureuse... Je ne cessait de penser que celui à qui elle pensait avait la chance d'être le provocateur d'un tel bonheur aussi pur...
Je remettais mon regard sur ma douce amie. Une drôle de sensation venait parcourir mon corps. Je ressentais cette envie qui sommeillait en moi depuis longtemps devenir, peu à peu, un besoin. Je voulais qu'Elodie pense à moi, qu'elle sourit en pensant à moi. Je voulais qu'elle me tienne la main, qu'au lieu de poser ses lèvres sur mes joues,elle les pose sur mes lèvres amoureuses.

Oui, je devenais fou... Puis le tudip cessa d'avancer. Je me levais en même temps que ma miss, et nous sortions du bus. Elodie agrippa à ma manche, me disant en riant "Je ne veux pas tomber, je risque d'encore me faire mal !". Je posais ma main sur la sienne. Son monde s'était rouvert à moi. "Tu es prête, maintenant ?" et elle me répondais d'un petit "oui" qui me montrait toute sa souffrance. Son ventre qui lui devenait sérieusement douloureux, son cœur qui stressait de folie... je ressentais tout, et j'en aurai pleuré de ne pas pouvoir la consoler. Drôle de quotidien... La vie peut être calme et douce, mais en un instant, en un arrêt, elle peut nous faire souffrir. Mais tout finit par redevenir normal, un moment ou à un autre.

Nous marchions dans le brouillard bleu, sans un mot. L'hôpital s'approchait de nous, et le monde ne tournait plus rond en nos âmes innocentes. Oui, le monde faisait souffrir des innocents, des âmes candides. Nous entrions sans trop nous en rendre compte, et nous montions ces escaliers qui nous faisaient aller en enfer. Elodie baissait la tête, se laissant guider pour éviter de se concentrer sur les cris et les pleurs des personnes se trouvant toutes ici. Sans chercher, par habitude, nous trouvions la chambre du fou, du "débile".

Il était las, assis sur son lit bleu, les mains en l'air grandes ouvertes, les lèvres tombantes, la bave coulante. Elodie lâcha mon bras, pris un mouchoir pour essuyer le membre de famille indésirable, et baissa les mains de celui-ci. "Comment tu te sens, aujourd'hui ? Hein... ?". Et dire qu'elle espérait une réponse... Le pauvre homme ne pouvais ni parler, ni comprendre. Elle le pris dans ses bras, sanglotant légèrement, essayant d'étouffer ses souffles de douleur. Je restait là, comme toujours, à la regarder souffrir. Puis elle le lâcha et se retourna. Ma belle me faisait comprendre son besoin de vite partir. A peine devant la porte, le jeune homme se mis à crier, à pleurer, à s'énerver ! Une infirmière vint, passa sans nous regarder ni nous parler, et nous partions. Nous n'étions plus là. Non, la vie n'avait jamais été bonne.

Enfin dehors, Elodie retrouvait peu à peu le sourire. "Je me sens mieux. Je ne sais pas pourquoi.". Je la pris dans mes bras, embrassant ses cheveux. La pluie commençait à nous tomber dessus, mais nous étions ensemble...
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La pluie nous tombait dessus.

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Nicolas SORANZO