Présentation du livre

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Il ne cessait de crier. "Je vais mourir ! Il faut que je me tue ! Il faut que je meure !". Je prenais sa tête dans mes bras, essayant de le faire taire. Je ne pouvais cesser de pleurer avec lui, je savais qu'il était malheureux. Il détestait sa tête, il haïssait son esprit, mon amour voulait seulement mourir... Pourquoi je ne le laissais pas ? Il n'aimait pas les lamentations des hypocrites qui se groupaient autour de son pauvre sort. Pourquoi fallait-il qu'il reste ? Personne ne voulait l'aimer à part moi. Qu'étais-je pour lui ? Son corps agité lui faisait mal et son esprit heurtait chacune de ses envies de vivre. "Vivre quoi ? Vivre comment ?". Son visage rouge me donnait des nausées, j'avais l'impression d'étouffer à sa place. "Ecoute, calme-toi, il faut que tu souffle. Reste encore ici, avec moi.". Comment pouvais-je le calmer ? J'étais obligée de l'attacher à sa chaise roulante tous les jours, il fallait le brancher à ce foutu appareil pour qu'il respire, je devais le soigner... Son autisme le rendait fou... "Je te connais pas ! Pars ! Pars ! Va-t-en !". Le monde s'effondrait entre lui et moi. Mon cœur était en lui, je souffrais avec lui... "Jean-Philippes, c'est moi, ta maman chérie, comme tu dis tout le temps. Je t'en prie, arrête...". L'infirmière qui le regardait depuis dix minutes a finit par lui injecter des liquides qui, je pense, étaient des calmants. "Je pouvais le calmer !". La bouche ouverte et le visage en feu, il respirait fort, comme si il avait failli se noyer. Je caressais ses joues pour les apaiser. "Jean-Philippes, je vais te ramener à la maison. Allez, viens...". Je pleurais, mais mon amour pour lui me poussait à l'aider. Je le détestais, mais quand il n'allait pas bien, l'amour se dévoilait. Je le poussais dehors, et l'installais dans la voiture. J'avais envie de brûler ce siège qui lui volait son droit de marcher, j'avais la haine contre ce Dieu qui nous regardait souffrir sans rien faire. Que fera-t-il pour Jean-Philippes ? Je démarrais la voiture, les mains tremblantes, incertaine de pouvoir conduire. Je voulais partir et réfléchir. J'ai raté mon fils, c'est tout le mal que j'ai fait. Est-ce grand chose ? Pour moi, oui. J'aurai aimé mourir avec lui, mais Jean-Philippes aimait la vie quand il se sentait mieux. Le soleil faisait briller ses cheveux blonds qui portaient l'odeur de la vanille. Ses yeux noisettes se tournaient de temps en temps vers moi, s'assurant que j'étais toujours là. Je voulais être présente jusqu'à sa mort. Il avait besoin de moi, et moi je n'était que néant sans lui... Oui, mon fils était anormal, et c'était moi qui l'avais fait... Il montait le son de la musique. Il souriait mais moi, je pleurais. Comment pouvais-je être heureuse tant qu'il était vivant ? Dès sa naissance j'étais couverte de douleur morale, mais quand il disparaîtra, ma vie sera pire. J'étais enfermée dans un cercle vicieux sans issue, et lui ne connaîtra jamais les plaisirs de la vie. Les vrais plaisirs. Ses yeux sont toujours vides de raisonnement. Jean-Philippe suivait du regard les arbres qui se trouvaient sur le côté de la route. Il aimait les couleurs. Il voulait même les toucher. "Jean-Philippes, à quoi tu penses ?". Il se tournais vers moi, "A rien, maman chérie. A rien...". Les larmes coulaient sur ses joues. Il était conscient de ce qu'il lui arrivait... "Je t'aime, maman. Mais moi, je ne m'aime pas. Tu m'aime, toi ?". "Non, mon amour, je ne t'aime pas.". J'ai alors tourné le volant violemment, puis... la fin de nos souffrances...
Je dédie cette nouvelle à ma chère Oksana, qui a toujours été forte dans l'épreuve. Je dédie également cette nouvelle à J-P, mon petit amour, qui va passer au CP cette année et que je ne féliciterai jamais assez pour ses progrès.
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Nicolas SORANZO